Contexte

Arthurian Legends

Introduction

Au cours des XIIe et XIIIe siècles, plusieurs auteurs français furent des contributeurs majeurs aux légendes arthuriennes. L’une des œuvres les plus influentes du XIIIe siècle fut sans doute le Cycle de la Vulgate (et plus tard le cycle de la Post-Vulgate).

Le Cycle de la Vulgate était parfois désigné sous le nom de « Prose Lancelot », et est aujourd’hui communément appelé le cycle du « Lancelot-Graal ».

L’objet même du cycle était de fusionner trois thèmes : la quête du Graal, l’amour de Lancelot et de Guenièvre, et la mort du roi Arthur. Les auteurs du Cycle de la Vulgate tentèrent d’entrelacer ces trois thèmes.

Le Cycle de la Vulgate comprenait à l’origine trois œuvres principales : le Lancelot Proper (ou « Lancelot »), la Queste del Saint Graal (« Quête du Saint Graal ») et La Mort le Roi Artu (« Mort Artu » ou « Mort du roi Arthur »). Il fut rédigé en ancien français, dans la seconde moitié du XIIIe siècle (v. 1225-1237).

Deux œuvres supplémentaires furent ultérieurement intégrées au Cycle de la Vulgate. Toutes deux furent influencées par l’œuvre d’un poète français nommé Robert de Boron. La première s’intitulait L’Estoire du Graal (« Histoire du Saint Graal », v. 1240). Cette œuvre traite de l’histoire du Graal, depuis le moment où Joseph d’Arimathie emmena sa famille et le Graal en Grande-Bretagne. Plutôt que d’être une simple traduction du vers en prose, L’Estoire du Graal est en réalité une réécriture du Joseph d’Arimathie de Boron, v. 1200. La version de Boron est assez simple et diffère de l’histoire du Graal de la Vulgate. On ne trouve la version de Boron concernant Joseph d’Arimathie que dans les Légendes du Graal, sous le titre Origine du Saint Graal. J’ai lu L’Estoire du Graal, mais je n’ai pas inclus la version vulgate de l’histoire du Graal.

La seconde œuvre supplémentaire s’intitulait le Prose Merlin ou le Vulgate Merlin. Il s’agissait d’une adaptation en prose d’une autre œuvre de Robert de Boron, également intitulée « Merlin ». Elle comprenait les épisodes de la naissance d’Arthur, de son élevage par Sir Anton (Sir Hector) et de son éducation par Merlin, ainsi que de la façon dont Arthur devint roi en retirant l’épée magique de la pierre. L’histoire s’achevait avec la mort de Merlin par la magie de la Dame du Lac. La majeure partie du Prose Merlin se trouve dans la Légende d’Excalibur.

(Notons que la troisième œuvre de Boron, intitulée Perceval, a été écartée, car elle introduisait un nouveau héros dans le roman du Graal : Galaad.)

Il existe un ensemble d’œuvres supplémentaire, communément appelé les romans du Post-Vulgate ou cycle de la Post-Vulgate, rédigé entre 1240 et 1250. Le cycle de la Post-Vulgate comprenait principalement la Suite du Merlin (Continuation de Merlin), une version plus longue et alternative de la Quête du Saint Graal, et le Prose Tristan qui tentait d’intégrer la légende de Tristan dans le cycle. Il existe également une version post-vulgate de Mort Artu, très brève. Voir l’article suivant intitulé Cycle de la Post-Vulgate pour plus de détails.


Avant de commencer la lecture des récits du Cycle de la Vulgate, je suggère de lire d’abord la Légende d’Excalibur. Celle-ci sert en quelque sorte de prologue au Cycle de la Vulgate. Mes sources pour la Légende d’Excalibur proviennent du Prose Merlin vulgate, 1240, et de la Suite du Merlin (ou Continuation de Merlin, v. 1245 Post-Vulgate). J’ai combiné les deux textes de Merlin pour la Légende d’Excalibur. Il existe des différences entre le Prose Merlin et la Continuation de Merlin. Après avoir lu la Légende d’Excalibur, je suggère de lire les romans de la Vulgate dans l’ordre suivant : Lancelot, la Quête et la Mort d’Arthur.

Lancelot est une œuvre imposante qui peut être divisée en trois sections : « Galehaut », « Charrette » et « Agravain ». (Voir Lancelot du Lac pour l’histoire complète.)

  • Le « Galehaut » relate les origines de Lancelot, notamment la façon dont la Dame du Lac éleva le héros. Il comprend également ses premières aventures, au cours desquelles il s’empara d’un château appelé la Garde Douloureuse et se lia d’amitié avec le géant Galehaut. Galehaut fut celui qui arrangea pour Lancelot son premier baiser de la reine Guenièvre. Le Galehaut s’achève sur la mort de Galehaut.
  • La « Charrette » était l’adaptation du premier récit de Chrétien sur le héros, intitulé Le Chevalier de la charrette (« Le Chevalier de la Charrette » ou « Lancelot »), v. 1175. Elle raconte le sauvetage de la reine Guenièvre des mains de son ravisseur, Méléagant. Cette section s’achève avec la mort du cousin de Méléagant.
  • Le thème principal de l’Agravain était la conception de Galaad, lorsque Lancelot fut trompé et conduit à coucher avec Élaine, fille de Pellès, le Roi Pêcheur ou gardien du Graal. Cela prépare le terrain pour le livre suivant, la Quête du Saint Graal (Queste del Saint Graal). Perceval fait également sa première apparition dans cette section.

La Quête du Saint Graal introduisit le nouveau héros du Graal : Galaad, fils de Lancelot et d’Élaine, fille du roi Pellès. Galaad, avec ses deux compagnons, Sir Perceval et Sir Bohort, furent les seuls Chevaliers de la Table Ronde à accomplir la mystérieuse quête. Seul Galaal atteignit l’illumination spirituelle suprême du mystère du Graal. L’histoire s’acheva avec la mort de Galaad et de Perceval. Avec la mort de Galaad, le Graal disparut.

Avec la disparition du Graal de Grande-Bretagne, c’est également la grâce divine qui se retira du pays. Cela mena à la dernière œuvre du Cycle de la Vulgate, La Mort du roi Arthur. L’histoire raconte l’amour adultère de Lancelot et de Guenièvre, qui entraîna la mort des frères de Gauvain et la guerre entre Arthur et Lancelot. Pendant l’absence d’Arthur, son fils/neveu Mordred trahit Arthur, ce qui conduisit à la bataille finale et à la mort de ce dernier.

L’un des aspects les plus intéressants est que l’écrivain anglais Walter Map a été crédité comme l’auteur des trois œuvres principales. Cela est fort improbable car Walter Map mourut en 1209, et la trilogie de la Vulgate fut rédigée au moins quinze ans après sa mort. L’auteur ou les auteurs de ces œuvres restent inconnus, mais on suppose qu’il pourrait s’agir de moines cisterciens (particulièrement en ce qui concerne la Queste del Saint Graal).

Compte tenu de l’ampleur de ces trois œuvres du Cycle de la Vulgate, j’ai décidé de raconter ces histoires sur trois pages distinctes.

Informations connexes

Titre du cycle

Cycle de la Vulgate, Prose Lancelot, cycle du Lancelot-Graal.

Œuvres de la Vulgate

Romans principaux de la Vulgate :

Lancelot Propre, v. 1225.

Queste del Saint Graal (Quête du Saint Graal), v. 1230.

Mort le roi Artu (Mort du roi Arthur), v. 1235.


Autres romans de la Vulgate :

L'Estoire du Graal (Histoire du Graal), v. 1240.

Vulgate Merlin ou Prose Merlin, v. 1240.

Différences entre l’ancien et le nouveau

Le Cycle de la Vulgate est remarquable, non seulement par son ampleur, mais aussi parce qu’il tenta de prendre en compte tous les aspects de l’époque d’Arthur.

Les romans originaux du Cycle de la Vulgate ne comprenaient que trois œuvres, commençant avec la naissance de Lancelot et ses premières aventures (Lancelot Propre), puis se poursuivant avec la quête du Graal (Queste del Saint Graal) et la mort du roi Arthur (Mort le roi Artu). Les deux œuvres supplémentaires incluaient l’origine du Graal (L’Estoire du Graal) à l’époque de Joseph d’Arimathie, et le Prose Merlin (ou Vulgate Merlin) qui relatait la naissance et le début du règne du roi Arthur. Ainsi, toute la vie d’Arthur était couverte.

Pourtant, les trois œuvres principales n’étaient pas centrées sur Arthur. Lancelot était le personnage prédominant du drame, même dans le dernier volume, intitulé la Mort du roi Arthur (Mort le roi Artu). Le récit ne s’achevait qu’avec la mort de Lancelot et son ascension au ciel après quatre années de pénitence.

Ce qui est remarquable, c’est la différence entre les œuvres centrales du Cycle de la Vulgate. Dans le Lancelot Propre, Lancelot se lance dans des aventures non seulement pour sa propre gloire, mais aussi par amour pour la reine d’Arthur, Guenièvre. Lancelot devint le meilleur chevalier du monde. Ce volume était assez représentatif des aventures chevaleresques et de l’amour courtois. Nombre de ces aventures étaient magiques, où le héros devait vaincre de puissants chevaliers, des enchanteresses, des géants et des dragons.

Dans la Queste del Saint Graal, le récit s’éloigna de l’amour courtois pour se tourner vers l’amour spirituel. L’attention se porta alors sur le propre fils de Lancelot, Galaad, devenant le plus grand chevalier du monde. Lancelot lui-même tomba en disgrâce en raison de son péché d’adultère avec la Reine ; il échoua dans la quête du Graal.

Dans Mort le roi Artu, Lancelot revint au premier plan du récit. Son amour pour Guenièvre et la trahison de Mordred provoquèrent la chute d’Arthur et du royaume qu’il avait édifié. Dans ce dernier volume, l’aventure et la tragédie semblaient plus réelles, car la magie fut réduite au minimum. Ici, la tragédie est plus humaine, les scènes sont plus sombres, et pourtant elles étaient aussi plus poignantes.

Les romans de la Vulgate peuvent avoir dérivé de nombreuses sources, y compris l’œuvre originale de Geoffroy de Monmouth, mais ils ont su s’épanouir.

Cycle de la Post-Vulgate

Le Cycle de la Post-Vulgate tenta de relier l’histoire de Tristan à celle du Graal (v. 1240). Les romans de la Post-Vulgate comprennent un ensemble d’œuvres qui remanient le Cycle de la Vulgate. Une autre appellation du Cycle de la Post-Vulgate était le Roman du Graal de la Post-Vulgate ou simplement Roman du Graal.

La Suite du Merlin était en quelque sorte une continuation du Prose Merlin de la Vulgate. Elle contenait les premiers épisodes de la vie d’Arthur, notamment celui où il commit sans le savoir l’inceste avec sa demi-sœur Morgause, qui engendra alors Mordred. Le récit incluait également les premières guerres d’Arthur contre les barons et les seigneurs, dont le roi Loth, qui fut tué par Sir Pellinor au combat. Lorsque l’épée d’Arthur se brisa, il raconta comment Merlin conduisit Arthur auprès de la Dame du Lac, où il reçut une nouvelle épée nommée Excalibur. Il comprenait aussi l’épisode de Morgan le Fay, qui tenta de tuer son frère en dérobant son épée, puis en donnant Excalibur à son amant Accolon. L’histoire relatait également comment le chevalier Balin le Sauvage blessa le Gardien du Graal (Parlan) par le Coup Douloureux, qui transforma son royaume en Terre Gaste. La plupart de ces épisodes de la Suite du Merlin se trouvent dans la Légende d’Excalibur.

Le Prose Tristan était également appelé Le Roman de Tristan de Léonois (v. 1230). Le Prose Tristan se distinguait notablement des récits antérieurs de Thomas et de Béroul. Ce récit racontait que Tristan devint Chevalier de la Table Ronde, mais qu’il fut finalement assassiné par son oncle, le roi Marc de Cornouailles. Je n’ai abordé que brièvement le Prose Tristan dans la page Tristan et Iseut.

L’autre œuvre s’intitulait Le Livre d’Artu (v. 1250), qui raconte l’origine d’Arthur et ses premières aventures, y compris ses guerres initiales et l’épisode où Arthur retire l’épée de la roche, prouvant ainsi qu’il est le véritable et légitime roi de Grande-Bretagne.

Informations connexes

Titre

Cycle de la Post-Vulgate.
Roman du Graal de la Post-Vulgate.
Roman du Graal (Roman du Graal).

Œuvres de la Post-Vulgate

Suite du Merlin (Continuation de Merlin).

Livre d'Artu (La Vie d'Arthur)

Le Roman de Tristan de Léonois (Prose Tristan)

Articles connexes

Le Morte d’Arthur

On ne peut parler des récits alternatifs (romans de la Vulgate et de la Post-Vulgate) à l’Historia regum Britanniae de Geoffroy de Monmouth (« Histoire des rois de Bretagne », v. 1137) sans évoquer le Le Morte d’Arthur.

Sir Thomas Malory fut le dernier grand auteur médiéval de la littérature arthurienne, et il composa le Le Morte d’Arthur, une œuvre en prose en moyen anglais, en 1469. Le Le Morte d’Arthur nous est parvenu sous deux formes principales : le manuscrit de Winchester et l’édition imprimée par l’imprimerie Caxton, en 1485.

Malory écrivait à une époque où l’Angleterre était plongée dans une longue guerre civile et une lutte de pouvoir entre deux puissantes maisons : les York et les Lancastre. Ce conflit portait un nom fort pittoresque : la Guerre des Roses. Ce nom venait du fait que la maison de Lancastre était symbolisée par une rose rouge, tandis que la maison d’York utilisait une rose blanche. La maison Tudor, liée par le sang aux Lancastre, fut la victorieuse finale de ce conflit sanglant (Henri Tudor, ou Henri VII), qui chercha à légitimer sa prétention au trône par son mariage avec Élisabeth d’York, unissant ainsi la rose blanche à la rose rouge.

On sait peu de choses sur Malory, bien qu’il y ait des rumeurs selon lesquelles il aurait été emprisonné pour avoir pris le parti de l’une des deux maisons au milieu des années 1460.

Il est clair que Malory utilisa un certain nombre de sources pour composer son œuvre. Les principales sources de Malory proviennent des romans en prose en ancien français de la première moitié du XIIIe siècle et des romans en prose en moyen anglais du XIVe siècle.

Dans la littérature arthurienne française, Malory s’inspira en partie du Prose Lancelot, de portions substantielles de la Queste del Saint Graal et de Mort le roi Artu ; les trois œuvres du Cycle de la Vulgate. Malory utilisa également de nombreux passages de la Suite du Merlin (Continuation de Merlin) pour la première partie du règne d’Arthur, et du Prose Tristan pour les épisodes de Tristan, tous deux tirés des romans de la Post-Vulgate.

Ses sources anglaises étaient le Le Morte Arthur strophique, écrit vers 1350, et le Morte Arthure allitératif de 1400.

Il convient de noter que Malory sélectionna les épisodes de ses sources avec soin, et seuls quelques-uns de ses épisodes furent clairement de son propre invention, comme le livre qu’il consacra à l’aventure de Gareth, frère de Gauvain, et l’aventure de Sir Urry.

Malory réorganisa également la chronologie des épisodes de manière sensiblement différente de celle des romans de la Vulgate. L’Historia de Geoffroy](/arthurian/age-of-chivalry/life-of-king-arthur) et le Mort le roi Artu (Vulgate) situaient la guerre romaine d’Arthur vers la fin de son règne et après le Graal, tandis que Malory plaça cet épisode plus tôt dans le règne d’Arthur.

Le Prose Lancelot (Vulgate) comprend la scène de la Charrette où Lancelot sauva Guenièvre de Méléagant, et où le héros chevaucha dans une charrette. Cette scène se déroulait avant le début de la quête du Graal. Dans Le Morte d’Arthur cependant, Malory plaça cet épisode entre la fin de la quête et le début de la guerre entre Lancelot et Arthur.

Autre petite incohérence : dans la quête du Graal, le roi Baudemagus fut tué par Sir Gauvain. Bien que nous ne connaissions la mort du roi que par les inscriptions de sa tombe, il est certain qu’ils ne s’étaient pas reconnus lors du combat. Cependant, dans le dernier livre du Le Morte d’Arthur, Baudemagus fut vu apportant son soutien à Lancelot dans la guerre contre Arthur. (Cette erreur ne figure pas dans les récits de la Vulgate.)

Il est peu probable que je consacre une page au Le Morte d’Arthur, en raison de sa similarité avec les romans français de la Vulgate et de la Post-Vulgate. Cependant, je pourrai éventuellement raconter quelques épisodes du Le Morte d’Arthur à l’avenir.

Informations connexes

Sources

Sir Thomas Malory écrivit le Le Morte d'Arthur (La Mort du roi Arthur), en 1469. Son œuvre est disponible sous deux sources :
  Le manuscrit de Winchester
  L'édition imprimée Caxton

Articles connexes

Créé :2 avril 2000

Modifié :20 mai 2024