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Pratiques funéraires égyptiennes : La vie après la mort

Si la vie était précieuse pour les Égyptiens de l’Antiquité, la mort exigeait des rituels élaborés pour accomplir une véritable pratique funéraire égyptienne. Pour les premiers Égyptiens, la mort signifiait un voyage vers l’au-delà, un voyage composé de croyances complexes destinées à découvrir ce qui se trouve au-delà de la vie terrestre.

Tombeau de Toutânkhamon

Pendant des millénaires, on sait que les Égyptiens considéraient la mort comme la fin de leur existence terrestre et le début de leur voyage vers un monde éternel.

Pour accéder à l’au-delà, les Égyptiens de l’Antiquité devaient traverser une période transitoire nécessitant de nombreuses préparations rigoureuses, notamment la préservation appropriée du corps du défunt afin de garantir l’existence d’une vie au-delà de ce monde. Les coutumes funéraires égyptiennes reflétaient la riche tradition du peuple et leur espoir permanent en quelque chose de grandiose après la mort.

Quelles étaient les pratiques funéraires de l’Égypte ancienne ?

Les pratiques funéraires égyptiennes variaient selon le statut social des individus. On découvre ici que, dans l’Antiquité, les Égyptiens possédaient des méthodes sophistiquées et élaborées pour inhumer leurs défunts afin d’assurer leur passage vers l’au-delà.

Ils suivaient des pratiques uniques destinées à préserver le corps du défunt et à l’accompagner dans son prochain voyage, que l’on croyait être la porte de l’immortalité.

Cependant, savez-vous que l’accès à cette porte était fastidieux et complexe ? L’âme du défunt devait subir et réussir une série d’épreuves redoutables, telles qu’expliquées dans le Livre des Morts, guidée par des amulettes et des prières.

Il s’agit d’un véritable voyage pour le défunt, dont le jugement final constituait une épreuve devant Osiris, le dieu égyptien des morts. En fin de compte, il importait de vérifier la pureté du cœur du défunt.

L’épreuve consistait à peser le cœur du défunt contre une plume. Pour réussir l’épreuve, il fallait s’assurer que le cœur soit aussi léger qu’une plume. Après avoir réussi, l’âme pouvait accéder aux Champs des Roseaux, tandis que les âmes dont le cœur était plus lourd que la plume étaient dévorées par le monstre Ammit (le Dévoreur des Morts à tête de crocodile). Cette perspective était la plus redoutable de toutes, car le voyage de l’âme du défunt s’achevait dans la honte et la damnation éternelle.

Il convient également d’évoquer les Champs des Roseaux, ou A’Aru, où tous les Égyptiens aspiraient à se rendre. Pour eux, c’était leur vision glorifiée de la vie sur terre. Ce lieu est aussi appelé Sekhet-A’Aru, signifiant le grand au-delà, car pour les Égyptiens, la mort n’était qu’une transition vers un autre voyage.

Savez-vous que tout ce que l’on a perdu sur terre peut être retrouvé dans les Champs des Roseaux ? C’est l’essence même de la foi des Égyptiens anciens sur la mort, qui s’est développée à partir du Moyen Empire (2040–1782 av. J.-C.).

Il faut également considérer la croyance selon laquelle l’âme pouvait recevoir la vie éternelle dans A’Aru en fonction de la générosité de la personne de son vivant. Tandis qu’elle recevait le jugement éternel dans la Salle de la Vérité, l’âme espérait trouver la paix éternelle au paradis.

Une part essentielle des rituels funéraires égyptiens était la pratique de l’inhumation des défunts et la préservation du corps du défunt par un processus appelé la momification. Il s’agit de la préservation du corps du défunt pour permettre à l’âme de franchir la porte de l’au-delà.

Il faut savoir qu’il était crucial, dans cette tradition, de guider l’âme dans l’au-delà tout en maintenant le corps intact. Les Égyptiens savaient que sans corps préservé, il était impossible pour l’âme de subsister.

La tradition ancestrale de la momification

La méthode ancienne de préservation d’un corps par embaumement de la chair est appelée momification. Elle implique un processus délicat de dessiccation du corps du défunt, utilisant des produits chimiques ou des méthodes naturelles pour embaumer les organes et l’ensemble du corps.

Spécialistes de cette technique, les embaumeurs égyptiens pratiquaient la momification pour sauver le corps de la décomposition pendant des siècles. On sait que des corps momifiés sont restés préservés pendant plus de trois mille ans.

La momification exigeait un soin et une technique considérables s’étendant sur 70 jours. Des prêtres formés lavaient, traitaient et enveloppaient le corps avec minutie. Tout en récitant de longues prières, les prêtres devaient maîtriser l’anatomie humaine pour garantir le bon déroulement de la procédure. Pour assurer le séchage complet du corps, il fallait retirer tous les organes internes, y compris le cerveau et les intestins, à l’exception du cœur.

Une fois toutes les étapes critiques accomplies, les prêtres enveloppaient soigneusement le corps, en l’ornant d’amulettes et de prières pour guider le défunt dans son voyage. On peut considérer que la momification était un acte accompli pour honorer les morts. C’était un rituel artistique qui protégeait le corps avec la conviction profonde qu’il atteindrait sa destination.

Les sépultures égyptiennes

Après le long processus de momification, le corps était inhumé au terme d’un autre processus tout aussi minutieux. Artisans, ouvriers et artistes collaboraient pour ériger un tombeau. Le tombeau devait être pourvu de mobilier, de jarres, de vivres, de prières et de peintures pour les funérailles.

Une autre étape essentielle du rituel était l’« Ouverture de la Bouche », au cours de laquelle le prêtre touchait certaines parties de la momie avec un instrument pour ouvrir symboliquement les orifices du corps et permettre à la momie de percevoir la joie lors de son voyage vers l’au-delà. Le défunt était ensuite placé dans un cercueil puis déposé dans sa chambre funéraire ou son tombeau.

On constate que ce rituel élaboré était accompli dans la conviction que la vie est un phénomène précieux qui mérite un tel honneur. Les Égyptiens considéraient que maintenir le corps intact était la meilleure façon de rendre un dernier hommage aux défunts.

Ils pensaient également qu’un corps momifié devait être protégé du mal. C’était une coutume égyptienne ancienne de préserver le corps du défunt car il constituait la demeure de l’âme, et il était essentiel d’accomplir ces rites pour guider l’âme vers l’au-delà.

Les rituels funéraires égyptiens étaient observés dès la période prédynastique en Égypte (6000–3150 av. J.-C.), les Égyptiens croyant en l’existence d’une vie après la mort. On observe que les Égyptiens se préoccupaient de la sauvegarde de leur âme et redoutaient la condamnation éternelle. Ils espéraient la vie éternelle et une paix perpétuelle au-delà de la mort.

Les coutumes funéraires égyptiennes

Les premiers Égyptiens croyaient en la vie après la mort, à tel point qu’ils étaient attentifs à leurs pensées et à leurs actes. Ils reconnaissaient l’importance de la vie éternelle qui attendait chaque âme, une conviction profonde qui trouva son origine dans la période prédynastique en Égypte (6000–3150 av. J.-C.).

Fait intéressant, ils considéraient que les morts continuaient de vivre à l’intérieur de leurs tombeaux. Par la suite, ils crurent que les âmes vertueuses étaient emportées vers les cieux par Nout, la déesse du ciel, pour devenir des étoiles. Sous le Moyen Empire, la dévotion envers Osiris les amena à croire en l’existence du monde souterrain appelé Douat.

Les funérailles égyptiennes

Tous les individus, quel que soit leur rang, méritaient des funérailles, que le défunt fût riche ou pauvre. On croyait que les défunts privés de sépulture appropriée revenaient sous forme de fantômes pour hanter leurs proches vivants.

Les récits de fantômes dans l’Égypte ancienne pouvaient sembler macabres. C’est pourquoi, pour leur accorder le repos, les familles se devaient d’offrir les meilleurs rites funéraires au corps du défunt. Les coutumes funéraires, englobant toutes les provisions nécessaires au voyage vers l’autre monde, étaient d’une importance capitale.

Les tombes égyptiennes antiques étaient à l’origine de simples inhumations. Elles évoluèrent ensuite pour devenir des pyramides gigantesques destinées au pharaon et à sa famille, ce qui explique pourquoi, dans les périodes ultérieures, les tombes de l’Égypte ancienne sont si richement ornées et impressionnantes à contempler.

Momie égyptienne

Un sarcophage était créé pour protéger le corps. Il faut se rappeler que le but des embaumeurs était de préserver le corps pour les millénaires à venir ; ainsi, conserver le corps dans un cercueil était indispensable.

Afin de protéger le corps, les Égyptiens fabriquaient des cercueils sécurisés ornés de hiéroglyphes. Tous ces éléments étaient consignés dans le Livre des Morts égyptien pour rappeler à l’âme ses relations et ses actes de son vivant, sa destination et la manière de passer de ce monde à l’au-delà.

Les Égyptiens disposaient du Livre des Morts comme des instructions les plus complètes pour guider l’âme dans son voyage vers la vie éternelle.

Les cercueils utilisés dans le passé, en particulier sous l’Ancien Empire, étaient simplement faits de bois, mais ils étaient conçus avec soin pour correspondre aux corps des défunts. Ils portaient les symboles de la vie terrestre du défunt, tels que son nom, des offrandes et un compartiment pour les statues du Ka, considérées comme l’adoration des dieux même après la mort.

Ces cercueils étaient décorés selon le statut social du défunt. On peut ainsi imaginer que les membres de la famille royale possédaient des cercueils méticuleusement peints, reflétant leur prestige dans la société, tandis que les plus modestes conservaient leur condition humble même dans leur sépulture.

Les offrandes funéraires

On sait déjà que les offrandes funéraires étaient essentielles dans les funérailles égyptiennes. Leur but premier était de protéger le défunt et de répondre aux besoins de l’âme durant le voyage. Pour ce faire, les proches du défunt plaçaient des objets dans la tombe, notamment des peignes, des bols et de la nourriture.

Comme ils inhumaient également des objets de valeur, tels que des bijoux et de la poterie, les proches redoutaient les pilleurs de tombes, ce qui se produisit effectivement à de nombreuses reprises. Un autre fardeau pour les familles du défunt était le manque d’espace à l’intérieur du tombeau en raison de la multiplicité des offrandes funéraires déposées auprès du corps.

Les sépultures de l’Antiquité étaient empreintes de cérémonies et de rituels. Avec la conviction profonde que leurs prières, leurs offrandes funéraires, leurs coutumes et la guidance des dieux et déesses permettraient à l’âme de voyager en paix.

Les barques funéraires

Les barques funéraires constituaient une part intégrante des funérailles de l’Égypte ancienne, car on les considérait comme le véhicule utilisé par les dieux pour voyager du ciel vers le monde souterrain.

Un témoignage archéologique majeur en est une grande barque funéraire que l’on croit avoir été utilisée à l’époque du roi Khéops sous l’Ancien Empire. Elles étaient essentiellement construites en bois avec des roseaux de papyrus solidement attachés. Associée à cette croyance, le Nil jouait un rôle central.

On peut imaginer la barque transportant le cercueil, accompagnée d’un chien servant de guide vers l’au-delà. D’une longueur de 20 pieds ou davantage, la barque suffisait à transporter le cercueil du défunt. Là encore, on peut comparer : les rois faisaient construire des barques funéraires monumentales, certaines atteignant 144 pieds de long avec 12 rames, tandis que les plus démunis se contentaient de barques plus modestes.

Les textes funéraires

Des paroles et des prières importantes étaient toujours associées au défunt. Les Égyptiens de l’Antiquité étaient réputés pour leur don de poésie et de littérature. Ainsi, sur leurs cercueils, on pouvait découvrir de nombreux textes funéraires contenant des formules magiques et des instructions pour les morts.

Les défunts étaient également honorés par la parole ; un souverain bien-aimé, par exemple, continuait d’être vénéré même après sa mort. Les Égyptiens composaient même des incantations de protection et de guidance contre les influences maléfiques.

Les textes étaient soigneusement sélectionnés parmi un vaste corpus de prières pour assurer la sécurité globale de l’âme. On rapporte que les Égyptiens engageaient des professionnels pour pleurer et prier pour les morts en échange d’une rémunération.

Les plus aisés embauchaient également des scribes pour composer des œuvres plus élaborées pour la noblesse. Par la suite, ces prières furent compilées dans le Livre des Morts, mais il importait peu de savoir si les prières étaient longues ; c’était le sens des prières qui comptait.

Les tombeaux

Les Égyptiens de l’Antiquité construisaient des tombeaux pour les défunts afin de les protéger et de leur assurer un repos complet. C’était également un lieu pour les rituels cérémoniels accomplis par les pleureurs. On peut imaginer l’espace nécessaire à ces tombeaux en raison de l’ampleur des coutumes à observer pour le défunt.

Un tombeau typique de l’époque se composait de deux espaces : la chambre funéraire où l’on pouvait voir le corps momifié dans son cercueil, et un espace dédié aux objets funéraires que l’on considérait comme essentiels au voyage sécurisé de l’âme vers l’éternité.

Cette structure, semblable à une chapelle, n’était qu’un tombeau ordinaire ; en revanche, l’espace sépulcral d’un pharaon constituait déjà un temple où ses sujets pouvaient se recueillir et offrir des prières. En règle générale, le tombeau d’un Égyptien défunt était situé à proximité de son village natal, dans un lieu peu propice à la végétation. Pour un pharaon, cependant, le tombeau devait être implanté stratégiquement dans un endroit sacré.

Dans l’Égypte prédynastique, la tradition consistait à enterrer les morts dans le désert. Par la suite, les espaces funéraires s’agrandirent en fonction du statut économique du défunt.

Le vaste désert était également avantageux pour les plus pauvres, qui ne pouvaient s’offrir les rituels cérémoniels habituellement réservés aux défunts. Pour économiser, les paysans utilisaient des briques crues pour les tombeaux de leurs proches.

Le rôle de la religion dans l’Égypte ancienne

Les civilisations de l’Antiquité se fondaient généralement sur la foi du peuple en un être puissant et éternel. Les Égyptiens vénéraient leurs dieux et déesses, divinités, protecteurs, pourvoyeurs et sauveurs.

Il est essentiel de comprendre le rôle de la religion dans leur vie quotidienne, et il est particulièrement utile de connaître les pratiques religieuses observées par les premiers Égyptiens.

Les croyances religieuses des Égyptiens reposaient sur leur foi profonde en leurs dieux. Ils pratiquaient une croyance dynamique en la vie éternelle et l’au-delà. Ils ressentaient que les dieux étaient omniprésents et pouvaient accomplir ou anéantir leurs aspirations, d’où la nécessité d’une révérence sincère. À la seule lecture de leurs récits, on peut saisir la profondeur de leur conviction religieuse, qui était déjà une part intégrante de leur culture.

Leurs dieux associés à la mort, notamment Osiris, Anubis, et Nephtys,** étaient tout particulièrement invoqués pour une protection et une guidance constantes. Le peuple devait également vénérer et remercier ces dieux pour leur passage en toute sécurité vers l’au-delà.

Conclusion

Pyramides égyptiennes

Les premiers Égyptiens croyaient en la vie après la mort. Ils observaient des cérémonies considérables pour accomplir les rituels mortuaires égyptiens en préparation du voyage de l’âme vers l’éternité.

Il s’agissait d’un ensemble méticuleux de rituels entourant le départ de l’âme, incluant pour l’essentiel de la nourriture, des jeux, des bijoux, des effets personnels, des parfums et des prières aux dieux protégeant l’âme du défunt dans son voyage vers l’au-delà. Au travers de toutes ces cérémonies, on mesure le respect qu’ils portaient aux morts.

La mort et l’inhumation dans l’Égypte ancienne comptaient parmi les moments les plus cruciaux de leur culture. Beaucoup a été fait pour protéger le corps, et parce qu’ils croyaient que le corps devait être préservé, la momification fut inventée. Grâce aux procédures élaborées qu’exigeait la momification, les premiers embaumeurs garantissaient le séchage naturel du corps en utilisant des conservateurs naturels.

La mort est inéluctable, et l’âme de chacun mérite amour, honneur et respect. On ne peut qu’être émerveillé par l’étonnante habileté médicale des Égyptiens de l’Antiquité dans la préservation des corps, capables de résister à l’épreuve du temps. À travers la découverte de ces momies, on constate qu’ils sont la seule civilisation qui nous offre un aperçu de la façon dont les hommes vivaient il y a des milliers d’années.

Créé : 11 janvier 2022

Modifié : 6 mars 2024