1. Accueil
  2. Classical Literature
  3. Rome
  4. Catullus
  5. Traductions de Catulle
  6. Traduction du Carme 10 de Catulle

Traduction du Carme 10 de Catulle

Classical

Introduction

Catullus ouvre le poème en évoquant son ami Varus, qui l’avait emmené depuis le Forum. Catullus se trouvait alors au repos, mais Varus l’entraîna pour lui présenter sa maîtresse. Catullus remarqua d’emblée qu’il s’agissait d’une « gentille petite créature ». Au vers quatre, il précise qu’elle était de belle apparence, n’étant gracieuse ni par ses manières ni par son physique.

Puis, au vers cinq, il rapporte qu’à leur arrivée, tous se mirent à bavarder de choses et d’autres. Ils parlèrent même de la Bithynie et de l’état actuel de cette province. On l’interrogea sur les profits qu’il avait pu y réaliser. Catullus oriente ensuite le poème vers la Bithynie et ses habitants. Au vers neuf, il répond aux questions sur la province, expliquant que les gens du pays ne parviennent pas à revenir à Rome plus gras qu’ils n’étaient partis — allusion au fait qu’ils manquent de nourriture et d’argent.

Au vers dix, il évoque un préteur qui maltraitait la population de Bithynie, sans le moindre égard pour ceux placés sous son autorité. Ses interlocuteurs posent alors de nouvelles questions : y avait-il des porteurs pour sa litière, et ces hommes venaient-ils de Bithynie ? Catullus affirme avoir convaincu la jeune femme qu’il était plus fortuné que les autres.

Il poursuit son récit sur la Bithynie et avoue n’avoir pas obtenu le nombre d’hommes qu’il espérait. Il n’en trouva aucun capable de le porter. Il cherchait un homme assez vigoureux pour le soulever. Catullus tenta d’attendrir la jeune fille, qui lui demanda alors de lui prêter les porteurs dont il avait parlé en Bithynie. Catullus répliqua qu’elle parlait comme une effrontée. Ils continuèrent à discuter de ces hommes qu’il n’avait jamais eus.

Carmen 10

VersTexte latinTraduction française
1VARUS me meus ad suos amoresMon cher Varus m’avait emmené du Forum,
2uisum duxerat e foro otiosum,moi qui flânais, pour aller voir sa maîtresse,
3scortillum, ut mihi tum repente uisum est,une gentille petite créature, ainsi qu’il me sembla d’emblée,
4non sane illepidum neque inuenustum,nullement dépourvue de charme ni d’élégance.
5huc ut uenimus, incidere nobisUne fois arrivés, nous nous lançâmes dans divers propos,
6sermones uarii, in quibus, quid essetentre autres choses, sur l’état
7iam Bithynia, quo modo se haberet,de la Bithynie en ce temps, comment s’y portaient les affaires,
8et quonam mihi profuisset aere.et si j’y avais gagné quelque argent.
9respondi id quod erat, nihil neque ipsisJe répondis (ce qui était vrai) que ni les habitants eux-mêmes,
10nec praetoribus esse nec cohorti,ni les préteurs ni leur suite ne trouvaient le moyen
11cur quisquam caput unctius referret,de revenir plus gras qu’ils n’étaient partis,
12praesertim quibus esset irrumatord’autant qu’ils avaient pour préteur un tel filou,
13praetor, nec faceret pili cohortem.un homme qui ne se souciait nullement de ses subalternes.
14’at certe tamen,’ inquiunt ‘quod illic« Mais enfin, » dit-on, « tu as bien dû obtenir
15natum dicitur esse, comparastides porteurs pour ta litière. On dit que c’est un pays
16ad lecticam homines.’ ego, ut puellaeoù l’on en trouve. » Moi, pour me donner auprès de la fille
17unum me facerem beatiorem,un air de fortune exceptionnelle,
18’non’ inquam ‘mihi tam fuit maligneje dis : « Les choses ne m’ont pas si mal traité
19ut, prouincia quod mala incidisset,— bien que la province échue fût mauvaise —
20non possem octo homines parare rectos.‘au point de m’empêcher d’engager huit gaillards droits. »
21at mi nullus erat nec hic neque illicOr je n’en avais pas un seul, ni ici ni là-bas,
22fractum qui ueteris pedem grabatiassez fort pour charger sur son épaule
23in collo sibi collocare posset.le pied brisé d’un vieux sofa.
24hic illa, ut decuit cinaediorem,Là-dessus elle (comme il sied à une effrontée),
25”quaeso” inquit “mihi, mi Catulle, paulum« Je t’en prie, mon cher Catullus, prête-moi un instant
26istos commoda: nam uolo ad Serapimces porteurs dont tu parles ; je veux me rendre au temple de Sérapis. »
27deferri.” “mane” inquii puellae,« Attends, » dis-je à la fille,
28”istud quod modo dixeram me habere,« ce que je viens de dire à l’instant sur ces esclaves à moi,
29fugit me ratio: meus sodalis—c’était un lapsus ; un ami à moi —
30Cinna est Gaius— is sibi parauit.Gaius Cinna — c’est lui qui les a achetés ;
31uerum, utrum illius an mei, quid ad me?mais après tout, qu’ils soient à lui ou à moi, qu’importe ?
32utor tam bene quam mihi pararim.je m’en sers aussi bien que si je les avais achetés pour moi :
33sed tu insulsa male et molesta uiuis,mais tu es une sotte et une peste,
34per quam non licet esse neglegentem.”qui ne permet jamais de baisser sa garde. »

Ressources

Projet VRoma

Créé :1 janvier 2025

Modifié :25 octobre 2024