Ares (Mars)
Dieu de la guerre. Arès était fils de Zeus et d’Héra, et était identifié au dieu romain Mars. Arès était le frère d’Hébé, d’Ilithye et possiblement d’Héphaïstos, bien que la plupart des auteurs affirment qu’Héphaïstos était fils d’Héra seule.
Il est possible qu’Arès apparaisse déjà dans les tablettes en linéaire B. À Cnossos, en Crète, son nom était AR-E, mais à Pylos mycénienne, il s’écrivait A-RE-JA. Enyalios (E-NU-WA-RI-JO, également attesté sur les tablettes en linéaire B de Cnossos), dieu grec de la guerre, était probablement une épithète d’Arès. Autrement, Enyalios était une personnification de la guerre et le frère d’Enyo. On disait aussi qu’Arès était le frère d’Éris (la Discorde) et le père d’un fils nommé Strife (la Querelle). Sur le champ de bataille, il était accompagné d’Enyo (appelée Bellone par les Romains), déesse de la guerre. Enyo (Ἐνυω) était soit sa sœur, soit sa fille qu’il avait eue d’Aphrodite.
Bien qu’Aphrodite fût mariée à Héphaïstos, elle entretenait une liaison de longue date avec Arès (voir Héphaïstos pour le récit de la capture d’Aphrodite et d’Arès au lit). D’Aphrodite, Arès fut le père d’Antéros (la Passion), d’Éros, de Deimos (la Crainte), de Phobos (la Panique) et d’une fille nommée Harmonie, épouse de Cadmos de Thèbes.
Cadmos n’épousa Harmonie qu’après avoir servi le dieu de la guerre pendant huit ans, car il avait tué le dragon qui gardait la source consacrée à Arès, à Thèbes.
En tant que dieu de la guerre, de nombreux royaumes grecs ne le vénéraient pas, car Arès personnifiait la tuerie effrénée et meurtrière au combat ; il s’engageait dans des conflits sanglants par le seul amour du combat. La plupart des Grecs préféraient Athéna, déesse de la guerre, dont le jugement n’était pas aveuglé par la passion du combat. Elle représentait la discipline et la froide détermination.
Même s’il était le dieu de la guerre, Athéna semblait toujours combattre avec plus d’habileté lors de leurs affrontements. Durant la guerre de Troie, lorsqu’Arès se rua sur Athéna en brandissant son épée, la déesse lança froidement une pierre sur le dieu de la guerre et le laissa effondré au sol.
Ce ne fut pas la seule fois qu’il affronta Athéna. Selon le Cycle épique Télégonie, Arès combattit aux côtés des Bryges contre les Thesprotes, menés par le héros Odysseus. Arès mit en déroute l’armée d’Odysseus, si bien qu’Athéna, protectrice d’Odysseus, décida d’affronter Arès dans un nouveau combat. Aucun des deux ne prit l’avantage, car Apollon intervint.
En dépit de sa qualité de dieu de la guerre, Arès n’était pas un grand combattant. Il fut même vaincu par des mortels à plusieurs reprises. À deux reprises, Héraclès l’avait terrassé ; il perdit également face à Diomède, un héros de la guerre de Troie. Les deux héros blessèrent gravement le dieu de la guerre. Lorsqu’Arès fut blessé par Diomède, son cri fut plus puissant que les cris de milliers d’hommes réunis.
Arès combattit Héraclès lorsque le héros tua Cycnos à Itonos, dans le sud de la Thessalie. Cycnos était le fils d’Arès et de Pélopia ou Pyrène. Cycnos avait coutume de défier les voyageurs en combat singulier. Arès combattait aux côtés de son fils lorsqu’Héraclès blessa le dieu de la guerre. Héraclès aurait infligé davantage de dommages à Arès si Zeus n’était intervenu en lançant un éclair.
Les deux fils géants (les Aloades) de Poséidon (?) et d’Iphimédie — Otos et Éphialtès — capturèrent un jour Arès et l’enfermèrent dans un récipient de bronze. Il y resta prisonnier pendant treize mois, jusqu’à ce qu’Hermès vienne finalement le délivrer.
À Athènes, il y avait une colline près de l’Acropole appelée l’Aréopage (Areiopagos), ce qui signifie la « colline d’Arès ». L’Aréopage servait aux Athéniens à juger une personne accusée de meurtre. Selon Apollodore, Arès séduisit Agraulos (Agraule), fille d’Actée et épouse de Cécrops. Arès devint ainsi le père d’une fille nommée Alcippe. Lorsqu’Alcippe fut violée par Halirrhothios (Halirrhothios, ou « Écume marine » selon Pausanias), fils de Poséidon et de la nymphe Euryté, Arès vint au secours de sa fille et tua Halirrhothios.
Arès fut le premier être jugé pour meurtre sur cette colline. Poséidon porta les accusations contre lui, tandis que les dix autres dieux siégeaient comme juges. Arès fut acquitté. La colline fut nommée d’après lui à l’issue du procès. Selon les Euménides d’Eschyle, Oreste fut également jugé à l’Aréopage pour le meurtre de sa mère Clytemnestre. Oreste comparaquit devant douze jurés, mais Athéna elle-même présida le procès. Oreste fut également acquitté.
Arès portait de nombreuses épithètes, parmi lesquelles Enyalios (dieu de la guerre), Gradivus (conducteur des armées), Alloprosallos et Aphnéios (l’Abondant). Ses principaux lieux de culte étaient probablement Sparte et Thèbes (sans quoi il n’avait aucune cité en Grèce), ainsi que la Thrace. On disait aussi qu’il était vénéré en Scythie, où l’on sacrifiait des hommes et des animaux à une épée.
Les animaux favoris d’Arès étaient le chien et le vautour. Arès possédait un char tiré par ses chevaux : Aithon (« Feu rouge »), Conabos (« Tumulte »), Phlogios (« Flamme ») et Phobos (« Terreur »).
Selon les premiers récits romains, Mars était davantage connu comme un dieu de l’agriculture que de la guerre. Cependant, son aspect se fit plus guerrier à mesure que les Romains accroissaient leur puissance. Mars devint le deuxième dieu le plus important du panthéon romain après son père Jupiter (Zeus).
Informations complémentaires
Nom
Arès, Ἄρης – « la Foule de la guerre » ou « le Combattant » (grec).
Enyalios (« dieu de la guerre »).
A-RE (minoen).
A-RE-JA ? (mycénien).
E-NU-WA-RI-JO Enyalios (épithète d'Arès).
Mars (romain).
Gradivus.
Sources
Hymnes homériques.
L'Iliade et l'Odyssée furent composées par Homère.
La Théogonie et Les Travaux et les Jours furent composés par Hésiode.
Le Catalogue des femmes et Le Bouclier d'Héraclès furent probablement composés par Hésiode.
Les Chants cypriens, l'Éthiopide, La Petite Iliade et la Télégonie du Cycle épique.
La Bibliothèque et l'Épitomé furent rédigés par Apollodore.
Les Métamorphoses furent composées par Ovide.
Les Fables furent rédigées par Hygin.
Les Euménides furent composées par Eschyle.
Électre fut composée par Euripide.
Les Argonautiques furent composées par Apollonios.
L'Énéide fut composée par Virgile.
Les références à Arès sont trop nombreuses pour être toutes énumérées ici.
Articles connexes
Voir aussi Mars.
Zeus, Héra, Aphrodite, Héphaïstos, Athéna, Éris, Héraclès, Diomède, Cadmos.
L'Amour et la Guerre enchaînés.
Faits et chiffres : Astronomie.
