Ramesseum: A Pharaoh's Temple That Has Defied Time
De nombreux pharaons égyptiens ont édifié de grands monuments, mais peu d’entre eux peuvent rivaliser avec la majesté du Ramesseum. Temple mortuaire de Ramsès II, le Ramesseum fut construit en Haute-Égypte, sur la rive occidentale du Nil, en face de l’actuelle ville de Louxor, qui s’élève à l’emplacement de l’antique Thèbes, capitale de l’Égypte sous le Nouvel Empire.
Il s’agissait de l’un des premiers projets de construction commandités par Ramsès II au cours de son long règne, considéré par la plupart des égyptologues comme l’un des plus accomplis de l’histoire égyptienne. Accomparez-nous pour une visite de l’un des plus grands monuments d’Égypte, qui n’a pas encore livré tous ses secrets.
La vie et les premières années du règne de Ramsès II
L’Égypte avait connu une période de troubles vers la fin de la XVIIIe dynastie, principalement en raison de la réforme religieuse d’Akhenaton, dont le but était de remplacer les nombreuses divinités égyptiennes par une seule, ledieu solaire Aton. Les successeurs d’Akhenaton restaurèrent le culte des dieux traditionnels, mais les bouleversements politiques et religieux avaient affaibli l’Égypte sur le plan militaire à un moment où l’Empire hittite d’Anatolie gagnait en puissance.
La XVIIIe dynastie s’était achevée avec la mort d’Horemheb, qui avait choisi pour successeur Piramsès, un général d’origine non royale. Le bref règne de Ramsès Ier, ainsi qu’il fut connu, fut suivi par celui de son fils, Séthi Ier. Reconnu comme un grand souverain, Séthi mena avec succès des campagnes contre les Hittites en Syrie, mais on pense qu’il mourut subitement dans la 11e ou la 15e année de son règne.
Ramsès II devient pharaon et entame un règne prometteur
Le fils de Séthi Ier, Ramsès II, avait été formé pour être à la fois un administrateur compétent et un général. Il avait vraisemblablement accompagné son père dans ses campagnes en tant que prince héritier et était un général chevronné au moment de son accession au trône.
Ramsès II mena de nombreuses campagnes contre les ennemis de l’Égypte, notamment les Libyens du désert occidental, les Nubiens et les Hittites, ainsi que les mystérieux envahisseurs appelés les pirates Shardanes. Après avoir réussi à repousser ces envahisseurs, le pharaon entreprit une série de projets de construction ambitieux qui allaient consacrer sa place dans l’histoire égyptienne.
Qu’est-ce que le Ramesseum ?
La pratique de la construction de temples mortuaires, lieux où le souverain défunt pouvait être vénéré pendant des siècles après sa mort, était déjà établie sous l’Ancien Empire. Les temples mortuaires des souverains de la IVe dynastie étaient construits à proximité de leurs pyramides, tandis que les souverains du Moyen et du Nouvel Empire se firent édifier des tombeaux plus modestes.
Les pharaons de la XVIIIe dynastie furent inhumés dans la Vallée des Rois, sur la rive occidentale du Nil, directement en face de la capitale Thèbes. Le temple mortuaire d’Hatchepsout à Deir el-Bahri constitue un exemple d’un nouveau type de temple mortuaire édifié dans le style architectural du Nouvel Empire, bien qu’inspiré par un temple mortuaire plus ancien du Moyen Empire de Mentouhotep II (v. 2040 – 2009 av. J.-C.).
Ramsès II fait construire un temple mortuaire dans la nécropole thébaine
La construction du Ramesseum commença peu après l’accession de Ramsès II au trône, probablement avant la deuxième année de son règne. Le jeune et vigoureux souverain étant appelé à régner pendant de longues années, la décoration du monument fut entreprise beaucoup plus tard et aurait été achevée vers la 21e année de règne de Ramsès. Les Égyptiens désignaient le temple sous le nom de « Maison des Millions d’Années ».
Le plan du temple
Le temple mortuaire de Ramsès II se compose de deux pylônes en pierre, chacun d’environ 60 mètres de largeur. On y trouve deux cours et une grande salle hypostyle au cœur du complexe, dotée de 48 colonnes massives.
La statue gigantesque de Ramsès II domine le fond de la première cour, où les archéologues ont mis au jour une statue colossale du pharaon assis sur son trône, qui aurait mesuré plus de 18 mètres de haut et pesé plus de 1 000 tonnes, ce qui en fait la plus grande statue colossale encore existante au monde.
Les pylônes et les murs extérieurs étaient ornés de reliefs représentant les campagnes militaires de Ramsès II. Les scènes commémorant la victoire à la bataille de Qadesh revêtent une importance particulière pour les historiens et les égyptologues, car elles constituent un témoignage de cette bataille et de la guerre contre les Hittites.
La deuxième cour, ou cour intérieure, est bordée d’un portique osiriaque. Au-delà de la deuxième cour se dressent les restes bien conservés de la grande salle hypostyle, qui comprennent une partie d’un plafond décoré d’étoiles dorées sur fond bleu. Les archéologues ont également mis au jour les vestiges de deux temples plus petits au sein du complexe. Ceux-ci appartenaient à la mère de Ramsès, Touya, et à sa grande épouse royale, la reine Néfertari.
Découverte et fouilles par les archéologues européens
Il existe des preuves que le temple était une attraction touristique à l’époque ptolémaïque et romaine. Diodore de Sicile fournit une description du « tombeau d’Osymandias », une corruption du nom de Ramsès, ce qui amène certains historiens à penser que le Ramesseum était encore en fonction à cette époque (vers le milieu du Ier siècle av. J.-C.).
Le Ramesseum ne fut redécouvert qu’au XVIIIe siècle par des aventuriers et des archéologues européens. L’expédition de Napoléon en Égypte, dans les dernières années du siècle, posa les fondements de l’égyptologie en tant que science. Vingt ans après Napoléon, un aventurier et ingénieur italien, Giovanni Belzoni, détacha la tête de l’une des statues colossales en granit de la deuxième cour et la fit expédier en Angleterre, où elle est toujours exposée aujourd’hui.
Le temple qui inspira poètes et savants
Même en ruines, le gigantesque temple du Ramesseum stimula l’imagination des explorateurs, des poètes et des savants du XIXe siècle. On continua de le désigner sous le nom de Tombeau d’Ozymandias ou de Palais de Memnon jusqu’à la visite de Jean-François Champollion, qui repéra l’inscription « Ramesses » sur les murs du temple et rebaptisa celui-ci « Rhamesseion ».
Les premières fouilles sérieuses furent entreprises au milieu et à la fin du XIXe siècle. Les travaux de restauration sur le site se poursuivent depuis le début des années 1990, aboutissant à plusieurs découvertes, notamment la mise au jour de cuisines, de boulangeries et d’une école où les futurs scribes recevaient leur formation.
Le Ramesseum, temple modèle
Au sommet de sa gloire, le temple de Ramsès II était probablement le plus riche établissement religieux de toute l’Égypte. La puissance toujours croissante du clergé d’Amon, auquel le Ramesseum était dédié, reposait sur la richesse des biens fonciers du temple, gérés par les prêtres. Un grand nombre de personnes travaillaient pour le clergé d’Amon, qui s’enrichit considérablement.
Des réserves qui atteignent le ciel et un trésor qui déborde
Aujourd’hui, nous avons une idée de l’immense richesse du temple mortuaire de Ramsès grâce à un compte rendu rédigé l’année 24 du règne de Ramsès II par le scribe royal et chef du trésor, Panéhesy. Plus de 48 000 personnes travaillaient dans le temple, un chiffre qui ne tenait compte que des cultivateurs de céréales, des bergers de chèvres et des gardiens de volaille et d’ânes.
L’inscription suivante, attribuée à Ramsès II, fut découverte dans la grande salle hypostyle : « Entassez les provisions dans les réserves jusqu’à ce qu’elles atteignent le ciel, que le trésor soit rempli d’électrum, d’or royal et de toutes sortes de pierres précieuses. »
Un festin digne d’un grand pharaon
Les fêtes publiques et religieuses étaient toujours accompagnées de banquets. La fête d’Opet sous le règne de Ramsès II dura trois semaines, au cours desquelles on servit 11 400 pains et 385 mesures de bière, en plus d’offrandes abondantes de viande, de vin, de fruits et d’encens.
Bataille de Qadesh : une victoire égyptienne ou une habile opération de propagande ?
Le règne de Ramsès II est célèbre pour labataille de Qadesh, un affrontement militaire entre les Égyptiens et les Hittites qui eut lieu près de la ville éponyme en Syrie en 1274 av. J.-C. La bataille est représentée de manière célèbre sur le premier pylône du temple. Les reliefs d’autres campagnes militaires au Proche-Orient se trouvent sous le portique oriental de la deuxième cour et sur le mur oriental de la salle hypostyle.
Comment Ramsès présenta une impasse comme une grande victoire
Contrairement à ce que l’on pourrait déduire des représentations sur les murs du Ramesseum, la bataille de Qadesh se solda par une impasse. Épuisés par la guerre, aucun des deux camps ne put revendiquer la victoire par les armes. Le statu quo qui s’ensuivit poussa les Égyptiens et les Hittites à signer le premier traité de paix enregistré de l’histoire, la 21e année du règne de Ramsès. Ce traité fut gravé sur le mur occidental de la première cour.
Cela n’empêcha pas Ramsès de la présenter comme une grande victoire pour lui-même et pour l’Égypte. Tous les pharaons exagéraient leurs exploits, mais Ramsès porta la propagande royale à un niveau inédit. Les récits de ses victoires sont visibles sur des monuments dans toute l’Égypte, constituant un des premiers exemples de campagne de propagande couronnée de succès.
Le roi qui survécut à la plupart de ses enfants
Au cours de sa longue vie, Ramsès engendra plus de 100 enfants, 40 à 53 filles et 48 à 50 fils. Seuls quelques-uns survécurent à leur père, qui avait plus de 90 ans à sa mort. Parmi eux figurent sa fille aînée Bintanath, et son fils Mérenptah, qui succéda à Ramsès sur le trône d’Égypte. L’état de la momie de Ramsès révéla qu’il souffrait d’arthrite, de problèmes dentaires et d’un durcissement des artères qui le tourmentaient vers la fin de sa vie. Ramsès II régna sur l’Égypte pendant 67 ans. Il fut surnommé le « Grand Ancêtre ».
Conclusion
Le Ramesseum se dresse comme un monument à la puissance et à la richesse du souverain le plus puissant de l’Égypte antique. Bâtisseur prolifique, guerrier, propagandiste et patriarche familial, Ramsès le Grand laissa une empreinte indélébile sur l’Égypte. Plusieurs des édifices de Ramsès II comptent aujourd’hui parmi les monuments les plus emblématiques d’Égypte, visités par des millions de touristes du monde entier. Le Ramesseum continue de fasciner pour de multiples raisons :
- Édifié au sommet de la puissance et de la richesse de l’Égypte antique, le temple constitue un véritable écrin artistique
- Les murs du temple représentent les scènes des nombreuses campagnes du pharaon, dont la célèbre bataille de Qadesh
- Un grand nombre de statues colossales furent découvertes dans les cours du temple
- Il servit d’inspiration pour des jeux populaires et des séries animées telles que Ramesseum tentyris
- Le Ramesseum a défié le temps et a rendu son constructeur véritablement immortel. Ramsès II n’aurait pas accepté moins.



