Hermès (Mercure)
Héraut et messager des dieux. Hermès était le fils de Zeus et de Maia (une Pléiade, voir les Pléiades), fille d’Atlas et de Pléioné. Il fut identifié au dieu romain Mercure. Hermès naquit dans une grotte de la forêt voisine du mont Cyllène.
Hermès était un dieu réputé pour son esprit d’invention et ses larcins. Avant la fin de son premier jour de vie, il avait déjà inventé la lyre, façonnée à partir d’une carapace de tortue, et il avait également dérobé les troupeaux d’Apollon dans les monts de Piérie. Hermès était toujours plein de ressources et savait que quelqu’un le poursuivrait, peut-être même Apollon en personne. Le jeune dieu contraignit donc le troupeau à marcher à reculons. Lui-même marcha en sens inverse, espérant semer tout pisteur. Seul un vieux fermier aperçut Hermès et les bovins. Une fois arrivé chez lui, Hermès sacrifia douze taureaux aux Douze Dieux et dévora la chair du dernier. Il cacha ensuite habilement le reste du troupeau à Pylos.
Hermès se faufila ensuite dans son berceau avant le retour de sa mère. Cependant, Maia soupçonnait son fils de mal tourner et le traita de « fripon », malgré ses protestations d’innocence. Hermès prétendit n’être qu’un simple nourrisson.
Cette nuit-là, Apollon découvrit que des vaches manquaient parmi son troupeau et suivit les traces. Bien que celles-ci eussent été conçues pour le désorienter, Apollon rencontra le vieil homme qui lui conta ce qu’il avait vu ; le dieu parvint ainsi sans peine à remonter la piste du voleur et de ses bovins jusqu’au mont Cyllène.
Lorsqu’Apollon pénétra dans la grotte, Hermès feignit de dormir paisiblement dans son berceau, tel un nourrisson. Apollon ne se laissa cependant pas tromper par cette innocence simulée et exigea de savoir où se trouvaient ses vaches, menaçant de précipiter le jeune dieu dans les abîmes sans fond du Tartare. Hermès répondit avec des mots artificieux qu’il ne comprenait pas ce dont Apollon parlait, demandant par exemple : « Qu’est-ce que ces bovins ? »
Apollon emmena le nourrisson avec lui sur l’Olympe et le présenta devant leur père, le puissant souverain des dieux et des hommes. Zeus se réjouit en écoutant ses deux fils se quereller — l’aîné accusant le fripon, tandis que l’autre se défendait. Zeus fut fort diverti par l’innocence feinte et l’habileté d’Hermès, mais il ordonna finalement à son plus jeune fils de rendre les bovins à Apollon.
Hermès conduisit donc Apollon à Pylos, où le troupeau était caché, mais le dieu solaire constata que douze de ses plus beaux taureaux manquaient. Hermès expliqua au dieu solaire qu’il les avait sacrifiés aux douze grands dieux de l’Olympe. Apollon lui répliqua qu’il n’y avait que onze dieux, mais Hermès déclara à son demi-frère aîné qu’il serait lui-même le douzième Olympien.
Alors qu’Apollon délibérait sur le châtiment à infliger à Hermès, il l’entendit jouer de la lyre. Apollon fut si charmé par la musique de l’instrument qu’il décida de céder ses bovins et son bâton de berger à Hermès en échange de la lyre. Les deux demi-frères se réconcilièrent finalement. Apollon enseigna même à Hermès l’art de la divination par les cailloux.
Hermès possédait de nombreux talents et attributs, mais sa fonction première était d’agir comme messager et héraut des dieux. Il était fréquemment chargé de missions par son père, Zeus. Son pendant féminin était la déesse Iris, qui servait également souvent de messagère à Zeus. Hermès communiquait fréquemment aux mortels la volonté des dieux ; il était donc un guide. Hermès était le dieu protecteur des hérauts et des messagers.
Hermès portait les insignes de sa charge de héraut, notamment le bâton de héraut appelé Caducée. Selon un mythe, deux serpents s’attaquaient l’un à l’autre, mais lorsqu’Hermès les sépara avec son bâton, ils firent la paix. Les serpents s’attachèrent au bâton et s’enroulèrent définitivement autour du Caducée. Hermès était également reconnaissable à son casque ailé, appelé Pétase, et surtout à sa paire de sandales ailées appelées Talaria. Ces sandales, et peut-être aussi le casque, permettaient à Hermès de voler. La principale différence entre Hermès et Iris (outre leur sexe) était qu’Iris n’avait pas besoin de sandales pour voler, car elle possédait des ailes.
Hermès aidait et guidait souvent les humains dans leurs entreprises. Il offrit une « faucille d’airain » à Persée, dont le héros se servit pour trancher la tête de Méduse. Il tua Argos Panoptès, qui gardait l’héroïne argienne Io, transformée en génisse.
Après les noces de Pélée et Thétis, Zeus ordonna à Hermès de conduire les trois puissantes déesses auprès de Pâris. Celui-ci devait juger laquelle des trois déesses était la plus belle. Voir le Jugement de Pâris.
Hermès secourut même Zeus et lui restitua ses tendons lorsque le dieu affronta le monstre Typhon. De même, il délivra Arès, enfermé dans une jarre de bronze pendant treize mois après que le dieu de la guerre eut été capturé par Otos et Éphialtès.
Hermès était aussi le guide et le protecteur des voyageurs. Il guida Persée dans son voyage à la recherche des Gorgones. Probablement parce qu’Ulysse était son arrière-petit-fils, Hermès lui offrit une plante appelée moly qui rendit le héros immunisé contre la magie de Circé.
Hermès avait également l’étrange charge de guider les âmes des défunts vers l’Érèbe. Les ombres des morts suivaient le Caducée d’Hermès à travers les passages de l’Hadès. C’est par cette fonction qu’Hermès reçut l’épithète de Psychopompos — conducteur des âmes vers l’Érèbe. Dans l’Odyssée, Hermès guida les âmes des prétendants de Pénélope, massacrés par Ulysse, jusqu’au royaume d’Hadès, où ils rencontrèrent Agamemnon.
On l’a vu dès sa naissance, Hermès était fort inventif ; il était donc naturellement le dieu des inventions et des sciences, et peut-être de l’astronomie.
Comme on l’a mentionné plus haut, Hermès partageait certains attributs avec Apollon. Il était le dieu des troupeaux et le protecteur des bergers. Hermès était également le dieu de la divination par les cailloux. Avec Apollon, il était le dieu des concours athlétiques et le patron des athlètes.
Hermès était le dieu du commerce et du marché, ce qui faisait de lui le protecteur des marchands, mais en même temps il était aussi le patron des voleurs et des fripons.
Comme les autres jeunes dieux olympiens, Hermès eut de nombreux enfants de nombreuses maîtresses. À l’instar d’Apollon, Hermès ne se maria jamais. Il eut cependant de nombreuses liaisons célèbres et de nombreux enfants.
Sa seule liaison notable avec une déesse fut avec Aphrodite. Celle-ci ne s’intéressait cependant pas à Hermès. Zeus, prenant pitié de son fils, chargea son aigle de dérober la sandale préférée d’Aphrodite. Elle céda aux désirs d’Hermès en échange de sa sandale. Hermès devint le père d’Hermaphrodite. Évidemment, Hermaphrodite fut nommé d’après ses deux parents, Hermès et Aphrodite.
Hermès viola Chioné, fille de Dédalion. De cette union naquit Autolycos, qui embrassa l’une des occupations de son père, celle de voleur. Autolycos était un maître voleur, ayant hérité de la ruse et de l’ingéniosité paternelles. Il fut le père d’Anticlée et le grand-père d’Ulysse. Apollon viola Chioné le même jour (la nuit, en fait), si bien qu’elle fut mère de jumeaux : son autre fils, engendré par Apollon, se nommait Philammon le Barde.
On disait qu’Hermès était le père du dieu sylvestre Pan, qu’il aurait eu de Pénélope, épouse d’Ulysse.
Hermès fut le père de l’Argonaute Éthalidès, qu’il eut d’Eupolémie. Éthalidès était remarquable en ce qu’il servit de héraut et de messager aux Argonautes. Hermès eut deux autres fils, Échion et Érytos, qui naviguèrent avec Jason et les Argonautes.
Hermès portait un certain nombre d’épithètes : Argiphontès (tueur d’Argos Panoptès), Cyllénien, Épimélios (gardien des troupeaux), Hodios (protecteur des voyageurs et des passants), Nomios, Oneiropompos (conducteur des songes) et Psychopompos (conducteur des âmes vers l’Érèbe).
Informations connexes
Nom
Hermès, Ἑρμῆς – « Pilier » (grec).
E-MA-A ?, Hermes Araios (mycénien).
Mercure, Mercurius (romain).
Turms (étrusque).
Sources
Hymnes homériques.
L'Iliade et l'Odyssée furent composées par Homère.
La Théogonie et Les Travaux et les Jours furent composés par Hésiode.
Le Catalogue des Femmes et les Grandes Éoïes furent possiblement composés par Hésiode.
Les Chants cypriens, l'Éthiopide, la Petite Iliade, le Sac d'Ilion et les Nostoi, issus du Cycle épique.
La Bibliothèque et l'Épitomé furent rédigés par Apollodore.
Les Métamorphoses furent composées par Ovide.
Les Fables et la Poétique astronomique furent rédigées par Hygin.
Prométhée enchaîné fut composé par Eschyle.
Les références à Hermès sont trop nombreuses pour être toutes énumérées ici.
