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Thoutmôsis Ier : Un roturier et un militaire sur le trône

Thoutmôsis Ier (également lu Thoutmès, Thoutmôsis Ier ou Thothmès) fut le troisième pharaon de la XVIIIe dynastie de l’Égypte antique. Certains historiens estiment qu’il régna pendant onze ans, de 1504 av. J.-C. à 1493 av. J.-C.

Obélisque de Thoutmôsis Ier

Il fut l’un des souverains les plus importants du Nouvel Empire, bien que né roturier et formé rigoureusement à l’art militaire. Lisez cet article pour un aperçu approfondi de sa vie, de ses réalisations et de son héritage durable.

Pourquoi Thoutmôsis Ier est-il célèbre ?

Durant ses onze années de règne, Thoutmôsis Ier remporta des triomphes qui contribuèrent au développement de l’Égypte. Il est reconnu pour avoir étendu l’empire égyptien jusqu’en Nubie, correspondant à l’actuel Soudan.

Outre ces exploits militaires remarquables, ce bâtisseur infatigable fut également à l’origine de chantiers architecturaux majeurs, notamment des temples et des tombes, durant son règne. L’agrandissement du temple de Karnak compte parmi ses réalisations les plus notables.

Même après sa mort, il marqua l’histoire en devenant le premier membre non royal de la famille régnante à être inhumé dans le lieu sacré réservé aux rois et à leurs familles, la célèbre Vallée des Rois. Ce fut un immense honneur pour le roi Thoutmôsis Ier que de reposer dans cette sépulture.

Qui était Thoutmôsis Ier ?

Le pharaon Thoutmôsis Ier fut le troisième pharaon de la XVIIIe dynastie de l’Égypte antique. Son nom de naissance, Touthmosis, signifie « Né du dieu Thot » en grec ; en égyptien, il se nommait Djehoutymès Ier. Il était également appelé Thoutmôsis Ier ou Thoutmôsis Ier, et son nom de couronnement était A-Khéper-ka-Rê. Il accéda au trône à un âge avancé.

Lignée

On présumait que son père était Aménophis Ier, son prédécesseur. Cependant, il était également étroitement lié à Ahmès-Néfertari, mère d’Aménophis Ier. Il fut chargé de sa tombe et de ses funérailles.

Visage de Sénisèneb

Certains historiens estimaient que Thoutmôsis Ier fut corégent avec Aménophis Ier durant les dernières années de celui-ci, ce qu’atteste une chapelle découverte à Thèbes. Il était en outre considéré comme l’un des commandants les plus influents sous son prédécesseur.

De son côté, sa mère Sénisèneb (également connue sous le nom de Seniseneb), était une roturière. Bien que fils d’une non-royale, il parvint à renforcer sa légitimité au trône en épousant la princesse Ahmès, fille d’Ahmès Ier et de la reine Néfertari. Ahmès, devenue reine, porta le titre de Grande Épouse Royale de Thoutmôsis Ier.

Enfants

Le fils de Thoutmôsis Ier et d’Ahmès fut Aménmès. Il fut également le père d’un autre fils nommé Oudjmès et de deux filles, Néféroubity et Hatchepsout. Oudjmès mourut jeune, et Néféroubity décéda alors qu’elle était encore en bas âge.

Le roi Thoutmôsis Ier eut également un fils de son autre épouse, Moutnofret. Ce fils devint plus tard Thoutmôsis II, son successeur, et épousa sa sœur de sang royal Hatchepsout.

Les mariages entre membres de la famille royale visaient le plus souvent à consolider la légitimité du prétendant au trône. Hatchepsout était également connue pour sa profonde vénération envers son père ; pour témoigner de ce dévouement, elle ordonna la construction d’une chapelle en son honneur dans son temple funéraire.

Le règne de Thoutmôsis Ier

Les qualités de Thoutmôsis Ier furent immédiatement mise à l’épreuve lorsque la Nubie se souleva contre la domination égyptienne lors de son premier couronnement. Il mena la plus remarquable campagne nubienne jusqu’à la quatrième cataracte. Là, il vainquit victorieusement deux tribus bédouines, également connues sous le nom de nomades du désert.

Ahmès, un amiral sous le règne de Thoutmôsis Ier, rapporta qu’une campagne en Nubie fut un franc succès. Guerrier lui-même, Thoutmôsis Ier remonta le fleuve Nil et combattit au front. Il tua le roi nubien en combat singulier et exhiba le corps de celui-ci en le suspendant à la proue de son navire lors du retour vers Thèbes.

Une fois encore, le gouvernement centralisé de l’Égypte triompha de la tribu nubienne. La Nubie ne retrouva pas de centralisation avant la XXVe dynastie. Ainsi, l’Égypte ne rencontra plus jamais de difficultés majeures à conquérir la Nubie. On disait également que les Nubiens étaient d’habiles archers, si bien qu’ils furent employés comme mercenaires dans l’armée égyptienne.

Thoutmôsis Ier comme chef

La deuxième année du règne de Thoutmôsis Ier, il mena sa deuxième campagne vers le nord, la plus lointaine jamais entreprise par un Égyptien. On raconte qu’il érigea une stèle lors de la traversée de l’Euphrate, bien qu’aucune trace n’en ait été retrouvée à ce jour.

La princesse syrienne lui avait déclaré son allégeance durant la campagne, mais cessa de payer le tribut lorsque Thoutmôsis regagna l’Égypte. Dès lors, les Syriens se concentrèrent sur la fortification de leur territoire contre de futures incursions.

Thoutmôsis Ier continua de faire preuve de son génie militaire en lançant une seconde expédition contre la Nubie, en faisant draguer la première cataracte aménagée sous Sésostris III de la XIIe dynastie de l’empire égyptien. Ainsi, la navigation vers l’amont, de l’Égypte vers la Nubie, fut grandement facilitée.

Par ailleurs, selon deux inscriptions distinctes laissées par le fils du roi, Thoury, Thoutmôsis renversa Koush, et le roi traversa le canal en triomphe. Tous ces événements se déroulèrent au cours de sa troisième année de règne.

Une chasse aux éléphants près d’Apamée en Syrie fut également organisée en l’honneur des victoires de Thoutmôsis Ier. Les Égyptiens revinrent ensuite avec des récits étonnants sur l’Euphrate. Comme ce fleuve, qui coulait du nord vers le sud, était le premier grand cours d’eau que les Égyptiens aient rencontré, ils le surnommèrent « l’eau inversée ».

Contributions militaires

Thoutmôsis Ier affronta une nouvelle menace militaire lorsque la Nubie se souleva de nouveau au cours de sa quatrième année de règne. Par conséquent, son influence s’étendit largement sur les terres encore plus au sud, car des inscriptions mentionnant son règne furent également découvertes à Kourgous, au sud de la quatrième cataracte. Durant son règne, il lança des projets qui mirent fin à l’indépendance nubienne pour les 500 années suivantes.

Tout au long du règne de Thoutmôsis Ier, deux princes héritiers moururent avant lui. Le premier devint commandant de l’armée et fut affecté à Memphis. Thoutmôsis Ier établit une norme suivie par les rois ultérieurs, qui envoyèrent également leurs princes héritiers à Memphis pour y recevoir une formation militaire.

En outre, sa victoire en Nubie constitua un événement majeur de l’histoire. Cette région est adjacente à la Vallée des Rois, lieu réservé aux sépultures des membres de la famille royale. Cette réalisation rendit l’Égypte plus prospère.

Ses triomphes

S’ajoutant à la longue liste des exploits de Thoutmôsis Ier, son triomphe contre les Syriens. Sa campagne militaire s’étendit de l’Euphrate au Soudan. En tant que guerrier d’exception, Thoutmôsis Ier offrit victoire sur victoire à l’Égypte, entraînant une expansion rapide de l’empire.

Ses triomphes en Nubie accrurent considérablement son influence vers le sud. Des inscriptions découvertes par les historiens témoignèrent de sa puissance et de son autorité. Il fit même graver un immense tableau à 1 200 miles du Nil, témoignant de l’emprise de l’Égypte en tous lieux.

Auriez-vous cru qu’il mena également des projets qui mirent fin à l’indépendance de la Nubie pour 500 ans ?

Il initia plusieurs rites religieux avec Touri, son vice-roi de Koush. Ces rites s’avérèrent efficaces, car après la mise en place de cette organisation, les Nubiens vécurent en paix, s’abstenant de toute révolte contre l’armée égyptienne.

Les accomplissements du roi

Les accomplissements de Thoutmôsis Ier ouvrirent la voie à une Égypte plus avancée. Son leadership répondit aux besoins du pays à cette époque. Bien qu’il ne fût pas issu d’une famille royale, il se comporta en membre de la royauté le plus digne et respectable. Ainsi, il s’imposa comme l’un des plus grands pharaons que l’Égypte ait connus.

Thoutmôsis Ier apporta des contributions significatives à la construction d’infrastructures en Égypte durant son administration. Avec l’aide des architectes qu’il avait choisis, il parvint à moderniser les temples.

Il ajouta de nombreux ornements aux temples, les rendant plus conformes au goût royal. Ses réalisations sont incontestables, tant par leur élégance que par leur immense contribution à la culture égyptienne.

Temple de Karnak, antique Thèbes, Égypte

En particulier, Thoutmôsis Ier contribua de manière significative à l’édification du temple de Karnak. Il fut le tout premier roi à agrandir considérablement ce temple, avec l’aide de son architecte, Inéni. Avant Thoutmôsis, on décrivait le temple comme n’étant composé que d’une longue avenue menant à la plateforme centrale, avec plusieurs chapelles solaires alignées le long du chemin.

Les portes monumentales de Karnak

En outre, Thoutmôsis Ier ordonna la construction de deux portes monumentales supplémentaires au temple de Karnak, également appelées pylônes. Le cinquième pylône fut édifié le long de ladite avenue, avec une vaste enceinte entourant le sanctuaire intérieur. Il construisit également un quatrième pylône et une autre enceinte.

Entre ces pylônes se trouvait la salle hypostyle aux colonnes spécialement conçues en bois de cèdre. On y perçoit l’attention du roi aux détails. Outre l’utilisation d’un bois précis, il fit ériger des statues colossales le long de cette salle, portant alternativement les couronnes de Haute et de Basse-Égypte.

À l’extérieur de la quatrième tour, il dressa deux obélisques. L’un d’eux s’effondra et ne fut gravé que 50 ans plus tard, sous le règne de Thoutmôsis III. Les colonnes de cèdre furent remplacées par des colonnes de pierre. La fille de Thoutmôsis Ier, Hatchepsout, fit également ériger ses propres obélisques à l’intérieur de la salle.

D’autres constructions de son époque

Thoutmôsis Ier n’était pas seulement un guerrier. Il était aussi un bâtisseur et un urbaniste averti. Sous son impulsion, il rebâtit le temple d’Amon situé à Thèbes, animé par le désir de réaliser une œuvre exemplaire. Ce temple fut ensuite considéré comme le modèle standard des temples de cette époque.

En visionnaire, il obtint le meilleur emplacement pour la sépulture des souverains. La Vallée des Rois fut aménagée comme lieu de repos définitif des membres défunts de la famille royale. Il initia également la construction du personnel de la nécropole.

Thoutmôsis Ier mena d’autres chantiers architecturaux remarquables. Il fit par exemple ériger des statues de l’Ennéade à Abydos, ainsi que des bâtiments à Armant, Ombos, el-Hiba, Memphis et Edfou. Il effectua également des agrandissements mineurs d’édifices en Nubie, notamment à Semna, Bouhen, Aniba et Qouban. Il créa un temple axial, qui devint le standard du Nouvel Empire.

Son importance

L’importance du rôle joué par Thoutmôsis Ier dans l’histoire de l’Égypte ne saurait être sous-estimée. Il initia la construction de plusieurs temples et tombes et agrandit considérablement les sanctuaires pour illustrer la grandeur de son règne.

Il gravit les échelons de la hiérarchie royale, bien qu’il fût né roturier. Cela constitue en soi un accomplissement extraordinaire pour un simple serviteur du palais à cette époque. Sa vie est riche d’enseignements, et un autre aspect fondamental de son héritage réside dans son talent militaire. En grand guerrier, il fit preuve d’un courage exemplaire au combat.

Les historiens ont établi qu’il ne resta que neuf ans sur le trône, mais ses réalisations profitèrent grandement à l’Égypte. Sa volonté d’élever les standards de son pays était inégalée, et il œuvra sans relâche pour développer temples, sépultures, obélisques et campagnes militaires.

L’influence de Thoutmôsis Ier

Les historiens ont évoqué la référence biblique à Thoutmôsis Ier, affirmant qu’il était mentionné dans les Psaumes de David. Ils ont également souligné son association avec son ami David, roi d’Israël.

Certains érudits ont également découvert que Thoutmôsis Ier, fils de roturier, consolida sa légitimité au trône par son mariage avec Ahmès. Une chapelle découverte à Thèbes apporta des preuves à l’appui de ces thèses.

Thoutmôsis Ier fut probablement l’un des grands rois à avoir établi un nouveau camp à Kourgous, et les historiens ont mis au jour les biographies de deux soldats de Haute-Égypte qui témoignèrent de cette campagne. Thoutmôsis Ier chercha également à pourchasser les Hyksôs en établissant une frontière sur l’Euphrate.

Les rapports mentionnent son influence à Karkemish en Syrie après son invasion de la Nubie. Les historiens n’ont pu retrouver de preuves de sa victoire lors de sa campagne militaire en Syrie, mais son empreinte profonde dans la région fut documentée.

Thoutmôsis désigna deux princes héritiers qui perpétuèrent sa vision. L’un fut nommé commandant des armées et envoyé à Memphis, près de l’actuel Caire. Cette ville devint le centre des opérations militaires du Nouvel Empire. Par la suite, d’autres rois suivirent l’exemple de Thoutmôsis Ier en affectant également leurs princes couronnés à Memphis.

La tombe de Thoutmôsis Ier

Inéni fut chargé de creuser la tombe de Thoutmôsis Ier, vraisemblablement pour la transférer vers son nouveau temple funéraire. Cependant, ce temple n’a jamais été retrouvé, probablement parce qu’il fut démoli il y a longtemps lors de la construction du temple funéraire de sa fille Hatchepsout à Deir el-Bahari.

Une petite pyramide dans la Vallée des Rois

La tombe de Thoutmôsis Ier fut découverte ultérieurement dans la Vallée des Rois et serait la première tombe creusée dans ce site. Dans sa tombe, un sarcophage en quartzite jaune portant son nom fut mis au jour. Quant à son corps, il aurait été déplacé par Thoutmôsis II vers la tombe d’Hatchepsout.

La momie de Thoutmôsis Ier

La momie de Thoutmôsis Ier fut découverte dans la cache de Deir el-Bahari, au-dessus du temple funéraire sacré d’Hatchepsout, vers 1881. Il fut inhumé aux côtés de ses pairs rois des XVIIIe et XIXe dynasties.

Les historiens prirent soin de sa momie et lui assurèrent une inhumation digne, aux côtés des momies des autres souverains de sa génération. Son véritable cercueil fut réutilisé par un autre pharaon.

Pendant un temps, sa momie fut considérée comme perdue, mais Gaston Maspero, égyptologue, affirma avoir découvert la momie de Thoutmôsis Ier. Il fut appuyé par d’autres historiens qui examinèrent ladite momie.

La momie fut décrite comme celle d’une personne d’âge mûr au moment de sa mort, et l’on conclut qu’il avait environ cinquante ans ou plus au moment de son décès. La momie fut examinée à partir des incisives, qui présentaient des impuretés.

Le corps était mince et de petite taille, et la tête, affinée, était dépourvue de cheveux. La bouche de la momie évoquait l’expression d’un homme perspicace.

Où se trouve sa momie aujourd’hui ?

La momie de Thoutmôsis Ier se trouve désormais au Musée égyptien du Caire. Afin de protéger ladite momie, elle fut transférée au Musée national de la civilisation égyptienne en 2021. Ce lieu accueille la Parade dorée des pharaons, un événement présentant une collection de momies de rois et de reines ayant régné sur l’Égypte antique.

Conclusion

Obélisque de Thoutmôsis Ier au temple de Karnak

Thoutmôsis Ier fut considéré comme un roi militaire durant son règne en Égypte, menant le royaume de victoire en victoire. Il tirait également fierté des diverses réalisations architecturales édifiées sous son règne.

  • Le pharaon Thoutmôsis Ier fut le troisième pharaon de la XVIIIe dynastie de l’Égypte antique.
  • Thoutmôsis Ier veilla à ce que le royaume n’étende pas seulement ses territoires, mais développe également ses domaines existants.
  • Il fixa une exigence élevée pour les rois successeurs, appelés à équilibrer croissance militaire et prospérité économique.
  • Thoutmôsis Ier illustra le destin glorieux d’un roturier parvenu à monter sur le trône.
  • Il est reconnu pour avoir étendu l’empire égyptien jusqu’en Nubie, correspondant à l’actuel Soudan.
  • Thoutmôsis Ier fut également un bâtisseur infatigable, à l’origine de chantiers architecturaux majeurs, notamment divers temples et tombes, durant son règne.
  • L’agrandissement du temple de Karnak compte parmi ses réalisations les plus notables.
  • Il œuvra sans relâche pour son pays bien-aimé.
  • Il fut le premier roturier à être inhumé dans la Vallée des Rois sacrée.

Les jours glorieux de l’Égypte révélèrent l’intelligence et le dévouement de Thoutmôsis Ier à renforcer sa nation.

Créé : 13 janvier 2022

Modifié : 4 mars 2024