Cú Chulainn

Celtic

Généalogie

Maison de la Branche Rouge (Ulaid)

Naissance de Cú Chulainn

Cathbad était l’Ari-Druid d’Ulaid et conseiller du roi Conchobar d’Ulster. Cathbad épousa Maga et fut le père de trois filles. L’une de ses filles, nommée Deichtine, disparut avec ses cinquante compagnes. Pendant plusieurs années, Conchobar envoya des hommes à la recherche de Deichtine.

Un jour, Conchobar chassait les oiseaux avec ses compagnons, notamment Fergus Mac Roich, l’oncle du roi. Lorsque le temps changea et que la neige commença à tomber, le roi envoya quelques hommes chercher un abri. Ils trouvèrent une maison et y passèrent la nuit. Conchobar découvrit que Deichtine se trouvait dans la maison. On leur raconta qu’elle et ses compagnes avaient été enlevées par Lugh Lamfada. Avant que le roi et ses compagnons ne quittent la maison, ils découvrirent un enfant né de Deichtine et de Lugh.

Conchobar et Fergus décidèrent d’élever l’enfant et le confièrent à Findchaem (Finchoom), elle aussi fille de Cathbad et mère de Conall Cernach. Ils nommèrent le nourrisson Sétanta (Setanta).

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Nom

Sétanta, le nom de naissance de Cú Chulainn.

Le Chien de Culann

Un soir, Conchobar se rendit avec ses guerriers chez un ami nommé Culann, un maître forgeron, pour y dîner. Le roi invita Setanta (Cú Chulainn) à l’accompagner, mais le garçon voulait jouer au hurley (sorte de hockey ?) et dit à Conchobar qu’il arriverait plus tard, une fois son jeu terminé.

Culann était devenu fort riche et possédait un vaste manoir à Quelgny. Chaque nuit, il laissait son grand chien en liberté sur sa propriété. Le chien était redoutable et mortel ; Culann ne craignait aucun voleur, tant que le chien montait la garde devant son manoir.

Setanta (Cú Chulainn) tua le chien de Culann

Sétanta (Cú Chulainn) tua le chien de Culann
Stephen Reid
Illustration, 1912

Après quelques heures de festin, le roi et sa suite avaient oublié Setanta, jusqu’à ce qu’ils entendissent le chien de Culann aboyer après un inconnu. Puis l’hôte et les convins entendirent des bruits de combat. Les hommes du manoir se précipitèrent dehors et trouvèrent Setanta debout au-dessus du chien mort. Le chien avait été tué par le bâton de hurley que le garçon tenait entre ses mains.

Conchobar et les autres convins acclamèrent le garçon pour sa bravoure, mais Culann était affligé d’avoir perdu son meilleur chien. Setanta promit au forgeron de monter lui-même la garde devant sa propriété, avec une lance et un bouclier, pendant un an, le temps d’élever le petit du chien mort pour qu’il devienne un meilleur chien de garde. À nouveau, le roi et sa suite acclamèrent Setanta.

Cette nuit-là, le nom de Setanta fut à jamais changé en Cú Chulainn, ce qui signifie le « Chien de Culann ».

Informations connexes

Nom

Cú Chulainn – "Chien de Culann".

Cu Chulainn ou Cuchulainn.

Sources

Macghnimradha Con Culainn (Les Exploits d'enfance de Cú Chulainn) fait partie du Táin Bó Cuailnge (La Rafle des vaches de Cooley).

La Cour d’Emer

Lorsque Cú Chulainn (Cu Chulainn) fut en âge de commencer son entraînement, le jeune homme tomba amoureux d’Emer, la fille du chef Fogall Monach. Cú Chulainn se mit à la courtiser. Il conduisit son char jusqu’à Dun Fogall. Cú Chulainn découvrit qu’elle ne voulait épouser aucun homme qui n’aurait pas accompli un acte héroïque.

La cour d'Emer

La cour d'Emer
Stephen Reid
Illustration, 1910

Cú Chulainn décida de s’entraîner auprès d’une femme guerrière nommée Scáthach. Scáthach vivait à Skatha (Skye), le « Pays de l’Ombre ». De nombreux héros cherchaient à s’entraîner auprès d’elle, mais peu réussissaient à passer ses épreuves.

Cú Chulainn dut traverser la tourbière de la « Plaine de la Malchance » et éviter les créatures du « Gouffre Périlleux », avant d’arriver au « Pont du Saut ». C’est là que Cú Chulainn retrouva son ami Fer Díad MacDamann, le jeune mais gigantesque guerrier Firbolg.

Au milieu du ravin se trouvait une plateforme mobile qui montait et descendait. Un guerrier devait bondir sur cette plateforme avant de pouvoir sauter à nouveau vers la sécurité de l’autre côté du ravin. Soit le guerrier était rejeté à son point de départ, soit il tombait dans les eaux infestées de monstres marins. Ni Fer Díad ni les autres guerriers qui l’accompagnaient ne parvinrent à atteindre l’autre rive du ravin.

Après s’être reposé un moment, Cú Chulainn décida de tenter le saut. Trois fois il bondit vers la plateforme du milieu, et trois fois il fut repoussé. Au quatrième bond prodigieux, Cú Chulainn réussit à franchir le Pont du Saut.

Ayant réussi toutes les épreuves périlleuses, Scáthach accepta d’enseigner à Cú Chulainn ses arts martiaux. Avant qu’une année ne s’écoulât, Cú Chulainn apprit de nouvelles techniques de combat et de guerre. Il resta auprès de la femme guerrière jusqu’à ce que Scáthach décidât de lui enseigner son arme ultime, le gae bolg.

D’après ma compréhension, la lance mortelle était projetée par les orteils du pied. En transperçant le ventre de l’ennemi, la lance se déployait en de multiples barbelures qui emplissaient presque toutes les parties du corps de l’adversaire. Cú Chulainn maîtrisa l’art du gae bolg.

Avant son départ, la guerre éclata entre Scáthach et une autre femme guerrière nommée Aífe. Même Scáthach craignait d’affronter Aífe, qui était la guerrière la plus forte et la plus redoutable de Bretagne.

Bien que Scáthach ne voulût pas que Cú Chulainn participe au combat, il s’y rendit quand même. Cú Chulainn défia Aífe en combat à mort. Avant que le duel ne commençât, le jeune héros apprit de Scáthach que ce qu’Aífe chérissait le plus était son char et ses chevaux.

Au cours du combat, Aífe faisait jeu égal avec Cú Chulainn. Bientôt, Aífe parvint à désarmer Cú Chulainn de toutes ses armes. Avant qu’Aífe ne puisse achever le héros désarmé, Cú Chulainn s’écria que ses chevaux étaient tombés. Momentanément distraite, Aífe fut maîtrisée par Cú Chulainn, qui la désarma et menaça de la tuer. Cú Chulainn accepta de lui laisser la vie sauve à condition qu’Aífe s’engageât à ne plus attaquer sa mentore. Aífe accepta.

Cú Chulainn resta plus longtemps, et lui et Aífe devinrent amants. Lorsqu’elle tomba enceinte, Cú Chulainn lui donna un anneau qu’Aífe devait remett à leur fils. Cú Chulainn lui dit d’envoyer leur fils vers lui lorsqu’il serait assez grand pour porter l’anneau. Cú Chulainn imposa un geis à son fils à naître. Le geis qu’il plaça sur leur fils, nommé Connla, stipulait qu’il ne devait jamais révéler son nom et ne jamais refuser un combat ou un défi. Des années plus tard, ce geis aurait des conséquences tragiques pour Connla.

Cú Chulainn rentra en Irlande avec son cocher Laeg. Seul, il défia et combattit les fils de Nechtan. Dans une rage berserker, tous les fils de Nechtan furent tués par le jeune homme ; il trancha toutes leurs têtes qu’il conserva comme trophées. Toujours en proie à la fureur guerrière, il captura de nombreux animaux vivants, les attachant à son char avant de rentrer à Emain Macha.

Conchobar, réalisant que de nombreuses personnes mourraient parce que Cú Chulainn était encore en furie, ordonna à toutes les plus belles femmes d’aller à la rencontre de Cú Chulainn à l’extérieur des portes, nues ! Lorsque Cú Chulainn fut gêné de voir tant de femmes nues, cela servit à distraire le jeune héros. Pendant qu’il était distrait, les guerriers d’Emain Macha s’emparèrent de lui et le jetèrent dans un tonneau d’eau froide. L’eau se mit à bouillir dans le tonneau avant d’exploser. On le plongea plusieurs fois dans l’eau froide, jusqu’à ce que la fureur guerrière le quitte et qu’il recouvrât son sang-froid.

Ayant accompli un acte héroïque, Cú Chulainn se remit à courtiser Emer. Son père apprit l’intérêt de Cú Chulainn pour sa fille, mais Fogall Monach ne voulait pas du héros comme gendre. Fogall verrouilla les portes du dun, mais Cú Chulainn bondit par-dessus le haut mur du dun et attaqua les guerriers. Fogall tomba à la mort en essayant de fuir devant le jeune homme.

Cú Chulainn emmena Emer et retourna à Emain Macha, où ils se marièrent.

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Sources

Tochmarc Emire (La Cour d'Emer).

Les Exploits d'enfance de Cú Chulainn fait partie du Táin Bó Cuailnge (La Rafle des vaches de Cooley).

Le Festin de Bricriu

En Ulster, un homme nommé Bricriu, qui aimait semer la discorde entre les gens, invita les plus grands guerriers d’Irlande à un festin. Bricriu voulait savoir qui était le plus grand héros d’Irlande. Cu Chulainn, Conall Cernach et Laegaire Buadach étaient les prétendants les plus populaires. Pour décider lequel de ces guerriers était le plus grand, un géant ou démon nommé Uath (l’Horreur) apparut et les mit au défi d’un jeu de décapitation.

Chacun serait autorisé à décapiter le démon, mais devrait affronter sa hache le lendemain. Conall et Laegaire refusèrent ce défi. Cú Chulainn accepta le défi et décapita le démon. Le démon se releva et récupéra sa tête avant de s’en aller.

Le lendemain, le démon revint avec sa hache et exigea que Cú Chulainn remplît son obligation. À contrecœur, Cú Chulainn posa sa tête sur le billot. Trois fois le démon brandit sa hache vers le cou du héros, mais chaque fois le démon manqua délibérément sa cible.

Le déclara alors aux personnes présentes dans la salle que Cú Chulainn était le plus grand champion d’Irlande.

Le jeu de décapitation réapparaîtra plus tard dans un récit de la légende arthurienne. Dans ce conte, Gauvain était le héros. Voir Sire Gauvain et le Chevalier Vert pour l’histoire.

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Nom

Bricriu à la Langue Empoisonnée.

Sources

Fled Bricrenn (Le Festin de Bricriu).

Deirdre et les Fils d’Uisnech

Le récit de Deirdre et des fils d’Uisnech est la plus célèbre des romances irlandaises. Ce roman d’un triangle amoureux influencerait d’autres contes, tels que La Poursuite de Diarmait et Grainne du Cycle fenian et la légende de Tristan.

Il existe cependant deux versions principales de cette romance, assez différentes l’une de l’autre.

Je suis plus familier avec le Longes mac nUislenn ou « L’Exil des Fils d’Uisliu », que l’on trouve dans le manuscrit connu sous le nom de Livre de Leinster (1160) et dans le Livre Jaune de Lecan (v. 1300). Cependant, il fut probablement composé pour la première fois au IXe siècle. On trouve cette version dans plusieurs ouvrages en ma possession : Early Irish Myths and Sagas (traduit par Jeffrey Gantz), The Tain (traduit par Thomas Kinsella), et Ancient Irish Tales (traduit par T. P. Cross et C. H. Slover). Ici, les héros Cu Chulainn et Conall Cernach sont absents.

L’autre version, intitulée Oidheadh Chloinne hUisneach ou « La Mort violente des Enfants d’Uisneach », fait en réalité partie des Trois Douleurs du Récit. On en trouve une traduction dans les ouvrages suivants : Oidheadh Chloinne hUisneach: The Violent Death of the Children of Uisneach (traduit par Caoimhin Mac Giolla Leith), et Old Celtic Romances (traduit par P. W. Joyce).

Je raconterai les deux versions, mais je commencerai par le Longes mac nUislenn.


Un chef nommé Fedlimid Mac Daill allait bientôt devenir le père de Deirdre. Le chef organisa un festin auquel assistèrent Conchobar et ses guerriers. Alors que les convins allaient se retirer, un cri de désespoir retentit dans toute la maison de Fedlimid. Il provenait du ventre de l’épouse de Fedlimid.

Lorsque Conchobar demanda une divination sur l’avenir de la fille, son druide en chef Cathbad annonça au roi qu’elle deviendrait la plus belle femme d’Irlande, mais qu’elle apporterait un grand chagrin à l’Ulster si un roi la courtisait ou l’épousait. Cathbad avertit le roi que son propre fils mourrait, et qu’un autre fils de Conchobar serait exilé en même temps que Fergus Mac Roich et un certain nombre des meilleurs guerriers de l’Ulster.

Pour l’amour de leur roi, les guerriers estimèrent qu’il serait dans « l’intérêt supérieur de l’Ulster » de tuer la fille à sa naissance. Mais Conchobar déclara follement que la fille n’épouserait aucun roi sauf lui. Conchobar espérait épouser et posséder la fille lorsqu’elle atteindrait l’âge nubile. Conchobar était connu pour ses appétits sexuels et ne pouvait résister à une femme d’une grande beauté.

Conchobar fit élever Deirdre dans le dun, où elle ne devait voir aucun homme excepté lui et son père adoptif. À mesure que Deirdre grandissait et devenait la plus belle jeune fille d’Irlande, elle rêva d’épouser un jeune homme aux cheveux noirs, aux joues rouges et au corps blanc. Deirdre ne voulait pas épouser un homme assez âgé pour être son père (à savoir Conchobar), même s’il était roi. Sa nourrice Leborcham lui dit que sa description correspondait à Noísi (Noíse), fils d’Uisnech. Noísi était l’un des guerriers de la Branche Rouge, cousin des héros Cu Chulainn et Conall Cernach. Noísi avait deux frères aussi braves que lui : Ainhé et Ardan. Deirdre jura qu’elle épouserait Noísi (Noisi), et non Conchobar.

Lorsque Noísi arriva un jour, Deirdre le persuada de l’emmener et de l’épouser. Elle imposa un geis au héros. Noísi tomba amoureux d’elle et accepta de l’aider. Avec l’aide de ses frères, Noísi et Deirdre fuirent l’Ulster. Conchobar, apprenant cela, envoya ses guerriers à leur recherche. D’abord, les fils d’Uisnech allèrent d’un endroit à l’autre en Irlande, mais face au danger croissant d’être cernés par les hommes de Conchobar, ils furent contraints de passer en Alba (Écosse).

Naoise fuit en portant Deirdre

Naoise fuit en portant Deirdre
Illustration anonyme

C’est là qu’ils se marièrent en Alba (Écosse), servant d’abord le roi des Pictes. En raison de sa grande beauté, ils tentèrent de cacher Deirdre, mais le roi picte découvrit la beauté de Deirdre par l’un de ses conseillers. Deirdre découvrit que le roi picte avait l’intention de tuer son mari et ses frères, alors elle avertit Noísi. Noísi et ses frères furent contraints de fuir ce nouveau danger. Ils se cachèrent et vécurent sur une petite île boisée.

Lorsque la nouvelle parvint à Emain Macha que les guerriers d’Alba cherchaient désormais à capturer les fugitifs, les amis et parents des fils d’Uisnech pressèrent Conchobar de faire la paix avec eux et de les laisser rentrer. Le roi accepta. Un messager fut envoyé à Noísi, qui n’accepta qu’à la condition que Fergus Mac Roich, Cormac Connloinges et Dubthach Dóeltenga garantissent leur sécurité et leur protection. Noísi refusa d’écouter Deirdre, lorsqu’elle soupçonnait une trahison de la part de Conchobar.

(Il convient de noter que l’autre version commence en réalité ici, mais revenons au récit…)

Fergus et ses compagnons se réjouirent que Conchobar fît la paix, alors lui et son escorte accompagnèrent Deirdre et les fils d’Uisnech à leur retour en Ulster. Cependant, à leur arrivée, un chef nommé Baruch invita Fergus à un festin, ce qu’il ne pouvait refuser en raison de son geis. Les fils d’Uisnech avaient juré auparavant qu’ils ne prendraient pas leur premier repas en Ulster avant d’avoir mangé à la propre table de Conchobar. Noísi et son épouse poursuivirent donc le chemin avec Fiacha, le fils de Fergus, comme escorte.

Deirdre avait encore des appréhensions et craignait la trahison. Elle proposait de retourner sur l’île qu’ils avaient quittée, mais personne ne l’écouta.

Fiacha escorta les fils d’Uisnech jusqu’à Emain Macha. Eogan Mac Durthacht vint à leur rencontre à l’extérieur d’Emain Macha, avec des mercenaires à sa solde. Eogan et Conchobar étaient ennemis, mais ils avaient récemment fait la paix. Eogan accepta de tuer Noísi et ses frères.

Eogan salua Noísi en lui transperçant le corps de sa lance, brisant le dos de Noísi. Fiacha tenta de le sauver en tirant Noísi vers lui et en le protégeant de son propre corps. Eogan porta un autre coup puissant de sa lance, tuant à la fois Noísi et le fils de Fergus. Les frères de Noísi et d’autres guerriers furent également tués dans les combats. Deirdre fut amenée devant le roi, les mains liées dans le dos.

Lorsque Fergus, Cormac et Dubthach apprirent la trahison de leur roi et la violation de la garantie, ils entrèrent dans Emain Macha et attaquèrent la maison de Conchobar. Fergus tua Traigthrén, le fils de Traigthrén et son frère, tandis que Dubthach tua Maine, fils de Conchobar, et Fiachna, fils de la sœur de Conchobar, Fedelm. Dubthach massacra également toutes les jeunes filles d’Emain Macha, tandis que Fergus mettait le feu à Emain Macha.

Trois mille guerriers rejoignirent Fergus en exil, parmi lesquels Cormac Connloinges, vivant à la cour d’Ailill et de Medb à Cruachan, en Connacht. C’est la raison pour laquelle trois mille exilés de l’Ulster combattirent plus tard aux côtés de Medb lors de la Rafle des vaches de Cuailnge (Tain Bo Cuailnge). Ainsi s’accomplit la prophétie de Cathbad.

Pendant une année entière, Deirdre vécut à Emain Macha, mais elle refusait de manger beaucoup, ne dormait guère, et ne sourit jamais. Ni la musique ni les divertissements ne pouvaient la consoler, depuis que Noísi avait été traîtreusement tué. Pendant une année entière, elle se lamenta sur Noísi et ses deux fidèles frères, Ainhé et Ardan.

Lorsque Conchobar tenta de la consoler, elle le réprimanda avec mordant. Lorsque Conchobar lui demanda qui elle haïssait le plus, Deirdre répondit : « Vous et Eogan Mac Durthacht. » Conchobar la nargua et décida de la forcer à vivre avec Eogan pendant un an.

Le lendemain, alors qu’Eogan conduisait son char hors d’Emain Macha avec Deirdre à ses côtés, elle se pencha en avant de sorte que sa tête se brisa contre un rocher, au bord du chemin de terre. Elle fut tuée sur le coup.


Version alternative :

L’Oidheadh Chloinne hUisneach (« La Mort violente des Enfants d’Uisneach ») commence avec Conchobar tenant un festin à Emain Macha, où certains de ses guerriers pressaient le roi de faire la paix avec Noísi et ses frères.

Conchobar accepta, car il avait un plan pour se débarrasser de son rival. Afin de choisir l’émissaire le plus approprié, il décida de choisir l’un des champions suivants : Conall Cernach, Cu Chulainn ou Fergus Mac Roich. (Remarquons que Conall et Cu Chulainn n’apparaissaient pas dans la version précédente.)

Conchobar demanda rusément à chaque guerrier ce qui se passerait s’il rompait la garantie donnée à Noísi. Conall et Cu Chulainn répondirent tous deux qu’ils agiraient contre lui si Conchobar se montrait traître. Seule la réponse de Fergus s’avéra satisfaisante pour le roi perfide, aussi décida-t-il d’envoyer Fergus en mission à la place des autres héros.

Comme dans la version précédente, Deirdre et les fils d’Uisnech vivaient sur une petite île, car ils avaient fui le roi traître d’Alba (Écosse). Lorsque Fergus arriva sur l’île, les fils d’Uisnech furent heureux d’apprendre la nouvelle d’une réconciliation avec leur roi, puisque Fergus leur avait donné sa garantie, leur offrant sa protection. Seule Deirdre ne faisait pas confiance à Conchobar, mais Noísi et ses frères refusèrent d’écouter son avertissement selon lequel le roi était traître. Deirdre n’eut d’autre choix que de les suivre en Ulster.

Cependant, à leur arrivée sur le rivage de l’Irlande, un chef nommé Baruch les invita à un festin. Fergus ne pouvait refuser car il était sous un geis lui interdisant de décliner de telles invitations. Deirdre fut affligée qu’ils n’eussent plus la protection de Fergus. Fergus dit que ses fils, Buinne et Illann, leur fourniraient la protection dont ils avaient besoin.

Deirdre eut une vision selon laquelle les fils d’Uisnech seraient décapités, y compris le fils de Fergus, Illann. Buinne survivrait uniquement parce qu’il les trahirait. Elle avertit également que le roi les trahirait s’il les logeait dans la Maison de la Branche Rouge, au lieu de la propre demeure de Conchobar. Malgré l’avertissement, Noísi continua d’ignorer les conseils de Deirdre. Noísi ignora également son conseil soit d’attendre le retour de Fergus du festin, soit de chercher la protection de Cu Chulainn. Les frères préféraient affronter la mort plutôt que de retourner sur l’île comme des lâches.

Comme elle l’avait prédit, Conchobar invita ses hôtes à séjourner dans la Maison de la Branche Rouge. Pourtant, cela ne sembla pas convaincre Noísi. Là, ils attendirent le retour de Fergus. Noísi et Deirdre jouèrent au fidchell (une sorte de jeu de société apparenté aux échecs).

De retour à la salle, Conchobar réfléchissait à la marche à suivre. Il demanda à quelqu’un de se rendre dans les quartiers de la Branche Rouge pour voir si Deirdre était aussi belle qu’avant son exil. Leborcham se proposa d’y aller car elle aimait Deirdre et les fils d’Uisnech.

La vieille nourrice vit que Deirdre était encore plus belle qu’auparavant, et elle sut qu’il y aurait des ennuis. Leborcham soupçonnait également le roi de trahison. Leborcham les conseilla de partir ou de se défendre, car Conchobar romprait sûrement sa garantie une fois qu’il constaterait que la beauté de Deirdre n’avait pas fané.

Leborcham revint auprès du roi et déclara que la beauté de Deirdre s’était flétrie à cause des épreuves et de l’exil. Cependant, Conchobar ne crut pas l’ancienne nourrice de Deirdre. Il envoya donc Gelbann ou Treandorn espionner Deirdre.

Suivant la mise en garde de Leborcham, les fils de Fergus avaient fermé toutes les portes et fenêtres, à l’exception d’une seule, pour empêcher les hommes du roi d’observer Deirdre. Gelbann (Treandorn) trouva cette fenêtre et regarda à l’intérieur de la Maison de la Branche Rouge. Deirdre aperçut l’espion alors qu’elle continuait à jouer au fidchell avec son mari. Lorsque Noísi vit cet espion, il lança une pièce de fidchell avec une précision mortelle, crevant l’œil de Gelbann, mais non sans que l’espion n’eût vu le visage et le corps de Deirdre.

L’espion rapporta au roi la beauté de Deirdre, ce qui donna à Conchobar une raison de faire tuer Noísi et ses frères pour avoir mutilé son serviteur.

Buinne montait la garde à l’entrée de la Maison de la Branche Rouge. Lorsque Conchobar vint prendre d’assaut le bâtiment, Buinne défendit d’abord les fils d’Uisnech, tuant cent guerriers qui osèrent pénétrer dans le bâtiment. Buinne les abandonna lorsque Conchobar lui offrit des terres s’il trahissait la parole de son propre père et les fils d’Uisnech. Buinne accepta et reçut un bout de terre. Cependant, cette terre devint immédiatement un désert au moment où il y posa le pied, parce qu’il avait trahi les fils d’Uisnech.

Illann, l’autre fils de Fergus, fut plus fidèle aux fils d’Uisnech et refusa de déshonorer son père, comme l’avait fait son frère. Lorsque les guerriers tentèrent de prendre d’assaut le bâtiment, il tua trois cents hommes, tandis que Noísi continuait à jouer au fidchell avec Deirdre.

Conchobar envoya alors son fils, Fiacha, avec son bouclier armé Ocean. L’Ocean produisit un bruit signalant que le roi était attaqué. Ainsi, lorsqu’Illann vainquit et captura Fiacha, Conall Cernach entendit l’appel du bouclier et y répondit immédiatement.

Conall arriva et blessa mortellement Illann. Lorsque Conall réalisa que Conchobar avait traîtreusement rompu la garantie donnée aux fils d’Uisnech, il regretta d’avoir blessé le fils de Fergus. Conall trancha immédiatement la tête de Fiacha en représailles.

Illann étant blessé, Conchobar ordonna à nouveau à ses guerriers de prendre d’assaut le bâtiment, mais cette fois, les fils d’Uisnech passèrent à l’action pour défendre le bâtiment. Conchobar ordonna à son druide en chef Cathbad de l’aider à capturer les fils d’Uisnech. Conchobar promit au druide que les fils d’Uisnech ne subiraient aucun mal de sa part. Cathbad utilisa donc sa magie pour étourdir et désarmer les fils d’Uisnech.

Conchobar captura les trois frères et Deirdre. Lorsque Conchobar ordonna à quelqu’un de leur trancher la tête, aucun de ses guerriers n’obéit au roi pour un acte aussi perfide. Il se tourna alors vers Maine, le fils du roi de Norvège. Comme Noísi avait tué les frères de Maine, Unthach et Triathach, Maine n’hésita pas à tuer les fils d’Uisnech, qui étaient ligotés et incapables de se défendre.

Puisqu’aucun des frères n’acceptait de mourir avant les autres, Noísi suggéra qu’un seul coup d’épée décapitât les trois frères ensemble. Maine trancha donc leurs têtes d’un seul balayage de son épée.

Deirdre se lamenta bruyamment sur la mort de son amant et de ses fidèles frères. Cu Chulainn, entendant ses cris, accourut aussitôt. Une fois qu’il découvrit la trahison de Conchobar et la mort des fils d’Uisnech, il trancha immédiatement la tête de Maine, pour venger la mort de ses amis.

Des tombes furent élevées pour les trois frères. Deirdre continua de se lamenter sur eux, avant de bondir dans la tombe de Noísi, de s’allonger aux côtés de son mari, et de mourir.

Informations connexes

Sources

Longes mac nUislenn ou Longes mac nUisliu (L'Exil des Fils d'Uisliu).

Oidheadh Chloinne hUisneach (La Mort violente des Enfants d'Uisneach).

Articles connexes

La Mort de Connla

Lorsque Connla, le jeune fils de Cu Chulainn et d’Aífe, fut assez grand pour porter l’anneau de Cu Chulainn, il se mit en route vers Emain Macha à la recherche de son père. Cu Chulainn avait imposé un terrible geis à Connla avant sa naissance. Connla ne devait jamais révéler son nom à qui que ce soit. Connla devait combattre quiconque entraverait son chemin.

Connla rencontra de nombreux guerriers de la Branche Rouge. Il refusa de donner son nom à chacun d’eux, et il lia, blessa ou tua chaque guerrier qui bloquait sa route. Même Conall Cernach ne fit pas le poids face au jeune garçon.

Finalement, Conchobar envoya Cu Chulainn contre le garçon. Emer avertit son mari que le garçon était possiblement son fils né d’Aife, et lui dit de ne pas y aller. Cependant, son devoir envers son roi ne lui permettait de refuser aucun ordre.

Lorsque Connla refusa de donner son nom, Cu Chulainn comprit qu’il affrontait son fils, mais ne pouvait céder devant le garçon. Ils se battirent sur la plage de sable, Connla se révéla plus que capable de tenir tête à Cu Chulainn.

Incapable de vaincre le garçon, Cu Chulainn utilisa finalement le gae bolg (la lance) contre son fils. Mourant, Connla dit à son père que Scáthach (la mère adoptive de Connla) ne lui avait pas enseigné l’art du gae bolg. Cu Chulainn vit la preuve finale : l’anneau qu’il avait donné à Aife se trouvait au doigt du garçon.

Cu Chulainn porta son fils jusqu’à Emain Macha, déclarant à son roi qu’il avait accompli son devoir. Tous pleurèrent la mort de Connla, et Conchobar offrit au garçon des funérailles de héros.

Informations connexes

Sources

Aided Oenfhir Aífe (La Mort violente du Fils unique d'Aífe).

Articles connexes

La Rafle des vaches de Cuailnge

La Rafle des vaches de Cuailnge (Cooley) ou « Táin Bó Cuailnge » (en gaélique irlandais) est peut-être le récit le plus célèbre de la littérature irlandaise. C’est le plus long récit et ce qui s’approche le plus d’une épopée dans la littérature en vieil irlandais.

Le Taureau brun de Cuailnge

La cause de la guerre entre Ulaid et le Connacht trouva son origine dans la cour du Connacht. Ailill se vanta auprès de son épouse Medb (Maeve) que son taureau blanc était le meilleur taureau de la province, sinon de toute l’Irlande. Ailill se vantait que son taureau était supérieur au sien, exprimant également sa supériorité masculine sur elle en tant que femme. Furieuse d’un tel commentaire de la part de son mari, Medb était résolue à obtenir le meilleur taureau de toute l’Irlande. Par la force si nécessaire. Elle apprit que le taureau brun appartenant à un chef d’Ulster nommé Dara Mac Fachtna, à Cuailnge, était peut-être supérieur au taureau blanc d’Ailill.

Dans un premier temps, Medb envoya une ambassade, espérant que Dara lui prêterait le taureau brun pour un an, promettant au chef de riches présents en retour. D’abord, Dara fut heureux de faire affaire avec Maeve, mais il entendit ensuite une rumeur selon laquelle elle pourrait le prendre par la force en cas de refus. Les négociations échouèrent, donnant à Medb un prétexte pour mener un raid sur l’Ulster. Medb commença à rassembler une grande armée de combattants. Les autres provinces se joignirent au Connacht. Fergus Mac Roich et Cormac, fils de Conchobar, demandèrent que les exilés d’Ulster se joignissent à l’armée de Medb. Fergus espérait venger la mort de son fils et celle des fils d’Uisnech, en punition de la trahison du roi.

Bien que les hommes d’Ulster fussent affaiblis, une voyante nommée Fedelm avertit Maeve que le Connacht subirait une défaite de la main d’un jeune guerrier. Fedelm dit trois fois en regardant son armée : « Je vois le cramoisi. Je vois le rouge. » Fedelm déclara qu’un héros solitaire barrerait la route à Medb, tuant de nombreux ennemis avant que l’armée d’Ulster ne survînt et ne vainquît sa propre armée. Malgré ce funeste présage, Medb fut plus que jamais déterminée à envahir la province voisine.

La Défense du Gué

Lorsque la nouvelle arriva que l’armée du Connacht pénétrait en Ulster, les guerriers d’Emain Macha souffraient de la malédiction de Macha. Conchobar et tous les guerriers de la Branche Rouge étaient impuissants et affaiblis. Seul Cú Chulainn ne souffrait pas de la malédiction, probablement parce qu’il était encore considéré comme jeune (« pas assez âgé pour se raser ? » je suppose).

Cu Chulainn

Cu Chulainn
Angus McBride
Illustration

Accompagné de son cocher Laeg, Cu Chulainn entreprit, seul, de défendre l’Ulster contre l’armée de Medb. Cu Chulainn envoya son beau-père Sualtam avertir les hommes d’Ulster de l’armée envahissante et mobiliser les guerriers de la Branche Rouge pour la guerre.

Cu Chulainn se mit à placer des geis et à tendre des embuscades aux éclaireurs, afin de ralentir l’armée de Medb. De nombreux guerriers aguerris du Connacht furent tués lors de raids nuit après nuit. Incapables de voir et d’affronter leur ennemi, Cú Chulainn démoralisait rapidement l’armée du Connacht.

Finalement, Fergus rencontra son ancien élève, et Cu Chulainn accepta d’affronter un champion de Maeve chaque jour au gué de la rivière Dee. L’armée était autorisée à marcher pendant le duel, mais devait camper jusqu’au lendemain si Cu Chulainn remportait le duel. En retour, Cu Chulainn ne harcèlerait plus l’armée de Medb.

Après plusieurs jours de duels, Cu Chulainn rencontra la déesse de la guerre Morrígan, déguisée en belle jeune fille. Lorsque Cu Chulainn repoussa ses avances, Morrígan se mit à harceler Cu Chulainn pendant son duel avec Loch fils de Mofebis. Morrígan attaqua Cu Chulainn sous diverses formes : une génisse, une anguille et un loup. Mais Cu Chulainn repoussa chaque attaque, bien que Loch le blessât. Cu Chulainn entra dans une frénésie berserker et tua Loch avec le gae bolg.

Bien que la progression de l’armée eût considérablement ralenti, Medb parvint finalement à capturer le Taureau brun de Cuailnge. Elle renvoya le taureau au Connacht.

Cu Chulainn était trop grièvement blessé pour continuer le duel le lendemain. Son père, Lugh Lamfada, le dieu solaire, vint trouver le héros et demanda à son fils de se reposer pendant que sa blessure guérissait ; il prendrait sa place sous son apparence pendant les trois jours suivants. Lugh combattit et vainquit chacun des champions de Medb jusqu’à ce que Cu Chulainn fût complètement guéri.

Pendant ce temps, à Emain Macha, Conchobar tenta sans succès de mobiliser les guerriers de la Branche Rouge pour la bataille. Ils souffraient encore de la malédiction de Macha. De nombreux jeunes fils des guerriers, apprenant la défense héroïque du gué par Cu Chulainn, décidèrent de prendre les armes et d’affronter l’armée du Connacht. Follamin, le plus jeune fils de Conchobar, commandait la troupe de garçons. Ils ne firent pas le poids face à l’armée ennemie. Les guerriers de Medb massacrèrent ces enfants jusqu’au dernier.

Lorsque Cu Chulainn reprit conscience, il apprit le massacre des jeunes guerriers pendant sa convalescence. Cu Chulainn entra dans une frénésie berserker, et soixante-dix guerriers furent tués à Murthemney.

Le duel suivant de Cu Chulainn l’opposa à Calatin et ses fils. Calatin était un sorcier Fomorien maléfique dont le corps était fusionné avec ceux de ses vingt-sept fils. Avec vingt-sept bras, Calatin avait un avantage déloyal sur le jeune héros. Cu Chulainn serait mort si l’un des exilés d’Ulster nommé Fiacha n’avait pas pris pitié du héros en détresse. Sans que personne ne le vît, Fiacha trancha les vingt-sept bras des fils de Calatin. Cu Chulainn put alors mieux se défendre et abattit Calatin avec rapidité.

Cu Chulainn et Fer Díad

Fergus et nombre d’anciens guerriers de la Branche Rouge refusaient d’affronter Cu Chulainn en combat singulier, non tant par crainte de Cu Chulainn que par amour pour le jeune héros. Beaucoup d’entre eux étaient ses amis. Un autre guerrier célèbre qui ne voulait pas combattre Cu Chulainn était Fer Díad Mac Damann. Fer Díad était un guerrier Firbolg qui était devenu le frère de sang de Cu Chulainn depuis leur enfance. Fer Díad était également l’un des guerriers qui avaient cherché l’entraînement auprès de la femme guerrière Scáthach. Ils avaient juré de ne jamais se battre l’un contre l’autre.

Medb tenta à plusieurs reprises d’inciter Fer Díad à combattre Cu Chulainn au gué ; chaque fois, le Firbolg refusa. La reine du Connacht offrit au jeune guerrier de l’or, des terres, et même sa propre fille en mariage. Finalement, furieuse de son refus, elle menaça de payer tous les bardes et musiciens du pays pour qu’ils chantassent que Fer Díad était un lâche. Son courage et son honneur étant en jeu, Fer Díad n’eut d’autre choix que d’affronter Cu Chulainn en combat singulier.

Un matin, lorsque Cu Chulainn trouva son ami Firbolg de son côté du gué, le héros fut attristé de devoir combattre l’une des personnes qu’il aimait le plus. Pendant les deux premiers jours, les deux guerriers se battirent l’un contre l’autre jusqu’à ce que tous deux conviennent de se retirer pour la journée. Ces deux premières nuits, ils soignèrent mutuellement leurs blessures et partagèrent une couverture. Le troisième jour, cependant, après avoir combattu toute la journée, leur amitié fut mise à rude épreuve. Cette fois, ils ne soignèrent pas les blessures de l’autre, ni ne partagèrent une couverture, contrairement aux deux nuits précédentes.

Le dernier matin, ils se battirent avec encore plus d’acharnement, sans retenue. Finalement, Cu Chulainn utilisa sa lance mortelle, le gae bolg, contre son ami le plus cher. Cu Chulainn rattrapa Fer Díad lorsqu’il s’effondra de sa blessure mortelle. Cu Chulainn porta son ami mourant loin du gué jusqu’à une petite clairière. Lorsque Fer Díad mourut, Cu Chulainn fut accablé de chagrin. Il perdit également connaissance, épuisé et blessé. Laeg emporta Cu Chulainn blessé.

Lorsque le Connacht ne vit plus Cu Chulainn de l’autre côté du gué, Medb crut que Cu Chulainn était mort et que l’armée était libre de traverser le gué. L’armée du Connacht commença à piller d’autres villes et villages. Ils se mirent à dépouiller l’Ulster de son bétail et de ses autres biens.

La Bataille de Garach

Cependant, à Emain Macha, Conchobar et ses guerriers s’étaient remis de la malédiction et s’armaient pour affronter l’armée de Medb. Ils poursuivirent l’armée de Medb jusqu’à la Plaine de Garach, où une bataille s’engagea. Fergus aurait tué Conchobar si Cormac n’avait intercédé en faveur de son père. Cu Chulainn se remit de ses blessures et persuada Fergus et les autres exilés d’Ulster de se retirer du combat. Les autres provinces commencèrent à retirer leurs armées de la bataille, laissant le Connacht se battre seul.

Lorsque Cu Chulainn rejoignit le combat, la situation tourna en faveur de l’armée de Conchobar. L’armée du Connacht fut mise en déroute. Cu Chulainn trouva Medb sur le champ de bataille. Elle implora la vie sauve. Cu Chulainn jura qu’il ne lui ferait jamais de mal et l’escorta en toute sécurité jusqu’à la frontière du Connacht.

Le Taureau brun arrivé au Connacht attaqua soudainement le Taureau blanc d’Ailill. Les deux taureaux trouvèrent la mort dans l’affrontement. Au final, le Connacht perdit de nombreux hommes dans les razzias de bétail, y compris les deux beaux taureaux ; il s’en trouva encore plus mal loti qu’avant son conflit avec l’Ulster.

Informations connexes

Titre

Táin Bó Cuailnge
Rafle des vaches de Quelgny
Rafle des vaches de Cooley

Toponymie

Cuailnge – Cooley, Quelgny

Sources

Táin Bó Cuailnge (La Rafle des vaches de Cooley).

La Maladie de Cú Chulainn

Cu Chulainn rêva que deux femmes le battaient avec des verges tandis qu’il était attaché à un pilier de pierre. Lorsqu’il se réveilla le lendemain, il était affaibli par le rêve, et pendant un an il souffrit d’une maladie consomptive. Cu Chulainn apprit qu’il pourrait guérir de sa maladie s’il se rendait au pilier où il avait été battu. Cu Chulainn découvrit qu’une femme des Tuatha Dé Danann nommée Fand, épouse de Manannán Mac Lir, avait besoin de lui pour combattre trois démons qui assiégeaient son palais. Fand le récompenserait de son amour.

Fand quitte son amant Cu Chulainn

Fand quitte son amant Cu Chulainn
(Manannan MacLir au milieu de
l'incantation d'un sort d'oubli
sur son épouse, Fand)
Illustration par Yvonne Gilbert

Cu Chulainn pénétra dans l’Autre Monde, vainquit les démons et passa un mois dans les bras de Fand. Cu Chulainn revint à la surface, promettant de revoir Fand. Cependant, Emer apprit sa liaison, et pour la première fois elle fut jalouse de son infidélité.

Emer, apprenant où son mari et Fand devaient se rencontrer pour leur rendez-vous convenu, se présenta avec cinquante jeunes filles armées de couteaux, espérant tuer la femme des Danann. Cu Chulainn vint à la défense de Fand. Cu Chulainn dit à Emer qu’il l’aimait encore et ne la quitterait jamais. Cependant, les deux femmes décidèrent de le laisser à l’autre. Fand décida de retourner auprès de son mari, abandonnant son amant. Cu Chulainn fut accablé de détresse jusqu’à ce que Manannan utilisât son manteau magique pour les faire s’oublier mutuellement.

Informations connexes

Sources

Serglige Con Chulainn agus Óenét Emire (La Maladie consomptive de Cú Chulainn et l'Unique Jalousie d'Emer).

Articles connexes

La Mort de Cú Chulainn

Sa défaite lors de la Rafle des vaches de Cuailnge ne laissait pas Medb indifférente. Elle était résolue à venger sa défaite en faisant tuer Cu Chulainn. Medb conspira secrètement avec d’autres ennemis de l’Ulster, notamment avec les ennemis de Cu Chulainn. Parmi ceux dont elle chercha l’appui figuraient Lugaid Mac Cu Roi et les filles du sorcier Calatin.

Les filles de Calatin étaient aussi laides que puissantes dans leur sorcellerie, à l’image de leur père. Par la tromperie et les hallucinations, elles poussèrent Cu Chulainn au bord de la folie, et attirèrent le jeune héros à affronter à nouveau l’armée de Medb. Cu Chulainn voyait et entendait sans cesse des fantômes de guerre.

Emer tenta de dissuader son mari de partir, mais il ignora ses supplications. Cathbad et sa mère Deichtine essayèrent de le persuader d’attendre Conall Cernach, mais Cu Chulainn était déterminé à en finir avec ces illusions qui le hantaient depuis des semaines. Avec son fidèle cocher Laeg, il quitta son foyer pour traquer les fantômes.

En chemin, il rencontra trois vieilles sorcières (filles de Calatin, à nouveau) assises au bord du chemin. Les trois sorcières lui proposèrent de partager leur repas. Lorsqu’il mangea la viande, il découvrit qu’il avait mangé l’épaule d’un chien. Un geis du héros lui interdisait de manger la chair d’un chien (certains disent que son geis était de ne pas manger son homonyme ; le chien qu’il avait mangé portait probablement son nom). La mort de Cu Chulainn était désormais inéluctable.

La Mort de Cú Chulainn

La Mort de Cú Chulainn
Oliver Sheppard
Statue en bronze, 1916
Poste centrale de Dublin

À Slieve Fuad, Cu Chulainn retrouva l’armée de Medb et ses alliés. Lugaid (Lewy) le nargua en lui demandant de lui donner sa lance. Cu Chulainn lança le gae bolg, manquant Lugaid mais tuant neuf hommes. Lugaid utilisa le gae bolg et le renvoya vers Cu Chulainn. La lance manqua sa cible et tua Laeg, le cocher du héros. Un satiriste le railla ; Cu Chulainn lança à nouveau sa lance, tuant le satiriste. Erc, roi d’Irlande, utilisa alors le gae bolg et blessa mortellement le cheval favori de Cu Chulainn. Cu Chulainn tua encore un autre satiriste qui le narguait. Lugaid lança le gae bolg en direction du héros. Le gae bolg éventra le héros.

Mourant, Cu Chulainn se rendit au lac pour boire. Là, il trouva un pilier de pierre, auquel il s’attacha. Il fit ainsi pour mourir debout. Même mourant, aucun de ses ennemis n’osait approcher le héros. Morrígan se transforma en corbeau ; elle se percha sur l’épaule de Cu Chulainn afin que ses ennemis sachent qu’il était encore vivant. C’est seulement lorsqu’il mourut que Morrígan s’envola enfin.

Lugaid avait finalement vengé la mort de son père et s’approcha de Cu Chulainn, l’épée au poing. Lorsque Lugaid décapita Cu Chulainn, l’épée du héros tomba de sa main et trancha la main armée de Lugaid. Furieux de cet affront, Lugaid trancha également la main de Cu Chulainn.

Conall Cernach se précipita sur les lieux, pour découvrir qu’il arrivait trop tard pour sauver son frère de sang. Conall trouva le corps décapité de Cu Chulainn toujours attaché au pilier. Cu Chulainn et Conall avaient juré de venger l’autre si l’un d’eux devait mourir le premier, alors Conall poursuivit et attaqua les ennemis de Cu Chulainn. Conall abattit Lugaid et trancha sa tête, vengeant le héros d’Ulaid.

Conall revint à Emain Macha avec le corps de Cu Chulainn et ses restes mutilés, et le Chien de Culann reçut des funérailles de héros.

Informations connexes

Sources

Aided Chon Culainn (La Mort violente de Cú Chulainn).

Brislech Mór Maige Murthemne (La Grande Déroute de Mag Murthemne).

Dergruathar Chonaill Chernaig (La Déroute sanglante de Conall Cernach).

La Fin du Cycle

Conchobar Mac Nessa mourut lorsque la boule de cervelle logée dans sa tête se rompit. Voir Conchobar et Cet Mac Maga pour l’histoire de sa mort.

Au Connacht, parce qu’Ailill était jaloux de l’amant de son épouse, le roi tua Fergus Mac Roich alors qu’il se baignait dans le lac. Ailill avait lancé sa lance dans le dos de Fergus.

Conall apprit la mort de son ancien précepteur et vengea Fergus en abattant Ailill. Conall se mit à détruire les autres ennemis en Irlande qui avaient participé à la mort de Cu Chulainn.

Après la mort de son amant et de son mari, Medb se retira sur une île. Furbaide (Forbai) Ferbend, fils de Conchobar et de Clothra, chercha à la tuer parce que Medb avait assassiné sa mère (Clothra), qui n’était autre que la sœur de Medb.

Furbaide Ferbend découvrit que Medb aimait régulièrement se baigner dans le lac (Galway). Furbaide mesura la distance entre sa cachette et l’endroit où elle se baignait habituellement. S’exerçant chaque jour avec sa fronde, Furbaide devint un tireur d’élite. Un jour, alors qu’elle se baignait, Furbaide envoya un projectile de fronde qui fracassa le crâne de Medb, en plein milieu du front. Par la mort de sa tante, Furbaide avait vengé sa mère.

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Créé :8 novembre 1999

Modifié :6 mai 2024