Récits alternatifs

Arthurian Legends

Les articles suivants traitent des récits alternatifs des romans du Graal qui ont Perceval, ou même Gauvain, pour héros. Il existe de nombreuses variations de la légende de Perceval et du Graal.

Page connexe

Origine du Graal (version de Boron)

Continuations du Graal

Plusieurs auteurs tentèrent d’achever l’histoire du Graal, reprenant là où Chrétien de Troyes l’avait laissée en raison de sa mort prématurée. Ces écrivains composèrent ce que l’on appelle désormais les Continuations du Graal.

Dans les Romans arthuriens de Chrétien (traduits par William W. Kibler et publiés chez Penguin Classics), le traducteur fournit les intrigues et de brefs résumés des Continuations. Je doute fort de trouver un exemplaire des Continuations en anglais, en Australie ; je me contenterai donc de vous rapporter ce que disent ces notes.

Par ailleurs, les deux derniers livres furent définitivement influencés par Robert de Boron et possiblement par les versions de la Vulgate, car ils furent composés à cette époque ou ultérieurement.

Première Continuation

Elle fut appelée la Continuation Pseudo-Wauchier ou Continuation Gauvain, car c’était Gauvain qui devint le héros de la Quête. Composée à la fin du XIIe siècle, l’histoire commença là où Chrétien l’avait laissée, notamment au sujet des aventures de Gauvain (voir le Château des Merveilles).

Gauvain fut piégé dans le château appartenant à sa mère et sa grand-mère, qui ne connaissaient pas son identité. Le roi Arthur arriva au château pour être témoin du duel entre Gauvain et Guiromelant. Gauvain réunit Arthur avec sa mère et sa sœur, et il révéla sa propre identité. Tous se réjouirent de ces retrouvailles.

Gauvain combattit et vainquit Guiromelant en combat singulier. Gauvain n’épargna la vie de Guiromelant que lorsque sa sœur Clarissant décida finalement de rendre son affection à l’ennemi de son frère. Arthur maria Clarissant à Guiromelant avant que Gauvain ne pût obtenir que Guiromelant retirât les accusations portées contre lui.

Gauvain quitta Arthur et se rendit ensuite au château du Graal, où il fut témoin de la procession du Graal, comme Perceval. Cependant, un nouvel élément fut ajouté à la légende. Gauvain trouva un homme sur une civière avec une épée brisée. Gauvain découvrit que l’homme qui pourrait réparer l’épée brisée comprendrait les mystères du Graal. Mais Gauvain tomba dans un sommeil enchanté et se retrouva dans un champ, le château du Graal ayant disparu.

Gauvain se rendit auprès du roi Escavalon, car il n’avait pas réussi à trouver la Lance Qui Saigne. Gauvain devait affronter Guinganbresil en un jugement par combat, car il avait été accusé d’avoir traîtreusement tué le seigneur de Guinganbresil. Cependant, Arthur arriva et résolut le différend entre les deux chevaliers en mariant Guinganbresil à la petite-fille d’Arthur.

Arthur s’engagea ensuite dans un siège contre Brun de Branlant, un seigneur qui refusait de lui prêter serment d’allégeance.

Girflet, l’un des chevaliers, se lança dans une quête vers le Château Orgueilleux, où il fut capturé et emprisonné. Arthur et ses chevaliers partirent secourir Girflet, et s’engagèrent dans une série de défis en combats singuliers. Lorsque Gauvain remporta son duel, Girflet fut libéré.

Gauvain retrouva alors le chemin du château du Graal. Le héros découvrit que la Lance Qui Saigne avait servi à transperc la cuisse de Jésus lors de la Crucifixion. Gauvain échoua à réparer l’épée brisée. Gauvain parvint à poser la bonne question sur le Graal, mais n’entendit pas la réponse car il s’endormit de nouveau. Encore une fois, il fut transporté à la campagne ; cette fois, la terre fut restaurée et le sol redevint fertile.

Il y a quelques autres épisodes dans cette Continuation qui n’ont rien à voir avec le Graal, tels que les aventures de Caradoc et de Gareth, le frère de Gauvain, dans le bateau-cygne.

Deuxième Continuation

La Deuxième Continuation du Graal fut appelée Continuation Wauchier de Denain ou Continuation Perceval, car Perceval redevenait le personnage principal. Wauchier de Denain composa cette œuvre à la fin du XIIe siècle.

Perceval rencontra une belle demoiselle qui lui rendrait son amour s’il récupérait son chien magique et la tête de cerf qui lui avaient été dérobés. Dans cette quête, Perceval traversa une série d’aventures semblables à celles de Chrétien, vainquant des chevaliers en combat singulier et les envoyant comme prisonniers à Arthur. Perceval affronta également le fils de Gauvain appelé le « Bel Inconnu », mais lors de ce combat, ils se battirent jusqu’au match nul.

Perceval retourna également à Biaurepaire, le château où il avait rencontré sa bien-aimée, la dame Blancheflor. Cette fois, il vainquit le Beau Chevalier Méchant qui assiégeait Biaurepaire.

Perceval rentra ensuite chez lui, où il rencontra sa sœur pour la première fois. Sa sœur lui raconta la mort de leur mère. Ensemble, ils allèrent voir leur oncle, l’ermite qu’il avait rencontré dans l’histoire de Chrétien (voir Le repentir de Perceval au sujet de la rencontre avec son oncle). Au Château des Pucelles, Perceval récupéra le chien et la tête de cerf, après avoir vaincu un chevalier nommé Garsulas.

Alors que Perceval cherchait la demoiselle qui l’avait envoyé dans cette quête, il rencontra une autre demoiselle qui lui donna un anneau magique qu’il devait apporter au château du Graal, mais il se laissa distraire en s’engageant dans un tournoi tenu au Château Orgueilleux. Perceval combattit sous un déguisement et vainquit de nombreux meilleurs chevaliers d’Arthur.

Perceval poursuivit alors un autre voyage. Perceval fut reconnu comme le plus grand chevalier du monde lorsqu’il atteignit le sommet du Mont Douloureux et attacha son cheval à un pilier magique érigé par Merlin.

Perceval entra pour la seconde fois dans le château du Graal. Le héros répara l’épée brisée en joignant les deux sections. L’histoire s’acheva avant que nous pussions entendre le mystère du Graal de la part du Roi Pêcheur.

Troisième Continuation

La Troisième Continuation est également appelée la Continuation Manessier. Cette continuation fut composée par Manessier, v. 1214-1227.

Il convient de noter que cette Continuation fut alors influencée par les œuvres de Robert de Boron, car on y trouve des références à Joseph d’Arimathie.

Le Roi Pêcheur accablé de chagrin s’était blessé avec la lame de l’épée brisée, car Partinal de la Tour Rouge avait tué son frère.

Perceval vainquit trois démons. Le premier démon était un bras désincarné brandissant une épée ; le deuxième était un autre démon ayant l’apparence d’un cheval. Le dernier démon avait l’apparence de Blancheflor. Perceval vengea la mort du frère du Roi Pêcheur.

Perceval se rendit ensuite auprès du Roi Pêcheur et le guérit, qui se révéla être son oncle. Lorsque le Roi Pêcheur mourut des années plus tard, Perceval succéda au Roi Pêcheur et devint le gardien du Graal.

Lorsque Perceval mourut, son âme monta au ciel, emportant le Graal avec elle.

Quatrième Continuation

Gerbert de Montreuil composa la Quatrième Continuation entre 1226 et 1230.

Il convient de noter que cette Continuation fut alors influencée par les œuvres de Robert de Boron et de la version de la Vulgate, car on y trouve des références à Joseph d’Arimathie.

Perceval n’avait pas compris les secrets du Graal et s’éveilla au milieu d’un pré. La terre dévastée fut restaurée bien qu’il eût échoué à son épreuve au château du Graal. Perceval fit réparer l’épée que lui avait donnée le Roi Pêcheur par le forgeron nommé Trabuchet.

Perceval rendit la raison à Sagremor et Agravain lorsqu’ils se rendirent au Mont Douloureux. Lorsque Perceval retourna à la cour d’Arthur, il s’assit sur le siège qui avait tué six autres chevaliers (communément appelé le Siège Périlleux). Ce siège était réservé au véritable chevalier du Graal. Perceval vainquit de nombreux chevaliers illustres lors de deux tournois.

Perceval retourna à Biaurepaire, où il épousa sa bien-aimée, la dame Blancheflor. Cependant, ils ne consommèrent jamais leur mariage, car ils espéraient qu’en gardant leur virginité, ils pourraient gagner leur place au paradis.

Perceval leva ensuite le siège de Montesclere, remportant ainsi l’Épée au Ceinturon Étrange. Perceval retourna ensuite au château du Graal, où il restaura l’Épée Brisée. Ayant accompli cela, les secrets du Graal lui furent révélés.

Informations connexes

Sources

Première Continuation (Continuation Pseudo-Wauchier ou Continuation Gauvain), fin du XIIe siècle.

Deuxième Continuation (Continuation Wauchier de Denain ou Continuation Perceval) fut composée par Wauchier de Denain, v. 1195.

Troisième Continuation (Continuation Manessier), entre 1214 et 1227.

Quatrième Continuation (Continuation Gerbert de Montreuil ou Continuation Perceval) fut composée par Gerbert de Montreuil, entre 1226 et 1230.

Robert de Boron et le Didot Perceval

L’auteur le plus important du Graal après Chrétien de Troyes fut Robert de Boron. Ci-dessous, j’ai fourni quelques informations contextuelles sur Robert de Boron et certaines adaptations de son œuvre.

Par ailleurs, si vous vous intéressez à l’arbre généalogique de Perceval, selon Boron et le Didot Perceval, consultez la Maison de Perceval.

Trilogie de Robert de Boron

L’auteur le plus important après Chrétien de Troyes fut un autre poète français nommé Robert de Boron. Boron composa trois œuvres : Joseph d’Arimathie, Merlin et Perceval. C’était une trilogie du Saint Graal. Ces récits furent composés en ancien français en vers, vers 1200.

C’est à Boron que nous devons d’avoir relié le Saint Graal au calice utilisé par Jésus lors de la Cène et à Joseph d’Arimathie. Boron identifia le Graal comme un calice, tandis que Chrétien disait que c’était un plat et Wolfram von Eschenbach pensait que c’était une pierre ! Vous devez également le remercier, car ce fut Boron qui introduisit le premier la manière dont Arthur devint roi, en tirant l’épée de la pierre ou de l’enclume.

Le premier récit est intitulé Joseph d’Arimathie et traite de l’origine du Graal et de son premier gardien, Joseph d’Arimathie, ainsi que de la manière dont le Graal fut apporté en Bretagne. Voir l’Origine du Graal. Il existe une version en prose sur l’origine du Saint Graal, intitulée Estoire de Saint Graal (« Histoire du Saint Graal », v. 1240), qui fait partie des romans du Cycle de la Vulgate.

Lorsque les romans arthuriens du Cycle de la Vulgate furent composés, quelqu’un décida de réécrire le Joseph d’Arimathie de Boron. Ce récit de la Vulgate fut intitulé Estoire de Saint Graal (« Histoire du Saint Graal », v. 1240), et il incluait de nombreux personnages et aventures nouveaux qui ne figuraient pas dans l’original de Boron. Certaines sources de l’Estoire de Saint Graal proviennent de deux récits originaux de la Vulgate : Lancelot Propre et Queste del Saint Grail (« La Quête du Saint Graal »). Voir l’Origine du Graal au sujet de l’histoire vulgate de ces événements.

La deuxième œuvre de Boron fut intitulée Merlin, mais seul un petit fragment survécut. Le récit débuta avec la naissance de Merlin et devait s’achever avec la mort du magicien. L’histoire comprenait la conception et la naissance d’Arthur, comment il fut secrètement élevé par ses parents nourriciers. Ce fut Boron qui introduisit Arthur tirant l’épée de la pierre et devenant roi. Avant le couronnement d’Arthur, l’histoire s’interrompit brutalement car seule une partie du texte de Boron sur Merlin survécut.

Il existe une version en prose de Merlin qui forma partie du Cycle de la Vulgate (connue sous le nom de Merlin en prose ou Merlin de la Vulgate) ; elle fut composée environ quarante ans après la trilogie de Boron. Une troisième version de Merlin fut intitulée Suite du Merlin (v. 1250), qui était une continuation du Merlin de la Vulgate. La Suite du Merlin fit partie du Cycle Post-Vulgate. Vous trouverez une partie de Merlin dans les pages consacrées à Merlin et à la Légende d’Excalibur.

Le dernier livre de Boron fut intitulé Perceval (v. 1200), mais il est entièrement perdu, bien qu’on nous dise que le Didot Perceval (v. 1205) français contenait de nombreuses scènes de la version de Boron. Je ne peux attesté cette comparaison, mais il serait préférable que vous lisiez le Didot Perceval, parfois connu sous le nom de Perceval en prose (si vous pouvez vous procurer un exemplaire).

Le Didot Perceval ne s’intègre pas vraiment à la trilogie de Boron (à mon avis), car le magicien Merlin mourut à la fin de Merlin, mais dans le Didot Perceval, le magicien était encore en vie après la mort d’Arthur et de Perceval.

Deux de ces œuvres étaient consacrées au Graal lui-même, tandis que le livre central intitulé Merlin reliait le Graal à travers la création de la Table Ronde par Merlin, notamment le Siège Périlleux. Le Siège Périlleux demeura vacant et fut réservé uniquement au chevalier du Graal, le héros prédestiné à conquérir le Graal.

Didot Perceval

Le Didot Perceval fut influencé par l’œuvre de Chrétien de Troyes, le Conte du Graal, la Deuxième Continuation (fin du XIIe siècle) et les poèmes de Robert de Boron (v. 1200). Le Didot Perceval était censé être une version en prose du Perceval perdu de Boron (v. 1200). Le Didot Perceval fut probablement composé vers 1205, par un auteur anonyme.

Il existe deux copies du Didot Perceval qui ont survécu : le manuscrit « D » et le manuscrit « E ». L’exemplaire que j’ai lu à la Bibliothèque d’État appartenait au manuscrit « E ». J’ignore s’il existe des différences entre les manuscrits.

Perceval était le fils d’Alain le Gros et le petit-fils de Bron, le Riche Pêcheur. Ici, Bron était également connu sous le nom de Roi Pêcheur. Le Roi Pêcheur souffrait d’une maladie débilitante plutôt que d’une blessure invalidante.

Contrairement au Conte du Graal de Chrétien (v. 1185), le père de Perceval, Alain le Gros, était encore en vie, et ce fut lui qui ordonna à Perceval de se rendre au château du roi Arthur pour devenir chevalier de la Table Ronde. Ce n’est qu’alors qu’Alain mourut. Perceval partit un jour pour la cour d’Arthur, sans en informer sa mère. Sa mère, croyant que son fils avait été tué par quelque bête sauvage, mourut de chagrin.

Le Siège Périlleux fut d’abord introduit dans le Joseph d’Arimathie et le Merlin de Boron. Le Siège Périlleux était le seul siège laissé vacant à la Table Ronde ; ce siège était réservé au véritable chevalier du Graal, qui se révélerait être le plus grand chevalier du monde. Ce siège était censé représenter celui de Jésus à la table de la Cène. Une fois, l’un des disciples de Joseph nommé Moys (son nom est Moïse dans le Joseph d’Arimathie de Boron, v. 1200) voulut s’asseoir au Siège Périlleux de la Table du Graal, mais Moys fut précipité dans l’abîme. Voir l’Origine du Graal, au sujet de Joseph et du Graal.

Lorsque Perceval s’assit sur le Siège Périlleux, le siège de pierre se fendit en deux. Une voix de Dieu ou du Saint-Esprit annonça à la cour d’Arthur qu’un enchantement était tombé sur Logres jusqu’à ce qu’un chevalier accomplît la quête du Graal. Perceval aurait été englouti par la terre, s’il n’avait été le petit-fils de Bron ou si le héros naïf ne s’était pas signé avant de s’asseoir sur le Siège Périlleux.

Perceval se rendit deux fois au château du Graal. La première fois, il découvrit le château du Graal par hasard, où il fut témoin du Graal, mais il échoua à poser la question cruciale qui aurait levé l’enchantement de Logres et guéri son grand-père, le Roi Pêcheur. Perceval ne réalisa pas qu’il était déjà dans le château jusqu’à ce qu’il le quittât au matin. Une demoiselle réprimanda Perceval pour ne pas avoir posé la question après avoir quitté le château, ce qui aurait achevé son aventure.

Perceval tenta de trouver le Graal une seconde fois, mais n’y parvint que dix ans plus tard. Durant cette période, son aventure suivit celle de la Deuxième Continuation, perdant une partie d’échecs contre un adversaire invisible, la chasse de la tête de cerf blanc volé et du chien magique. Ce fut Merlin qui guida finalement Perceval vers le château du Graal.

La seconde fois, Perceval parvint à poser la bonne question, découvrant les secrets du Graal. Perceval révéla à Bron qu’il était son petit-fils. Bron lui enseigna les paroles secrètes concernant le Graal. Sept jours plus tard, Bron mourut ; les anges emportèrent l’âme du vieux roi au ciel. Perceval devint alors le nouveau gardien du Graal et roi du château du Graal. La terre dévastée et stérile ainsi que le Siège Périlleux furent miraculeusement restaurés.

Informations connexes

Sources

Trilogie de Robert de Boron (v. 1200) :
Joseph d'Arimathie.

Merlin (fragmentaire). Perceval (perdu).

Le Didot Perceval fut composé v. 1205.

Cycle de la Vulgate (v. 1240) :
Estoire de Saint Graal (« Histoire du Saint Graal »).
Merlin de la Vulgate ou Merlin en prose.

La Suite du Merlin (Continuation du Merlin de la Vulgate) fit partie du Cycle Post-Vulgate (v. 1250).

Articles connexes

Perceval, Gauvain, Arthur, Merlin, Joseph d'Arimathie, Roi Pêcheur, Bron.

Origine du Saint Graal (récit de Joseph d'Arimathie).

Contexte : Saint Graal, Origine de la Table Ronde.

Généalogie : Maison de Perceval (version de Robert de Boron)

Perlesvaus

Il y eut bien d’autres auteurs. Parfois, le Graal n’était plus l’objet pertinent de la quête. Ce fut le cas du récit intitulé Le Haut Livre du Graal ou Perlesvaus, composé entre 1200 et 1212. Dans ce récit, Perceval est appelé Perlesvaus (bien que la traduction dont je dispose l’appelle Perceval). Lancelot et Gauvain jouèrent un rôle plus actif dans la nouvelle quête aux côtés de Perceval.

Perceval était le fils d’Alain et d’Yglais, et il avait une sœur nommée Dindraine. Du côté maternel, il avait trois oncles : le Roi Pêcheur nommé Messios (un nom qui ne fut utilisé qu’une seule fois dans tout le livre), un Roi-Ermite nommé Pelles, et l’ennemi, le Roi du Château Mortel. Voir l’arbre généalogique de la Maison de Perlesvaus.

Habituellement, au début des récits de Perceval, la mère de Perceval mourait lorsque le héros quittait son isolement pour devenir chevalier (comme dans le Conte du Graal de Chrétien de Troyes), mais dans ce récit, Yglais vécut comme la veuve gouvernant les terres de son mari, tout au long des aventures de Perceval. Plusieurs fois, le héros dut la secourir d’envahisseurs. Dans ce récit, le château du Graal était souvent appelé le Château des Âmes. Dans ce livre, il avait déjà visité le château du Roi Pêcheur et échoué à poser des questions sur le Graal et la Lance Qui Saigne. Sa réticence avait provoqué la dévastation et l’instabilité dans tous les royaumes de Bretagne, où les chevaliers durent se lancer dans d’étranges aventures, y compris la quête du Graal. Son échec lors de la première rencontre avait également plongé le Roi Pêcheur dans une longue et étrange maladie. Ce n’est qu’en posant la bonne question sur le Graal qu’il pourrait guérir le Roi Pêcheur.

Le poète semblait supposer que les lecteurs avaient déjà lu le Conte du Graal de Chrétien. Ainsi, le Perlesvaus s’apparentait à une continuation du Conte du Graal.


Le récit commence par les aventures d’Arthur, puis celles de Gauvain, et plus tard les aventures de Lancelot sont racontées. Perceval lui-même n’apparaît dans le livre qu’à un peu moins du tiers de l’ouvrage.

Après la brève aventure d’Arthur, trois demoiselles se rendirent à Cardueil. L’une marchait à pied, et elle était la plus belle des trois. Elle tenait un fouet dans une main, poussant deux montures devant elle. Une autre demoiselle était habillée en écuyer et montait une mule blanche, qui portait un bouclier et un lévrier. Une troisième demoiselle voyageait dans une charrette tirée par trois cerfs, remplie de 150 têtes tranchées. La Demoiselle de la Charrette réapparut à de nombreuses reprises dans le livre comme guide et instructrice de chacun des trois héros. Elle était chauve et son bras droit était suspendu dans une écharpe de soie d’or, car elle avait reçu une blessure de lance. Dans une main, elle tenait la tête d’un roi, scellée d’argent et coiffée d’une couronne d’or.

Avant de partir, la Demoiselle de la Charrette s’adressa à Arthur et lui enjoignit de laisser le bouclier et le lévrier pour le Bon Chevalier (Perceval) lorsqu’il viendrait à Cardueil. Le bouclier avait des bandes d’argent et d’azur, avec une croix rouge sur un boucle d’or. On disait que ce bouclier appartenait à Joseph d’Arimathie, et qu’il avait utilisé le sang de Jésus pour peindre la croix sur le boucle d’or.

Lorsque les trois demoiselles quittèrent Cardueil, elles rencontrèrent Gauvain. La demoiselle de la charrette suivit et guida Gauvain dans certaines de ses premières aventures. Au château de l’Ermite Noir, les chevaliers de l’Ermite Noir dérobèrent les 150 têtes de la charrette de la demoiselle. Gauvain regarda impuissant, car il ne put empêcher le vol des têtes, n’étant pas de taille à affronter l’Ermite Noir.

Lors d’une aventure, Gauvain arriva au château de Kamaalot et vint en aide à Yglais, la mère de Perceval, dont le château était assiégé. Le Seigneur des Marais, son ennemi, avait pris tous ses autres châteaux et la plus grande partie de ses terres. Gauvain vainquit le Seigneur des Marais en duel, mais il n’obtint qu’une trêve d’un an pour Yglais. Le Seigneur des Marais n’accepterait aucune autre condition tant qu’il n’aurait pas combattu le fils d’Yglais (Perceval).

La longue aventure de Gauvain pour atteindre le château du Graal culmina avec deux exploits : la récupération du Bouclier de Judas Macchabée, qu’il conserva, et de l’épée avec laquelle Jean le Baptiste fut décapité. C’est seulement avec cette épée que Gauvain pouvait obtenir l’entrée du château du Graal. Gauvain dut tuer un géant pour remporter l’épée. Cependant, comme Perceval, Gauvain échoua à poser la question lorsqu’il vit le Graal, si bien que le Roi Pêcheur continua de souffrir. Ayant échoué à poser la question, Gauvain retourna à la cour de son oncle à Cardueil.

Lancelot fut encore moins chanceux. En raison de son péché comme amant de la reine Guenièvre, Lancelot ne vit pas le Graal lorsqu’il atteignit le château. Lancelot s’était également engagé dans un jeu de décapitation. Lancelot décapita un chevalier, mais il devait offrir sa tête après un an et un jour au frère du chevalier qu’il avait décapité. Cette aventure était semblable à celle de Gauvain avec le Chevalier Vert ; voir Sire Gauvain et le Chevalier Vert, au sujet du jeu de décapitation.

Gauvain et Lancelot s’engagèrent ensuite dans la quête pour trouver Perceval, lorsque la sœur de Perceval arriva au château d’Arthur à Cardueil. Dindraine cherchait son frère, car les terres de sa mère étaient assiégées par le Seigneur des Marais, le parent du Chevalier Rouge que Perceval avait tué et dont il portait désormais l’armure rouge. (Voir le Conte du Graal de Chrétien, au sujet du Chevalier Rouge et des premières aventures de Perceval.)

Lorsque Perceval apparut enfin dans le livre, il venait de guérir d’une maladie. Perceval se rendit à Cardueil pour prendre le bouclier et le lévrier, et partit immédiatement après sur un navire mystérieux, sans attendre pour voir sa sœur.

Gauvain trouva Perceval au tournoi de la Lande Cramoisie, mais Gauvain ne le reconnut pas car Perceval était armé en Chevalier Blanc. Le vainqueur remporterait le Cercle d’Or (un cercle doré), qui était en réalité la couronne d’épines que les Romains avaient posée sur la tête de Jésus lors de sa Crucifixion. Le vainqueur devait également venger la mort d’Alain d’Escavalon (à ne pas confondre avec le père de Perceval, qui s’appelait également Alain), qui était en réalité le cousin de Perceval du côté paternel. Le Chevalier du Dragon Ardent avait tué Alain d’Escavalon.

Les deux héros combattirent, et tous deux furent considérés comme les deux meilleurs du champ. Mais Perceval partit immédiatement sans prendre le Cercle d’Or. La demoiselle et Gauvain furent consternés lorsque Perceval partit. La demoiselle et Gauvain se séparèrent dans des directions différentes.

Comme Perceval s’engageait dans une aventure après l’autre, il se trouva retardé dans sa route vers le château du Graal et la guérison du Roi du Graal. Et ce retard s’avérerait très coûteux.

Un jour, Perceval trouva Dindraine en pleurs parce qu’elle ne parvenait pas à trouver son frère. Lorsqu’elle reconnut le bouclier qu’il portait, Dindraine fut enfin réunie avec son frère. Elle informa Perceval que leur mère perdrait son dernier château s’il ne venait pas la sauver. Tandis que Perceval se mettait en route pour délivrer sa mère du Seigneur des Marais, Dindraine fit un détour par le Cimetière Périlleux pour aller chercher le tissu sacré. Ce tissu était nécessaire pour que Perceval puisse réussir dans son aventure.

Avant de quitter le cimetière, elle entendit une voix puissante annoncer que le Roi Pêcheur, son oncle, était mort. Plus troublant encore : le Roi du Château Mortel avait capturé le château du Graal et le Graal ainsi que d’autres saintes reliques avaient disparu, emportés par les anges. Ainsi Perceval avait échoué dans sa quête de guérir le Roi Pêcheur.

Perceval retourna à Kamaalot avec sa sœur, où ils furent heureusement réunis avec leur mère. Perceval affronta le Seigneur des Marais ; il vainquit et captura son ennemi. Puisque le Seigneur des Marais avait conquis les terres de sa mère et tué tant de ses chevaliers, Perceval ne montra aucune pitié envers son prisonnier. Perceval tua les autres prisonniers qu’il avait capturés, remplissant un cuve de leur sang. Puis il pendit le Seigneur des Marais par les pieds ; son ennemi fut alors plongé dans la cuve, si bien que le Seigneur se noya dans le sang de ses hommes.

Lorsqu’il apprit que le Chevalier du Dragon avait attaqué le royaume d’Arthur, Perceval se remit en route. Perceval rencontra la demoiselle qui portait le cadavre d’Alain d’Escavalon dans sa charrette. La Demoiselle du Cercle d’Or avait aimé Alain ; cette demoiselle était également une reine païenne. En ce moment, le château de la Demoiselle du Cercle d’Or était assiégé par le Chevalier du Dragon. Elle avertit Perceval du danger, car sur le bouclier du Chevalier se trouvait une tête de dragon magique qui pouvait réellement cracher du feu. Seul Perceval pouvait vaincre le Chevalier du Dragon, car il possédait le Bouclier de Joseph d’Arimathie qu’il avait pris au château d’Arthur ; celui que la Demoiselle de la Charrette chauve avait laissé.

Le Chevalier du Dragon attaqua Perceval. Bien que le bouclier-dragon crachât du feu sur Perceval, il fut protégé par son propre bouclier magique. Furieux de ne pouvoir blesser Perceval, il lança du feu sur la charrette, brûlant le corps d’Alain d’Escavalon. Affligé par cet acte, Perceval trancha la main armée du Chevalier. Puis il enfonça son épée dans la gueule du dragon. Le dragon fut exaspéré par cette attaque, si bien qu’il s’en prit alors au propriétaire du bouclier, consumant le Chevalier du Dragon.

La Reine du Cercle d’Or et son peuple se réjouirent de la mort du Chevalier. Puisque la Reine et ses sujets étaient païens, ils se convertirent volontiers à la nouvelle religion (le christianisme). La Reine fit changer son nom en Elyza lors de son baptême. Elle récompensa le héros en couronnant Perceval du Cercle d’Or (la couronne d’épines).

Puisque le Graal avait disparu, la nouvelle quête de Perceval fut cette Couronne qu’il avait gagnée.

Peu après l’achèvement de cette quête, Perceval chercha à reprendre le château du Graal à son oncle malfaisant, le Roi du Château Mortel. Perceval se battit jusqu’au château et vainquit les chevaliers qui gardaient les neuf ponts.

Perceval reconquit le château de son oncle (le château du Graal), et le Roi du Château Mortel se précipita du haut de la tour et mourut. Comme le Roi Pêcheur était déjà mort quelque temps auparavant, Perceval devint le nouveau seigneur du château du Graal. Et avec la mort du Château Mortel, le Graal, la Lance Qui Saigne et les autres saintes reliques revinrent à la Chapelle du Graal.


Il y eut de nombreuses aventures des trois héros après que Perceval eut reconquis le château du Graal. L’événement le plus intéressant et le plus singulier est le suivant.

La nouvelle arriva que sire Keu, le sénéchal d’Arthur, avait secrètement assassiné Loholt, le fils d’Arthur et de Guenièvre. Loholt avait tué un géant nommé Logrin. Chaque fois que Loholt avait tué son adversaire au combat, il avait l’étrange habitude de dormir sur le cadavre de son ennemi. Lorsque Keu vit Loholt endormi, il décapita le fils d’Arthur et dissimula son corps. Keu prit alors la tête du géant, pour s’attribuer le mérite de l’aventure. Arthur avait sans le savoir récompensé le meurtrier de son fils d’un grand fief.

À la découverte de la trahison de Keu, le sénéchal s’enfuit en Bretagne et s’engagea au service de Brien des Îles, l’ennemi mortel d’Arthur. Lorsqu’Arthur fut envoyé dans une aventure pour rendre visite à Perceval et au Graal, Brien et Keu envahirent la Bretagne avec une grande armée. Durant l’invasion et l’absence de son mari, Guenièvre mourut de chagrin à la suite de la mort de son fils, et fut enterrée à Avalon, à l’ermiage de Glastonbury. Brien fut vaincu et capturé ; Keu, blessé, s’enfuit en Bretagne.

Au lieu de tuer Brien, Arthur offrit à son ennemi une position de sénéchal. Brien s’avéra encore plus perfide que Keu. Brien dressa Arthur contre Lancelot, et le roi insensé jeta son ami (Lancelot) dans un donjon. Brien était également de mèche avec le roi Claudas, un ennemi mortel de Lancelot et du feu père de Lancelot. Claudas débarqua et envahit la Bretagne. Beaucoup de chevaliers d’Arthur quittèrent le roi, car il n’écoutait personne d’autre que les conseils traîtres de Brien. Arthur libéra ensuite Lancelot, et Brien redevint son ennemi.

Perceval continua de s’élancer, cherchant une aventure après l’autre. Il dut délivrer sa sœur d’Aristor d’Amorave, cousin du Seigneur des Marais. Aristor avait l’habitude de forcer une demoiselle au mariage, mais après un an de mariage, il lui tranchait la tête. Perceval arriva à temps pour empêcher le mariage. Lorsque Perceval trancha la tête d’Aristor, même les propres vassaux d’Aristor acclamèrent, car c’était un roi cruel et impopulaire.

La Demoiselle de la Charrette envoya alors Perceval combattre l’Ermite Noir, qui lui avait dérobé les têtes de sa charrette. Au cours de son voyage, il convertit une autre reine païenne nommée la reine Jandree. Il fut également piégé sur un navire qui l’emmena sur l’île où se dressait le Château des Quatre Cornes, l’Île de l’Abondance et l’Île du Besoin. Il rencontra également l’épouse de son oncle (du côté paternel), et l’aida à délivrer son fils du roi Gohart. Perceval vit également les tombeaux de son père et de ses onze oncles. Puis Perceval retourna en Bretagne, et il vainquit et tua l’Ermite Noir.

Il retrouva également la Demoiselle de la Charrette. Cette fois, ses cheveux avaient repoussé et son bras était guéri de la blessure de lance. Sa compagne, qui marchait toujours à pied depuis que le Roi Pêcheur languissait, pouvait désormais monter à cheval. Tout cela se produisit parce que Perceval avait reconquis le château du Graal et accompli bien d’autres bonnes œuvres.

Plus tard, Perceval se retira au château du Graal avec sa mère et sa sœur. Même les trois demoiselles restèrent avec Perceval au château du Graal. Ils vécurent ensemble pendant des années, menant une vie religieuse. L’une après l’autre, chaque femme mourut, vivant une vie de dévotion au Sauveur. Perceval ne se lança plus dans aucune aventure. Après la mort de sa mère et de sa sœur, un navire à voile rouge apparut, et Perceval sut qu’il était temps de partir. Perceval se rendit sur l’île où son père était enterré.

Avec son départ, le Graal et les autres reliques disparurent ; emportés au ciel, pour ne plus jamais être revus. Perceval ne fut plus jamais revu non plus. Le château du Graal tomba en ruine. Quant à Arthur, il fut enterré aux côtés de sa reine, à la chapelle de Glastonbury, sur l’île d’Avalon.

Informations connexes

Nom

Perlesvaus (français).
Perceval (anglais, français).

Sources

Le Haut Livre du Graal ou Perlesvaus fut composé entre 1205 et 1212.

Peredur

Selon la romance galloise intitulée Peredur fils d’Evrawg, l’un des récits du Mabinogion, le héros se nommait Peredur. La romance suivait une trame semblable au Conte du Graal de Chrétien et à la Deuxième Continuation, tout en différant sur plusieurs points.

Comme dans le récit précédent, Peredur fut élevé par sa mère, ignorant du monde extérieur. Son père était un comte du Nord qui avait péri à la guerre avec ses six fils. Sa mère espérait que l’isolement de la vie de cour et de la guerre empêcherait son dernier fils survivant de devenir chevalier. Ainsi Peredur grandit en un jeune homme ignorant, habile comme chasseur. Contrairement au Perceval de Chrétien, Peredur connaissait son propre nom et celui de son père.

Sa vie changea lorsqu’il rencontra un chevalier nommé Owain (Yvain) et ses compagnons dans la forêt, alors qu’il chassait dans les bois. Après s’être enquis de leur identité et de leur nature, Peredur décida qu’il voulait devenir chevalier lui aussi. Peredur résolut de se rendre à la cour d’Arthur.

Sa mère ne put dissuader son fils de cette aventure, alors elle lui donna plusieurs mauvais conseils, semblables à ceux de la version de Chrétien. Des conseils tels que faire la cour à une demoiselle qui ne désirait pas son attention ; prendre des bijoux à la demoiselle pour les donner à quelqu’un d’autre ; manger la nourriture de ceux qui n’offrent pas l’hospitalité. Tous ces conseils étaient donnés dans l’espoir que son fils passerait pour un sot et un rustre, si bien qu’aucun roi ni chevalier ne songerait à l’adouber. Lorsqu’il partit, sa mère mourut, accablée de chagrin car Peredur l’avait abandonnée.

Ses aventures semblèrent identiques à celles de la version française, jusqu’à son arrivée au château de son oncle (une sorte de château du Graal, mais sans le graal). Ces aventures comprenaient la demoiselle dans le pavillon, qu’il prit pour une église. Suivant les conseils de sa mère, il prit la nourriture bien qu’il ne fût pas invité, s’empara de l’anneau et embrassa la demoiselle sous la tente.

Puis, à la cour d’Arthur, le Chevalier Rouge entra dans la grande salle, arracha la coupe d’or des mains de Gwenhwyfar et lui jeta son contenu au visage. (Chrétien de Troyes avait appelé ce chevalier le Chevalier Rouge de Quinqueroy.) Puis ce chevalier défia quiconque à venger l’insulte faite à Gwenhwyfar (Guenièvre), de le rencontrer dans la prairie pour un duel. Aucun chevalier dans la salle d’Arthur n’osait relever ce défi, car tous craignaient ce chevalier.

Alors que le chevalier arrogant s’en allait, Peredur arriva, et la première personne qu’il rencontra fut Kei (Keu), qui accabla Peredur d’injures lorsqu’il dit qu’il voulait devenir chevalier (Peredur était mal vêtu de ses habits campagnards). Cependant, lorsqu’un nain et la femme du nain virent Peredur, ils prédirent que le jeune homme deviendrait le meilleur chevalier du monde. Furieux de cette annonce, Kei frappa les deux nains. Keu envoya Peredur pourchasser le chevalier dans la prairie, combattre et reprendre la coupe ; ce n’est qu’en dépouillant le chevalier de son armure et de ses armes que Peredur deviendrait chevalier. Peredur s’exécuta, tuant le chevalier dans la prairie avec son javelot. Avec l’aide d’Owain, il dépouilla l’armure du chevalier et revêtit tous les harnais. Peredur dit à Owain qu’il reviendrait un jour venger l’insulte qu’il avait subie et la blessure infligée aux nains par Kei.

Peredur arriva à un château et rencontra un homme aux cheveux blancs qui se disait son oncle maternel. Le gentilhomme enseigna à Peredur comment manier correctement les armes et l’armure. L’un des conseils de son oncle était de ne pas poser trop de questions, ce qui le ferait passer pour un sot. (L’oncle de Peredur joua ainsi le même rôle que le Gornemant de Gohort de Chrétien, comme conseiller et mentor de Perceval.)

Au château de son oncle, Peredur fut témoin de l’étrange procession de la lance qui saigne, mais au lieu d’un vase sacré (graal), il vit deux jeunes filles apportant une tête tranchée sur un grand plateau rempli de sang. Les personnes à la cour de son oncle pleurèrent et se lamentèrent. Peredur ne compr pas, et ne s’enquit pas de ce qu’il voyait.

Quelques semaines après avoir quitté la cour de son oncle, Peredur rencontra une mégère, l’une des neuf sorcières de Gloucester. Les neuf sorcières enseignèrent à Peredur le maniement des armes et l’équitation du cheval de guerre.

Après diverses aventures, Peredur arriva à la Forteresse des Merveilles. Dans la forteresse, Peredur joua et perdit une partie d’échecs contre un joueur invisible. Peredur jeta furieusement l’échiquier et les pièces par la fenêtre. L’échiquier appartenait à l’impératrice. Le seul moyen de la rencontrer était de tuer l’Oppresseur. L’Oppresseur était le cerf le plus rapide, ne portant qu’une seule corne. Peredur chassa le cerf pour l’impératrice en utilisant l’un de ses chiens. (Comme dans la Deuxième Continuation.)

Peredur rencontra une autre femme montée à cheval. La femme était furieuse qu’il eût tué son cerf. Pour se faire pardonner auprès de la cavalière, il devait combattre un homme noir dans la forêt. Peredur trouva et affronta l’homme noir, qui s’échappa avec le cheval de Peredur. Peredur marcha jusqu’à ce qu’il atteigne un château, où il rencontra un homme boiteux et Gwalchmei (Gauvain). Il rencontra également un jeune homme aux cheveux blonds, qui se révéla être son cousin germain.

Son cousin révéla à Peredur que la tête sur le plateau que le héros avait vue à la cour de son oncle était en réalité celle d’un cousin de Peredur, assassiné par neuf sorcières de Gloucester. Les sorcières avaient également estropié son oncle. Son cousin lui dit que Peredur devrait venger la mort de leur cousin (celui dont la tête se trouvait sur le plateau).

Peredur et Gwalchmei rassemblèrent les hommes d’Arthur et affrontèrent les sorcières à Gloucester. Les neuf sorcières attaquèrent les hommes d’Arthur. Bien que les sorcières eussent enseigné à Peredur l’art de l’équitation et du combat, il en tua une lorsqu’elle massacra trois chevaliers d’Arthur. Les autres sorcières furent pourchassées et tuées.

C’est ainsi que s’acheva Peredur fils d’Evrawg. Comme on peut le constater, il n’y avait pas de Vase Sacré dans le récit gallois, à moins que la « tête sur le plateau » ne fût le Graal.

Informations connexes

Nom

Peredur (gallois).
Peredur à la Longue Lance.

Perceval (anglais, français).

Sources

Peredur fils d'Evrawg (milieu du XIIIe siècle) fut l'une des trois romances galloises du Mabinogion.

Articles connexes

Perceval (Peredur), Gauvain (Gwalchmei), Arthur, Roi Pêcheur, Bron.

Mabinogion.

Parzival

Peut-être le meilleur récit ayant Perceval pour héros fut-il l’histoire intitulée Parzival, créée par Wolfram von Eschenbach (1200-1210). Wolfram était un poète allemand. Pour Wolfram, le Graal était une pierre précieuse tombée du ciel. Cette pierre était connue sous le nom de lapsit exillis.

Parsifal

Parsifal
Jean Delville
Dessin au fusain, 1890
Collection privée

Wolfram nia avoir utilisé l’œuvre de Chrétien de Troyes comme source, bien que la première moitié de l’histoire ressemblât beaucoup au Conte du Graal. Wolfram affirmait que sa source était un écrivain de Provence (sud de la France), nommé Kyot, qui pourrait bien être fictif.

D’après son œuvre, voici un nouvel arbre généalogique pour Parzival.


Il existait une autre source allemande trouvée dans la romance allemande du XIIIe siècle, intitulée Diu Krône (« La Couronne »), mais cette fois c’était Gauvain qui était le héros. Cependant, la Quête du Graal ne commençait que dans l’avant-dernier chapitre de ce livre.

Ici, le récit du Graal s’écartait du habituel Roi du Graal. La Gardienne du Graal était une femme ; ou plutôt, elle était en réalité une déesse. Dieu avait confié cette charge à la déesse en tant que gardienne du Graal, y compris le royaume et le château du Graal, qui était frappé d’une malédiction. Seul le héros du Graal qui poserait la question vitale pourrait mettre fin à la malédiction et à la souffrance. Ce fut Gauvain qui réussit dans la quête, là où Perceval avait échoué.

Voir la page de Sire Gauvain au sujet de la Diu Krône.

Informations connexes

Nom

Parzival, Parsifal (allemand).

Perceval (anglais, français).

Sources

Wolfram von Eschenbach composa Parzival (1200-1210).

Heinrich von dem Türlin composa Diu Krône (début du XIIIe siècle).

Articles connexes

Créé :2 avril 2000

Modifié :16 mai 2024