Iphigénie
Iphigénie, ou Iphigeneia (Ἰφιγένεια), était l’héroïne de deux tragédies d’Euripide — Iphigénie à Aulide et Iphigénie en Tauride. Homère ne la connaissait que sous le nom d’Iphianassa.
Généralement, Iphigénie était considérée comme la fille aînée d’Agamemnon et de Clytemnestre, mais certains affirmaient que sa véritable mère était Hélène, sœur de Clytemnestre.
On raconte que le héros athénien Thésée, avec l’aide de son ami Pirithoos, enleva Hélène alors qu’elle n’était qu’une jeune fille d’environ treize ans. Les frères jumeaux d’Hélène, Castor et Polydeucès, connus sous le nom de Dioscures, la sauvèrent, mais Hélène était déjà enceinte de l’enfant de Thésée. Hélène étant trop jeune pour élever le bébé, sa sœur Clytemnestre recueillit et adopta sa nièce comme sa propre fille.
Quels que fussent les véritables parents d’Iphigénie, ce furent Agamemnon et Clytemnestre qui l’élevèrent. Iphigénie était la sœur d’Électre, de Chrysothémis et d’Orestès. Comme nous l’avons dit, Homère l’appelait Iphianassa, mais dans les Chants cypriens (Cycle épique), Iphianassa et Iphigénie étaient distinguées comme deux filles différentes d’Agamemnon et de Clytemnestre.
Dans la tragédie d’Euripide intitulée Iphigénie à Aulide, la flotte grecque souffrait de vents défavorables qui empêchaient l’armée de prendre la mer vers Troie. Agamemnon avait offensé la déesse Artémis, et le devin grec Calchas prédit que les Grecs ne pourraient jamais quitter la Grèce à moins qu’Agamemnon ne sacrifiât sa fille, Iphigénie. En tant que commandant en chef des forces grecques et frère de Ménélas, son commandement était en jeu. Ménélas et Ulysse forcèrent Agamemnon à choisir entre perdre son commandement et perdre sa fille. Agamemnon accepta à contrecœur.
Ulysse imagina qu’Agamemnon enverrait Iphigénie à Aulide sous prétexte de la marier à Achille, le plus jeune chef des forces grecques. Lorsqu’Achille apprit qu’on utilisait son nom pour tromper Clytemnestre et l’inciter à envoyer Iphigénie à Aulide, il s’éleva contre les Grecs, mais Iphigénie accepta volontairement son sacrifice plutôt que de voir un défenseur courageux périr.
La version originale de la pièce d’Euripide montre peut-être Iphigénie tuée sur l’autel par le couteau sacrificiel, mais la pièce fut ultérieurement modifiée de sorte que la déesse Artémis l’emporta au loin, vers le pays des Tauriens. Artémis substitua une biche à Iphigénie. Quelle que fût la vérité, le sacrifice fut accompli et les Grecs mirent les voiles vers Troie avec des vents favorables.
Voir Les sacrifices à Aulide, dans la guerre de Troie.
Il semblerait qu’Homère ne connaissait pas le mythe du sacrifice d’Iphigénie, car dans l’Iliade, Agamemnon proposait à Achille de lui donner l’une de ses trois filles en mariage si le héros mettait fin à leur querre et revenait au combat.
Selon le Catalogue des femmes, Hésiode affirme qu’Artémis transforma Iphigénie en la déesse Hécate à Aulide. Le géographe Pausanias fait également référence à ce passage du Catalogue des femmes, mentionnant la déification d’Iphigénie. Selon Pausanias, tout étranger débarquant sur le rivage de Tauride était sacrifié à leur déesse vierge ; cette déesse vierge étant Iphigénie/Hécate, et non Artémis.
Le sacrifice de sa fille fut vraisemblablement le mobile qui poussa Clytemnestre à commettre l’adultère avec Égisthe, le cousin d’Agamemnon. Durant l’absence de son mari, ils complotèrent ensemble pour assassiner Agamemnon s’il revenait jamais de Troie.
Des années après le meurtre d’Agamemnon, Orestès, le frère d’Iphigénie, revint à Argos pour venger la mort de son père en tuant Égisthe. Cependant, l’oracle de Delphes lui enjoignit de tuer également sa mère. Orestès obéit à contrecœur à Apollon et à l’oracle, et tua sa mère. Les Furies ou les Érinyes infligèrent la folie à Orestès. Bien qu’acquitté à Athènes, Athéna ayant statué en sa faveur, Apollon lui annonça qu’il ne pourrait véritablement expier le meurtre de sa mère qu’en rapportant la statue de bois d’Artémis du pays des Tauriens.
Les Tauriens étaient inhospitaliers envers les étrangers, qu’ils sacrifiaient à la déesse Artémis. Pylade, le fidèle compagnon d’Orestès, l’accompagna dans ce voyage, mais ils furent capturés et devaient être sacrifiés. La grande prêtresse se montra réticente à sacrifier quelque étranger que ce fût, en particulier ces deux jeunes hommes. Elle leur demanda s’ils accepteraient de transmettre un message à Argos pour elle ; en échange, elle les aiderait à s’évader.
Lorsqu’Orestès comprit que le message lui était destiné et qu’il reconnut l’identité de la grande prêtresse, sa joie fut immense de savoir que sa sœur aînée était vivante. Ensemble, ils complotèrent pour s’enfuir de Tauride avec la statue d’Artémis. Les Tauriens auraient poursuivi les fugitifs si la déesse Athéna n’était pas intervenue en leur faveur. La déesse ordonna que les sacrifices humains devaient cesser. Le frère et la sœur regagnèrent la Grèce avec la statue. La malédiction des Érinyes prit fin, et Orestès fut guéri de sa folie.
Hygin raconte que le retour d’Iphigénie à Argos faillit se solder par une tragédie, car Électre apprit que sa sœur avait sacrifié son frère bien-aimé. Électre aurait assassiné sa sœur aînée si Orestès n’était pas revenu à temps pour sauver Iphigénie d’une nouvelle tragédie familiale.
Informations complémentaires
Nom
Iphigénie, Iphigenia, Ἰφιγένεια.
Iphianassa.
Hécate ?
Sources
L'Odyssée, composée par Homère.
Les Chants cypriens faisaient partie du Cycle épique.
Électre, composée par Sophocle.
Les œuvres suivantes furent composées par Euripide :
Iphigénie à Aulide.
Iphigénie en Tauride.
Les Fabulae furent rédigées par Hygin.