Le Pays des Morts dans l'Odyssée
Dans l’Odyssée, les chants 10 et 11 sont connus sous le nom de « Pays des Morts ». L’Odyssée se poursuit avec Odysseus qui continue sa quête pour retourner à Ithaque. Ayant aveuglé le redoutable cyclope, Polyphème, Odysseus s’est échappé de son île et a poursuivi sa route. Au début du chant 10 de l’Odyssée, Odysseus et son équipage parviennent à l’île du dieu du vent, Éole.
Odysseus a perdu six hommes, victimes de l’appétit insatiable du cyclope. Pour s’échapper de la caverne du monstre, lui et ses hommes ont enfoncé un pieu affûté dans son œil, le aveuglant. Ce faisant, il a attiré sur lui la colère de Poséidon, qui se trouvait être le père de Polyphème. Avec les dieux désormais dressés contre lui, il met les voiles une fois de plus vers Ithaque. Au chant 10 de l’Odyssée, Odysseus connaît une meilleure fortune, du moins dans un premier temps. Il parvient à l’île Éolienne, où Éole et ses douze fils et filles vivent auprès de son épouse bien-aimée.
Le résumé du chant 10 de l’Odyssée serait de dire qu’Odysseus s’est échappé du cyclope pour se joindre à un festin chez le gardien des vents et a failli rentrer chez lui. Malheureusement pour Odysseus, l’histoire ne s’arrête pas là.
Éole offre un festin à Odysseus et à son équipage. Cet hôte généreux leur offre un mois d’hospitalité avant de les renvoyer sur leur chemin avec un cadeau encore plus grand — un sac contenant tous les vents à l’exception du vent d’Ouest, qu’il libère pour propulser le navire vers Ithaque.
Tout se passe pour le mieux. Odysseus, refusant de prendre le moindre risque, prend lui-même la barre. Il navigue pendant neuf jours. Lorsque le rivage est en vue, il aperçoit les guetteurs allumant les feux de signalisation le long de la côte et s’endort enfin.
Un funeste souffle de vent
Si près du foyer, l’équipage commence à murmurer entre eux. Les rivages familiers d’Ithaque sont en vue, et ils sont presque arrivés… mais qu’ont-ils gagné ?
Ils ont connu des horreurs, des batailles et des pertes. Ils ont pleuré leurs compagnons. Il n’y a rien derrière eux sinon la mort et la destruction. Ils n’ont rien dans leurs poches. Ils ont à peine les provisions nécessaires pour survivre quelques jours de plus, et encore moins pour un autre voyage. Ils ont voyagé et bien servi leur capitaine, et ils rentrent chez eux les mains vides.
Murmurant entre eux, l’équipage décide que le généreux Éole a certainement offert à Odysseus un trésor grandiose. Assurément, le gardien des vents, avec tous ses trésors et ses riches festins, a dû donner à Odysseus de l’or et de l’argent au minimum. Avec toutes les merveilles qu’ils ont vues, ils commencent à croire que le sac contient de l’or et de l’argent, et peut-être des objets magiques.
Déterminés à voir ce que leur maître ne leur a pas partagé, ils ouvrent la bourse donnée par Éole. La malédiction de Zeus est déchaînée, ainsi que tous les autres vents. La tempête qui en résulte les refoule jusqu’à l’île d’Éole.
Maudit par les dieux
Éole entend les supplications d’Odysseus à l’aide, mais il reste insensible au mortel. Ayant gaspillé son premier don, Odysseus a perdu sa faveur et doit maintenant poursuivre sa route sans l’aide des vents. L’équipage est puni pour sa folie et sa cupidité par la nécessité de ramer les lourds navires à la force des bras. Sans vent pour les pousser, ils sont immobilisés sur l’eau et dépendent entièrement de la seule force humaine pour continuer :
“So I spoke and addressed them with gentle words, but they were silent. Then their father answered and said: `Begone from our island with speed, thou vilest of all that lives. In no wise may I help or send upon his way that man who is hated of the blessed gods. Begone, for thou comest hither as one hated of the immortals.
“So saying, he sent me forth from the house, groaning heavily. Thence we sailed on, grieved at heart. And worn was the spirit of the men by the grievous rowing, because of our own folly, for no longer appeared any breeze to bear us on our way.”
Ils naviguèrent encore six jours avant de parvenir à Lamos. Deux des navires d’Odysseus entrent dans le port principal, tandis qu’Odysseus se tient en retrait, s’amarrant à l’extérieur de l’entrée. Il envoie trois de ses hommes en éclaireurs pour voir s’ils seraient les bienvenus ici.
Le premier des trois subit un sort horrible, devenant le repas du roi géant, Antiphate. Les autres ne s’en tirent pas mieux, courant pour sauver leur vie vers les navires. Les géants de la région, les Lestrygons, sortent et lancent des rochers, écrasant les navires et tuant tous les hommes. Odysseus prend la fuite. Avec un seul navire restant, il poursuit sa route.
Le sortilège de Circé
Odysseus et son équipage restant naviguent plus loin jusqu’à ce qu’ils parviennent à une autre île. L’équipage rechigne à explorer l’île très loin, et on les comprend. Ils ont visité une île où un cyclope a dévoré six de leurs compagnons et une autre où des géants ont détruit leurs navires restants et ont fait des repas de leurs équipages. Ils ne sont guère enclins à visiter une énième île inconnue où des dieux et des monstres pourraient être aux aguets pour en dévorer d’autres.
Odysseus leur dit que leur chagrin et leur peur ne servent que leur propre sécurité et ne leur apportent ni avantage ni honneur. Il divise le reste de son équipage en deux groupes. Le sort désigne celui mené par Euryloque, et ils se mettent en route, bien qu’à contrecœur.
Le groupe parvient au château de la sorcière Circé, et malgré leur peur, son chant les berce, et ils entrent lorsqu’elle les y invite, tous sauf Euryloque, qui reste à l’extérieur pour monter la garde. Circé drogue le festin d’une potion qui transforme les hommes en porcs, effaçant leurs souvenirs et leur humanité.
Euryloque retourne aux navires pour faire son rapport à Odysseus. Ce dernier ceint immédiatement son épée et se met en route, mais il est arrêté par un jeune homme en chemin. Déguisé, Hermès offre à Odysseus le don du moly, une drogue qui empêchera les potions de Circé d’agir. Il conseille à Odysseus de se précipiter sur Circé et de la menacer de son épée. Lorsqu’elle cédera, lui dit Hermès, elle l’invitera dans son lit. Odysseus doit accepter, après avoir obtenu sa parole qu’elle ne lui fera aucun mal.
Odysseus suit les instructions d’Hermès, et son équipage est restauré. Ils passent une année à festoyer et à vivre dans le luxe au château de Circé avant que l’équipage ne le convainque de repartir.
Circé donne ses instructions à Odysseus. Il ne pourra pas retourner directement à Ithaque. Il devra voyager à travers le Pays des Morts. Dans l’Odyssée, il n’y a pas de chemin direct vers le foyer.
Résumé du Chant 11 de l’Odyssée
Alors que le Pays des Morts de l’Odyssée se poursuit, Odysseus choisit de prendre congé de Circé. Elle l’informe que son voyage ne sera pas aisé et que les parties les plus difficiles du périple l’attendent encore. Odysseus est accablé de chagrin et bouleversé à l’annonce qu’il devra voyager à travers le Pays des Morts. Le chant 11 de l’Odyssée est l’accomplissement de la prédiction de Circé.
“…you must first complete another journey, and come to the house of Hades and dread Persephone, to seek soothsaying of the spirit of Theban Teiresias, the blind seer, whose mind abides steadfast. To him even in death, Persephone has granted reason, that he alone should have understanding; but the others flit about as shadows.”
Accablé de chagrin à l’annonce qu’il devra se rendre dans les royaumes d’Hadès, Odysseus se met en route une fois de plus. Le chant 11 de l’Odyssée se poursuit alors qu’il quitte l’île de Circé et met les voiles vers le redoutable Pays des Morts.
Un prophète, une rencontre et un contraste
Malgré son effroi, Odysseus n’a pas d’autre choix. Il doit se rendre au Pays des Morts. Suivant les instructions qui lui ont été données, il creuse une tranchée et verse du lait, du miel et le sang d’animaux sacrifiés. Le sang et les offrandes attirent les esprits des morts. Ils viennent, se pressant vers le sacrifice. À son grand effroi, Odysseus se trouve confronté aux esprits d’un matelot perdu, de sa propre mère et du prophète Tirésias.
Tirésias apporte des nouvelles qu’Odysseus a besoin d’entendre. Il l’informe qu’il est frappé par la colère de Poséidon et qu’il affrontera d’autres épreuves avant de retourner à Ithaque. Il le met en garde contre le fait de nuire au bétail d’Hélios. S’il lui fait du tort, il perdra tous ses hommes et ses navires. Ils n’atteindront le foyer que s’ils font preuve de discernement et d’une grande prudence.
Tirésias informe également Odysseus qu’il devra se lancer dans une nouvelle quête une fois arrivé à Ithaque. Il devra voyager vers l’intérieur des terres jusqu’à trouver des peuples qui n’ont jamais entendu parler de Poséidon. Lorsqu’il atteindra sa destination, il devra brûler des sacrifices en l’honneur du dieu.
Lorsque Tirésias a fini de parler, la mère d’Odysseus est autorisée à s’avancer et à lui parler. Elle lui explique que Laërte, son père, vit encore mais a perdu la volonté de vivre. Enfin, Achille, son ancien compagnon, vient et se lamente des tourments du Pays des Morts, rappelant avec force la valeur de la vie qu’Odysseus possède encore. Odysseus, bouleversé par ce qu’il a vu et entendu, se réjouit de pouvoir partir. Il n’a aucune envie de passer plus de temps que nécessaire dans le Pays des Morts.
Par Monde Mythique
Créé : 16 février 2024
Modifié : 3 janvier 2025

