Héphaïstos — Le dieu grec de la forge et de la métallurgie (Vulcain)

Classical

Héphaïstos (Vulcain), le forgeron et l’artisan des dieux, était marié à Aphrodite (Vénus), la déesse de l’amour et de la beauté.

Ce n’était pas un mariage heureux car ils n’avaient pas d’enfants et Aphrodite était une épouse infidèle, engendrant des enfants avec des dieux et des mortels. (Héphaïstos, lui non plus, ne fut pas en reste dans l’infidélité.)

La Fragua de Vulcano (La Forge de Vulcain)

La Forge de Vulcain
Diego de Silva Velázquez
Huile sur toile, 1631
Musée du Prado, Madrid

Parmi ses nombreuses infidélités, Aphrodite entretenait une longue liaison amoureuse avec Arès (Mars), le dieu de la guerre et de la discorde.

Homère rapporta l’une de leurs rencontres dans l’Odyssée. Alors qu’Ulysse était l’hôte à la cour des Phéaciens, l’aède Démodocos chanta l’infidélité d’Aphrodite.

Hélios, le dieu du soleil, voyait la plupart des choses pendant le jour, tandis qu’il conduisait son char solaire à travers le ciel. Ce fut l’un de ces jours qu’Hélios surprit Aphrodite prenant son amant dans son lit, en l’absence d’Héphaïstos. Hélios reconnut Arès sans difficulté. Il se rendit donc auprès d’Héphaïstos pour l’informer que sa femme le trompait.

Héphaïstos décida de se venger des amants. L’artisan boiteux confectionna un filet invisible, qu’il disposa par-dessus le lit magnifique. Il informa ensuite son épouse qu’il se rendait sur l’île de Lemnos pour quelque temps ; Aphrodite y vit l’occasion de passer du temps avec Arès pendant l’absence de son mari.

Dès qu’Héphaïstos eut quitté leur demeure, Arès se glissa dans la maison et s’installa dans le lit de la déesse dévêtue. Au cœur de leurs ébats, le filet s’abattit sur eux, les emprisonnant dans des mailles dont ils ne pouvaient se dégager.

Héphaïstos revint immédiatement dans sa chambre nuptiale, accompagné d’une multitude d’autres dieux venus contempler le couple déshonoré. Seuls les Olympiens de sexe masculin se présentèrent ; les déesses restèrent sur l’Olympe, préférant ne point assister à une telle indécence. Le dieu forgeron blâma ses deux parents pour ce mariage avec Aphrodite. Héphaïstos déclara qu’il ne les libérerait pas tant qu’ils n’auraient pas restitué les présents qu’il avait offerts à Zeus et à Héra.

Apollon et Hermès, les deux plus jeunes Olympiens, s’amusèrent de l’humiliation infligée au dieu de la guerre et à la déesse de l’amour, tous deux nus. Ils comparèrent Héphaïstos à la tortue qui avait vaincu le lièvre (Arès) dans une course. Héphaïstos avait indéniablement surpassé Arès en ruse. Hermès reconnut qu’il ne refuserait pas de se trouver à la place d’Arès, s’il pouvait partager la couche de la déesse de l’amour, quels que soient les conséquences.

Seul Poséidon ne partagea pas l’hilarité de ses deux neveux. Poséidon s’efforça de persuader Héphaïstos de libérer le couple adultère. Dans un premier temps, Héphaïstos refusa la requête, car il souhaitait tirer le maximum de sa vengeance, jusqu’à ce que Poséidon promît de payer leurs amendes si personne d’autre ne s’en chargeait.

Héphaïstos libéra son épouse et son amant. Arès s’enfuit aussitôt en Thrace, tandis qu’Aphrodite se rendit à Paphos, sur l’île de Chypre, où les Charites baignèrent la déesse de l’amour dans un bassin sacré, avant de masser d’huile son corps parfait.

La vengeance d’Aphrodite

Le poète romain Ovide nous livre un dénouement quelque peu différent de ce récit divertissant.

Lorsque Poséidon (sous le nom de Neptune) contempla la beauté nue d’Aphrodite, il fut saisi de désir pour la déesse de l’amour. Ainsi, la motivation de Poséidon lorsqu’il pressa Héphaïstos de libérer son épouse n’était en réalité dictée que par son propre intérêt, non par le souci d’apaiser le mari trompé.

Aphrodite récompensa Poséidon en s’unissant à lui, devenant ainsi la mère d’Éryx, un Argonaute qui navigua avec Jason.

Poséidon n’était pas le seul dieu à la désirer. Ovide poursuivit le récit en racontant qu’Hermès obtint également ses faveurs, et qu’elle devint la mère d’Hermaphrodite (voir Hermaphrodite et Salmacis).

Aphrodite n’oublia pas de châtier le dénonciateur, le dieu du soleil Hélios. Hélios aimait une nymphe nommée Clytie. Aphrodite fit en sorte qu’Hélios tombât amoureux d’une autre jeune fille, nommée Leucothoé, fille d’Orchamos, roi de Perse.

Clytie, jalouse de sa rivale, répandit une rumeur afin qu’Orchamos crût que sa fille avait été séduite par un amant mortel. Orchamos fit enterrer Leucothoé vivante. Hélios tenta vainement de la sauver.

Hélios abandonna Clytie, qui l’aimait éperdument. Elle s’étendit sur le sol, contemplant son char traverser le ciel pendant neuf jours, jusqu’à ce qu’elle se consume et meure.

Leucothoé fut métamorphosée en un arbuste au parfum suave, tandis que Clytie fut changée en héliotrope, dont la tête de la fleur se tourne toujours vers le soleil au cours de la journée.

Informations connexes

Sources

L'Odyssée fut composée par Homère.

Les Métamorphoses furent composées par Ovide.

Créé :22 juin 2000

Modifié :22 avril 2024