Connexions armoricaines

Celtic

Les connexions armoricaines explorent les légendes de Bretagne.

Contexte historique

L’Armorique antique

Durant la période classique, les Romains donnèrent à la péninsule bretonne le nom d’Armorique. Cette péninsule côtière qui s’avançait dans l’océan Atlantique à partir de l’ancienne Gaule (France) revêtait une importance stratégique pour les Romains, car elle leur aurait conféré le contrôle naval sur l’Atlantique et la Manche. Ainsi, lorsque Caius Julius Caesar (100-44 av. J.-C.) entreprit la conquête de la Gaule (59-50 av. J.-C.), il s’attacha à occuper la péninsule armoricaine en 56 av. J.-C., avant même sa première campagne en Britannia (Bretagne).

Les Celtes étaient arrivés en Gaule et s’étaient probablement établis dans cette péninsule dès le VIe siècle av. J.-C. L’Armorique (Bretagne) était alors habitée par plusieurs tribus celtiques, dont la plus connue était celle des Vénètes. Les autres tribus armoricaines comprenaient les Coriosolites, les Ésuviens et les Osismes. Les Vénètes tentèrent de résister aux légions de César.

Dans un premier temps, les Vénètes connurent un certain succès grâce à leurs forteresses insulaires autour de la Bretagne. Lorsqu’une forteresse était menacée, ils évacuaient l’île pour se replier sur une autre. Cette tactique exaspéra César, qui se vit contraint de s’emparer de l’île suivante. César dut donc constituer une flotte adaptée aux fortes marées de l’Atlantique. Une fois les Vénètes vaincus, la voie fut ouverte aux brèves campagnes de César en Bretagne. L’Armorique fut la dernière région de Gaule à tomber aux mains de César. Comme le reste de la Gaule, l’Armorique fit partie de la province romaine (Gaule lyonnaise), mais à la différence des autres provinces gauloises, elle ne fut jamais pleinement romanisée, conservant une culture et des coutumes profondément celtiques.

Il existe peu d’informations écrites sur l’Armorique après l’intégration de la région à la province romaine de Gaule lyonnaise.

Lorsque l’Empire romain fut affaibli par une série de guerres civiles, de rébellions et d’invasions barbares sur ses frontières entre les IIIe et Ve siècles apr. J.-C., l’Armorique parvint à recouvrer une certaine indépendance.

L’Armorique constitua la dernière frontière celtique en Gaule. Les Wisigoths s’emparèrent du sud de la Gaule, tandis que les Francs s’établissaient dans le nord. À l’est, les Burgondes occupèrent la région de la vallée du Rhin.

Avec l’invasion de la province de Britannia (Bretagne) par les Angles et les Saxons durant les Ve et VIe siècles apr. J.-C., de nombreux Bretons traversèrent la Manche pour trouver refuge en Armorique. Le nom d’Armorique fut changé en Bretagne, c’est-à-dire la « Petite Bretagne », par opposition à la Grande-Bretagne des îles Britanniques.

Aujourd’hui, le gallois et le breton ne sont pas mutuellement intelligibles, bien que les deux langues soient historiquement liées en raison de la migration des Bretons. À la fin du XIIe siècle, un voyageur nommé Giraldus Cambrensis avait observé que le breton était plus proche du cornique, aujourd’hui éteint, que du gallois.

En dépit de ces différences linguistiques entre les deux peuples, le pays de Galles et la Bretagne étaient incontestablement liés sur le plan culturel et par leurs traditions orales. Leurs légendes et leur folklore présentaient des affinités remarquables, comme on peut le constater dans la légende de Tristan et du roi Arthur. Cependant, je n’aborderai pas Arthur et Tristan dans le présent article.

(Veuillez noter qu’un visiteur m’a informé que certains archéologues et linguistes estimaient que les Vénètes n’étaient pas d’origine celtique ; ils auraient été un peuple parlant une forme ancienne de langue slave, d’après des inscriptions découvertes sur certaines pierres, connues sous le nom de toponymes. Certains noms vénètes semblaient apparentés à ceux d’une langue parlée en Slovénie. César qualifiait parfois les Vénètes de Gaulois, ce qui amène la plupart des gens à les considérer comme une tribu celtique. Je n’ai pas encore pris le temps de vérifier cette hypothèse, je ne saurais donc dire si elle est fondée.)

Informations complémentaires

Nom

Armorique – « pays de la mer » (latin).
Bretagne, Petite Bretagne.
Bretagne (français moderne).
Breiz (breton moderne).

Sources

La Guerre des Gaules fut rédigée par Jules César en 46 av. J.-C.

Tradition orale et écriture

Les habitants de la Bretagne (Armorique) parlaient une langue celtique appelée le breton. Le breton appartenait à la branche ou famille brittonique des langues ( également connue sous le nom de celtique P), comme le gallois et le cornique (aujourd’hui éteint). Le brittonique était la langue des « Bretons ». L’autre famille celtique était appelée goïdélique (ou celtique Q), qui était et reste la langue des « Gaels », comprenant l’irlandais, le gaélique écossais et le mannois.

Bien que le breton soit apparenté au gallois et au cornique, il était devenu incompréhensible pour les locuteurs des deux autres langues de Bretagne. Cela tenait principalement à l’influence régionale de l’ancien français sur une longue période.

Un petit nombre de lais bretons médiévaux ont survécu, mais non en breton. Ils ne nous sont parvenus que dans des traductions ou des adaptations en français ou en anglais. Des historiens contemporains comme Giraldus Cambrensis ont vanté les mérites des chanteurs et conteurs professionnels de Bretagne, pourtant rien n’a survécu par écrit de cette époque. La seule littérature bretonne qui nous soit parvenue ne remonte pas au-delà de 1450.

Une poétesse française nommée Marie de France, qui florissait au milieu du XIIe siècle, déclara avoir traduit quelques chansons ou poèmes bretons en ancien français (dans le dialecte anglo-normand). Un lai s’inscrit dans un contexte arthurien, intitulé Lanval. L’autre est une version de la légende de Tristan appelée Chevrefoil (« Le Chèvrefeuille »).

Ce que nous savons des conteurs bretons a cependant grandement enrichi le folklore celtique et la littérature arthurienne.

Prenons la littérature arthurienne, par exemple. Geoffroy de Monmouth et plusieurs autres auteurs ont relaté la mort d’Arthur au combat. Geoffroy, qui s’appuyait sur des sources galloises relatives à la bataille, puisait également dans les traditions orales bretonnes. Bien qu’il soit né au pays de Galles, les parents de Geoffroy étaient très probablement d’origine bretonne. Geoffroy voyagea en Bretagne et à Rome avant de devenir évêque de Saint-Asaph.

Aucune source galloise n’indique qu’Arthur survécut à sa dernière bataille de Camlann. Geoffroy écrivit qu’Arthur fut emmené à Avalon pour y être soigné, où il attendrait le moment de revenir lorsque la Bretagne serait en grand péril. La plupart des érudits estiment que la croyance selon laquelle Arthur vivait toujours à Avalon provient de la tradition bretonne, et non galloise.

J’ai déjà traité du roman celtique de Tristan, ici et sur la page Tristan. Au moment où la légende de Tristan fut pleinement développée, vers 1150, le poème archétypal avait été façonné par la tradition bretonne, sur laquelle les premiers poètes français, Béroul et Thomas, s’appuyèrent pour composer leurs propres récits.

On ne saurait non plus négliger le nombre d’écrivains médiévaux de toute l’Europe qui affirmèrent avoir utilisé des sources bretonnes pour leurs propres œuvres.

Informations complémentaires

Langues

Breton, Breiz.

Articles connexes

Cités submergées

Chansons bretonnes

Comme je l’ai mentionné dans Tradition orale et écriture (Contexte historique), aucune littérature bretonne n’a survécu à la période médiévale. L’essentiel de ce que nous savons de la légende bretonne nous vient des écrivains français et anglais qui ont utilisé et traduit dans leurs propres langues les chansons interprétées par les conteurs bretons.

Plusieurs auteurs célèbres ont témoigné du grand talent des chanteurs et conteurs bretons, appelés trouvères. Ils étaient comparables aux troubadours provençaux du sud de la France. Ils récitaient des chansons ou des poèmes accompagnés de musique, le tout de mémoire et par la pratique.

Certains écrivains médiévaux affirmaient que leurs sources sur la légende d’Arthur provenaient non pas du pays de Galles, mais de Bretagne.

La poétesse anglo-française Marie de France (qui florissait entre 1160 et 1180) déclara avoir fidèlement traduit un certain nombre de lais en français.

Créé :20 mai 2002

Modifié :16 mai 2024