À propos des mythes celtiques

Celtic

Aujourd’hui, la mythologie celtique désigne les récits du peuple antique connu sous le nom de Celtes, qui parlaient la langue celtique. Au début du Moyen Âge, ils étaient confinés à certaines régions d’Europe occidentale.

Les mythes celtiques nous sont parvenus principalement grâce aux auteurs médiévaux d’Irlande et du Pays de Galles, bien qu’il existe quelques descriptions antérieures dues à des auteurs grecs et romains de l’Antiquité classique. Ces auteurs classiques écrivirent sur les divinités gauloises à l’époque de l’Empire romain.

Qui étaient les Celtes ?

Les Celtes étaient un peuple qui parlait l’une des langues indo-européennes. Ils provenaient probablement d’Europe centrale à la fin du deuxième millénaire av. J.-C. (fin de l’âge du Bronze). Les traces les plus anciennes de leur existence se trouvent en Autriche, en Allemagne et en France. Ils établirent la culture du Bronze final/de l’âge du Fer appelée culture de Hallstatt en Autriche au cours du IXe ou VIIIe siècle av. J.-C. Lorsque le Hallstatt de l’âge du Fer commença à remplacer celui du Bronze, un commerce florissant existait entre les Grecs et les tribus celtiques vivant dans la région s’étendant de la Bavière à la Bohême.

Les Grecs les appelaient Keltoi ; ce nom trouve probablement ses origines au Ve siècle av. J.-C. Les Romains les appelaient Galli, c’est-à-dire les « Gaulois ».

Une nouvelle culture de l’âge du Fer apparut au VIe siècle av. J.-C., appelée La Tène, autour du Rhin. La Tène introduisit le style distinctif qui rendit l’art celtique célèbre. Des épées et des lances furent retrouvées enterrées avec leurs guerriers. La société celtique était devenue plus guerrière.

Depuis 600 av. J.-C., une colonie grecque dans le sud de la France se transforma en une cité prospère appelée Massilia (Marseille), grâce à son commerce avec les Gaulois. Ceux-ci adoptèrent le système d’écriture grec comme moyen de communication entre eux.

Ce fut durant cette période que les Celtes d’Europe continentale atteignirent l’apogée de leur puissance. Ce fut l’Âge d’or du peuple celtique. Ils migrèrent vers l’ouest jusqu’en Espagne, et leurs frontières s’étendirent vers l’est, s’établissant dans la région appelée Galata, en Anatolie (Turquie), sur la côte sud-ouest de la mer Noire. Quelque temps au VIe siècle av. J.-C., ils traversèrent la Manche vers les îles Britanniques. Les Celtes qui émigrèrent en Bretagne devinrent connus sous le nom de Celtes Cymriques.

En Gaule (France, Belgique et Pays-Bas), plus de vingt tribus celtiques différentes furent identifiées à l’époque de César. Certains Celtes franchirent les Pyrénées vers l’Espagne entre le VIIIe et le VIe siècle av. J.-C. Les Celtes s’installèrent principalement dans le nord et le centre de l’Espagne ainsi qu’au Portugal. Cela poussa les Ibères, le peuple autochtone d’Espagne, à se déplacer vers l’est et le sud de la péninsule. Certains Celtes s’installèrent et se mêlèrent aux Ibères, formant un groupe connu sous le nom de Celtibères.

Durant les Ve et IVe siècles av. J.-C., plusieurs tribus celtiques de la Gaule transalpine (sud de la France) franchirent les Alpes et s’installèrent dans la région appelée Gaule cisalpine, dans le nord de l’Italie (au nord du fleuve Pô). Cisalpine signifie « de ce côté des Alpes ». Les Sénons furent les premiers à arriver en Italie, suivis par les Insubres qui s’établirent en Lombardie. Les Boïens s’installèrent dans une région appelée Bononia (Bologne). Cette migration des Gaulois depuis le nord exerça une pression sur les cités-États étrusques d’Étrurie (Toscane), ce qui permit aux Romains de conquérir leurs voisins étrusques.

En 391 av. J.-C., les Gaulois (Sénons), sous la conduite de leur chef Brennus(?), mirent sévèrement en déroute l’armée romaine à l’Allia. L’année suivante, les Gaulois mirent Rome à sac. Puis ils se retirèrent de Rome après avoir tué et pillé. Selon la tradition romaine, un général romain exilé nommé Marcus Furius Camillus rassembla les restes de l’armée romaine, vainquit les Gaulois et les chassa de Rome. Plus vraisemblablement, les Gaulois se retirèrent de Rome de leur propre chef et sans résistance de la part des Romains.

Au IIIe siècle av. J.-C., la Macédoine et la Thessalie (nord de la Grèce) furent envahies par les Celtes. Ces derniers poussèrent plus au sud et attaquèrent et pillèrent Delphes en 279 av. J.-C.

Lorsque les tribus germaniques commencèrent leur migration au IIe siècle av. J.-C., les Celtes furent contraints de chercher refuge plus à l’ouest du Rhin et au sud du Danube.

Jules César consacra une grande partie de son temps, de 59 à 50 av. J.-C., à des campagnes militaires en Gaule (France et Belgique), créant une nouvelle province romaine. Comme la Gaule comptait un grand nombre de tribus, dépourvues de direction forte et d’unité, César tira pleinement parti de la maxime militaire – « diviser pour régner » – pour vaincre chaque tribu gauloise.

César décrivit dans ses mémoires, la Guerre des Gaules, leur société guerrière, ses coutumes et sa religion. César admirait ses adversaires pour leur bravoure et leur habileté à la guerre. Les Gaulois fournissaient à César la meilleure cavalerie.

À l’époque d’Auguste, le petit-neveu de César, Octavien, établit l’Empire romain et divisa la Gaule en trois provinces distinctes (sans compter la Gaule narbonnaise (sud de la France), qui était une province romaine depuis 121 av. J.-C.) : l’Aquitaine, la Lugudunaise et la Belgique, avec Lugdunum (Lyon) pour capitale. En Espagne, le pays fut également divisé en trois provinces séparées. À l’ouest, comprenant tout le Portugal, se trouvait la Lusitanie ; tandis que dans le sud de l’Espagne se trouvait la province de Bétique (la vallée du fleuve Bétis). Ces deux provinces formaient autrefois l’Hispanie ultérieure (Espagne lointaine). Le reste de la province de l’Hispanie citérieure (Espagne proche) s’appelait la Tarraconaise.

César traversa même la Manche à deux reprises en deux ans (55-54 av. J.-C.), rencontrant d’autres Celtes dans le sud de la Bretagne (Grande-Bretagne). Cependant, la Bretagne (Britannia) ne devint une province romaine qu’à l’époque de l’empereur Claude, entre 43 et 51 apr. J.-C. La Bretagne était largement divisée en régions tribales, telles que celles des Belgae, des Brigantes, des Catuvellauni, etc. Les Catuvellauni et les Atrebates étaient les tribus celtiques les plus puissantes. D’autres tribus arrivées plus tard et établies au Pays de Galles et dans le sud de l’Angleterre provenaient de Gaule belgique, comme les Belgae, les Iceni, les Parisi et bien d’autres. (Voir Contexte historique dans les Légendes arthuriennes, à l’époque où la Bretagne était une province romaine.)

Plus tard, d’autres royaumes celtiques firent partie de l’Empire romain, comme le Norique (Suisse et Autriche) sous Auguste, et la Galatie (nord-est de l’Asie Mineure) sous le règne de Claude.

À la plus grande étendue de l’Empire romain, seule l’Irlande (Hibernia) échappa à la domination et à l’influence romaines. Le christianisme n’arriva en Irlande qu’au milieu du Ve siècle apr. J.-C.

Au IIIe et IVe siècle apr. J.-C., les révoltes étaient fréquentes en Gaule, en raison de l’instabilité et de la faiblesse de Rome et de l’avancée des tribus germaniques sur leurs frontières du Rhin. Au Ve siècle, trois tribus germaniques s’étaient emparées de la province : les Wisigoths occupaient l’Aquitaine, les Francs s’installaient en Belgique, et les Burgondes contrôlaient la région du Rhin. Certains Celtes romanisés fuirent vers la péninsule armoricaine (Bretagne), dernier bastion de la civilisation celtique en Gaule.

Vers 410 apr. J.-C., avec le rétrécissement de l’Empire romain d’Occident, Honorius retira les légions stationnées en Britannia. La Britannia se retrouva isolée, subissant les attaques des Pictes venus du nord, des Scoti (ou Irlandais) venus de l’ouest (d’Irlande), et des tribus germaniques des Jutes, Angles et Saxons venus de l’est. Les Bretons établirent leurs propres royaumes et tentèrent de se défendre contre les envahisseurs. Les royaumes bretons de langue galloise au nord tombèrent finalement aux mains des Angles, tandis que d’autres Bretons du sud fuirent les Saxons vers les confins occidentaux de la Bretagne, au Pays de Galles et en Cornouailles. D’autres Bretons encore traversèrent la Manche vers l’Armorique, où la région fut rebaptisée Bretagne, ce qui signifie « Petite Bretagne ».

Entre les VIIIe et XIe siècles apr. J.-C., les Vikings de Scandinavie pillèrent à maintes reprises la Bretagne et l’Irlande avant d’y établir des colonies. Brian Boru, le haut roi d’Irlande (1002-1014 ; il régnait sur l’un des plus petits royaumes appelé Dál Cais depuis 976), tenta de chasser les envahisseurs nordiques d’Irlande. Bien que son fils commandât l’armée et remportât la bataille de Clontarf (1014), quelques Hommes du Nord tombèrent sur sa tente et tuèrent le vieux roi.

Ce n’est qu’à cette époque que les mythes irlandais furent mis par écrit.

Chronologie des mythes celtiques

Les mythes irlandais peuvent être situés dans une période qui coïncide avec les lignes temporelles légendaires et historiques.

L’arrivée des Partholiniens fut censée coïncider avec celle de Noé et du Déluge biblique. Nemed était un descendant de Magog, petit-fils de Noé, fils de Japhet. Les Fir Bolgs et les Tuatha Dé Danann étaient à leur tour des descendants de Nemed. Les Fir Bolgs étaient un peuple asservi en Thrace et en Grèce avant leur arrivée en Irlande. Les Tuatha Dé Danann apprirent toutes sortes de magie, de druidisme, de sciences et d’arts dans les cieux avant d’être bannis.

L’autre fils de Japhet, le fictif Fenius Farsaid, était réputé être l’ancêtre de Mil et des Milésiens. Les Milésiens seraient arrivés en Irlande vers le VIe siècle av. J.-C.

Alors que le récit de Cú Chulainn dans le Cycle d’Ulaid se déroulait au Ier siècle av. J.-C., la mort de Conchobar, roi d’Ulster, coïncida avec le jour où Jésus-Christ fut crucifié (vers 30 apr. J.-C.).

Le règne de Cormac Mac Airt dans le Cycle fenien était censé se situer au IIIe siècle apr. J.-C. Cependant, dans la « Colloque des Anciens », les héros Caílte et Oisín survécurent jusqu’à l’époque de la mission de saint Patrick, au Ve siècle apr. J.-C.

Littérature des mythes celtiques

Il convient de noter que les anciens peuples gaulois et bretons ne laissèrent aucune littérature concernant les mythes de leurs dieux et de leur religion à l’époque de l’Empire romain. Ces dieux anciens ne nous sont parvenus que par des preuves principalement archéologiques, telles que des inscriptions et leurs œuvres d’art (par exemple, des statuettes), ainsi que par les historiens grecs et romains de l’Antiquité classique. J’ai donné de brèves descriptions de certaines des divinités gauloises et bretonnes.

Selon un poète grec du Ier siècle av. J.-C., Parthénios, les Celtes descendaient d’Héraclès. Alors qu’Héraclès retournait en Grèce avec les bœufs de Géryon, Celtine, fille de Bretannos, vit le héros et en tomba amoureuse. Un jour, elle cacha les bovins et refusa de révéler à Héraclès où ils se trouvaient tant qu’il ne ferait pas l’amour avec elle. Héraclès s’unit à elle, et Celtine devint la mère de Celtus, ancêtre des Celtes.

Selon une autre légende sur Héraclès rapportée par Diodore de Sicile, le héros rencontra et séduisit une nymphe nommée Galata. Elle fut la mère des Galates.

Aucune littérature n’a survécu des Cornouailles et de Bretagne. La littérature bretonne de leurs mythes et légendes ne nous est parvenue que par des auteurs français.

La majorité de la littérature des mythes celtiques provient des Irlandais et des Gallois, et dans une moindre mesure des Écossais.


Les mythes celtiques, en particulier ceux relatifs aux cycles irlandais (mythes), furent préservés par la tradition orale, probablement durant la période des établissements vikings en Irlande, du VIIIe au XIe siècle apr. J.-C. Ils étaient composés par des bardes qui récitaient les histoires entièrement en vers. Les sagas irlandaises ne furent mises par écrit qu’au XIIe siècle apr. J.-C. par des érudits monastiques.

Ces récits furent consignés dans deux manuscrits principaux : le Livre de Leinster et le Livre de la Vache brune. Il s’agissait de recueils contenant des centaines d’histoires du Cycle d’Ulaid et du Cycle fenien. Un autre manuscrit qui mérite d’être mentionné est le Livre jaune de Lecan, écrit au XIVe siècle, qui contient un grand nombre de récits. La Colloque des Anciens se trouve dans un manuscrit écossais appelé le Livre du Doyen de Lismore, rédigé au XVIe siècle.

D’autres auteurs ajoutèrent d’autres récits aux mythes celtiques aux XVIe et XVIIe siècles. L’œuvre la plus intéressante fut celle de James Macpherson (1736-1796), un poète écossais. Il suscita la controverse lorsqu’il affirma que l’œuvre était celle d’Oisín, un guerrier-poète du IIIe siècle apr. J.-C. On découvrit qu’une grande partie de l’œuvre était en réalité de sa propre invention.

Un autre auteur fut l’écrivain irlandais William Butler Yeats (1865-1939). Yeats et Macpherson furent à l’origine du renouveau de l’intérêt pour les mythes celtiques. Ils influencèrent également les mouvements romantiques dans l’art autant que dans la littérature.


La source principale des mythes gallois était le Mabinogion. Le Mabinogion contient onze contes. Certains de ces contes sont liés ou appartiennent à des séries ou des cycles.

Dater les contes individuels du Mabinogion est difficile, car ils furent probablement composés par différents auteurs et à différentes époques. Culhwch et Olwen fut l’un des premiers contes continus sur le roi Arthur. Les trois derniers romans gallois faisaient pendant aux œuvres de l’écrivain français Chrétien de Troyes, qui utilisa ce matériau pour ses romans arthuriens. (À noter que les trois romans gallois n’apparaissent pas dans les mythes celtiques, car j’ai préféré la version française dans les Légendes arthuriennes.)

Il existe des contes encore plus anciens des légendes galloises, tels que ceux composés par Taliesin et Aneirin au VIe siècle.

La poésie de Taliesin fut préservée dans le Livre de Taliesin du XIIIe siècle. Il s’agissait davantage d’un recueil d’éloges. L’un d’eux était consacré au roi Urien de Rheged, pleurant la mort de son fils (Owain).

Aneirin aurait composé un poème appelé Y Gododdin, qui fut préservé dans un manuscrit connu sous le nom de Livre d’Aneirin, daté d’environ 1250. Y Gododdin pourrait contenir la plus ancienne référence à Arthur.

Ce que je trouve décevant dans les mythes irlandais, c’est l’influence du christianisme sur la littérature irlandaise. Les Celtes païens considéraient leurs dieux comme des « dieux » ; alors que les auteurs chrétiens les avaient ravalés au rang de simples créatures féeriques.

Une autre déception fut l’introduction de la légende de saint Patrick dans le cycle fenien. Il existe de nombreux récits ou biographies d’autres saints mêlés aux légendes celtiques. La vie de ces saints était de pure propagande, montrant que l’Église était plus forte que les autres dieux. Les légendes de ces saints n’étaient pour la plupart que des récits païens récupérés et effacés, consacrés aux dieux et aux héros.

Veuillez noter qu’un certain nombre de récits figurant dans les mythes celtiques contiennent également des histoires sur le roi Arthur et certains de ses compagnons. À l’exception de « Culhwch et Olwen » et du « Songe de Rhonabwy », tous les autres contes gallois relatifs à Arthur ou à ses compagnons de la Table Ronde se trouvent dans la branche arthurienne. Les deux contes que j’ai mentionnés n’appartiennent pas au cycle arthurien principal.

Créé :3 novembre 1999

Modifié :8 août 2024