Joseph d'Arimathie et le Graal

Arthurian Legends

Dans le Nouveau Testament de la Bible chrétienne, Joseph était un homme riche originaire d’Arimathie, une ville probablement située à environ trente kilomètres au nord-est de Jérusalem.

Les informations sur Joseph sont peu nombreuses. Il était membre du Grand Conseil juif [Marc 15.42]. Les membres du conseil, comprenant des prêtres et des docteurs juifs, interrogèrent Jésus lors de son arrestation. Désapprouvant les agissements de ses collègues, Joseph se trouvait néanmoins impuissant à aider Jésus. Il était secrètement un disciple de Jésus [Matthieu 27.57 ; Luc 24.50-51 ; Jean 19.38], mais craignait les autorités juives.

Lors de la Crucifixion sur la colline appelée Golgotha (le Lieu du Crâne), Ponce Pilate, le gouverneur romain de Judée, accéda à la requête de Joseph d’ensevelir le corps du Christ dans un tombeau nouvellement taillé dans une grotte voisine [Matthieu 27.57-60 ; Marc 15.42-47 ; Luc 23.50-56 ; Jean 19.38-42]. Avec l’aide de Nicodème, Joseph oignit le corps de Jésus avec des épices (myrrhe et aloès) avant de l’envelopper dans un linceul. Puis ils roulèrent une grande pierre devant l’entrée du tombeau. Ce tombeau, désormais appelé le Saint-Sépulcre, constitue le lieu le plus sacré pour les chrétiens. Une vaste église fut édifiée pour englober les lieux de la Crucifixion et de la sépulture.

Seul l’Évangile de Jean mentionne Nicodème assistant Joseph dans la préparation du corps de Jésus ; il apparaît d’ailleurs antérieurement dans ce même évangile, à deux reprises. Nicodème était un dirigeant juif parmi les Pharisiens. Il s’était rendu auprès de Jésus pour s’entretenir de la résurrection. Plus tard, lorsque les Pharisiens s’indignèrent des prédications de Jésus, Nicodème tenta de les apaiser, affirmant qu’on ne pouvait condamner un homme sans l’avoir entendu. Dans la légende arthurienne, particulièrement dans le Perlesvaus, le héros du Graal Perceval descendait directement de Nicodème, tandis que du côté maternel, il était issu de la sœur de Joseph.

N’étant pas un lecteur assidu de la Bible, je n’ai pu trouver d’autre mention de Joseph d’Arimathie dans le Nouveau Testament. Aucune référence à sa famille n’y figure, et il n’apparaît plus après avoir déposé le corps de Jésus dans le tombeau.

Il existe plusieurs légendes et écrits apocryphes dans lesquels Joseph figure, que Boron aurait pu utiliser pour composer son œuvre, mais je ne les ai pas consultés.

Dans la Bible, aucun lien n’est établi entre Joseph d’Arimathie et la coupe de la Dernière Cène (le Graal), pas même dans les textes apocryphes. Joseph avait assisté à la Crucifixion, mais il n’avait pas recueilli le sang de Jésus dans la coupe lorsque son flanc fut percé par la lance romaine. Cet épisode fut inventé par Robert de Boron dans son Joseph d’Arimathie (v. 1200).

Sa fête était célébrée à deux dates différentes : en Orient, le 31 juillet, et en Occident, le 17 mars. Pour les auteurs arthuriens, Joseph d’Arimathie était le saint patron de Glastonbury (dans le Somerset, en Angleterre), lieu que l’on disait être l’emplacement de l’Île d’Avalon.


La plupart de ce que nous savons de Joseph d’Arimathie provient des légendes arthuriennes, en particulier d’une œuvre du poète français Robert de Boron (Borron) intitulée Joseph d’Arimathie (v. 1200). Également du Cycle de la Vulgate, dans une adaptation en prose appelée Estoire de Saint Graal, et de la Queste del Saint Graal (v. 1230).

Joseph et son gendre Bron (dans la version de Boron) ou son fils Josephe (Vulgate) étaient les gardiens du Graal. Joseph reçut le Graal lors de son emprisonnement, car les autorités juives le soupçonnaient d’avoir volé le corps de Jésus après la Crucifixion. Quarante-deux ans après la mort et la résurrection de Jésus, Joseph fut libéré de prison par l’empereur Vespasien. Joseph et son fils (Josephe) ou son gendre (Bron) emportèrent le Graal en Bretagne, où il fut conservé jusqu’à l’époque du roi Arthur.

Il est évident que la source de Boron concernant l’emprisonnement de Joseph provient de l’Évangile apocryphe de Nicodème, car il n’existait aucune information supplémentaire sur Joseph après la mise au tombeau du corps de Jésus. Sauf que Joseph fut immédiatement jeté en prison par les Juifs pour avoir enseveli le corps de Jésus.

Joseph avait également un autre fils nommé Galaad, roi de Hosselice (Hosselice étant un autre nom pour le pays de Galles). Lancelot et le héros du Graal Galaad découvrirent plus tard son tombeau. Ces héros étaient donc des descendants de Joseph d’Arimathie.

Joseph d’Arimathie et son fils (Josephe) se lièrent d’amitié avec le roi païen de Sarras nommé Évalac (Mordrain), ainsi qu’avec son beau-frère et sénéchal nommé Séraph (Nascien). Josephe devint évêque à Sarras et vint en aide à Mordrain.

Lorsque Joseph et son fils se rendirent en Bretagne, ils furent emprisonnés par un roi païen mais furent délivrés par Mordrain. Joseph fut blessé à la cuisse par une épée brisée. (Plus tard au cours de la quête, Galaad restaurerait l’Épée Brisée et la confierait à Bohort. Voir Saint Graal dans la Quête du Saint Graal.)

(La plupart des informations concernant Joseph d’Arimathie dans la légende arthurienne proviennent de la Queste del Saint Graal (Cycle de la Vulgate), car je n’ai pu me procurer une traduction anglaise abordable du Joseph d’Arimathie de Robert de Boron.)

Les auteurs arthuriens considéraient non seulement Joseph comme un saint, mais aussi que lui et son fils comptaient parmi les plus anciens et les plus illustres chevaliers chrétiens.

Informations connexes

Nom

Joseph d'Arimathie.

Sources

Joseph d'Arimathie, Merlin et Perceval furent composés par Robert de Boron (v. 1200).

Le Didot Perceval (1210).

Queste del Saint Graal, issu du Cycle de la Vulgate, v. 1230.

Estoire de Saint Graal (Histoire du Saint Graal), issu du Cycle de la Vulgate, v. 1240.

  « Suite du Merlin » ou « Merlin Continuation » (Post-Vulgate, v. 1250).


Holy Bible (version du roi Jacques).

Good News Bible.

Créé :2 avril 2000

Modifié :16 mai 2024