Banshee

Celtic

À l’origine, dans la littérature irlandaise, le mot banshee signifie littéralement « femme du tertre féerique » ou, plus simplement, « femme fée ». Ban ou bean signifie « femme ». Les diverses graphies et prononciations du terme désignant le tertre féerique renvoient au royaume de l’Autre Monde, que les Irlandais appelaient shee, sid, sidh ou sidhe.

Le mot banshee pourrait avoir pour origine l’Est du Munster, et il existe de nombreuses graphies possibles. En irlandais gaélique, on peut trouver banshie, bean sidhe et ben side. Les formes écossaises sont ban-sith, bean-shith et bean sith. La forme mannoise est ben shee.

Ce n’est que dans les traditions postérieures du folklore irlandais et gaélique écossais que le terme banshee en vint à désigner un spectre ou un esprit féminin, dont les lamentations présagent la mort d’un membre du foyer. Cette banshee était attachée à une personne ou à une famille, agissant en quelque sorte comme une fée attachée à la lignée.

Elle se contente d’annoncer la mort imminente d’un individu. Contrairement à la fée bretonne korrigan, la banshee ne provoque pas la mort d’une personne par sa puissance ou par une malédiction. Un être apparenté à la banshee est la Lavandière du gué, connue dans le folklore écossais sous le nom de bean nighe.

Selon le poète irlandais Yeats, la banshee était parfois accompagnée d’un Dullahan, un cocher féerique acéphale. On croyait également parfois qu’en ces occasions, la banshee elle-même était décapitée. En 1807, il fut rapporté qu’une banshee acéphale avait effrayé à en mourir deux sentinelles postées à James’ Park.

La banshee était parfois perçue comme une jeune femme d’une grande beauté, en particulier dans les textes irlandais, tandis que d’autres sources issues de la tradition écossaise la décrivaient comme une vieille sorcière. Son apparence variait donc considérablement. Ce qui est commun aux deux traditions, c’est que la banshee avait de longs cheveux dénoués et était vêtue de blanc, bien qu’elle fût parfois aperçue drapée d’un manteau gris sur une robe verte. Autre tradition partagée : on pouvait l’entendre pleurer ou se lamenter, produisant un son semblable au chant funèbre des pleureuses. Et en raison de ses pleurs continus, ses yeux étaient rouges.

En 1987, Patricia Lysaght a soutenu que l’ancêtre le plus proche de la banshee dans l’ancienne mythologie irlandaise était Fedelm, la voyante du Táin Bó Cuailnge (Cycle d’Ulster). On trouve une description remarquable de son apparence, de sa parure et de ses dons de divination. Cependant, je reste sceptique quant à l’affirmation de Lysaght : Fedelm n’était pas un spectre comme la banshee, mais une femme formée en Alba (nom gaélique de l’Écosse).

Informations connexes

Nom

banshee – « Femme du tertre féerique ».
bean sidhe, banshie, ben side (irlandais).
ban-sith, bean-shith, bean sith (écossais).
ben shee (mannois).

Culture

Irlandaise, écossaise, mannoise.

Type

solitaire.

Sources

Táin Bó Cuailnge (Razzia des vaches de Cooley).

Fairy and Folk Tales of the Irish Peasantry, écrit et édité par William Butler Yeats (1888).

Fairy Legends and Traditions, écrit par Thomas Crofton Croker (1825).

Créé :3 juin 2005

Modifié :3 mai 2024