Traduction du Carme 47 de Catulle
Introduction
Dans ce poème, Catulle évoque les deux assistants de Pison : Porcius et Socration. Mais au lieu de les appeler sa main gauche et sa main droite, Catulle les qualifie de ses deux mains gauches. Il les compare ensuite à la peste et à la famine. Il les insulte également en demandant si Priape les a préférés à Véranius et Fabullus, les deux amis de Catulle. Catulle fait également référence à Priape en tant que phallus.
Il leur demande ensuite s’ils s’emploient à dépenser l’argent et à donner des banquets. Et non pas n’importe quels banquets, mais des banquets tenus en plein jour. Catulle fait ensuite savoir que ses deux amis errent en quête d’invitations.
Lorsque Catulle évoque ses amis devant chercher des invitations, il ne veut pas dire qu’ils souhaitent être invités aux banquets. Il signifie très probablement qu’ils sont à la recherche d’invitations d’autres hommes, comme s’ils étaient des prostitués. C’est parce qu’ils ne travaillent plus pour de riches hauts fonctionnaires, Porcius et Socration occupant désormais leur ancienne fonction.
Catulle parvient également à utiliser l’allitération de manière efficace. La lettre la plus souvent répétée est le « p ». C’est un choix judicieux, car lorsque l’on prononce le « p » de manière répétée, cela implique souvent de cracher, ce phonème exigeant que le locuteur interrompe le flux d’air. Il est logique que Catulle ait recouru à cette consonne, car il est dégoûté par Pison et souhaite donc cracher en s’adressant à cet homme.
Il est intéressant de noter que Catulle qualifie Porcius et Socration de peste et de famine. En tant que mains gauches de Pison, ils auraient été chargés de contribuer à l’exécution de ses desseins. C’était un dirigeant fastueux impliqué dans le complot visant à renverser et à tuer Néron. Catulle n’appréciait manifestement pas Pison, bien que celui-ci ait partagé ses richesses avec de nombreux Romains.
Carmen 47
| Ligne | Texte latin | Traduction française |
|---|---|---|
| 1 | PORCI et Socration, duae sinistrae | Porcius et Socration, les deux mains gauches de Pison, |
| 2 | Pisonis, scabies famesque mundi, | vous la peste et la simple famine, |
| 3 | uos Veraniolo meo et Fabullo | ce Priape phallique vous a préférés |
| 4 | uerpus praeposuit Priapus ille? | à mon cher Véranius et Fabullus ? |
| 5 | vos conuiuia lauta sumptuose | Dépensez-vous l’argent et organisez-vous de somptueux banquets |
| 6 | de die facitis, mei sodales | à grands frais en plein jour, tandis que mes vieux amis |
| 7 | quaerunt in triuio uocationes? | doivent parcourir les rues en quête d’une invitation ? |
