Les monstres dans l'Odyssée d'Homère : Scylla, Charybde et les Sirènes
Dans la mythologie grecque, les monstres de l’Odyssée comprennent Scylla, Charybde, les sirènes et Polyphème le cyclope. Ce sont des figures majeures de l’Odyssée, ce poème épique considéré comme l’un des deux chefs-d’œuvre de la littérature grecque, composé par Homère au VIIIe siècle avant notre ère. Le voyage d’Ulysse fut semé d’épreuves et de péripéties, telles que l’affrontement de tempêtes, la confrontation à l’infortune et la rencontre de monstres sur le chemin du retour.
Qui sont les monstres de l’Odyssée ?
Les monstres sont les antagonistes du poème épique l’Odyssée. Ce sont ceux qu’Ulysse rencontre lors de son voyage de retour de dix ans vers Ithaque, où il réside et règne, après la guerre de Troie en Anatolie. Ces monstres portent en eux une dimension tragique, que ce soit dans leur destinée ou dans la manière dont ils sont devenus ce qu’ils sont.
Polyphème dans l’Odyssée
Polyphème, dans la mythologie grecque, est le fils de Poséidon, le dieu de la mer. Polyphème est l’un des adversaires rencontrés par Ulysse et ses compagnons lors de leur traversée vers Ithaque. Cette rencontre est relatée au livre IX de l’Odyssée.
L’aventure de Polyphème et les Lotophages
Après avoir été égarés par la tempête pendant plusieurs jours, Ulysse ne sait plus exactement où ils se trouvent ; ils abordent l’île des Lotophages. Il détache trois de ses compagnons pour explorer l’île. Ceux-ci rencontrent un groupe d’êtres qui semblent humains, amicaux et inoffensifs. Ces êtres leur offrent des plantes de lotus, qu’ils mangent. Les compagnons d’Ulysse trouvent la plante délicieuse et perdent aussitôt toute volonté de rentrer chez eux, ressentant le désir irrésistible de rester avec les Lotophages, qui étaient des monstres.
Ulysse part à la recherche de ses compagnons, les retrouve, les ramène de force au navire et fait promptement quitter l’île. Ces plantes de lotus passent pour faire oublier qui les consomme. Comme l’équipage d’Ulysse a mangé du lotus avant le départ, ils parviennent bientôt au pays des Cyclopes. Les Cyclopes sont des géants à un seul œil, créatures grossières et isolées, dépourvues de sens de la communauté, mais habiles dans l’art de fabriquer le fromage.
Ulysse et ses compagnons espèrent trouver de la nourriture à leur arrivée. Ils errent sur l’île à la recherche de provisions. Ils découvrent une grotte remplie de réserves, telles que des crates de lait et de fromage, ainsi que des moutons. Ils décident d’attendre le propriétaire à l’intérieur de la grotte. Peu après, Polyphème le cyclope géant revient et obstrue l’entrée de la grotte avec un rocher immense.
Le géant est agréablement surpris de voir Ulysse et son équipage, pensant trouver de la nourriture délicieuse dans sa grotte. Il saisit deux des compagnons d’Ulysse et les dévore. Polyphème dévore deux autres hommes au petit-déjeuner du lendemain matin. Il laisse Ulysse et ses compagnons dans la grotte et sort avec son troupeau de moutons.
Ulysse élabore un stratagème pendant l’absence du géant. Il aiguise un énorme pieu et, à son retour, offre du vin au cyclope avant de l’aveugler une fois celui-ci ivre. Ils parviennent à s’échapper en s’attachant sous le ventre des moutons de Polyphème. Ulysse et ses compagnons réussissent à échapper à la cruauté du géant et reprennent la mer. Polyphème invoque alors son père Poséidon pour s’assurer qu’Ulysse ne revienne jamais vivant dans sa patrie.
Les Sirènes dans l’Odyssée
Les sirènes de l’Odyssée sont des créatures envoûtantes, à moitié humaines et à moitié oiseaux, qui attirent les marins vers leur perte par leur chant irrésistible. Ces sirènes comptent parmi les monstres féminins de l’Odyssée. On croyait qu’aucun homme n’avait jamais survécu à l’ouïe du chant des sirènes.
Heureusement, Circé, une déesse qui avait autrefois retenu Ulysse captif, l’avait averti de ce danger et lui avait conseillé de se boucher les oreilles avec de la cire. La cire, semblable à celle dont on fait les bougies, était assouplie sous les rayons du soleil, puis façonnée en petits morceaux. Ulysse boucha les oreilles de chacun de ses compagnons afin qu’ils ne tombent pas dans le piège.
Ulysse, grand aventurier qu’il était, voulait entendre ce que les sirènes avaient à lui dire, afin de pouvoir vivre et raconter l’histoire. Il décida donc de ne pas mettre de cire dans ses oreilles. Il ordonna plutôt à ses compagnons de l’attacher au mât du navire et leur demanda de le ligoter plus étroitement encore s’il suppliait d’être libéré. À mesure qu’ils s’approchaient de l’île des sirènes, le bon vent frais qui gonflait leurs voiles s’étrangement tomba. L’équipage saisit aussitôt ses rames et se mit à nager.
En passant devant l’île, Ulysse se débattit et tira sur ses liens dès qu’il perçut les voix et la musique captivantes des sirènes. Les compagnons d’Ulysse tinrent leur promesse et le ligotèrent encore plus étroitement tandis qu’il les suppliait de le libérer.
Finalement, ils atteignirent une distance sûre où l’on pouvait détacher Ulysse du mât, le chant des sirènes s’étant estompé. Les compagnons retirèrent la cire de leurs oreilles et poursuivirent leur long voyage vers la patrie.
Scylla et Charybde dans l’Odyssée
Une fois Ulysse et son équipage passés devant l’île des Sirènes, ils se trouvèrent face à Scylla et Charybde. Scylla et Charybde dans l’Odyssée sont des créatures surnaturelles, irrésistibles et immortelles qui hantent le chenal étroit du détroit de Messine, qu’Ulysse et ses compagnons doivent traverser. Cette rencontre se trouve au livre XII de l’Odyssée.
Scylla était une créature marine dotée de six têtes dressées sur de longs cous serpentin. Chaque tête était munie d’une triple rangée de dents semblables à celles d’un requin. Sa taille était entourée de têtes de chiens aboyants. Elle vivait d’un côté du chenal et dévorait tout ce qui passait à sa portée. Charybde, quant à elle, avait son repaire sur la rive opposée du chenal. C’était un monstre marin qui engendrait des tourbillons sous-marins gigantesques menaçant d’engloutir un navire entier.
En traversant le chenal, Ulysse choisit de longer les falaises de l’antre de Scylla et d’éviter le tourbillon colossal créé par Charybde, conformément aux conseils de Circé. Cependant, tandis qu’il jetait un regard furtif vers Charybde de l’autre côté, les têtes de Scylla se penchèrent et dévorèrent six des compagnons d’Ulysse.
Résumé de Scylla et Charybde
Lors de la rencontre avec Scylla et Charybde, Ulysse accepta de perdre six de ses compagnons, laissant les six têtes de Scylla les dévorer plutôt que de perdre le navire entier dans le tourbillon de Charybde.
Aujourd’hui, l’expression « entre Scylla et Charybde » est devenue un idiome tiré de ce récit, qui signifie « choisir le moindre de deux maux », « se trouver coincé entre le marteau et l’enclume », « sur la corne d’un dilemme » et « entre la peste et le choléra ». Elle s’emploie lorsqu’une personne est confrontée à un choix entre deux extrêmes également défavorables, menant inévitablement au désastre.
La métamorphose de Scylla en monstre
Le dieu marin Glaucos était épris de la belle nymphe Scylla, mais il s’agissait d’un amour non partagé. Il sollicita l’aide de la magicienne Circé pour la conquérir, sans savoir qu’il commettait une erreur, car Circé elle-même aimait Glaucos. Circé transforma alors Scylla en un monstre terrifiant.
Toutefois, d’autres poètes affirmaient que Scylla était tout simplement un monstre né d’une lignée monstrueuse. Dans une autre version, on raconte que le dieu marin Poséidon était l’amant de Scylla ; la Néréide Amphitrite, jalouse, empoisonna l’eau de la source où Scylla se baignait et finit par la transformer en monstre marin. L’histoire de Scylla est l’une de celles où la victime devient un monstre par jalousie ou par haine.
Que symbolisent les monstres de l’Odyssée ?
Le poème épique de l’Odyssée permet au lecteur de voir au-delà de la peur innée de l’humanité, notamment face aux dangers de l’inconnu, et de saisir les significations dissimulées derrière les traits que ces monstres incarnent. Ces monstres, qui servent d’antagonistes principaux dans le voyage d’Ulysse, représentent plusieurs choses et revêtent de multiples formes.
Les créatures mythiques barbares comme Polyphème le Cyclope, les êtres impitoyables tels que les sirènes, Scylla et Charybde, et les créatures d’apparence plus humaine comme Calypso et Circé symbolisent tous le châtiment divin, la guidance intérieure et les choix difficiles qui constituent le principal moteur de la transformation et du développement du personnage d’Ulysse dans le récit.
Le voyage d’Ulysse constitue peut-être le cœur du récit, mais les monstres et les symboles qu’ils représentent continuent d’offrir à Ulysse une croissance continue de la sagesse et un affinement spirituel qui le forgeront pour devenir un meilleur roi, tout en transmettant aux lecteurs la morale de l’histoire, pour peu qu’ils regardent et comprennent plus profondément.
Conclusion
L’Odyssée d’Homère était peuplée de monstres qui rendirent le voyage de retour d’Ulysse extrêmement éprouvant, mais son courage et sa volonté de rentrer chez lui motivèrent et l’aidèrent, ainsi que tout son équipage, à survivre aux épreuves et aux difficultés qui se dressèrent sur leur route.
- Ulysse accomplissait la traversée avec son équipage, d’Anatolie vers Ithaque.
- Ulysse survécut à la tentation des Lotophages.
- Si la plupart des monstres célèbres sont féminins, il existe également des monstres masculins célèbres tels que Polyphème.
- Les sirènes sont des monstres hautement symboliques, représentant la tentation, le risque et le désir. Bien qu’elles soient dépeintes comme des créatures envoûtantes, quiconque entend leur chant ensorcelant perd la raison.
- Scylla et Charybde, deux des monstres les plus éminents de l’Odyssée, furent affrontées par Ulysse lui-même.
Après tout ce qu’il a traversé, Ulysse parvint enfin à Ithaque, où son épouse Pénélope et son fils Télémaque l’attendaient, et il reconquit son trône. Le long voyage fut sans doute accablant, mais il lui assura une victoire glorieuse.

