Thutmose IV : Le pharaon parvenu au trône grâce à son rêve
Thoutmôsis IV (1401–1391 av. J.-C.) accéda au pouvoir alors que l’Égypte était déjà reconnue comme un vaste royaume, réputé pour sa paix et sa prospérité. Il succéda à son père, Amenhotep II, à une époque où le pays était exempt de conflits et de révoltes. Ses sujets s’accordèrent à dire que le roi Thoutmôsis IV avait veillé à limiter les campagnes militaires durant son règne afin de privilégier l’économie.
Inutile de préciser que Thoutmôsis IV — ou Thutmosis — régna sur l’Égypte avec stabilité et opulence. Il fut le huitième pharaon de la XVIIIe dynastie d’Égypte, une période remarquable située au XIVe siècle av. J.-C. Certains avancèrent qu’il avait régné pendant trente-cinq ans, mais cette affirmation ne reposait sur aucune preuve convaincante, en raison du nombre limité de monuments érigés durant son règne.
Thoutmôsis IV fut reconnu comme un roi exemplaire et puissant, qui gouverna l’Égypte selon les traditions de la famille royale. L’on considère que son règne fut marqué par la sécurité, l’opulence et la puissance d’une Égypte incontestablement prospère à cette époque. La stabilité du pays se mesurait à l’absence de guerres dévastatrices avec les peuples voisins — un accomplissement significatif pour un jeune souverain tel que le roi Thoutmôsis IV.
Qui était Thoutmôsis IV ?
Le pharaon Thoutmôsis IV était le fils d’Amenhotep II et de Tiaa. Il naquit à Thèbes et épousa Néfertari. Il eut également deux autres épouses, nommées Iaret et Moutemwiya. Ses enfants comprenaient trois fils — Amenhotep III, Siatum et Amenemhat — et trois filles — Tiaa, Amenemopet et Tentamun. Outre ces six enfants attestés, il eut d’autres enfants élevés à Thèbes dont les noms restent inconnus.
Son nom de couronnement était Menkheperourê, qui signifie « Durables sont les manifestations de Rê ». Toutefois, selon les sources historiques, il n’était pas le successeur légitime d’Amenhotep II.
Il convient d’examiner les controverses entourant son avènement, notamment l’hypothèse selon laquelle il n’accéda au pouvoir qu’après la mort de son frère aîné, l’héritier présomptif du trône. Il est difficile de l’affirmer avec certitude, mais certains historiens soutinrent que Thoutmôsis IV avait usurpé le trône afin de s’assurer le pouvoir suprême.
Pour légitimer son accession au trône, Thoutmôsis révéla qu’il avait commandé la stèle du Songe. Il raconta s’être rendu à une partie de chasse ; au retour, il s’était reposé à l’ombre de la patte du Sphinx, cette structure colossale édifiée par le roi Khéphren de nombreuses années auparavant.
Les archéologues ont découvert une stèle — un monument de pierre à sommet arrondi — entre les pattes du Sphinx, gravée du destin de Thoutmôsis IV comme futur roi. Son bref repos auprès de la stèle l’endormit, et il rêva de s’entretenir avec le Sphinx. Selon le récit complet, le Sphinx demanda à Thoutmôsis IV de dégager le sable recouvrant son corps immense ; en retour, il lui fut promis de devenir le prochain souverain.
Pour accomplir cette tâche, le prince Thoutmôsis engagea des ouvriers afin de déblayer le sable et de libérer le Sphinx. Il déposa ensuite une marque servant d’instrument conduisant à son intronisation en tant que roi.
On sait peu de choses sur son règne, qui dura seulement dix ans. L’un des événements notables de cette période fut une campagne militaire mineure contre la Nubie. Les historiens relevèrent également sa prétention d’avoir mené une expédition contre la Syrie, mais aucune preuve convaincante ne vient étayer ce fait.
Comment Thoutmôsis IV mourut-il ?
Thoutmôsis IV connut une mort prématurée que les historiens attribuèrent à l’épilepsie temporale, une affection chronique du système nerveux. Les sources indiquent que d’autres membres de la XVIIIe dynastie, tels que Toutânkhamon et Akhenaton, succombèrent également à cette même maladie.
D’autres avancèrent que Thoutmôsis IV mourut des conséquences de l’épilepsie, associée à des pratiques religieuses intenses et à des visions spirituelles, telles que décrites dans la stèle du Songe.
Son corps fut inhumé dans la Vallée des Rois, puis transféré ultérieurement dans la cachette des momies. Les archéologues décrivirent son corps comme extrêmement amaigri. Il mesurait environ 1,64 m (5 pieds 4 pouces), voire davantage, sa momie ayant été endommagée lors de la fouille.
Après une analyse approfondie, les historiens conclurent qu’il était gravement malade. Avec ses cheveux brun-roux séparés par une raie médiane, il portait les marques d’une grande souffrance physique bien avant sa fin. Il fut remplacé par son fils Amenhotep III.
L’héritage de Thoutmôsis IV
Afin de déterminer la chronologie exacte du règne de Thoutmôsis IV, les archéologues analysèrent les dates astronomiques qui auraient dû porter son nom. Il a été établi qu’il régna seulement dix ans environ, bien que Manéthon avança le chiffre de neuf ans seulement.
Durant son règne, il consacra une grande partie de ses efforts à la reconstruction du Grand Sphinx de Gizeh et à la restauration de la célèbre stèle du Songe.
Pour consolider son songe, il plaça une stèle entre les pattes du Sphinx afin d’illustrer sa destinée royale. Pour renforcer encore le message, la stèle était encadrée de deux sphinx. Les historiens précisèrent que Thoutmôsis IV ne sculpta pas lui-même la stèle, car elle paraissait plus récente ; elle aurait été gravée par des prêtres.
Certains historiens ont avancé que les prêtres sculptèrent la stèle afin de souligner le pouvoir de leur fonction sacerdotale dans la détermination de l’avenir des hommes. Ils présentèrent la stèle comme la sculpture la plus puissante de l’époque. Le peuple crut en sa puissance, et la meilleure preuve en fut l’intronisation de Thoutmôsis IV.
Thoutmôsis IV parvint à réprimer une tentative avortée des Nubiens lors de la huitième année de son règne. Il conclut également une alliance avec le peuple du Mitanni en épousant une princesse mitannienne, consolidant ainsi son engagement en faveur de la paix et de l’ordre dans la région.
En somme, l’entente qu’il établit avec l’Empire du Mitanni fut bénéfique tant pour la sécurité de l’Égypte que pour son commerce. L’on pourrait affirmer que sa campagne la plus déterminante fut cette trêve avec le Mitanni, qu’il érigea en partenaire commercial.
Thoutmôsis IV et l’obélisque de son grand-père
La plus grande réalisation de Thoutmôsis IV fut l’érection de l’obélisque de son grand-père. Les sources historiques le décrivent comme l’obélisque le plus singulier de l’Histoire, et Thoutmôsis IV joua un rôle déterminant dans sa mise en place.
On pense qu’il resta dans le temple de Karnak pendant trente-cinq ans, sans que personne ne manifestât l’intention de l’ériger. L’on pourrait s’interroger sur les raisons de cette singularité.
D’abord, ce fut le seul obélisque à demeurer couché sur le flanc pendant des années. Ensuite, tous les obélisks devaient aller par paires et être érigés à l’entrée du temple, mais celui-ci se trouvait seul. Avec une hauteur de 105 pieds (environ 32 mètres), l’on pouvait constater qu’un seul obélisque ne suffisait pas à porter témoignage des accomplissements du roi. Néanmoins, sa conception et ses proportions étaient grandioses, au point d’émouvoir le souverain.
Les réalisations architecturales de Thoutmôsis IV
Le roi Thoutmôsis IV acheva l’obélisque oriental de Karnak, entrepris par Thoutmôsis III. Il s’agissait de l’obélisque le plus haut jamais érigé en Égypte à cette époque.
Plus précisément, il mesurait près de 32 mètres (105 pieds) de haut et était orné de l’ensemble des hauts faits du roi. Cet obélisque n’était pas qu’un simple monument : il incarnait l’apogée de la vie glorieuse dont jouissaient les Égyptiens à cette époque.
Il fit également construire une salle péristyle au design remarquable derrière les murs orientaux du temple principal de Karnak. Thoutmôsis IV se montra cohérent dans ses plans et ses conceptions. Il édifia aussi une chapelle distinctive, réservée à ceux qui ne pouvaient pénétrer dans le temple principal de Karnak. Selon les historiens, c’était un lieu où le dieu Atoum écoutait les prières et les supplications du peuple.
Ces constructions firent partie de l’ample héritage de Thoutmôsis IV, mais elles furent endommagées ou détruites au cours des générations suivantes. Heureusement, des chercheurs français les ont restaurées afin de reconstruire l’héritage de l’Antiquité. Thoutmôsis IV acheva peu de constructions, mais toutes furent déterminantes.
Conclusion
Thoutmôsis IV accéda au pouvoir alors que l’Égypte était au sommet de sa prospérité et de sa stabilité politique. Il eut la chance considérable de régner sur un pays à l’abri des menaces de ses voisins.
Voici d’autres éléments clés de son héritage :
- Des débats existent quant à sa légitimité en tant qu’héritier du trône, mais il devint roi dans le cadre du récit de la stèle du Songe.
- Selon ce récit, Thoutmôsis IV se reposa à la patte du Sphinx, et la créature lui demanda de retirer le sable recouvrant son corps, en lui promettant en retour la couronne d’Égypte.
- Il s’agit d’un récit mystique qui conduisit finalement à son intronisation comme huitième roi de la XVIIIe dynastie d’Égypte.
- L’une de ses plus grandes réalisations fut l’érection de l’obélisque de son grand-père. Obélisque unique, demeuré couché sur le flanc, il témoignait de la grandeur du pouvoir de son aïeul.
- Grâce à la sécurité économique et politique, le pays jouit de la liberté et de la paix durant son règne.
Thoutmôsis IV régna sur l’Égypte avec une autorité totale, découlant de son rêve glorieux à la patte du Sphinx.



