Nunc est bibendum (Odes, Livre 1, Poème 37)
(Poème lyrique, latin/romain, v. 30 av. J.-C., 32 vers)
Introduction
« Nunc est bibendum » (« Maintenant il faut boire »), parfois appelée « l’Ode à Cléopâtre », est l’une des plus célèbres parmi les odes du poète lyrique romain Horace, publiée en 23 av. J.-C. comme poème 37 du premier livre des « Odes » ou « Carmina » d’Horace. Le poème est un chant de triomphe célébrant la défaite et la mort de la reine Cléopâtre d’Égypte, et il date probablement de l’automne de 30 av. J.-C., lorsque la nouvelle du suicide de Cléopâtre parvint à Rome.
Résumé
Le poète exulte que voici le moment de boire, de danser et de célébrer. Bien que de telles festivités eussent été inconvenantes auparavant, alors que Cléopâtre constituait encore une menace pour Rome, il est désormais approprié de sortir le vin caecuban millésimé et d’honorer les dieux par un banquet à la manière des Saliens.
Il décrit comment Octavien incendia la majeure partie des navires de Cléopâtre, puis la poursuivit jusqu’en Égypte à bord de son unique navire restant. Cependant, Cléopâtre eut la noblesse d’affronter sa défaite et mit fin à ses jours avec dignité, s’empoisonnant avec un serpent plutôt que de subir l’indignité de la capture et de l’esclavage.
Analyse
Horace composa ses « Odes » en imitation consciente de la poésie lyrique courte des modèles grecs tels que Pindare, Sappho et Alcée. Son génie résidait dans l’application de ces formes anciennes, utilisant en grande partie les mètres saphiques et alcaïques de la Grèce antique, à la vie sociale de Rome à l’époque d’Auguste. Les trois premiers livres des « Odes », dont celui-ci, furent publiés en 23 av. J.-C. « Nunc est bibendum » est le poème le plus anciennement daté de manière certaine dans le recueil, datant presque assurément de l’automne de 30 av. J.-C., lorsque la nouvelle du suicide de Cléopâtre parvint à Rome.
Le poème se concentre sur la défaite de Marc Antoine et Cléopâtre par Octavien à la bataille d’Actium et sur la mort subséquente de Cléopâtre, mais il ne mentionne pas Marc Antoine du tout. Certains commentateurs ont avancé qu’il s’agissait d’une tentative de dépeindre le conflit comme la résolution d’une menace étrangère et non comme l’issue d’une guerre civile en cours. En fait, Cléopâtre elle-même, sujet du poème, n’est pas nommée explicitement dans l’ode non plus, mais est clairement désignée tout au long du texte comme « la reine ».
Les cinq premières strophes constituent une célébration quelque peu triomphaliste de la défaite de Cléopâtre, qu’Horace décrit à un moment comme un « fatale monstrum » (en réalité mieux traduit par « présage funeste » que par « monstre fatal »). Les trois dernières strophes, cependant, changent assez radicalement de ton et d’orientation, mettant l’accent sur la noblesse de Cléopâtre face à la défaite. Il s’agit probablement davantage d’une tentative d’Horace de faire preuve de magnanimité dans la victoire que d’une démonstration d’une quelconque ambivalence à l’égard du triomphe d’Octavien, comme certains l’ont suggéré, et il semble bien qu’Horace destinait son public à voir les deux faces de Cléopâtre.
Ressources
- Traduction anglaise par John Conington (Perseus Project) : http://www.perseus.tufts.edu/hopper/text.jsp?doc=Perseus:text:1999.02.0025:book=1:poem=37
- Version latine avec traduction mot à mot (Perseus Project) : http://www.perseus.tufts.edu/hopper/text.jsp?doc=Perseus:text:1999.02.0024:book=1:poem=37


