Les trois demoiselles de la fontaine
Ce récit fait suite à la Légende d’Excalibur, après la tentative manquée de Morgan le Fay d’assassiner son demi-frère, le roi Arthur. Dans les textes, il s’agit de la suite de la Suite du Merlin (Post-Vulgate, v. 1240) et du Le Morte d’Arthur de sir Thomas Malory (v. 1469), au Livre IV. Il comprend les aventures de Gauvain, Yvain et Morholt (Uwain et Marhaus dans la version de Malory). J’ai principalement suivi le récit tel que le rapporte Malory et conservé les noms Pelleas et Ettard, plutôt que Pellias et Arcade, utilisés dans la Suite du Merlin française.
La version française (Post-Vulgate) présentait une fin légèrement différente de celle rapportée par Malory, car elle comprenait une réconciliation entre Pellias et Arcade. Dans la version de Malory, en revanche, Pelleas quitta Ettard.
L’aspect le plus saisissant de cet épisode réside dans le rôle de Gauvain dans l’histoire de Pelleas et Ettard, dont la promesse faite à Pelleas se révéla mensongère et traîtresse.
Je suggère au lecteur de consulter d’abord la page de la Légende d’Excalibur, en particulier La conspiration de Morgan le Fay. Je commencerai le récit en relatant brièvement ce qui s’était passé à la cour d’Arthur.
Les trois sentiers de l’aventure
Morgan le Fay fit deux tentatives pour tuer son demi-frère le roi Arthur, ainsi qu’une tentative pour tuer son propre époux, le roi Urien de Gorre. Elle utilisa son amant Accolon de Gaule pour livrer un duel contre Arthur, dérobant Excalibur et le fourreau d’Arthur, et remettant à son frère une épée et un fourreau factices. Sa tentative échoua car Niniane (Nimue), la Dame du Lac, employa sa propre magie pour désarmer Accolon. Avant de mourir, Accolon révéla à Arthur qu’il s’agissait des machinations de Morgan pour le tuer ainsi que son époux Urien. Ignorant que son amant avait péri, elle aurait réussi à assassiner Urien pendant son sommeil. Seule l’intervention de son fils Yvain empêcha la mort du père d’Yvain. Yvain permit à sa mère de s’enfuir à condition qu’elle ne fît plus aucune tentative pour assassiner son époux. Elle fit une nouvelle tentative pour tuer son frère, au moyen d’une robe enchantée qui aurait tué quiconque la porterait. Une fois encore, Niniane conseilla à Arthur de laisser la servante (l’expéditrice) porter la robe à sa place. La jeune fille mourut, prouvant que Morgan souhaitait toujours l’assassiner.
Bien qu’Arthur fût certain de l’innocence de son beau-frère (le roi Urien) en raison de la révélation d’Accolon sur son lit de mort, le roi demeurait incertain de la loyauté d’Yvain ; aussi Arthur bannit son neveu Yvain de sa cour. Cependant, le héros Gauvain était le cousin d’Yvain ; si Yvain devait vivre en exil, il en serait de même pour lui. Dès le matin, Gauvain quitta la cour d’Arthur en compagnie d’Yvain.
Ainsi commença l’aventure de trois chevaliers avec les trois demoiselles de la fontaine.
Les deux jeunes chevaliers chevauchèrent à travers une forêt où ils rencontrèrent douze demoiselles dans une vallée, près d’une tour. Les demoiselles crachaient et jetaient de la boue sur un écu blanc suspendu sous un arbre. Elles prétendaient que l’écu appartenait à un chevalier qui haïssait toutes les femmes. L’écu appartenait au grand chevalier irlandais nommé Morholt (Marhaus), fils du roi d’Irlande. Cependant, les deux cousins reconnaissant son nom, ils doutaient sérieusement de l’accusation portée contre Morholt.
Lorsque Morholt vint récupérer son écu, les demoiselles s’enfuirent de peur, tandis que deux chevaliers de la tour provoquèrent Morholt. Morholt tua les deux chevaliers. En dépit de sa réputation, Gauvain insista pour défier le chevalier irlandais. Morholt désarçona Yvain, qui dut se retirer, blessé.
Gauvain fut également désarçonné, mais il se releva. Les deux chevaliers combattirent à l’épée et au bouclier. Dans un premier temps, Gauvain s’avéra le plus fort, sa vigueur croissant à mesure que le soleil montait dans le ciel. Mais dès que le soleil passa son zénith et se rapprocha lentement du soir, la force de Gauvain décrut d’heure en heure, jusqu’à ce qu’il ne fût plus fort qu’un homme ordinaire. Plutôt que de tuer Gauvain, Morholt mit fin au combat, jugeant trop facile de vaincre un chevalier plus jeune. Gauvain accepta sa défaite avec grâce. C’est alors que l’auteur sir Thomas Malory affirma qu’il existait six chevaliers supérieurs à Gauvain, Morholt compris.
Les trois chevaliers devinrent amis. Morholt invita ses deux jeunes compagnons à séjourner chez lui. Il leur expliqua que les demoiselles de la tour étaient en réalité des sorcières qui cherchaient à piéger les chevaliers imprudents. Ils demeurèrent au logis de Morholt pendant une semaine entière afin de se remettre des combats.
Morholt leur annonça ensuite qu’il les guiderait vers des lieux propices à l’aventure. Ils chevauchèrent sept jours durant jusqu’à la forêt d’Arroy. En cette forêt, ils rencontrèrent trois demoiselles assises près d’une fontaine.
L’aînée portait une guirlande d’or sur la tête et avait soixante ans. La seconde portait un cercle d’or et était âgée de trente ans. La plus jeune n’avait vu que quinze hivers et ne portait qu’une guirlande de fleurs.
Les trois demoiselles informèrent les trois chevaliers que chacune d’elles serait la compagne et la guide d’un chevalier errant, le menant vers l’aventure ; puis, au terme d’un an et un jour, ils se retrouveraient à la fontaine pour relater leurs exploits. Chaque chevalier devait donc en choisir une pour compagne.
Yvain déclara à ses amis qu’il était le plus faible et le plus jeune des trois, aussi choisirait-il l’aînée pour compagne, car il savait qu’il aurait besoin de la femme la plus expérimentée pour le conseiller. Morholt prit la seconde demoiselle, laissant à Gauvain la plus jeune. Gauvain fut ravi, car il avait la plus belle demoiselle pour compagne.
Les demoiselles guidèrent les chevaliers le long du chemin jusqu’à un carrefour menant à trois directions différentes. C’est là que les trois amis se séparèrent, chacun suivant sa partenaire.
Informations connexes
Sources
Suite du Merlin (ou la Continuation de Merlin, v. 1240), tirée du roman post-vulgate.
Livre IV (chapitres 16-28) du Le Morte d'Arthur de sir Thomas Malory (v. 1469).
Contenu
Les trois sentiers de l'aventure
Pelleas et Ettard
Réconciliation
Articles connexes
Suite de La conspiration de Morgan le Fay (dans la Légende d'Excalibur).
Gauvain, Yvain (Owain ou Uwaine), Morholt (ou Marhaus), Niniane (Nimue), Dame du Lac, Arthur, Morgan le Fay, roi Urien.
Pelleas et Ettard
Le lendemain, Gauvain rencontra un chevalier monté aux prises avec dix autres chevaliers. Ce chevalier désarçonna chacun des dix hommes avec sa seule lance, mais Gauvain fut stupéfait lorsque le chevalier se laissa capturer sans opposer la moindre résistance. Il permit qu’on le ligotât sous le ventre de son propre cheval.
La demoiselle demanda à Gauvain de porter secours au chevalier, ce qu’il refusa. La jeune demoiselle comprit que Gauvain n’avait guère le sens de l’aventure pour secourir ce chevalier sans défense.
Ils rencontrèrent ensuite un chevalier et un nain se disputant une dame, mais la dame s’éloigna avec le nain, causant un grand désespoir au chevalier. C’est alors que d’autres chevaliers apparurent et provoquèrent Gauvain. Celui-ci et l’un des deux chevaliers se désarçonnèrent mutuellement. Ils s’attaquèrent alors à l’épée.
Pendant le combat, l’autre chevalier s’approcha de la demoiselle (la compagne de Gauvain) et lui proposa de l’accompagner, lui offrant son amour et sa fidélité. Elle accepta, car elle estimait que Gauvain était un lâche pour n’avoir pas secouru le chevalier capturé aperçu précédemment. La jeune demoiselle s’éloigna donc, abandonnant Gauvain.
Les deux hommes combattirent jusqu’à ce qu’ils convinssent d’un match nul. Ce chevalier, nommé sir Carados, offrit l’hospitalité à Gauvain. Cette nuit-là, Gauvain demanda à son hôte s’il savait qui était le chevalier qui avait désarçonné dix adversaires mais s’était laissé capturer sans résistance. Son hôte lui répondit que ce preux chevalier était sir Pelleas, et que les dix chevaliers appartenaient à la belle dame Ettard. Bien qu’il fût l’un des meilleurs chevaliers de son temps et qu’il eût remporté un tournoi en vainquant vingt chevaliers pour gagner un cercle destiné à la dame, Ettard refusait de lui accorder son amour. Quoique Pelleas fût accablé de chagrin parce qu’Ettard ne l’aimait point, il ne pouvait s’empêcher d’aller la voir chaque fois que l’occasion s’en présentait, dût-il devenir son prisonnier. Mais captif, Ettard le méprisait avec encore plus de mépris. Entendant ce récit, Gauvain décida que le lendemain matin, il trouverait Pelleas et l’aiderait à conquérir le cœur d’Ettard.
Ce jour venu, Gauvain quitta la demeure de Carados en quête de Pelleas. Il finit par trouver le chevalier accablé de douleur. Après que Pelleas lui eut confessé son amour pour Ettard, Gauvain lui promit de l’aider à gagner son cœur. Pour ce faire, Gauvain demanda à Pelleas d’échanger armures et écus. Il l’instruisit de se rendre sur les terres d’Ettard dans trois jours.
Gauvain se dirigea alors vers le château d’Ettard, monté sur le cheval de Pelleas, revêtu de son armure et de son heaume. Lorsqu’Ettard vit le chevalier s’approcher, elle s’enfuit du château. Ce n’est que lorsque Gauvain déclara ne pas être Pelleas et qu’il ôta son heaume pour dévoiler son visage, qu’Ettard comprit qu’il disait vrai et l’accueillit dans son château. Gauvain mentit à la dame : il affirma avoir tué sir Pelleas, ce qui expliquait qu’il portât son armure et montât son cheval.
Bien qu’Ettard eût de la compassion pour la mort de Pelleas, elle ne l’avait jamais aimé. Elle consentit volontiers à accorder son amour à Gauvain, car il était neveu d’Arthur. Ils quittèrent le château et passèrent trois nuits dans l’un des pavillons d’Ettard.
Le troisième jour, Pelleas se rendit sur les terres d’Ettard, comme convenu. Il fut profondément bouleversé et indigné de découvrir que Gauvain partageait la couche de la dame qu’il aimait. Il voulut tuer Gauvain et Ettard, mais ne put se résoudre à les assassiner dans leur sommeil. Il déposa son épée nue sur leurs cous et quitta le pavillon, accablé de douleur. Pelleas retourna chez lui et s’allongea sur son lit, attendant la mort.
Lorsque Gauvain et Ettard s’éveillèrent et découvrirent l’épée de Pelleas posée sur leurs cous, la dame comprit que Gauvain lui avait menti et avait trahi Pelleas. Elle chassa le perfide Gauvain.
Dans la forêt, Niniane (Nimue), la Dame du Lac, rencontra l’un des chevaliers de sir Pelleas, accablé de douleur, qui lui rapporta ce qui s’était passé. Niniane décida de venir en aide à Pelleas. En le découvrant, la Dame du Lac tomba amoureuse du chevalier affligé. Elle résolut de lui accorder vengeance sur dame Ettard. Elle jeta un sort sur Pelleas afin de le plonger dans un sommeil profond.
Niniane conduisit alors Ettard jusqu’à la demeure de Pelleas, et toutes deux contemplèrent le chevalier étendu sur son lit. Niniane jeta un enchantement sur l’autre femme, si bien qu’Ettard tomba éperdument amoureuse du chevalier qu’elle avait jadis repoussé. Dès lors, ce fut Ettard qui aimait et désirait Pelleas, mais lorsque Pelleas s’éveilla de son sommeil, il n’éprouvait plus aucun amour pour cette dame qui l’avait méprisé et humilié durant des années. Il haïssait et abhorrait désormais Ettard, et somma la traîtresse de ne plus jamais paraître devant ses yeux. Ce fut alors Ettard qui ressentit chagrin et désespoir d’avoir perdu l’homme qu’elle aimait désormais.
Niniane demanda à Pelleas de quitter ces terres pour devenir son époux et consort. Ils partirent pour son domaine enchanté et s’unirent par les liens du mariage. Ettard, quant à elle, mourut de chagrin et de langueur pour Pelleas.
En un sens, Gauvain avait tenu sa promesse à Pelleas de la manière la plus discourtoise qui fût. Au bout du compte, Ettard aima Pelleas, mais celui-ci ne l’aimait plus. Cet épisode montre Gauvain sous un jour peu flatteur.
Informations connexes
Noms
Pelleas, Pellias.
Ettard (selon Le Morte d'Arthur), Arcade (selon la Suite du Merlin).
Sources
Suite du Merlin (ou la Continuation de Merlin, v. 1240), tirée du roman post-vulgate.
Livre IV (chapitres 16-28) du Le Morte d'Arthur de sir Thomas Malory (v. 1469).
Contenu
Les trois sentiers de l'aventure
Pelleas et Ettard
Réconciliation
Articles connexes
Gauvain, Niniane (Nimue), Dame du Lac.
Réconciliation
Morholt (Marhaus) chevaucha vers le sud en compagnie d’une demoiselle de trente hivers. Ils trouvèrent refuge dans un château à la nuit tombée, au cœur de la forêt profonde. Ce château appartenait au duc des Marches du Sud. Cependant, le duc regretta d’avoir offert l’hospitalité à tout chevalier se réclamant de la Table Ronde. (Il s’agit d’une erreur : Morholt n’était pas encore chevalier de la Table Ronde.) Le duc déclara à Morholt que lui et sa compagne pourraient dormir en paix, mais qu’au matin, il devrait l’affronter, lui et ses six fils. Morholt apprit que l’inimitié du duc envers Arthur provenait du fait que Gauvain avait autrefois tué ses sept autres fils. Le duc comptait bien se venger sur tout chevalier d’Arthur qui oserait pénétrer sur ses terres. Morholt n’eut d’autre choix que d’affronter son hôte le lendemain.
Au matin, Morholt se prépara au combat contre le duc des Marches du Sud et ses six fils. Il les désarçonna tous. Puis il plaqua le duc sous la pointe de son épée, le menaçant de mort s’il refusait de se rendre, lui et ses fils. Ne voyant aucune issue, le duc ordonna à ses fils de se rendre. Morholt leur enjoignit de cesser de tuer les chevaliers d’Arthur et de se rendre à la cour du roi pour solliciter sa grâce à la Pentecôte.
La demoiselle guida ensuite Morholt vers un tournoi, où il remporta un cercle d’or valant mille besants de la part de la dame de Vawse. Morholt se vit décerner le cercle pour avoir désarçonné quarante chevaliers.
Morholt porta ensuite secours au comte Fergus, dont les terres étaient tourmentées par un géant nommé Taulurd, frère d’un autre géant nommé Taulas, que sir Tristan (Tristram) tuerait plus tard. Ce géant s’avéra un adversaire redoutable pour Morholt, car Taulurd maniait une massue gigantesque qui broya l’écu de Morholt. Finalement, Morholt trancha le bras droit de Taulurd de la taille. Le géant s’enfuit et plongea dans un lac, hors de portée. Comme Taulurd pouvait se tenir debout et garder la tête hors de l’eau, le géant était en sécurité — jusqu’à ce que Morholt se mette à lui lancer de lourdes pierres. Taulurd finit par perdre pied, tomba et se noya.
En héros, Morholt fut l’hôte du comte Fergus pour le reste de l’année, jusqu’au jour où il devait retrouver ses amis à la fontaine. Sur le chemin du retour, Morholt vainquit quatre chevaliers de la Table Ronde, désarçonnant sir Sagremor, sir Ozana, sir Dodinas et sir Felot, tous d’une seule lance.
L’aînée de la fontaine guida sir Yvain (Owain) vers l’ouest. Yvain fut récompensé d’un gerfaut et d’un destrier caparaçonné d’une étoffe d’or, après avoir terrassé trente chevaliers lors d’un tournoi près de la marche du Pays de Galles. Par la suite, Yvain vécut bien d’autres aventures que Malory ne relate pas en détail, jusqu’à ce que la demoiselle le conduise devant la Dame de la Roche.
Deux frères, sir Edward et sir Hugh du Château Rouge, avaient dépossédé la Dame de la Roche de certaines terres ; Yvain décida de les recouvrer de la part de ces chevaliers périlleux.
Lorsqu’Yvain somma l’un des frères de restituer les terres, tous deux refusèrent. Ils déclarèrent qu’Yvain devrait les affronter simultanément pour rendre leurs terres à la Dame.
Au matin, Yvain affronta les deux frères dans un combat inégal. Il parvint à les désarçonner tous deux lors de la joute, mais les deux chevaliers du Château Rouge se relevèrent et attaquèrent le héros l’épée à la main. Yvain perdit son cheval dans la mêlée. Le combat dura des heures ; Yvain se défendit mais reçut de nombreuses blessures des deux chevaliers.
Cependant, le courage et la persévérance d’Yvain finirent par triompher. Il fendit le crâne de sir Edward en deux. Sir Hugh, constatant la mort de son frère, se rendit au héros. Yvain contraignit sir Hugh à se soumettre à la Dame de la Roche comme prisonnier. Sir Hugh restitua les terres usurpées à la dame et promit de se présenter à la cour d’Arthur à la Pentecôte pour solliciter le pardon royal.
Yvain séjourna un demi-année au château de la Dame de la Roche, mettant ce temps à profit pour recouvrer ses forces et guérir ses blessures. Puis il partit vers le lieu du rendez-vous.
Les trois chevaliers retournèrent à la fontaine où ils avaient rencontré les trois demoiselles. Tandis qu’ils relataient leurs aventures, les deux aînées louèrent Yvain et Morholt. Gauvain, en revanche, ne reçut ni éloge ni honneur de la plus jeune demoiselle.
Après cela, ils quittèrent les demoiselles et chevauchèrent à travers la forêt lorsqu’ils rencontrèrent un messager de la cour du roi Arthur. Arthur regrettait d’avoir banni son neveu Yvain et avait dépêché ses gens à travers toute la Bretagne pour retrouver Gauvain et Yvain durant les douze mois écoulés. Gauvain et Yvain furent transportés de joie de se réconcilier avec le roi, et invitèrent Morholt à les accompagner à Camelot.
Les trois chevaliers parvinrent donc à Camelot, où Arthur, ses chevaliers et ses dames les accueillirent chaleureusement. Ils racontèrent au roi leurs aventures durant leur absence de la cour. Lors de la fête de la Pentecôte, Niniane se présenta avec son époux, sir Pelleas. En ce temps, Pelleas s’avéra le plus fort des chevaliers, Morholt étant le second. Lors de la fête suivante, deux sièges à la Table Ronde se trouvèrent vacants, deux chevaliers ayant été occis.
Cependant, sir Pelleas ne nourrissait qu’inimitié et animosité envers Gauvain, mais il ne lui fit jamais de mal par fidélité envers Arthur. Malory affirma à tort que Pelleas fut l’un des quatre chevaliers qui atteignirent le Graal ; il se peut que Malory ait confondu le nom de Pelleas avec celui de Pelles, le Roi Pêcheur.
Ce ne fut que quelque temps plus tard que Morholt perdit son duel contre le jeune sir Tristan (Tristram), le héros cornouaillais du roman de Tristan et Iseut. La Suite du Merlin (roman post-vulgate) et le Le Morte d’Arthur de Thomas Malory suivirent le Tristan en prose plus fidèlement que la version antérieure de Tristan, principalement parce que Morholt y était considéré comme un chevalier de la Table Ronde.
Informations connexes
Sources
Suite du Merlin (ou la Continuation de Merlin, v. 1240), tirée du roman post-vulgate.
Livre IV (chapitres 16-28) du Le Morte d'Arthur de sir Thomas Malory (v. 1469).
Contenu
Les trois sentiers de l'aventure
Pelleas et Ettard
Réconciliation
Articles connexes
Gauvain, Yvain, Morholt (Marhaus), Niniane (Nimue), Dame du Lac, Arthur, Morgan le Fay, roi Urien.