Hagen

Norse

Hagen était seigneur de Troneck. Il était le fils d’Aldrian, et son frère était Dancwart. Hagen était également un parent (oncle) des rois burgondes et de Kriemhild.

Hagen était renommé comme vassal loyal et bras armé de Gunther (Gunnar) dans le Nibelungenlied. Il conseillait souvent Gunther en de nombreuses affaires et politiques.

Dans le Nibelungenlied (ainsi que dans la Thiðrekssaga), le poème faisait allusion à l’époque où Hagen avait servi d’otage auprès d’Etzel avec le héros Waltharius (Walter) d’Aquitaine. Cet épisode est relaté en détail dans le poème héroïque de la Waltharius.

Ce fut Hagen qui conseilla à Gunther de se lier d’amitié avec Siegfried. Ce conseil devait entraîner la tragédie et la destruction de la maison royale burgonde. Lorsque la reine Brunhild exigea vengeance, ce fut Hagen qui le premier ourdit un complot contre Siegfried, tandis que les frères détournaient le regard. Hagen découvrit le point faible de Siegfried grâce à l’épouse de ce dernier, Kriemhild. Hagen plongea la propre lance de Siegfried dans le dos du héros.

Kriemhild l’accusa de la mort de son mari, mais il n’en eut cure, et Kriemhild était impuissante à agir contre Hagen. En raison de l’incapacité de ses frères à punir Hagen, elle infligerait destruction et mort à ses frères et à leurs guerriers.

Hagen accrut encore l’hostilité de Kriemhild lorsqu’il déroba le trésor des Nibelungen qu’elle avait hérité de son mari. Ses frères échouèrent une fois de plus à la protéger, ce qui rendit Kriemhild amère et plus vindicative que jamais.

Kriemhild accepta à contrecoeur la demande en mariage d’Etzel, un puissant roi païen de Hongrie. Hagen s’opposa à cette union, sachant que Kriemhild obtiendrait de puissants alliés en Hongrie.

Treize ans après son mariage avec Etzel, Kriemhild manœuvra pour que ses frères lui rendent visite, espérant venger la mort de Siegfried. Hagen s’opposa une fois encore à la décision des rois, mais fut impuissant à les en empêcher. Hagen et bon nombre des plus puissants vassaux burgondes se joignirent à la visite des rois en Hongrie. Aucun d’entre eux ne reviendrait jamais.

À leur arrivée dans la capitale d’Etzel, Dietrich avertit immédiatement Hagen de la trahison de Kriemhild.

Hagen envenima la situation avec Kriemhild en refusant de témoigner le moindre respect à la reine. La situation s’aggrava lorsque Kriemhild encouragea son fils Ortlieb à gifler Hagen. En représailles, Hagen décapita le fils d’Etzel.

Les combats éclatèrent d’abord dans leurs quartiers. Kriemhild parvint à persuader Bloedelin, vassal d’Etzel, de provoquer et d’attaquer les Burgondes. Dancwart, frère de Hagen, fut le seul survivant dans leurs quartiers. Dancwart réussit à gagner la salle où les rois et la plupart des compagnons étaient reçus. Les combats se propagèrent et se déversèrent dans la salle.

Hagen combattit souvent aux côtés de Volker, un ménestrel burgonde. Parmi ceux qui tombèrent sous l’épée de Hagen (Balmung) figuraient Iring, le seigneur de celui-ci, Hawart, et Werbel, le ménestrel hun et ambassadeur d’Etzel.

Dans un premier temps, Dietrich et Rudiger ne prirent pas part au combat, en raison de leur amitié avec Hagen ou avec les frères burgondes. Mais le lendemain, Rudiger dut à contrecœur leur tenir tête. La mort de Rudiger entraînerait les hommes de Dietrich dans le conflit.

Tous les hommes de Dietrich furent tués à l’exception d’Hildebrand. Gunther et Hagen étaient les seuls survivants des Burgondes. Hagen tenta de tuer Hildebrand pour venger la mort de Volker. Il ne parvint qu’à blesser Hildebrand, qui s’enfuit auprès de Dietrich.

Dietrich n’eut d’autre choix que de combattre Gunther et Hagen. Dietrich tenta de les amener à se rendre en échange d’un sauf-conduit pour rentrer chez eux, ce qu’ils refusèrent ; sinon ils auraient été considérés comme des lâches. Dietrich les combattit donc, l’un après l’autre. Il vainquit d’abord Hagen, le fit ligoter et le livra enchaîné à Kriemhild comme prisonnier. Dietrich fit de même avec Gunther. Il demanda à Kriemhild de les épargner.

Cependant, Kriemhild fit exécuter son frère, puis Hagen avec l’épée de son mari (celle de Siegfried). Kriemhild décapita Hagen avec Balmung. Hildebrand, avec la permission d’Etzel, exécuta Kriemhild pour la mort de Hagen.

Dans la Thiðrekssaga, le récit se terminait de manière légèrement différente. Thidreks (Dietrich) captura Hogni (Hagen), mais lorsque Grimhild (Kriemhild) tua Gernot, Thidreks exécuta Grimhild avec la permission d’Attila (Etzel), car elle avait provoqué le carnage. Hogni ne mourut pas. Après avoir été soigné de ses blessures, Thidreks renvoya Hogni chez lui.

Dans les sagas nordiques (par exemple la Saga des Völsung), Hagen était connu sous le nom de Hogni. Hogni n’était pas un vassal de Gunnar (Gunther), mais le second frère de Gunnar. On lui arracha le cœur lorsqu’il refusa, tout comme Gunther, de révéler l’emplacement du trésor de Sigurd.

Dans la Thiðrekssaga toutefois, Hogni était le fils d’un incubus et de l’épouse d’Aldrian (Oda). Cela faisait de Hogni le demi-frère de Grimhild et des rois burgondes. À la fin, il fut capturé par Thiðreks (Dietrich), mais fut épargné, tandis que Thiðreks, avec la permission d’Attila, exécuta Grimhild (Gudrun ou Kriemhild) pour avoir provoqué les combats entre les Burgondes et les Huns (ce dénouement diffère de celui du Nibelungenlied). Voir Hogni pour une comparaison entre Hagen et Hogni.

Dans la légende germanique connue sous le nom de Waltharius, il était appelé Hagano (Hagen) le vassal, d’abord de Gibicho, puis de Guntharius (Gunther), fils et successeur de Gibicho.


Il existait également un autre Hagen avec lequel il ne faut pas le confondre. Il s’agissait de Hagen, roi d’Irlande, fils de Siegebart et d’une épouse dont le nom n’est pas mentionné. Ce Hagen irlandais apparaît dans le poème en moyen haut-allemand intitulé Kudrun (ou Gudrun), de la première moitié du XIIIe siècle. Kudrun n’appartenait pas au cycle des Nibelungen, bien que certains personnages portent les mêmes noms que dans d’autres sagas.

Informations connexes

Nom

Hagen (allemand) ;
Hagen de Troneck.

Hagano (allemand ou latin).
Hogni (nordique).

Créé :1 janvier 2001

Modifié :13 mai 2024