Gauvain et le Chevalier Vert

Arthurian Legends

« Sire Gauvain et le Chevalier Vert » constituait l’un des grands chefs-d’œuvre du roman en moyen anglais, composé vers 1350.

Ce récit suscita un vif intérêt en raison de l’héritage de motifs païens, très vraisemblablement influencés par les mythes irlandais et gallois. Le conte du jeu de la décapitation révèle une filiation avec l’un des récits irlandais consacrés au héros Cú Chulainn, intitulé Le Festin de Bricriu.

Le Chevalier Vert

À Camelot, le château était plongé dans les festivités de Noël lorsqu’un chevalier solitaire pénétra dans la cour du roi Arthur.

Le chevalier portait des vêtements verts. Sa peau, sa barbe et ses cheveux étaient également de couleur verte. Même la crinière et la queue de son destrier étaient vertes. Dans une main, le Chevalier Vert tenait une branche de houx ; dans l’autre, il brandissait une hache redoutable.

Le Chevalier Vert défia les prestigieux chevaliers de la Table Ronde à un jeu de décapitation. Il demanda que l’un des chevaliers utilise sa hache sur sa propre nuque ; en retour, l’autre chevalier devrait lui laisser trancher la sienne, un jour et un an plus tard. Le Chevalier Vert offrait sa hache comme prix.

Nul ne croyait un tel jeu possible sans qu’il n’y eût un mort. Aucun vaillant guerrier n’accepta le défi, jusqu’à ce que le Chevalier Vert accusât les chevaliers d’Arthur de lâcheté. Arthur fut si couvert de honte qu’aucun de ses chevaliers présents à la cour n’acceptât le défi. Le roi allait s’offrir à relever le défi lui-même, mais son neveu, Sire Gauvain, décida finalement de s’avancer pour accepter le défi du Chevalier Vert.

Gauvain accepta les conditions du Chevalier Vert, à savoir qu’il subirait le coup un an plus tard. Le pacte scellé, Gauvain abattit la hache sur la nuque du Chevalier Vert. Au lieu que le corps s’effondrât à terre, le chevalier se pencha et ramassa sa tête.

Le Chevalier Vert enjoignit au héros de le retrouver à la Chapelle Verte d’ici Noël, afin que Gauvain pût recevoir le coup en retour.

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Source

Sir Gawain and the Green Knight, v. 1350.

Les joutes de la chasse et de la séduction

Dix mois plus tard, Gauvain se mit en route vers la Chapelle Verte. Les dames et demoiselles le pleurèrent, car elles croyaient qu’il marchait vers sa mort.

Son voyage vers le nord l’amena à affronter des sauvages et des chevaliers ennemis. Gauvain combattit des loups, des ogres et des dragons au fil de ses périples. Les vents glacials et la neige tourbillonnaient autour de lui tandis qu’il frayait son chemin à travers les bois et les collines.

Enfin, la veille de Noël, Gauvain parvint à un château où Lord Bertilak de Hautdesert et sa belle épouse accueillirent le héros fourbu de voyage. Bertilak offrit l’hospitalité au héros, la Chapelle Verte n’étant pas loin.

Bertilak annonça à son hôte qu’il partirait à la chasse et que son épouse divertirait le convive durant la journée. Bertilak proposa à Gauvain qu’ils s’échangent des cadeaux chaque jour au retour de la chasse. Bertilak donnerait au héros un présent tiré de sa chasse, tandis que Gauvain remettrait à son hôte tout ce qu’il aurait gagné au château.


Dès le lendemain matin, tandis que Bertilak partait chasser, l’épouse du seigneur tint compagnie à Gauvain. Bertilak traquait les cerfs dans la forêt.

La belle épouse flirte avec Gauvain et s’employa à séduire le héros pour qu’il partageât sa couche. Gauvain, avec habileté et courtoisie, détourna ses avances sans offenser son hôtesse. Il accepta toutefois un baiser de sa part.

Au soir, Bertilak revint de la chasse avec tout le gibier abattu. Comme convenu la veille, il remit ses prises à Gauvain. Gauvain n’ayant reçu qu’un baiser de l’épouse de son hôte, il embrassa Bertilak sur les lèvres. Bertilak jugea l’échange équitable.


Le lendemain, Bertilak repartit avec ses chasseurs. Cette fois, il affronta un adversaire plus redoutable : le sanglier. La bête avait blessé plusieurs chiens. Les flèches des archers s’avérèrent inefficaces contre la cuirasse du sanglier. Bertilak pourchassa le sanglier toute la journée. Il finit par le coincer dans une rivière. Le sanglier chargea Bertilak. Tous deux tombèrent à l’eau. Bertilak tua le sanglier de son épée.

Au château, l’épouse de l’hôte poursuivit ses tentatives de séduction envers Gauvain. Celui-ci eut davantage de difficultés à détourner la belle dame. Elle soumit la retenue de Gauvain à ses limites extrêmes, car elle comptait parmi les plus belles du royaume. Il accepta un nouveau baiser avant qu’elle ne quittât sa chambre.

Lorsque Bertilak regagna le château, il offrit le gibier du jour à Gauvain. En retour, Gauvain embrassa son hôte.


Le troisième jour, Bertilak chassa le rusé renard qui parvint à échapper aux chasseurs par sa ruse, avant que Bertilak ne réussît à le tuer.

Pendant ce temps, au chevet de Gauvain, le jeu de la séduction se poursuivait entre la dame et le héros. Finalement, l’hôtesse renonça à toute tentative de séduction.

La dame demanda les gants de Gauvain comme gage d’amour, et lui offrit en retour sa bague. Le héros refusa la bague. Il déclina même son écharpe de soie verte, jusqu’à ce qu’il apprit que cette ceinture pouvait le protéger de tout mal. La dame affirma que son écharpe était un talisman.

Conscient de l’ampleur du défi lancé par le Chevalier Vert, Gauvain ne voyait comment échapper à la mort par décapitation. Il accepta le présent et cacha l’écharpe sous ses vêtements. Il reçut un dernier baiser de la belle dame.

Quand Bertilak revint avec le renard mort, il le remit à Gauvain. Gauvain donna un autre baiser à son hôte, mais ne lui remit pas l’écharpe.

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Nom

Bertilak de Hautdesert.

Contenu

Le Chevalier Vert
Les joutes de la chasse et de la séduction
À la Chapelle Verte

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À la Chapelle Verte

Le jour de l’an, Gauvain s’arma pour la rencontre imminente avec le Chevalier Vert. Bertilak ordonna à l’un de ses serviteurs de guider Gauvain jusqu’à la Chapelle Verte.

À l’extérieur de la chapelle, le héros retrouva le Chevalier Vert. Comme convenu le jour de Noël de l’année précédente, Gauvain devait recevoir en retour un coup de la hache du Chevalier Vert.

Lorsque Gauvain vit la hache s’abattre vers sa nuque, il tressaillit, ce qui poussa le Chevalier Vert à détourner le coup. Le Chevalier Vert admonesta Gauvain, car lui-même n’avait pas bronché lorsque Gauvain lui avait tranché la tête. Gauvain jura qu’il ne tressaillirait plus.

La deuxième fois que le Chevalier Vert abaissa sa hache vers la nuque de Gauvain, il manqua volontairement sa cible pour vérifier si Gauvain était fidèle à sa promesse de ne pas broncher. Gauvain, exaspéré par ce délai, lui ordonna d’en finir.

La troisième fois, le Chevalier Vert porta le coup, mais détourna encore volontairement la lame du cou du héros, ne faisant couler qu’un mince filet de sang d’une légère entaille.

Gauvain bondit aussitôt sur ses pieds, son bouclier au bras, et dégaina son épée. Il déclara au Chevalier Vert qu’il avait eu sa chance de porter le coup ; il offrit le combat à la place, refusant de poursuivre le jeu du Chevalier Vert.

Le Chevalier Vert assura Gauvain que le jeu était bel et bien terminé. Il révéla qu’il n’était autre que Lord Bertilak de Hautdesert.

La vieille dame qui assistait l’épouse de Bertilak était en réalité Morgane la Fée, la demi-sœur d’Arthur. C’était Morgane qui avait ourdi le jeu, transformant Bertilak en Chevalier Vert. Elle espérait que le défi de décapitation du Chevalier Vert effraierait la reine Guenièvre à mort, car Morgane haïssait la reine.

Bertilak savait que son épouse tentait de piéger Gauvain pour le pousser au péché mortel d’adultère. Les deux premiers coups furent feintés car, les deux premiers jours, les deux hommes avaient loyalement échangé leurs présents. La courtoisie chevaleresque de Gauvain envers son épouse était au-dessus de tout reproche.

Cependant, le troisième jour, Gauvain avait omis de remettre l’écharpe de l’épouse à Bertilak. Ils s’étaient engagés dès leur première soirée à échanger chaque jour tout ce qu’ils auraient gagné. Ce fut la seule faute de Gauvain, raison pour laquelle le héros reçut une entaille de la hache de Bertilak. Gauvain avait échoué, non parce qu’il avait cédé aux avances de l’épouse, mais parce qu’il avait accepté son présent, espérant que l’écharpe pût sauver sa vie.

Gauvain ressentit de la honte pour avoir pris l’écharpe, confessant qu’il avait été lâche d’accepter un talisman. Il prit conscience qu’il avait terni sa réputation. Il jeta l’écharpe aux pieds de Bertilak.

Bertilak consola le héros en lui disant que, puisqu’il avait reconnu sa faute pour sa faute, Gauvain avait prouvé qu’il demeurait l’un des plus nobles chevaliers au monde. Il lui offrit l’écharpe verte comme gage de leur amitié et en souvenir de leur rencontre.

Bertilak offrit de nouveau l’hospitalité de son château à Gauvain, mais ce dernier déclina. Il décida de retourner auprès de son oncle. Gauvain quitta Bertilak et se dirigea vers Camelot.


Ce fut une grande allégresse à Camelot lorsqu’on apprit que Gauvain avait survécu à son épreuve. Arthur et Guenièvre l’interrogèrent sur son aventure. Gauvain leur rapporta fidèlement sa honte au château de Bertilak et à la Chapelle Verte. Il leur déclara qu’il n’était plus digne de leur attention. Il portait désormais l’écharpe verte comme insigne pour marquer sa lâcheté, sa honte et sa promesse rompue envers son hôte.

Le roi et ses compagnons de la Table Ronde jugèrent autrement ses exploits éclatants. Arthur demanda aux autres chevaliers de porter un insigne semblable.

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Créé :16 décembre 2001

Modifié :26 juillet 2024