Gorgones
Les Gorgones, Γοργόνες, étaient peut-être les plus étranges des monstres de la mythologie classique.
C’étaient des femmes ailées, dont la chevelure était remplacée par des serpents. Un seul regard de leur visage hideux suffisait à pétrifier toute créature, mortelle ou immortelle (à l’exception des dieux). On ne pouvait les observer sans danger qu’à travers une surface réfléchissante, tel un miroir, du métal poli ou la surface de l’eau.
Deux des Gorgones, nommées Sthéno et Euryale, étaient les filles immortelles de Phorcys et de Céto. Les Gorgones étaient les sœurs des Graeae, et possiblement d’Échidna et de Ladon.
Selon les Cypria (Cycle épique), les Gorgones vivaient à Sarpedon, une île rocheuse de l’Océan.
Seule Méduse était mortelle ; elle fut la seule que le héros Persée put tuer.
Méduse était autrefois une belle jeune fille qu’Athéna transforma en Gorgone lorsque la déesse découvrit que Poséidon avait séduit la malheureuse dans son temple.
Persée décapita Méduse lors de l’une de ses quêtes pour le méchant Polydectès. Le cheval ailé, Pégase, naquit du sang de Méduse qui tomba dans la mer. Une partie du sang tomba aussi sur la terre, et de celui-ci naquit Chrysaor. Du sang qui tomba sur les sables du désert libyen, Méduse fut également la mère des serpents du désert.
Même morte, Méduse conservait le pouvoir de changer les êtres en pierre. Persée délivra sa future épouse Andromède en pétrifiant le monstre marin Cétos. Il pétrifia également l’oncle d’Andromède et ses partisans, puis plus tard Polydectès.
Une autre victime de Méduse fut possiblement le Titan Atlas. Les dieux punirent Atlas en lui faisant porter le poids du ciel sur ses épaules. Pris de pitié pour le Titan, Persée changea Atlas en pierre, si bien qu’il devint le mont Atlas, une montagne du nord-ouest de l’Afrique. Ce mythe entre en conflit avec la rencontre d’Atlas avec un autre héros, Héraclès, descendant de Persée quelques générations plus tard.
Après l’aventure de Persée, le héros offrit la tête de Méduse à Athéna, qui en fixa la peau sur son égide. Le sang de Méduse était réputé posséder un grand pouvoir guérisseur. Asclépios utilisait ce sang pour ramener les morts à la vie.
Selon l’historien du Ier siècle Diodore de Sicile, les Gorgones n’étaient point des monstres ; elles appartenaient plutôt à une race de femmes guerrières, semblables aux Amazones, qui vivaient en Libye. Elles étaient les ennemies des Amazones installées en Libye et des Atlantes, leurs voisins. En quelque sorte, elles étaient elles-mêmes des Amazones, mais d’une tribu distincte. Les Amazones, sous la reine Myrina, vainquirent les Gorgones.
Bien que les Gorgones eussent été soumises, elles retrouvèrent leur puissance lorsque Méduse régna comme reine, à l’époque où Persée mena sa campagne en Libye. Persée tua Méduse et vainquit les Gorgones et leur armée. Quelques générations plus tard, Héraclès anéantit totalement les Gorgones lors de son dixième travail (rapporter les bœufs de Géryon).
