Mélannipos et Comaitho

Classical

Dans une ville d’Achaïe appelée Patras, se trouvait un sanctuaire consacré à Artémis où l’on pratiquait des sacrifices humains depuis des générations. Tout commença à l’époque où Comaitho (Κομαιθώ) était une jeune prêtresse au temple d’Artémis Triklaria.

Comaitho était une belle et jeune prêtresse vierge lorsqu’elle tomba amoureuse d’un séduisant jeune homme nommé Mélannipos (Μελάνιππος). Mélannipos fit ce qu’il fallait en demandant la main de la jeune fille à ses parents, mais son père refusa. Mélannipos ne reçut aucun soutien de sa propre famille.

Plongés dans le désespoir et la nostalgie, les deux malheureux amants s’unirent secrètement dans le sanctuaire d’Artémis. La propre prêtresse de la déesse avait profané son temple. Dans sa colère, Artémis envoya la famine dévaster les récoltes dans la campagne de Patras et la pestilence s’abattit sur la ville.

Les habitants de Patras consultèrent l’oracle de Delphes. L’oracle leur révéla que la déesse les punissait pour la profanation de son sanctuaire par Comaitho et Mélannipos. La déesse ne serait apaisée que s’ils sacrifiaient les deux amants, et qu’ils devaient continuer à offrir à la déesse un jeune homme et une jeune fille chaque année. On leur annonça que cette coutume ne prendrait fin que lorsqu’un roi étranger arriverait sur leur terre, porteur d’un dieu nouveau.

De retour chez eux, ils s’emparèrent de Mélannipos et Comaitho et les sacrifièrent sur l’autel sanglant de la déesse.

Pendant des générations, les citoyens de Patras offrirent l’un de leurs jeunes hommes et l’une de leurs jeunes filles en sacrifices humains annuels à la déesse implacable, attendant désespérément la fin de leur sanglante coutume. Ces jeunes gens étaient innocents de tout péché, mais le peuple craignait de mettre fin au sacrifice.


La coutume cessa des générations plus tard. Pausanias raconte comment elle prit fin avec l’arrivée d’Eurypylos (Εὐρύπυλος), l’un des chefs thessaliens qui avait combattu lors de la guerre de Troie.

Eurypylos était le fils d’Evaémon. Il avait amené quarante navires à Troie, depuis les villes d’Orménion et d’Astérion. Eurypylos est mentionné dans l’Iliade lorsque Patrocle, le compagnon d’Achille, soigna sa blessure. Ce fut précisément la nouvelle de l’état d’Eurypylos qui décida Patrocle à combattre à la place d’Achille (voir l’Iliade concernant la mort de Patrocle). Eurypylos fut l’un des chefs cachés dans le ventre du Cheval de Bois ; il survécut à la guerre mais ne rentra jamais chez lui.

Lors du sac de Troie par les Grecs, Eurypylos reçut un magnifique coffre de bois ouvragé comme part de son butin. Le coffre appartenait au héros troyen Énée. Contraint d’abandonner Troie à son destin, Énée avait laissé le coffre derrière lui. Cassandre, la prophétesse troyenne et fille du roi Priam, avait maudit tout Grec qui ouvrirait et regarderait à l’intérieur du coffre.

Poussé par la curiosité de savoir ce que recelait le coffre, Eurypylos en souleva le couvercle et découvrit une statuette du dieu du vin Dionysos. La vue de la statue le plongea dans la folie. Eurypylos s’enfuit loin de ses compagnons et erra sans but jusqu’en Grèce.

Lorsqu’Eurypylos arriva à Delphes, il consulta la prêtresse pythienne pour obtenir la guérison de sa folie. L’oracle lui dit qu’il devait trouver le peuple qui sacrifie chaque année un jeune homme et une jeune fille à la déesse Artémis.

Eurypylos arriva à Patras juste à temps pour arrêter les derniers sacrifices en date. Lorsqu’on installa la statue de Dionysos dans le sanctuaire d’Artémis, Eurypylos fut guéri. Le peuple de Patras se souvint de la prophétie de l’oracle et mit fin à ses sacrifices humains annuels.

Les habitants de Patras accueillirent le roi étranger et couronnèrent Eurypylos comme leur nouveau souverain. Eurypylos ne retourna jamais en Thessalie. Il vécut et mourut à Patras, où il fut inhumé dans un tombeau près du sanctuaire d’Artémis Laphria. Eurypylos fut vénéré comme le héros de Patras.

Informations complémentaires

Nom

Mélannipos, Melanippos, Μελάνιππος.

Comaitho, Komaitho, Κομαιθώ.

Eurypylos, Eurypylus, Εὐρύπυλος.

Sources

La Description de la Grèce fut rédigée par Pausanias.

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Créé :17 mars 2001

Modifié :29 avril 2024