Ramsès Ier : L'Ascension d'un Pharaon issu du Peuple
Ramsès Ier issu d’une lignée non royale, devint le premier pharaon de la XIXe dynastie. Les historiens considèrent que son règne servit de transition entre la poigne puissante d’Horemheb, qui avait restauré la puissance de l’Égypte, et les règnes ambitieux des pharaons suivants, en particulier Séthi Ier et Ramsès II.
On pourrait dire que son bref règne, de 1292 à 1290 av. J.-C., constitua une marche-pied permettant à ses descendants d’occuper la position la plus puissante du monde à cette époque.
Il naquit dans une famille d’origine modeste, mais sa détermination à changer son destin se manifesta lorsqu’il accéda au trône. Son règne fut de courte durée et son influence en Égypte demeura limitée.
Cependant, à plus long terme, on constate que sa lignée devint aussi dominante que celle des plus illustres pharaons de l’Égypte antique. Une telle opportunité ne se présenta que sous l’égide de Ramsès Ier, ce chef remarquable également connu sous le nom de trône Menpehtyre, signifiant « Établi par la force de Rê ».
Qui était Ramsès Ier ?
Paramessou, ou Ramsès Ier, naquit dans une famille noble de tradition militaire originaire du delta du Nil, dans l’ancienne capitale des Hyksôs, Avaris. Il prit Sitré pour épouse, et de leur union naquit un unique fils, Séthi Ier.
Séthi, le père de Ramsès Ier, était commandant de troupe dans l’armée égyptienne. Son oncle, Khâemouaset, avait épousé Tamwadjesy, la surintendante du harem d’Amon, parente de Houy, le vice-roi de Koush. On rappellera que la charge de vice-roi constituait un poste crucial dans le gouvernement de l’Antiquité.
La connaissance de ces personnages de sa lignée nous révèle l’importance de ses origines. Ramsès Ier trouva grâce aux yeux d’Horemheb, le dernier pharaon de la XVIIIe dynastie, qui régnait sans héritier. Horemheb fut également le souverain qui accorda sa confiance à Ramsès Ier alors que ce dernier était encore vizir, en raison de sa loyauté et de sa persévérance.
Ramsès Ier gravit les échelons en occupant d’abord des fonctions subalternes avant de devenir roi.
Sauriez-vous croire qu’il exerça également la charge de grand prêtre ?
L’exercice de la fonction de grand prêtre lui permit de restaurer l’ancienne religion, mise à mal par ce qu’on appelle l’hérésie d’Amarna, initiée une génération plus tôt sous Akhenaton.
L’Héritage de Ramsès Ier
Selon les égyptologues, le roi Ramsès Ier avait environ cinquante ans au moment de son couronnement, ce qui était considéré comme un âge avancé pour l’époque. Ramsès régna environ un an et quatre mois, selon les témoignages papyrologiques.
Il fut inhumé dans une tombe de construction modeste située dans la Vallée des Rois. Lorsque sa dépouille fut retrouvée, elle avait été déplacée vers une cachette funéraire durant une période de troubles politiques en Égypte.
Par ailleurs, il a été rapporté que sa tombe fut découverte à la fin du XIXe siècle, mais les restes du roi avaient déjà été pillés. En dépit de débuts prometteurs, le pouvoir de Ramsès Ier s’éteignit si rapidement que sa sépulture n’était même pas achevée à moitié lorsqu’il mourut.
Comparée aux tombes monumentales d’autres souverains, comme celles de Séthi Ier et de Ramsès II, la tombe de Ramsès Ier était presque dérisoire en taille.
Les archéologues qui découvrirent sa tombe la décrivirent comme une chambre funéraire exécutée à la hâte, composée d’un seul couloir menant à une chambre inachevée, dont les murs étaient ornés de symboles associés au dieu Osiris.
Son sarcophage, taillé dans du granit rouge, était peint plutôt que sculpté par un artisan qualifié. On pouvait y déceler un manque de préparation, comme en témoignent les erreurs visibles dans les peintures.
Malheureusement, la momie de Ramsès Ier fut dérobée de sa sépulture égyptienne. Les enquêtes révélèrent qu’elle avait été exposée pendant des années dans un musée privé au Canada.
Heureusement, elle fut finalement restituée à l’Égypte à l’issue de longues négociations diplomatiques. La technologie moderne permit de trancher les questions d’authenticité grâce à des scanners CT, des radiographies et des datations au carbone 14 effectuées par des chercheurs accrédités de l’Université Emory.
Des spécialistes de la momification contribuèrent à valider les caractéristiques de la momie retrouvée au Canada. Fort heureusement, toutes les interprétations esthétiques correspondaient à Ramsès Ier, en particulier ses bras repliés haut sur la poitrine. Les historiens ajoutèrent qu’une telle position des bras n’était réservée qu’aux membres de la famille royale d’Égypte aux alentours de 600 av. J.-C.
En l’honneur de Ramsès Ier, son fils Séthi Ier fit ériger une petite chapelle ornée de reliefs minutieusement exécutés, en offrande à la bravoure et à la puissance de son père, qui avait engagé l’Égypte sur la voie de sa grandeur future.
Les Réalisations de Ramsès Ier
Le pharaon Ramsès forgea une nation qui influença le cours de l’histoire égyptienne. La dynastie de Ramsès Ier fut brève comparée à celles d’autres souverains ayant régné sur l’Égypte. Néanmoins, il tira parti de son pouvoir éphémère, comme en témoignent les monuments célébrant ses accomplissements.
Ramsès Ier ne put établir un trône glorieux, mais son héritage se manifesta dans le succès de ses descendants. Séthi Ier, par exemple, fut un successeur courageux. Il était déterminé à rester victorieux dans toutes ses campagnes militaires afin d’honorer son père, Ramsès Ier.
Les campagnes militaires de Ramsès Ier empruntèrent une voie redoutable appelée les Chemins d’Horus. C’est là qu’il mena ses soldats le long de la route de Tjarou, au nord-est du delta du Nil, jusqu’au Sinaï, puis vers Canaan dans l’actuelle bande de Gaza. Cette longue région était fortifiée de places fortes et de puits destinés à subvenir aux besoins des troupes.
Ramsès Ier combattit les Bédouins appelés Shasou dans le Sinaï. L’ensemble de leurs affrontements fut documenté sur les murs de la salle hypostyle de Karnak. Les Shasou étaient des guerriers aguerris qui combattaient avec acharnement malgré la faim et la fatigue, si bien qu’ils reçurent une reconnaissance chaleureuse des cités qu’ils visitèrent, telles que Beth-Shéan et Yénoam.
Ces combats inspirèrent Ramsès Ier car lui et ses hommes étaient des soldats vaillants. Ils poursuivirent leur campagne avec la conviction que l’Égypte demeurerait une nation politiquement et économiquement solide.
Ramsès Ier et ses Origines Militaires
Grandir dans une famille militaire fut bénéfique pour Ramsès Ier car il put se discipliner et acquérir le sens de l’intégrité dès son plus jeune âge. Les familles de son père et de sa mère étaient toutes deux vouées au service militaire. On pourrait donc dire que ses antécédents le prédisposaient parfaitement au service du roi.
Fait remarquable, Ramsès Ier ne déçut pas ceux qui l’entouraient. Que ce soit au foyer ou au palais, il afficha une tenue exemplaire digne d’un membre de la famille royale. Cette attitude lui valut la confiance de son maître, Horemheb, alors trop âgé et sans héritier pour perpétuer le trône.
On se souviendra qu’Horemheb était lui-même un redoutable guerrier, ce qui explique probablement la confiance qu’il accorda à Ramsès Ier. En tant que bras droit du roi, Ramsès Ier s’acquitta de fonctions royales qui lui valurent le respect de son maître.
Il fut par la suite reconnu comme Commandant de la Forteresse, Maître des Chevaux et Envoyé du Roi dans Toutes les Terres Étrangères, parmi d’autres titres. Hautement compétent et d’une discipline irréprochable, Ramsès Ier fit preuve de vaillance dans l’exercice de ses charges au palais.
La Transition Royale
Ramsès Ier servit le roi Horemheb avec toute sa sagesse et tout son courage. Il était le successeur idéal du trône, et il s’acquitta de cette tâche avec équité.
Cependant, son règne fut si bref que son action n’eut pas d’impact déterminant sur le pays. Les historiens le respectèrent néanmoins, et pour beaucoup d’entre eux, Ramsès Ier symbolisa une passation de pouvoir pacifique et maîtrisée.
Le trône honora sa contribution au sauvetage de la maison royale d’Horemheb d’une disparition totale. Il poursuivit les projets inachevés d’Horemheb. Pour ce faire, il chargea des scribes sélectionnés d’achever les inscriptions du temple de Karnak. Il fit également restaurer d’anciens temples et veilla à ce que les artisans du palais accomplissent leur tâche avec soin.
En outre, il déploya ses hommes de manière stratégique pour restaurer les monuments et l’ancienne religion du royaume. Ramsès Ier ordonna également aux chefs des garnisons de Nubie et de Bouhen de renforcer leur flotte et d’assurer la sécurité politique de la nation. Par ailleurs, il demanda à ses artisans de raviver les symboles ornant les temples et les chapelles d’Abydos.
Conclusion
Voici les points essentiels à retenir du règne de Ramsès Ier :
- Ramsès Ier était issu d’une famille non royale mais appartenant à l’élite militaire.
- Son père, Séthi, était le commandant de l’armée égyptienne sous la XVIIIe dynastie.
- Ramsès Ier trouva grâce auprès d’Horemheb en raison de sa loyauté. Il fut ainsi nommé corégent du roi.
- Ramsès Ier parvint à achever le second pylône du temple d’Amon à Karnak, à Thèbes, dont la construction avait été initiée par Horemheb, son prédécesseur.
- Avant sa mort, il fit également ériger une salle à colonnes dans le temple de Karnak.
- On pense qu’il fut inhumé dans une tombe très modeste située dans la Vallée des Rois.
Si des critiques estimèrent que les cérémonies et la sépulture qui lui furent réservées ne convenaient pas à un roi honorable, il n’en demeure pas moins que, bien qu’il ne fût pas né prince de sang royal, il consacra sa vie au service du trône, prouvant ainsi une intégrité digne d’être gravée dans la mémoire des hommes.


