Héraclès (Hercule) - Dixième Travail : Les Bœufs de Géryon
Pour le dixième travail, Héraclès devait rapporter les bœufs de Géryon. Géryon (Γηρυονεύς) était le roi d’Érythée (Cadix), en Espagne.
Le troupeau était gardé par le bouvier de Géryon et le chien bicéphale appelé Orthros (Ὄρθρος).
Le voyage se déroula sans incident jusqu’à ce qu’Héraclès atteigne le détroit de Gibraltar. Héraclès se mit à entasser des rochers sur les rives européenne et africaine du détroit. L’édification de ces rochers fut appelée les Colonnes d’Hercule.
Le travail étant long et pénible, Héraclès fut accablé par la chaleur du soleil. Il pointa sa flèche vers le soleil, menaçant de tirer sur l’astre. Hélios, le dieu du soleil, ne fut nullement offensé par l’impétueux héros. En réalité, Hélios admira tant l’audace du héros qu’il lui offrit une coupe solaire en or. Cette coupe d’or était assez grande pour qu’Héraclès puisse naviguer au-delà des Colonnes d’Hercule et s’aventurer dans l’océan Atlantique.
(Selon Diodore de Sicile, le héros Héraclès anéantit entièrement une race de guerrières appelées les Gorgones (semblables aux Amazones), en Libye. Son bisaïeul Persée avait auparavant vaincu les Gorgones et tué leur reine, Méduse.)
À son arrivée à Érythée, Héraclès dut tuer le bouvier Eurytion et le chien bicéphale Orthros à coups de massue, près du sommet du mont Abas. Ménœtès, le bouvier d’Hadès, fut témoin de la scène et se rendit auprès de Géryon pour l’informer qu’Héraclès raflait son troupeau. Géryon, qui possédait trois têtes, fut également tué alors qu’il poursuivait le héros jusqu’au fleuve Anthèmos. Héraclès tenta alors de reprendre la route du retour.
Passant par l’Abdérie, au sud de l’Espagne, Héraclès pénétra ensuite sur le territoire des Ligures. Près de Massalia (l’actuelle Marseille), Ialebion et Dercynos, fils de Poséidon, qui voulaient s’emparer du troupeau, l’attaquèrent. Héraclès les tua, mais il fut blessé en combattant l’armée ligure. Zeus envoya une pluie de pierres dont Héraclès se servit pour lapider ses ennemis.
Le géant Cacus déroba également une partie du troupeau en Italie. Héraclès dut laisser le reste des bœufs derrière lui pour rechercher les bêtes manquantes et tuer Cacus.
À Rhégion, l’un des taux quitta le reste du troupeau et traversa à la nage le détroit de Messine. Héraclès demanda aux habitants du coin s’ils avaient vu le taureau manquant ; ils lui indiquèrent la direction qu’il avait prise. Les autochtones désignaient le taureau sous le nom d’italus, si bien qu’Héraclès donna à toute la péninsule italienne le nom d’Italie. Le taureau manquant était le plus beau du troupeau ; Héraclès laissa donc le reste des bœufs derrière lui pour aller le chercher en Sicile.
Lorsqu’il retrouva le taureau, il le découvrit parmi le troupeau d’un boxeur redoutable nommé Éryx (Ἔρυξ), à Éryx, en Sicile. Selon Apollonios de Rhodes, Éryx était le fils de l’Argonaute Butès et d’Aphrodite, ou selon Apollodore, un fils de Poséidon. Éryx avait l’habitude de défier les voyageurs dans un combat de boxe où il tuait son adversaire. Éryx n’accepta de rendre le taureau au héros que si Héraclès parvenait à le vaincre au pugilat. Éryx, cependant, ne fit pas le poids face à Héraclès et périt au cours de leur combat.
Héraclès récupéra son taureau et retrouva le reste du troupeau. De nouvelles difficultés survinrent à l’approche de la Grèce. Héra envoya des taons qui piquèrent les bœufs, les dispersant dans toutes les directions, mais la plupart s’enfuirent vers les montagnes de Thrace. Héraclès fut contraint de les poursuivre et parvint à en récupérer une partie. Celles qui restèrent derrière retournèrent à l’état sauvage. Il ramena les autres à Eurysthée, qui les offrit en sacrifice à Héra.
Il y eut un autre personnage qui déroba et cacha le troupeau d’Héraclès. Selon un poète grec du Ier siècle av. J.-C., Parthénios, les Celtes étaient les descendants d’Héraclès.
Alors qu’Héraclès voyageait vers la Grèce avec les bœufs de Géryon, Celtiné, fille de Bretannos, aperçut le héros et en tomba amoureuse. Un jour, elle cacha le troupeau et refusa de révéler sa cachette à Héraclès tant qu’il ne se serait pas uni à elle. Héraclès s’unit à elle, et Celtiné devint la mère de Celtos, ancêtre des Celtes.
Diodore de Sicile rapporte également le même mythe sur l’origine des Celtes, à cette différence près qu’il ne donne pas de nom à la jeune femme avec laquelle Héraclès s’est uni. La seule indication que nous ayons est qu’elle était originaire d’Alésia et que son fils se nommait Galatès, ou Gaulos. Les auteurs grecs et romains confondaient fréquemment les Celtes avec les Gaulois et les Galates.
Informations connexes
Sources
La Bibliothèque fut rédigée par Apollodore.
La Théogonie fut composée par Hésiode.
La Description de la Grèce fut écrite par Pausanias.
Les Isthmiques I furent composées par Pindare.
La Bibliothèque historique fut rédigée par Diodore de Sicile.
Les Métamorphoses furent écrites par Ovide.
L'Énéide fut composée par Virgile.
