Histoire de Damas : à la découverte des secrets de la Perle de l'Orient
L’histoire de Damas révèle les secrets de la ville connue sous le nom de Perle de l’Orient, autrement dit la ville de Damas, capitale de la Syrie. Elle doit ce surnom à sa beauté et à sa fraîcheur. Située dans le sud-ouest de la Syrie, Damas a conquis le cœur de nombreux voyageurs, parmi lesquels Mark Twain en 1867.
Le nom Damas provient du mot Dimashka, ce qui suggère que les origines de la ville remontent à une époque antérieure à l’histoire écrite. Certains la désignent également sous le nom d’al-Sham, qui signifie « la gauche » ou « le nord ».
Ce nom désigne probablement une direction par rapport à la péninsule Arabique. La ville est aussi appelée « La Fragrante » en raison de la fraîcheur de ses orchidées et de ses jardins, qui répandent dans la ville un parfum vivant. Environ 75 % des habitants de Damas sont de confession musulmane sunnite. Les autres sont chrétiens ou appartiennent à d’autres confessions.
Lors de votre visite, vous pourrez admirer la célèbre cathédrale Saint-Paul ainsi que l’antique Grande Mosquée.
Histoire de Damas
Vous constaterez que Damas est universellement reconnue comme une cité antique, bien que la date exacte de l’arrivée des premiers colons demeure inconnue.
Selon certains chercheurs, un centre urbain existait déjà dans la région au IVe millénaire avant notre ère, comme en témoigne la céramique découverte dans la Vieille Ville. Par ailleurs, la mention « Damaski » a été relevée sur une tablette d’argile remontant au IIIe millénaire avant notre ère.
Quand Damas a-t-elle été fondée ?
Nul ne connaît la date exacte de la fondation de la ville, mais elle est considérée comme l’une des plus anciennes villes continuellement habitées au monde. Certains rapports indiquent que les premiers établissements humains remonteraient au IIe millénaire av. J.-C. La position géographique de Damas a été mentionnée pour la première fois avec précision sur une tablette en écriture hiéroglyphique découverte à Tell el-Amarna, en Égypte. Selon les sources, Damas faisait partie des régions soumises par Thoutmôsis III en 1490 av. J.-C.
Par la suite, la ville fut reconnue comme la capitale de l’Aramée, une région située dans une position stratégique sur un plateau à 680 mètres d’altitude, à environ 80 kilomètres de la mer Méditerranée. L’étude de l’histoire de Damas vous mènera à des témoignages matériels significatifs de cette époque, notamment une dalle de pierre représentant un sphinx ailé, découverte lors de fouilles sous une mosquée.
La Damas antique était sous le contrôle des Araméens, comme l’ont montré les archéologues qui ont retrouvé les traces de leur héritage dans le système de canaux. Ces infrastructures étaient manifestes bien avant l’avènement de l’islam.
Par la suite, Damas fut soumise par des conquérants étrangers tels que les Assyriens, les Babyloniens, les Perses et les Romains au Ier siècle de notre ère. Alexandre le Grand s’empara également de la ville en 333 av. J.-C., après quoi elle fut intégrée au monde hellénistique pendant près de mille ans. C’est alors que Damas acquit une nouvelle dimension de métropole.
Les Omeyyades érigèrent la Grande Mosquée de Damas à l’emplacement où se trouvaient auparavant l’église byzantine de Saint-Jean et le sanctuaire araméen d’Hadad. En outre, Damas est mentionnée dans la Bible lorsque Saul de Tarse, marchant sur une route, entendit la voix de Dieu lui demandant pourquoi il persécutait les chrétiens.
Il fut frappé de cécité jusqu’à ce qu’il s’humilie et devienne finalement le plus ardent des disciples. Damas fut christianisée en même temps que le reste de la Syrie au IVe siècle, puis devint une porte militaire vitale pour l’Empire byzantin. On peut identifier la Damas romaine par la suite, car elle fut construite puis s’est développée avec un bagage théologique et doctrinal.
Damas, cité islamique
La présence de l’Empire romain avait introduit la foi chrétienne dans la ville durant l’époque de la Damas médiévale, mais la foi islamique commençait également à se répandre dans de nombreux pays arabes à cette époque.
Ainsi, lorsque l’islam fut introduit à Damas, les Musulmans s’attachèrent à transformer la ville en établissant le centre du pouvoir califal omeyyade. La transition du pouvoir s’opéra alors avec une grande rapidité.
La Grande Mosquée de Damas, par exemple, constituait un modèle achevé de l’architecture islamique. Elle présentait des motifs complexes et des mments richement ornés, évoquant des édifices pittoresques, des villages et des décors somptueux.
Des batailles opposèrent les Omeyyades aux Abbassides. Les Omeyyades furent vaincus par les Abbassides en 750, et un changement immédiat fut impulsé par les nouveaux souverains. Les Abbassides s’installèrent à Bagdad, faisant de cette ville leur capitale.
Dès lors, Damas fut reléguée au rang de ville provinciale, dépourvue de son importance économique antérieure, tandis que les édifices construits par les Omeyyades étaient incendiés et détruits. Vous avez ici une image de Damas dans ses heures sombres. La ville ne recouvra pas sa souveraineté et fut rattachée au Caire au IXe siècle.
Au cours de cette époque, les batailles se succédèrent jusqu’à ce qu’un puissant commandant militaire turc, l’émir Nur al-Din ibn Zangi, s’empare de la ville en 1154. Une renaissance s’ensuivit, marquée par la construction de nouveaux bâtiments, de formes architecturales inédites et d’espaces destinés aux immigrants.
Damas se transforma en un centre religieux et éducatif majeur. Les émirs projetèrent d’y construire des collèges religieux, ou madrasas, ainsi que des dômes funéraires. À cette époque, la direction ayyoubide s’était établie autour de la Grande Mosquée.
On peut imaginer la difficulté de la vie des Syriens face aux invasions successives, à l’instar de la dévastation causée par l’attaque mongole de 1260. Cette offensive entraîna la défaite de la Syrie et sa dépendance directe à l’égard des Mamelouks.
Le sort de Damas à cette époque fut fascinant : la ville fut choisie comme siège des députés du sultan en Syrie. Cette période fut suivie d’une prospérité économique, qui s’épanouit au XIVe siècle, après la fin de la domination mongole.
Par la suite, Damas servit de base arrière à la lutte musulmane contre les Croisades, et la ville dut rester vigilante non seulement face aux combats, mais aussi face à la peste. La ville subit deux catastrophes durant la période mamelouke.
La première fut la peste, ou mort noire, de 1348 à 1349. Elle tua jusqu’à la moitié de la population de la ville. La seconde fut le pillage de la ville par Tamerlan, qui ordonna en outre la déportation des artisans qualifiés vers sa capitale, Samarcande, dans l’actuel Ouzbékistan. Imaginez les défis que ces événements posèrent aux habitants de Damas.
La période ottomane
Avec l’avènement de la dynastie ottomane, les habitants de Damas perdirent leur influence politique, mais leur importance commerciale demeura. Le commerce s’intensifia entre le Moyen-Orient et les Balkans.
Le progrès économique de la région fut stimulé par le hajj, ou saison de pèlerinage. Les dirigeants musulmans de l’époque s’attachèrent à mobiliser les ressources nécessaires pour sécuriser le hajj et développer les centres urbains, en particulier à Damas, sur la route menant d’Anatolie à La Mecque.
Midhat Pacha, l’incomparable réformateur ottoman, apporta des améliorations à la communauté en tant que représentant principal. Il préconisa l’élargissement des routes et développa l’assainissement.
Au milieu du XXe siècle, la ligne ferroviaire Damas–Médine, qui réduisit à cinq jours le voyage des pèlerins, fut conçue par des architectes allemands. Pendant la Première Guerre mondiale, Damas devint le quartier général consolidé des puissances ottomane et allemande.
La naissance de la Damas moderne
L’autonomie du royaume de Syrie fut éphémère. Durant la Première Guerre mondiale, les puissances européennes s’étaient entendues pour se partager les territoires de l’Empire ottoman.
La Syrie fut placée de force sous tutelle française, et Damas fut confiée au général Henri Gouraud le 25 juillet 1920. Damas s’opposa à la prise de contrôle française, mais la décision fut maintenue jusqu’à mi-1927.
Un nouveau plan urbain fut rapidement mis en place, instaurant une zone résidentielle moderne autour de la Vieille Ville, l’isolant effectivement d’al-Ghūṭah, d’où provenaient régulièrement les soulèvements. Dans cette ville moderne, les normes sociales européennes rivalisaient ouvertement avec les traditions locales.
Les années de mandat français en Syrie furent marquées par de graves luttes politiques, le socialisme et — surtout — le nationalisme arabe. Les habitants de Damas, aux côtés de leurs compatriotes, luttèrent pour l’indépendance de leur pays et pour l’objectif plus large d’un État arabe unifié. Cette quête de liberté fut loin d’être une entreprise aisée.
La ville a changé de souverains à de multiples reprises au cours de son histoire. Chaque régime a laissé des empreintes qui sont devenues partie intégrante de la riche trame historique de la ville. La ville elle-même, cependant, a prospéré, comme elle le fait aujourd’hui, au cœur d’une Syrie indépendante.
Avez-vous remarqué que la riche histoire de Damas est bien vivante et continue de prospérer ? Malgré une liberté limitée, la ville fait de son mieux pour subsister. Elle a traversé plusieurs invasions et a été vaincue à maintes reprises, mais elle continue de survivre. La mosquée des Omeyyades est la plus grande mosquée de l’islam, derrière seulement les mosquées de La Mecque et de Médine.
Le site de la mosquée abritait autrefois un sanctuaire du peuple araméen de l’antique Syrie. Par la suite, il fut occupé par un temple romain. Entre-temps, il servit d’église chrétienne à l’époque de Constantin.
Près de l’entrée nord de la mosquée se trouve le tombeau de Salah al-Din ibn Ayyub (Saladin), le légendaire souverain guerrier qui vainquit les Croisés lors de plusieurs batailles décisives et les chassa de la région.
Un témoignage historique remarquable se trouve au souq al-Hamidiyya, où une ancienne rue fut transformée en un marché couvert animé durant la période ottomane de la fin du XIXe siècle. Ce marché n’est qu’un des lieux les plus prisés de la Vieille Ville, où les marchands troquent épices, douceurs, tapis et toutes sortes de produits séduisants.
Vous pouvez visiter les demeures traditionnelles de Damas : d’apparence simple à l’extérieur, elles révèlent à l’intérieur de riches jardins de patio et un aménagement créatif du mobilier.
Par exemple, le palais Azem, construit au milieu du XVIIIe siècle, fut autrefois la résidence d’un gouverneur de Damas. Il abrite aujourd’hui le musée des Arts et des Traditions populaires. Damas continue d’exercer une force d’attraction pour les courants politiques, les intérêts économiques et les Syriens ruraux en quête d’une vie meilleure dans la capitale. Elle offre les opportunités de la vie urbaine à ceux qui préfèrent l’animation trépidante de la grande ville.
La Damas contemporaine est une métropole moderne et, à l’instar d’autres grandes villes, elle est confrontée à de nombreux problèmes que l’on retrouve dans les métropoles du monde entier. Les contraintes géographiques et les ressources en eau limitées comptent parmi les défis les plus courants. Pour les amateurs de vie urbaine, on peut y éprouver le cœur fragile et inestimable de la ville.
Néanmoins, en dépit d’une modernisation rapide, ainsi que des périodes de négligence et de cupidité au fil des millénaires, Damas a su jusqu’ici préserver son caractère unique. On dit que Damas est la Perle de l’Orient parce qu’elle renaît toujours de ses cendres. Elle demeure belle et sereine malgré les invasions persistantes et les défaites.
Le XXIe siècle à Damas
Les conflits militaires ne se sont pas achevés au XXIe siècle pour Damas. En janvier 2012, des affrontements éclatèrent entre l’armée et les rebelles dans la périphérie de Damas. Ils empêchèrent les habitants de sortir de chez eux, en particulier lorsque les combats s’intensifièrent.
Les habitants locaux furent avertis des éclats d’obus et des balles qui frappaient leurs domiciles pendant la nuit. Ce type d’action militaire est encore présent dans la Damas moderne, une situation que le gouvernement cherche à maîtriser.
Dans certains cas, des attentats à la bombe ont eu lieu dans d’autres banlieues, orchestrés par des rebelles indisciplinés cherchant à prendre le contrôle du gouvernement, persuadés qu’ils pourraient mieux diriger la nation. De intenses échanges de tirs d’armes d’assaut prolongèrent les affrontements, alimentés par les représailles des deux camps.
Conclusion
Damas est une ville connue sous le nom de Perle de l’Orient, capitale de la Syrie. Située dans le sud-ouest de la Syrie, Damas a conquis le cœur de nombreux voyageurs à travers l’histoire en raison de sa beauté incomparable et de sa riche histoire. Damas porte plusieurs titres, mais sa véritable force réside dans sa résilience face à l’adversité.
Il est notoire que de nombreux souverains ont souhaité prendre le contrôle de la ville, mais Damas s’est relevée de ses défaites et a bâti son économie pour son peuple. Vous réaliserez peut-être que la beauté de Damas réside dans sa fidélité et son courage.


