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Traduction du Carme 15 de Catulle

Classical

Introduction

Catulle ne veut pas qu’Aurelius entretienne une liaison avec son amant Juventius. Dans ce poème, Catulle demande à Aurelius une faveur modeste : garder son bien-aimé en sécurité. Il souhaite que Juventius reste pur et sans tache. Au vers neuf, Catulle confie qu’il craint Aurelius et son sexe. Au vers 10, il indique que ce sexe est fatal aux jeunes garçons, qu’ils soient bons ou mauvais.

Aux vers 11 et 12, Catulle déclare à Aurelius qu’il peut user de son sexe comme bon lui semble. Il peut s’en satisfaire partout où il le désire. Mais au vers 13, il lui demande de laisser Juventius tranquille — de l’épargner. Pour appuyer sa requête, Catulle menace alors Aurelius. Il lui annonce, aux vers 14 à 19, que s’il commet ce crime contre lui, Aurelius sera couvert de honte. Catulle qualifie l’acte d’Aurelius de « crime odieux ou trahison ». S’il s’y livre, Catulle plaindra son triste sort : les jambes écartées, l’anus béant, on y enfoncera des radis et des poissons sous les yeux de la cité tout entière.

Catulle a déjà menacé Aurelius d’humiliation dans d’autres poèmes, car il tient manifestement à ce que cet homme n’ait aucune relation sexuelle avec Juventius. Il est résolu à garder Juventius pour lui seul, et il semble qu’aucune menace ne soit de trop quand il s’agit de le protéger.

Catulle ne s’inquiète pas de ce qui pourrait arriver à Juventius lorsqu’il circule en public dans les rues. Aux vers six à huit, Catulle écrit qu’il ne redoute pas la « foule vulgaire » (les passants dans les rues de Rome) et qu’il n’a crainte de rien de ce qui se passe dans les rues, où chacun vaque à ses occupations.

Il ne redoute qu’Aurelius et ce qu’il pourrait faire à Juventius sur le plan sexuel. Catulle pourrait-il craindre que Juventius préfère Aurelius ? D’autant que son sexe est « fatal » aux autres hommes. Tout cet acharnement sur Aurelius pourrait trahir l’insécurité de Catulle quant à sa propre capacité à conserver Juventius pour lui.

Carmen 15

VersTexte latinTraduction française
1COMMENDO tibi me ac meos amores, À toi, Aurelius, je confie mon tout, même mon aimé,
2Aureli. ueniam peto pudentem, et je te demande une faveur, une faveur modeste.
3ut, si quicquam animo tuo cupisti, Si jamais tu as désiré de toute ton âme
4quod castum expeteres et integellum, garder quoi que ce soit de pur et sans tache,
5conserues puerum mihi pudice, alors garde mon garçon bien-aimé en sécurité,
6non dico a populo— nihil ueremur je ne parle pas de la foule vulgaire ; je ne redoute
7istos, qui in platea modo huc modo illuc ceux qui vont et viennent dans nos rues
8in re praetereunt sua occupati— absorbés par leurs propres affaires.
9uerum a te metuo tuoque pene c’est toi que je crains, toi et ton sexe,
10infesto pueris bonis malisque. si fatal aux jeunes garçons, tant les bons que les mauvais.
11quem tu qua lubet, ut lubet moueto Fais jouer ce sexe où et comme bon te semble,
12quantum uis, ubi erit foris paratum: toujours prêt à se satisfaire quand tu sors dehors.
13hunc unum excipio, ut puto, pudenter. Celui-ci seul, je veux que tu l’épargnes : je pense que c’est une demande modeste.
14quod si te mala mens furorque uecors Mais si un esprit malveillant et une frénésie insensée
15in tantam impulerit, sceleste, culpam, t’entraînent au crime odieux
16ut nostrum insidiis caput lacessas. de trahison envers moi,
17a tum te miserum malique fati! ah ! alors je te plains pour ton triste sort.
18quem attractis pedibus patente porta Car sous le regard de la cité, les jambes écartées et la porte béante,
19percurrent raphanique mugilesque. on t’enfoncera des radis et des mulets.

Ressources

Projet VRoma

Créé :1 janvier 2025

Modifié :26 octobre 2024