1. Accueil
  2. Classical Literature
  3. Rome
  4. Catullus
  5. Traductions de Catulle
  6. Traduction du Carme 30 de Catulle

Traduction du Carme 30 de Catulle

Classical

Introduction

Dans ce poème, Catullus s’adresse à un homme plus connu sous le nom d’Alfenus Varus, un juriste. Dès la lecture du premier vers, il est aisé de comprendre que Varus avait déçu le poète, Catullus le qualifiant d’ingrat et de perfide envers ses amis. Au vers deux, Catullus lui demande s’il est prêt à cesser d’avoir pitié de son ami. Puis, au vers trois, Catullus semble lui répondre en l’interrogeant — « quoi ? » — avant de lui enjoindre de cesser de se dérober et de le tromper.

Catullus semble entretenir un véritable dialogue avec Alfenus dans ce poème. Au vers quatre, il demande si les dieux apprécient la tromperie. Catullus affirme qu’Alfenus méprise les volontés divines et sème le chagrin et le trouble dans la vie du poète. Il s’interroge alors : à qui peut-on se fier ? Alfenus fut jadis digne de confiance, et Catullus lui avait confié son âme et ses secrets. Cela avait conduit le poète à se sentir en sécurité auprès de lui et à l’aimer. Puis Alfenus s’est dérobé, abandonnant ses paroles aux « vents et aux vapeurs de l’air ». Ses promesses s’étaient évaporées, privées de toute valeur.

Catullus conclut le poème par une sorte d’imprécation. Aux vers 11 et 12, il rappelle à Alfenus que les dieux n’ont pas oublié. Il mentionne plus particulièrement la Bonne Foi (Fides) et la manière dont elle le contraindra à se repentir de sa perfidie envers Catullus. S’il ne maudit pas explicitement Alfenus, ce rappel semble adressé non seulement à l’homme, mais aussi aux dieux eux-mêmes.

Bien que Catullus ne révèle pas ce qu’Alfenus a fait pour l’offenser, l’affaire semble concerner une amitié et non une relation amoureuse. Si Alfenus était juriste, il a pu trahir la confiance de Catullus ou de quelqu’un de son entourage. L’amitié semble rompue, tant Catullus est meurtri par l’indifférence d’Alfenus. Il se peut que Catullus ait cru à une amitié sincère, qu’Alfenus ne partageait pas.

Carmen 30

VersTexte latinTraduction française
1ALFENE immemor atque unanimis false sodalibus,ALFENUS, ingrat et perfide envers tes fidèles compagnons,
2iam te nil miseret, dure, tui dulcis amiculi?cesserais-tu désormais (ô cruel !) de prendre pitié de ton doux ami ?
3iam me prodere, iam non dubitas fallere, perfide?Quoi ? ne reculerais-tu pas devant ma trahison, devant ma tromperie, ô perfide ?
4nec facta impia fallacum hominum caelicolis placent.Les actes des trompeurs plaisent-ils aux dieux célestes ?
5quae tu neglegis ac me miserum deseris in malis.Tout cela, tu le méprises, et tu m’abandonnes, malheureux, dans mes tourments ;
6eheu quid faciant, dic, homines cuiue habeant fidem?hélas, dis-moi, que doivent faire les hommes, à qui accorder leur confiance ?
7certe tute iubebas animam tradere, inique, meVéritablement, tu m’invitais à te confier mon âme (ô injuste !),
8inducens in amorem, quasi tuta omnia mi forent.m’entraînant dans l’amour comme si tout était sûr pour moi ;
9idem nunc retrahis te ac tua dicta omnia factaquetoi qui maintenant te dérobes, et laisses aux vents et aux vapeurs de l’air
10uentos irrita ferre ac nebulas aereas sinis.emporter toutes tes paroles et tes actes sans effet.
11si tu oblitus es, at di meminerunt, meminit Fides,Si tu as oublié, les dieux s’en souviennent, la Bonne Foi s’en souvient,
12quae te ut paeniteat postmodo facti faciet tui.qui te fera bientôt repentir de ton acte.

Ressources

Projet VRoma

Créé :1 janvier 2025

Modifié :27 octobre 2024