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Comment Aphrodite dans l'Iliade a-t-elle agi comme catalyseur de la guerre ?

Si Hélène de Sparte fut qualifiée de « visage qui lança mille navires », c’est Aphrodite dans l’Iliade qui fut la véritable catalyseur de la guerre.

L’histoire de la guerre de Troie commence bien avant que Pâris n’entendît jamais parler d’Hélène de Sparte et ne convoitât sa beauté.

Elle commence avec une nymphe marine, Thétis, qui était courtisée à la fois par Zeus et Poséidon. Thétis, peu intéressée par le mariage, résistait à cette perspective.

Fort heureusement pour la nymphe, une prophétie annonçait que son fils serait « supérieur à son père ». Zeus et Poséidon, se rappelant qu’ils s’étaient unis pour vaincre et tuer leur propre père, Cronos, convinrent d’un plan.

Thétis fut interdite d’épouser un immortel et fut promise au roi mortel Pélée. Protée, un dieu marin, instruisit Pélée de capturer la nymphe en la surprenant sur le rivage. Le mortel s’exécuta et la maintint fermement alors qu’elle prenait diverses formes, tentant de se métamorphoser pour lui échapper.

Finalement, elle céda et accepta le mariage. Les noces furent célébrées sur le mont Pélion, où tous les dieux et déesses se rendirent pour participer aux festivités, à l’exception d’une seule : Éris, la déesse de la discorde.

Irritée, Éris perturba les réjouissances en lançant une pomme portant l’inscription « à la plus belle ». Ce cadeau provoqua immédiatement une querelle entre Héra, Aphrodite et la déesse Athéna, chacune revendiquant le titre.

Elles exigèrent que Zeus décidât laquelle d’entre elles était la plus belle, mais ce dernier sagement s’abstint, refusant de choisir entre son épouse et ses deux filles. Il chercha plutôt un mortel pour prononcer le jugement.

Pâris était un prince deTroie dont la vie était également gouvernée par une prophétie. Juste avant sa naissance, sa mère, la reine Hécube, apprit du devin Ésacos qu’il serait la ruine de Troie. Elle et le roi Priam confièrent la tâche d’abandonner le nourrisson à un berger qui, pris de pitié, l’éleva comme son propre fils. Bien qu’élevé par un rude berger, sa noble naissance se révéla.

Il possédait un taureau de prix qu’il opposait aux autres taureaux lors de concours. Arès releva le défi en se transformant en taureau et en battant aisément l’animal de Pâris. Pâris céda immédiatement le prix à Arès, reconnaissant sa victoire. Ce geste amena Zeus à le désigner comme juge impartial pour trancher le différend entre les déesses.

Pâris lui-même ne parvint pas à se décider facilement entre les trois déesses. Chacune s’employa à le charmer, allant jusqu’à se dévêtir pour mieux s’offrir à son regard. Finalement, face à l’incapacité de Pâris à choisir, chacune lui offrit un pot-de-vin.

Héra lui offrit le pouvoir sur plusieurs grands royaumes, tandis qu’Athéna lui proposa la sagesse et la force au combat. Aphrodite s’engagea à lui offrir « la plus belle femme du monde » pour épouse. Elle omit toutefois de préciser que cette femme, Hélène de Sparte, était l’épouse du puissant roi Ménélas.

Peu importait à Pâris, déterminé à réclamer son prix. Il se rendit à Sparte et séduisit ou enleva Hélène, selon l’interprétation du texte. Aphrodite, vraisemblablement, aida Pâris à atteindre son but. Au moment où Aphrodite apparaît dans l’Iliade, la guerre fait rage depuis près de neuf années.

L’Iliade ne couvre que la phase finale de la guerre, suivant quelques personnages principaux à travers leurs péripéties.

Quel est le rôle d’Aphrodite dans l’Iliade ?

En dépit de son attitude désinvolte à l’égard du mariage, Aphrodite s’engage à aider et protéger Pâris, et par conséquent les Troyens, dans la guerre issue de ses propres manigances.

Lors de l’apparition d’Aphrodite au Chant 3 de l’Iliade, la guerre fait rage depuis neuf années entières. Pour mettre fin aux souffrances et aux effusions de sang des deux côtés, les Achéens et les Troyens convinrent que le différend serait réglé par un combat au corps à corps entre Pâris et le légitime époux d’Hélène, Ménélas. Pâris, peu fait pour la guerre, fut blessé au combat. Aphrodite le couvrit d’une brume et l’emporta vers sa chambre.

Quel est le rôle d’Aphrodite dans l’Iliade ? Elle agit à la fois comme championne des Troyens et de Pâris lui-même, bien qu’elle ne fût guère adaptée aux rigueurs de la guerre.

Lorsque la bataille tourne mal, Aphrodite sauve Pâris, fondant sur lui pour le couvrir d’une brume et l’emportant du champ de bataille pour le ramener dans sa chambre.

Pâris était blessé et accablé, sachant qu’il avait techniquement perdu le combat. Aphrodite se rendit auprès d’Hélène sous un déguisement, se présentant comme une vieille femme, et l’encouragea à se rendre auprès de Pâris pour le réconforter.

Hélène, excédée tant par Aphrodite que par la guerre de Troie, refusa dans un premier temps. Aphrodite abandonna alors sa douceur feinte et déclara à Hélène que la bienveillance des dieux pouvait se muer en « haine implacable » s’ils étaient bravés. Ébranlée, Hélène accepta de se rendre auprès de Pâris et suivit Aphrodite jusqu’à ses appartements.

L’accord prévoyait que le vaincu du combat concéderait la victoire au vainqueur. Parce qu’Hélène alla voir Pâris, la guerre se poursuivit. Tandis que le conflit s’éternisait, Achille continua d’exercer une influence déterminante par son absence même. Aphrodite et Achille furent tous deux des figures centrales de la guerre, mais ils interagirent rarement directement, combattant chacun de son côté du champ de bataille.

Aphrodite n’en avait pas fini avec ses ingérences dans les entreprises achéennes. Au Chant 5, le mortel Diomède est blessé par le guerrier troyen Pandaros.

Furieux, Diomède pria Athéna pour obtenir vengeance. Athéna avait pris le parti des Achéens et lui accorda une force surhumaine ainsi que la capacité de distinguer les dieux des mortels sur le champ de bataille. Elle l’avertit de ne défier aucun des dieux à l’exception d’Aphrodite, qui n’est pas entraînée au combat et s’avère plus vulnérable que les autres.

Diomède obtint sa vengeance, tuant Pandaros, massacrant les Troyens et décimant leurs rangs à un rythme alarmant. De surcroît, il blessa le héros troyen Énée, fils d’Aphrodite.

Venue au secours de son fils, Aphrodite affronta Diomède avec impulsivité. Il frappa et parvint à la blesser, lui entaillant le poignet et faisant jaillir l’ichor (le sang des dieux) de sa blessure.

Elle fut contrainte d’abandonner Énée et de fuir le combat, se retirant sur l’Olympe, où elle fut réconfortée et guérie par sa mère, Dioné. Zeus l’avertit de ne plus s’engager dans aucun combat, lui enjoignant de se consacrer aux affaires de l’amour et aux « beaux mystères du mariage ».

Apollon retourna au combat en sa place. Ivre de son audace et de sa fureur, enivré par son succès, Diomède eut la folie d’attaquer également le dieu Apollon.

Apollon, irrité par l’impudence du mortel, le repoussa et s’empara d’Énée, l’emportant hors du champ de bataille. Pour accroître le trouble parmi les compagnons d’Énée, il laissa sur le terrain une réplique du corps de ce dernier. Il revint avec Énée et incita Arès à se joindre au combat aux côtés des Troyens.

Avec le concours d’Arès, les Troyens commencèrent à prendre l’avantage. Hector et Arès combattirent côte à côte, spectacle qui effraya Diomède. Ulysse et Hector s’avancèrent au premier rang de la bataille et le massacre s’intensifia des deux côtés, jusqu’à ce qu’Héra et Athéna suppliassent Zeus de les autoriser à intervenir à nouveau.

Héra rallia le reste des troupes achéennes, tandis qu’Athéna bondit dans le char de Diomède pour l’assister contre Arès. Bien qu’elle lui eût précédemment interdit de combattre tout dieu autre qu’Aphrodite, elle leva cette injonction et s’élança contre Arès. La collision entre les deux fut sismique. Arès fut blessé par Diomède et quitta le champ de bataille, se retirant sur le mont Olympe pour se plaindre à Zeus de l’attaque du mortel.

Zeus lui répondit qu’il s’était engagé dans la bataille et que les blessures font partie des combats. Arès blessé, les dieux et déesses, pour la majeure partie, se retirèrent du combat, laissant les humains poursuivre leurs propres batailles.

Qu’est-ce qui motiva les actes significatifs d’Aphrodite dans l’Iliade ?

La plupart des actes significatifs d’Aphrodite dans l’Iliade furent dictés par les relations et l’usage qu’elle fit des liens et des nuances qui les sous-tendaient.

La contribution d’Arès au combat troyen pesa lourdement dans les pertes grecques. Il vint vraisemblablement au secours des Troyens parce qu’Aphrodite avait été sa maîtresse. L’histoire de l’union d’Aphrodite et d’Arès est relatée dans l’Odyssée, au Chant 8. Démodocos raconta le récit, relatant comment Aphrodite et Arès s’étaient rencontrés et unis dans le lit de son époux, Héphaïstos, le forgeron des dieux.

Héphaïstos avait forgé l’armure que Thétis offrit à Achille, cette armure divine qui rendait sa présence sur le champ de bataille si distinctive.

Thétis et Aphrodite avaient des conceptions fort différentes du mariage et de la fidélité. Alors que Thétis s’était à plusieurs reprises portée au secours des immortels, y compris d’Héphaïstos, lorsque d’autres dieux les attaquaient, Aphrodite apparaît impulsive, égocentrique et intéressée.

Les amants furent observés par le dieu solaire Hélios, qui informa le cocu Héphaïstos. Le forgeron imagina un piège ingénieux qui enserrerait les amants la prochaine fois qu’ils s’abandonneraient à leurs ébats. Ils tombèrent dans le piège, et Héphaïstos se rendit sur le mont Olympe pour les accuser et exiger la restitution de ses cadeaux de cour.

Finalement, Poséidon, dieu de la mer, prit pitié des amants et s’offrit à payer les dommages de l’adultère. Observant l’échange, Apollon se tourna vers Hermès, le messager des dieux, et lui demanda comment il se serait senti s’il avait été pris dans une situation aussi humiliante.

Hermès répondit qu’il aurait « enduré trois fois autant de chaînes » pour avoir l’occasion de partager la couche et les faveurs d’Aphrodite. Le pouvoir de séduction d’Aphrodite l’emportait de loin sur la déloyauté dont elle avait fait preuve envers son époux.

Son comportement tout au long de l’Iliade est lié aux relations forgées entre dieux et hommes. Bien qu’elle soit intervenue avec le plus de force du côté troyen dans la guerre, elle revint également auprès d’Héra et l’aida à séduire Zeus au Chant 14. En gagnant les faveurs de Zeus, Héra put reprendre part aux combats du côté achéen.

En définitive, Aphrodite demeura fidèle jusqu’à la fin à Pâris et aux Troyens. Après avoir été blessée, elle ne retourna pas au combat. Elle reconnaît sa faiblesse martiale et se conforme à l’avertissement de Zeus de laisser les affaires de la guerre à d’autres, plus aptes à de telles entreprises. Elle se consacre plutôt à des occupations plus douces.

Lorsque la mort de Patrocle éveille la fureur d’Achille, les dieux interviennent une fois de plus. Athéna porte secours à Achille. Elle se rendit auprès d’Hector, déguisée en son frère Déiphobe, et lui fit croire qu’il avait un allié dans son combat contre Achille. Il lança sa lance, qui rebondit sans effet sur l’armure divine d’Achille.

Lorsqu’Hector se tourna vers son « frère » pour lui demander une autre lance, il se retrouva seul. Constatant qu’il était livré à lui-même, il chargea Achille avec son épée. Malheureusement pour Hector, la connaissance qu’avait Achille de l’armure volée qu’il portait lui conférait un avantage. Connaissant le point faible de la cuirasse, Achille put le transpercer à la gorge.

Achille, encore furieux et accablé par la mort de Patrocle, refusa de restituer le corps aux Troyens pour des funérailles dignes de ce nom. Andromaque, l’épouse d’Hector, vit le corps traîné dans la poussière et s’évanouit, laissant tomber le châle qu’Aphrodite lui avait offert.

En dépit de ce relâchement, Aphrodite continua de protéger le corps. Bien qu’elle n’intervînt pas directement ni tentât de reprendre le corps d’Hector, elle oignit son corps d’huiles spéciales et le préserva de toute dégradation. Achille traîna le corps d’Hector derrière son char, le profanant et le maltraitant. Aphrodite protégea le corps, éloignant même les chiens qui auraient charogné le cadavre.

La dernière mention d’Aphrodite dans l’Iliade figure au Chant 24, lorsque Cassandre, une jeune fille — et donc l’une des mortelles dont Aphrodite est la déesse protectrice — fut la première à apercevoir Priam ramenant le corps de son fils pour lui accorder enfin une sépulture digne à Troie.

Créé : 16 février 2024

Modifié : 3 janvier 2026