Sire Gauvain
Gauvain était l’un des grands héros des légendes arthuriennes. Aucun autre chevalier n’apparaît dans davantage de récits, et pourtant il n’est guère le héros principal dans la plupart de ces romans médiévaux.
Les récits les plus anciens dépeignaient Gauvain comme le chevalier idéal, le modèle auquel les autres étaient comparés. Toutefois, avec l’avènement des romans français, il fut supplanté par d’autres héros tels que Lancelot, Tristan, Perceval et Galaad. Les auteurs français eurent tendance à faire de Gauvain un anti-héros et un séducteur ; un chevalier impitoyable et perfide, particulièrement à l’époque de la Suite du Merlin (Post-Vulgate) et du Tristan en prose (v. 1240).
Gauvain fut presque toujours un partisan féroce du roi Arthur, son oncle. Sa première apparition sous le nom de Gwalchmei ou Gwalchmai dans le conte gallois intitulé Culhwch et Olwen (v. 1100, dans le Mabinogion) fut brève en détails, contrairement aux trois romans gallois rédigés ultérieurement au milieu du XIIIe siècle (également inclus dans le Mabinogion). Son nom, Gwalchmei, signifie « Faucon de Mai », et puisque le mois de mai marquait généralement le début de l’été dans le calendrier celtique, cela suggère qu’il fut à l’origine une divinité solaire. Dans l’œuvre de Geoffroy de Monmouth, l’Historia regum Britanniae, il était appelé Gualguanus, et décrit comme un chevalier fougueux et imprudent (voir la Vie du roi Arthur).
Gauvain était un personnage éminent dans les cinq romans de Chrétien de Troyes, mais son rôle restait secondaire par rapport au héros principal de chacune de ces œuvres. Son premier rôle majeur apparut dans la dernière œuvre de Chrétien, le Conte du Graal (« Le Conte du Graal » ou Perceval), v. 1180, que le poète ne termina jamais. Ce fut le premier récit du Graal. Dans d’autres versions relatives au Graal, Gauvain jouait un rôle important dans la quête, mais il figurait comme héros principal dans la Première Continuation du Graal (v. 1190) et dans l’œuvre allemande Diu Krône (v. 1210).
Gauvain était également une figure marquante dans plusieurs romans en prose du Cycle du Vulgate (v. 1225-1237), en particulier dans le Merlin du Vulgate, mais son rôle fut éclipsé par celui de Lancelot dans le Lancelot en prose. Dans la Queste del Saint Graal, il échoua dans la Quête. Et dans le dernier texte du Vulgate, la Mort Artu, une rupture survint entre les deux amis, Gauvain et Lancelot, lorsque ce dernier tua involontairement les deux frères de Gauvain en portant secours à la reine Guenièvre, condamnée au bûcher.
Au temps des romans du Post-Vulgate (tels que la Suite du Merlin et la version post-vulgate de la Quête, v. 1240-1250) et du Tristan en prose (v. 1250), Gauvain n’était plus dépeint comme un héros, mais comme un meurtrier vil. Ainsi, lorsque Sir Thomas Malory rédigea Le Morte d’Arthur (1469), il s’appuya principalement sur les textes du Post-Vulgate pour sa propre représentation de Gauvain.
Vous trouverez davantage de détails dans l’article consacré aux Chevaliers de la Table Ronde.
Articles connexes
- La Quête du Cerf Blanc (voir La Légende d’Excalibur)
- Le Conte du Graal Voir La Légende du Graal (Tradition de Perceval)
- Le Cycle du Vulgate (La Légende d’Excalibur, Lancelot, La Quête du Saint Graal et La Mort du roi Arthur)

