Pindare

Classical

(Poète lyrique, Grec, v. 522 – v. 443 av. J.-C.)

Introduction

Pindare fut l’un des plus célèbres poètes lyriques de la Grèce antique, et sans doute le plus connu des neuf poètes lyriques canoniques.

L’Antiquité le tenait pour le plus grand des poètes grecs, et cette estime explique peut-être pourquoi une part importante de son œuvre a été soigneusement préservée (la plupart des autres poèmes lyriques grecs ne nous sont parvenus qu’à l’état de fragments, mais près du quart de l’ensemble des poèmes de Pindare nous sont parvenus intacts).

Il est particulièrement connu pour ses épinicies (ou odes de victoire) composées en l’honneur de personnages illustres et de vainqueurs aux concours athlétiques.

Pindare

Biographie

Pindare naquit aux alentours de 522 ou 518 av. J.-C. dans le village de Cynoscephalae, près de Thèbes en Béotie, fils de Daiphantos et de Cléodicé. Sa famille faisait remonter sa lignée au noble clan des Aegidae de Thèbes, et, au-delà, jusqu’au fondateur légendaire de la cité, Cadmos. Il épousa Megacleia, de qui il eut deux filles, Eumétis et Protomaché, et un fils, Daiphantos.

Bien que Pindare ait probablement été apparenté à des individus et des factions qui s’étaient rangés du côté de la Perse durant les guerres médiques de 490 et 480 av. J.-C., sa carrière ne semble pas en avoir beaucoup souffert. Peu après la guerre, sa réputation de poète s’étendit à l’ensemble du monde grec et de ses colonies. Sa maison à Thèbes fut délibérément épargnée par Alexandre le Grand en reconnaissance des œuvres flatteuses que Pindare avait composées pour son ancêtre, le roi Alexandre Ier de Macédoine.

Pindare voyagea abondamment à travers le monde grec pour se rendre auprès de ses divers mécènes, notamment à la cour de Hiéron de Syracuse en 476 av. J.-C. (où il put rencontrer d’autres grands poètes de l’époque attirés à Syracuse, dont Eschyle et Simonide), auprès des cours de Théron d’Acragas et d’Arcésilas de Cyrène, ainsi qu’à Delphes et à Athènes. Onze de ses 45 odes furent composées pour des Éginètes, ce qui laisse supposer qu’il visita également la puissante île d’Égine.

Il mena une carrière longue et illustre. Son ode la plus ancienne qui nous soit parvenue date de 498 av. J.-C., alors que Pindare n’avait que vingt ans, et la plus récente est généralement datée de 446 av. J.-C., lorsqu’il avait soixante-douze ans. L’apogée de son activité littéraire se situe toutefois entre 480 et 460 av. J.-C.

On croit qu’il mourut à Argos en 443 ou 438 av. J.-C., à l’âge d’environ quatre-vingts ans.

Statue du Diadumène Farnèse

Statue du Diadumène Farnèse

Œuvres

Pindare composa de nombreuses œuvres chorales — péans, chants et hymnes pour les fêtes religieuses — qui ne nous sont connues que par des citations chez d’autres auteurs antiques ou par des fragments de papyrus exhumés en Égypte. Cependant, 45 de ses « épinicies » nous sont parvenues dans leur forme intégrale, et celles-ci sont de toute façon considérées comme ses chefs-d’œuvre. Une « épinicie » est une ode lyrique en l’honneur de personnages illustres (tels que les vainqueurs des concours athlétiques si prisés dans la Grèce antique), destinée à être chantée par un chœur lors des célébrations d’une victoire. Ses odes de victoire conservées sont regroupées en quatre livres selon les jeux auxquels le vainqueur célébré avait participé : les Jeux olympiques, pythiques, isthmiques et néméens, les plus célèbres étant « Ode Olympique 1 » et « Ode Pythique 1 » (datant respectivement de 476 et 470 av. J.-C.).

Les odes de Pindare sont d’une construction complexe, d’un style riche et tout en allusions, saturées de parallèles densément tissés entre le vainqueur athlétique et ses ancêtres illustres, ainsi que de références aux mythes des divinités et des héros qui sous-tendent les fêtes athlétiques. Elles emploient la structure triadique traditionnelle, comprenant une strophe (premier strophe, chantée lorsque le chœur dansait vers la gauche), une antistrophe (deuxième strophe, chantée lorsque le chœur dansait vers la droite) et une épode conclusive (troisième strophe, dans un mètre différent, chantée lorsque le chœur s’immobilisait au centre de la scène).

Œuvres majeures

Créé :1 janvier 2025

Modifié :18 novembre 2024