Qui étaient les personnages principaux de l'Iliade ?
Les personnages principaux de l’Iliade comprenaient des femmes et des hommes, des mortels et des immortels, des victimes, des guerriers et des dieux. Leurs histoires s’entremêlent et se recoupent tout au long de l’épopée, tissant les fils de la tapisserie que l’on nomme la guerre de Troie. Les histoires des personnages de la guerre de Troie convergent pour former partie intégrante d’un récit plus vaste.
Hélène
Avant que Paris ne l’enlevât, Hélène de Troie était connue sous le nom d’Hélène de Sparte, épouse de Ménélas, prince de Sparte. Fille de Zeus, elle passait pour la plus belle femme du monde. Dès l’enfance, Hélène fut convoitée par les hommes. Enlevée dans sa jeunesse, elle dut être récupérée par ses frères, les Dioscures.
Pour protéger son futur mariage, Tyndare, son beau-père, élabora un stratagème sur le conseil d’Ulysse. Il fit promettre à chaque prétendant souhaitant la courtiser de venir au secours de son futur époux. Ce serment, connu sous le nom de Serment de Tyndare, poussa de nombreux guerriers à s’engager aux côtés des Grecs lors de la guerre de Troie. Elle figure parmi les personnages majeurs de l’Iliade, sans doute l’un des plus importants de toute l’épopée.
Paris
Hélène est souvent appelée le « visage qui lança mille navires », mais si Paris ne l’avait pas enlevée, la guerre n’aurait jamais éclaté. Il avait été prédit avant sa naissance que Paris, fils du roi Priam, serait la cause de la chute de Troie. Ses parents l’firent exposer sur une montagne, où une ourse l’allaita. Un berger, pris de pitié, l’éleva. Il fut plus tard rétabli dans la famille royale. Chargé de juger entre Héra, Athéna et Aphrodite lors d’un concours de beauté, Paris choisit Aphrodite. Aphrodite acheta sa victoire par un pot-de-vin — l’amour d’Hélène. Paris ne laissa pas le léger détail de son mariage avec un autre homme l’empêcher de recueillir son prix.
Priam et Hécube
Priam et Hécube étaient les parents de Paris et d’Hector, roi et reine de Troie. Lorsque Paris était en bas âge, il leur avait été annoncé qu’il provoquerait la chute de leur cité. Ils chargèrent un berger de l’exposer sur un flanc de montagne, espérant que l’enfant périrait. Au lieu de cela, Paris fut allaité par une ourse. Trouvant l’enfant encore vivant après neuf jours, le berger eut pitié de lui et le ramena chez lui pour l’élever comme sien.
Lorsque les Grecs attaquèrent, Priam envoya le frère de Paris, Hector, à la tête de l’armée troyenne. Plus tard, il supplie Achille de lui restituer le corps de son fils. La principale faille de Priam fut son incapacité à s’opposer à aucun de ses enfants. S’il avait refusé de protéger Paris pour son crime, la guerre aurait pu être évitée.
Andromaque et Astyanax
Les actes de Paris n’affectèrent pas seulement Hélène et sa famille, ni l’ensemble de la cité de Troie ; la femme bien-aimée d’Hector, Andromaque, et son fils en bas âge, Astyanax, en subirent aussi les conséquences. La dernière fois qu’Hector partit affronter Achille, Andromaque le supplia de ne pas y aller. Ce serait la dernière fois qu’elle le verrait vivant. Astyanace périt probablement lors de la prise de Troie par les Grecs.
En partie, l’amour que portaient Andromaque et Astyanax à Hector le rendit irritable envers Paris et impatient de sa lâcheté. Hector se battit vaillamment pour son foyer et pour sa famille.
Chrysès, Chryséis et Briséis
Agamemnon et Achille s’emparèrent de Chryséis et de Briséis, l’esclave d’Achille, comme butins de guerre. Chryséis était la fille de Chrysès, qui se trouvait être prêtre d’Apollon. Lorsque ses supplications auprès d’Agamemnon pour la libération de sa fille demeurèrent vaines, il pria Apollon, qui intervint en envoyant une peste sur l’armée grecque. Lorsqu’un devin révéla l’origine de la peste, Agamemnon reçut l’ordre de libérer Chryséis. Dans un accès de dépit, Agamemnon exigea qu’on lui remît le prix d’Achille, Briséis, en dédommagement. Achille, furieux, se retira de la guerre pour un temps, privant les Grecs de l’un de leurs plus grands guerriers.
Zeus
Le chef des dieux, Zeus orchestra une grande partie de la guerre, dirigeant les interventions divines alors que les dieux prenaient parti et s’immisçaient dans presque chaque rencontre entre les mortels. Il avait décrété que Troie tomberait, bien avant le début de la guerre.
Tout au long du conflit, Zeus choisit son camp et dicte si les dieux peuvent s’impliquer dans les affaires humaines et dans quelle mesure ils peuvent intervenir. Les résultats varient. Parfois les dieux se conforment à ses décrets ; d’autres fois, ils l’ignorent et interviennent malgré ses réprimandes.
Héra
Épouse de Zeus, Héra favorisait les Grecs et fit tout ce qui était en son pouvoir pour faire avancer leur cause. Elle travailla de concert avec Athéna pour infliger une défaite humiliante aux Troyens, qu’elle haïssait. Le mépris d’Héra et d’Athéna à l’égard des Troyens pourrait être lié au choix de Paris, qui avait préféré Aphrodite lors du concours de beauté entre les trois déesses.
Athéna
Athéna, déesse de la guerre, haïssait elle aussi les Troyens, peut-être en raison du jugement de Paris qui avait préféré Aphrodite à elle-même et à Héra. Elle s’associa à Héra pour faire tout ce qui était en son pouvoir pour vaincre les Troyens. Elle assista plusieurs héros grecs au combat et agit souvent en dépit des admonestations de Zeus lui enjoignant de ne pas intervenir.
Apollon
Fils de Zeus, Apollon favorisait les Troyens et intervenait souvent en leur faveur, allant même jusqu’à guider la flèche qui tua Achille jusqu’à sa cible. Il est possible qu’Apollon ait été influencé par sa demi-sœur Aphrodite pour aider les Troyens. Ou bien il s’opposa à Athéna, son autre demi-sœur, pour le simple divertissement de s’immiscer dans les affaires humaines.
Aphrodite
La déesse grecque Aphrodite se rangea également du côté des Troyens, peut-être pour soutenir Paris, qui l’avait jugée plus belle qu’Héra et Athéna. C’est elle qui offrit Hélène à Paris en guise de corruption. Elle s’attira la faveur de Paris lors du concours de beauté entre les trois déesses en le soudoyant. Les autres lui offraient pouvoir et prouesses guerrières, mais Aphrodite lui promit la main de la plus belle femme du monde.
Thétis
Néréide marine, Thétis est la mère aimante d’Achille. Pour protéger son fils, elle le plongea en bas âge dans le fleuve Styx. Les eaux le rendirent invulnérable. Craignant une prophétie qui prédisait qu’Achille mènerait soit une longue vie sans éclat, soit mourrait jeune après s’être couvert de gloire au combat, elle tenta de le dissimuler pour empêcher son entrée en guerre. Ulysse fit échouer son stratagème.
Héphaïstos
Connu sous le nom de dieu boiteux, Héphaïstos était le forgeron des dieux. Il resta neutre durant la guerre mais accéda à la requête de Thétis de forger une nouvelle armure pour Achille. Plus tard, il sauve Achille d’un combat contre un dieu fluvial.
Hermès
Hermès était le messager des dieux. Il apparaît à plusieurs reprises pour porter des messages aux mortels engagés dans la guerre et sert de guide à Priam lorsqu’il se faufile dans le camp grec pour supplier Achille de lui restituer le corps de son fils.
Combattants, guerriers et chefs
Bien qu’il s’agisse des personnages principaux de l’Iliade, il convient de noter que les guerriers de l’Iliade constituaient le cœur de une grande partie du récit. Aucune analyse des personnages de l’Iliade ne serait complète sans prendre en compte ces figures.
Achille
Achille était sans doute le meilleur guerrier que les Grecs pussent opposer. Considéré comme un héros dans l’Iliade, il était réputé pour sa vélocité et combattait avec une férocité redoutable. Achille fut responsable du massacre d’une grande partie de l’armée troyenne. Bien qu’Achille refusât de réintégrer le combat après que Briséis lui eut été enlevée, la mort de son ami Patrocle le ramena avec une soif de vengeance implacable. Lorsque sa colère s’abattit sur les armées troyennes, il tua tant d’ennemis qu’il obstrua un fleuve, éveillant la colère d’un dieu local. Avant que sa furie ne s’apaisât, il tua le prince de Troie, Hector, et profana son corps pendant des jours. Impétueux, impulsif et orgueilleux, Achille contribua à la victoire grecque, tant par ses prouesses au combat que par le moral qu’inspirait sa férocité aux troupes.
Patrocle
Patrocle, encore enfant, tua un autre enfant lors d’une bagarre. Son père l’envoya auprès du père d’Achille. De quelques années l’aîné d’Achille, Patrocle devint son instructeur, son confident, son meilleur ami. Selon certains récits, les deux hommes étaient plus proches que des frères, et certains auteurs avancent qu’ils auraient pu être amants. Une telle relation est en tout cas suggérée par la réaction extrême d’Achille à la mort de Patrocle. Alors que les Grecs souffraient de l’absence d’Achille au combat, Patrocle le supplia de lui prêter son armure. La revêtant, il s’engagea dans la bataille pour démoraliser les Troyens. Au cours du combat qui s’ensuivit, il fut tué par le prince troyen, Hector. Ajax récupéra son corps, mais la rage d’Achille face à cette perte constitua un tournant dans les combats.
Agamemnon
Beau-frère d’Hélène, Agamemnon était le chef des armées grecques. Lui et Achille se querellèrent, entraînant le retrait d’Achille des combats. Il menait l’armée grecque, et son orgueil ainsi que son comportement impulsif lorsqu’il s’empara de Briséis aux dépens d’Achille faillit leur coûter la victoire. Son refus de restituer la jeune femme fut la cause directe de l’entêtement d’Achille à ne pas réintégrer la bataille. Agamemnon était roi de Mycènes et se trouvait lié par le Serment de Tyndare ainsi que par sa loyauté familiale envers son frère Ménélas.
Ménélas
Époux d’Hélène, Ménélas est le roi de Sparte. Bien qu’il soit un guerrier solide, il n’a ni l’arrogance ni la force d’Agamemnon. Mari jaloux, il ne désire rien tant que se venger de Paris et ramener Hélène au logis. Homère ne révèle jamais si Ménélas réclame Hélène par amour ou parce qu’il veut que sa belle épouse lui soit rendue. Certains avancent que Paris était épris d’Hélène, si bien qu’il abandonna sa première épouse et mit en péril sa patrie pour elle. L’on spécule également qu’Hélène partageait ce sentiment, peut-être sous l’emprise d’Aphrodite, mais Homère ne dévoile pas son interprétation des amants maudits dans le texte.
Ulysse
Fils d’un Argonaute, Laërte, Ulysse était roi d’Ithaque. En tant que l’un des prétendants déçus d’Hélène, il était tenu par le Serment de Tyndare de participer à la guerre. Il y alla à contrecœur, ne souhaitant pas quitter son épouse, Pénélope, et son fils en bas âge Télémaque. Il tenta d’échapper au combat en simulant la folie. Il attela un bœuf et un âne à sa charrue et se mit à ensemencer ses champs avec du sel.
Palamède, envoyé pour amener Ulysse à la guerre, démasqua la ruse en couchant le fils en bas âge d’Ulysse devant la charrue. Ulysse fut contraint de dévier pour ne pas blesser l’enfant, révélant ainsi sa santé mentale. Ulysse avait raison de craindre son engagement dans la guerre. La prophétie selon laquelle il mettrait très longtemps à rentrer chez lui se réalisa. Il s’écoula en effet plus de vingt ans avant qu’il ne revît son fils.
Diomède
Seigneur de la guerre, Diomède est le plus jeune des commandants grecs. Audacieux et impétueux, il est assisté par Athéna. La déesse l’imbibe d’un tel courage qu’il parvient à blesser deux dieux différents, Aphrodite et Arès. Favori d’Athéna, il reçut l’aide la plus directe de la part des immortels engagés dans le conflit entre les deux camps. Athéna mena même son char à un moment donné. Parmi tous les personnages de l’Iliade, seuls Diomède et Ménélas, époux d’Hélène, se virent offrir l’immortalité dans la mythologie post-homérique et devinrent eux-mêmes des dieux.
Ajax le Grand
Ajax le Grand, également appelé le Ajax Télamonien, est le deuxième plus grand guerrier des Grecs. Sans quasi aucune intervention divine, il est le seul parmi les guerriers de l’Iliade à n’avoir été blessé au cours des combats. On le surnommait le « Rempart des Achéens » en raison de sa taille et de sa force. À deux reprises, il faillit tuer Hector, le blessant avec des blocs de pierre lancés.
Ce fut Ajax qui défendit le corps de Patrocle et contribua à le ramener aux Grecs. Il combat souvent aux côtés d’Ajax le Petit, et le duo était parfois appelé les Aiantes. Ajax le Petit était véloce et de petite taille, capable de se faufiler tandis que la taille et la force d’Ajax le Grand apportaient masse et force pour repousser les lignes ennemies.
Ajax le Petit
Fils d’Oïlée, Ajax le Petit combattit aux côtés de l’autre Ajax et se distingua par sa rapidité et son ingéniosité. Les deux conférèrent aux Grecs une grande part de leur avantage lorsqu’Achille refusait de réintégrer les combats. Avec la taille et la force d’Ajax le Grand, et la petite taille et la célérité d’Ajax le Petit, ils formaient un duo redoutable sur le champ de bataille.
Nestor
Nestor est roi de Pylos et également le plus âgé des commandants achéens. S’il a perdu une grande partie de sa vigueur et de son endurance physiques à cause de l’âge, il est considéré comme l’un des chefs de l’armée grecque les plus sages et les plus expérimentés. Nestor est souvent celui qui conseille Agamemnon. Lui et Ulysse passaient pour les orateurs grecs les plus habiles et les plus persuasifs, bien que Nestor eût tendance à être quelque peu prolixe dans ses discours. Ses conseils stabilisent souvent les commandants grecs et les orientent dans la bonne direction pour remporter la victoire, encore qu’ils n’écoutent pas toujours ses longs développements.
Hector
Hector était le frère de Paris, fils du roi Priam et de la reine Hécube. Hector est le plus puissant des guerriers troyens et le chef de leurs armées. Il s’engage pour défendre son cadet Paris et le réprimande même pour avoir quitté le champ de bataille et fui le combat. Il est aussi impétueux et orgueilleux qu’Achille, mais peut-être moins porté sur la destruction. Hector, toutefois, ne perd pas son meilleur ami ni son amant présumé au combat.
Il se bat pour défendre sa cité, sa femme bien-aimée et son fils. Il en veut à son frère cadet d’avoir attiré la guerre sur sa ville. Hector parvient à tuer Patrocle mais est tué en retour par Achille. Finalement, Paris venge son frère en abattant Achille d’une flèche empoisonnée. Apollon aide à guider le tir pour frapper Achille à l’unique endroit où il est vulnérable, son talon. Néanmoins, Hector perd tout, y compris sa femme et son fils en bas âge, lors de la chute de Troie.


