1. Accueil
  2. Classical Literature
  3. Rome
  4. Catullus
  5. Traductions de Catulle
  6. Traduction du Carme 90 de Catulle

Traduction du Carme 90 de Catulle

Classical

Introduction

Voici un autre poème de Catulle consacré à l’homme qu’il exècre : Gellius. Dans celui-ci, il dénonce la relation incestueuse de Gellius avec sa propre mère. Au fil du poème, Catulle évoque les conséquences de cette union, notamment la naissance d’un enfant. Il souhaite que cet enfant devienne un Mage, faisant ainsi référence aux Mages de la religion zoroastrienne de ce que nous connaissons aujourd’hui sous le nom d’Iran. Catulle évoque la Perse et la science de la divination ou de l’haruspicine pratiquée par les Mages.

Catulle ne formule nullement un vœu bienveillant à l’égard de ce « commerce impie », ce qui apparaît clairement lorsqu’il mentionne « l’impie religion des Perses » au vers quatre. Il considère que ces relations et cette religion sont toutes deux contre nature. Au vers trois, il indique au lecteur que le Mage doit nécessairement naître de l’union d’une mère et de son fils, tant cette religion lui paraît contre nature. Au vers cinq, il fait allusion aux hymnes agréables que les Mages chantent en l’honneur des dieux.

Au vers six, il évoque l’autel où l’on faisait fondre la graisse du caul. Le terme « caul » revêt deux sens. Le premier désigne une coiffe portée par les femmes. Le second renvoie à la membrane qui enveloppe le fœtus. Si les femmes perses portaient effectivement des coiffes, Catulle fait très probablement référence à la membrane amniotique qui entoure les nouveau-nés, d’autant qu’il qualifie ce caul de « gras ».

Catulle nourrit une animosité profonde à l’égard de Gellius, qui multiplie les relations sexuelles contre nature avec des hommes et des femmes. Dans ses poèmes, il évoque les liaisons de Gellius avec des hommes et avec d’autres membres de sa famille. Ce poème met en lumière des éléments culturels ainsi que les conceptions romaines de la sexualité. Catulle montre qu’il — et probablement d’autres Romains avec lui — ne tenait pas les Perses en haute estime.

Les Romains recouraient bien aux services des devins, ce qui ne constituait donc pas un problème en soi. Ce qui aurait été problématique, en revanche, c’est la combustion du caul. Les nouveau-nés y sont d’ordinaire enveloppés ; Catulle pourrait donc suggérer que l’enfant de Gellius serait susceptible de brûler d’autres enfants !

Carmen 90

VersTexte latinTraduction française
1NASCATVR magus ex Gelli matrisque nefandoQue de l’union impie de Gellius et de sa mère
2coniugio et discat Persicum aruspicium:naisse un Mage, et qu’il apprenne l’art augural des Perses ;
3nam magus ex matre et gnato gignatur oportet,car un Mage doit naître d’une mère et de son fils,
4si uera est Persarum impia religio,si l’impie religion des Perses est véritable,
5gratus ut accepto ueneretur carmine diuosafin que leur enfant vénère les dieux par des hymnes agréables,
6omentum in flamma pingue liquefaciens.tout en faisant fondre le gras caul dans la flamme de l’autel.

Ressources

Projet VRoma

Créé :1 janvier 2025

Modifié :27 octobre 2024