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Palmyre, Syrie : Découvrez les merveilles de ce joyau du désert

Palmyre, en Syrie, est le berceau de l’Empire palmyrénien. Cet empire fut un État-cité éphémère de l’Empire romain, né de la crise du IIIe siècle. Les territoires de Palmyre englobaient les provinces romaines de Syrie, de Palestine, d’Arabie Pétrée, d’Égypte ainsi qu’une grande partie de l’Asie Mineure.

Ruines antiques de Palmyre en Syrie

Dans cet article, vous découvrirez tout ce qu’il faut savoir sur l’histoire, les habitants, la langue et les épreuves qu’a traversées Palmyre au cours des temps récents.

Qu’est-ce que Palmyre ?

Palmyre est une cité sémitique historique située en Syrie. Selon les témoignages archéologiques, la région remonte à la période néolithique. À l’origine une oasis fertile appelée Tadmor, la ville de Palmyre ne fut véritablement fondée qu’au cours du IIIe millénaire av. J.-C.

Elle devint par la suite la cité majeure du Proche-Orient. Palmyre constituait également un comptoir commercial de premier ordre sur la Route de la Soie.

Les Palmyréniens se convertirent au christianisme dès le IVe siècle de notre ère. Cependant, lors de la conquête par le califat rashidun, la majeure partie de la population se convertit à l’islam. À cette occasion, la langue palmyrénienne passa également du grec à l’arabe.

Palmyre était un État autonome vaguement rattaché à la province romaine de Syrie. Elle ne devint une colonie romaine qu’au IIIe siècle de notre ère. Palmyre disposait de diverses institutions de gouvernement romain.

En 260 apr. J.-C., Palmyre devint une monarchie, peu avant sa destruction. En l’an 273, l’empereur romain Aurélien détruisit la ville de Palmyre. Celle-ci fut ensuite restaurée par l’empereur Dioclétien.

Les habitants de Palmyre sont appelés les Palmyréniens. Ces derniers présentent des origines ethniques mêlées, combinant des éléments arabes, araméens et amorrites. Aujourd’hui, Palmyre est un site archéologique antique situé en Syrie.

Histoire

Dans la Syrie actuelle, Palmyre se dresse au cœur du désert de Tadmor. Elle est encerclée par des barrières naturelles : des montagnes au nord, à l’ouest et au sud. À l’est s’étendent des plaines arides et, au-delà, l’Euphrate. Grâce à sa position stratégique, Palmyre constitue un important centre d’échange depuis l’Antiquité.

Les origines de Palmyre demeurent méconnues. Les historiens ont tenté de percer le mystère de l’attrait qu’exerça ce lieu entouré de désert sur les populations nomades. Une théorie avance qu’à cette époque, Palmyre n’était pas aussi aride et qu’elle possédait des sources d’eau sulfureuse naturelles.

Malgré l’émergence de la province romaine de Syrie en 64 av. J.-C., les habitants de Tadmor — principalement des Araméens et des Arabes — demeurèrent semi-indépendants pendant plus d’un demi-siècle. Ils vécurent et prospérèrent en contrôlant les routes caravanières entre la Syrie et l’Euphrate.

Cela leur permit de fournir à l’Empire romain des marchandises provenant de diverses régions. Ainsi, Palmyre devint l’une des routes commerciales les plus importantes du monde antique.

La domination romaine sur Palmyre, Syrie

Sous le règne de l’empereur romain Tibère, Tadmor fut incorporée à la province de Syrie. Il lui donna le nom de Palmyre, qui signifie « lieu des palmiers » en raison de l’abondance des palmiers dans la région.

Après 106 apr. J.-C., Palmyre remplaça Pétra comme principale cité arabe. Sous le règne d’Hadrien, en 129 apr. J.-C., Palmyre obtint le statut de ville libre. Avec la fondation de l’Empire sassanide en Iran, Palmyre perdit le contrôle de ses importantes routes commerciales.

Au IIIe siècle de notre ère, Palmyre devint un centre urbain prospère. Elle atteignit son apogée lorsque le roi palmyrénien Odénathe vainquit l’empereur perse Shapur Ier. Lorsque le roi Odénathe fut assassiné, en 267 apr. J.-C., sa reine, Zénobie, se proclama impératrice et régna au nom de son fils, Vaballathus.

Elle érigea Palmyre en capitale d’un empire autonome de type romain. Cet empire s’étendait de la Syrie à l’Égypte et englobait une grande partie de l’Asie Mineure.

La reine Zénobie régna sur l’Empire palmyrénien, officiellement en tant que régente de son fils Vaballathus, héritier du trône à l’âge de dix ans. En 270, Zénobie conquit avec succès la majeure partie de l’Orient romain dans l’espoir de maintenir des relations avec Rome en tant que pouvoir légitime.

En 271, elle revendiqua le titre impérial pour elle-même et son fils. Elle affronta l’empereur romain Aurélien, qui conquit Palmyre et captura l’impératrice autoproclamée. Plus tard cette même année, les Palmyréniens se soulevèrent, ce qui poussa Aurélien à détruire Palmyre.

La reconquête par l’empereur Aurélien

Tétrapyle de Palmyre en Syrie

Le règne de Zénobie prit fin lorsque l’empereur Aurélien reconquit Palmyre. Il captura Zénobie et la humilia publiquement en la faisant défiler dans les cités orientales, montée sur un chameau. Elle tomba malade et se laissa mourir de faim avant de pouvoir atteindre Rome. Même après sa mort, son histoire continue de vivre à travers l’héritage de Palmyre.

L’Empire palmyrénien est souvent considéré comme l’empire gouverné par l’une des femmes les plus ambitieuses et puissantes de l’Antiquité tardive. Son récit devint un élément essentiel du nationalisme syrien.

La cité antique de Palmyre

La culture de Palmyre est profondément influencée par les Romains et les Grecs. Ses habitants créèrent un art et une architecture qui allient les traditions orientales et occidentales. Les ruines de Palmyre furent inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1980. Les découvertes archéologiques et les vestiges suggèrent que Palmyre possédait un plan urbain organisé.

Sur la rue est-ouest se trouve un double portique orné de nimphées. Au sud se situent l’agora, le théâtre et la curie. D’autres ruines révèlent également que Palmyre abritait un camp de Dioclétien et des sanctuaires dédiés à ses divinités. On y trouve également d’anciennes églises chrétiennes au sein de la ville.

À Palmyre, on découvre d’impressionnants monuments, tels que le temple de Bêl et la Grande Colonnade. En examinant ces édifices, les archéologues ont identifié des éléments de l’ordre corinthien. On trouve également sur des stèles funéraires des œuvres reflétant l’influence des empires romain et perse.

L’architecture de Palmyre est empreinte de styles gréco-romains, comparables à ceux que l’on trouve en Arabie et en Perse. Les ruines de Palmyre demeurent un lieu culturel et historique majeur. Cependant, l’ensemble du site est actuellement menacé en raison de la guerre civile en cours en Syrie.

Religion

Les Palmyréniens vénéraient des divinités sémitiques, ainsi que des dieux mésopotamiens et arabes. La divinité principale de Palmyre est Bol (Baal). Par la suite, il devint connu sous le nom de Bêl en raison de son assimilation au dieu babylonien Bêl-Marduk. Les Palmyréniens associaient également Bêl aux dieux du soleil et de la lune, Yarhibol et Aglibol.

Langue et écriture

Le palmyrénien est considéré comme un dialecte de l’araméen, qui fut la langue principale parlée par la population. L’araméen est apparenté à l’hébreu et s’écrit avec le même alphabet. C’était également la langue de l’Empire assyrien. Cependant, les habitants utilisaient aussi le grec à des fins commerciales et diplomatiques.

Les Palmyréniens possédaient également deux systèmes d’écriture, appelés l’écriture monumentale et la cursive mésopotamienne. Leurs inscriptions étaient bilingues et peuvent être trouvées tant en araméen qu’en grec. On a également découvert des artefacts rédigés en latin.

Ce dualisme se retrouve également dans la culture. En effet, les vêtements palmyréniens représentaient les deux principales cultures qui les influencèrent le plus, la culture grecque et la culture d’Asie centrale. Les hommes portaient des vêtements grecs, dont le chiton, une longue tunique sans manches attachée à l’épaule. Les prêtres palmyréniens portaient une coiffe cylindrique. Ils arboraient également des vêtements plus ouvragés et des manteaux ornés de plaques métalliques décorées de motifs floraux.

Commerce

Palmyre est une ville réputée pour ses caravanes marchandes. Les Palmyréniens étaient connus comme des marchands et établirent des colonies le long de la Route de la Soie. Ils commercèrent également à travers tout l’Empire romain. Les Palmyréniens échangèrent avec des marchands indiens via le golfe Persique. Ils échangèrent aussi des marchandises en provenance de Coptos, Rome et Doura-Europos en Syrie.

La destruction de Palmyre

Palmyre, jadis appelée la « Perle du désert », est connue pour ses ruines grecques et romaines remarquablement préservées en Syrie. Depuis 1980, elle est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO. Cependant, en 2013, après la montée de l’EI et la guerre civile syrienne, elle fut inscrite sur la liste des sites du patrimoine mondial en péril.

La destruction partielle de Palmyre fut l’œuvre du groupe islamiste armé EI. Ce dernier occupa Palmyre à deux reprises depuis mai 2015. Lorsqu’ils reprurent le site en 2017, ils détruisirent la majeure partie de ses trésors historiques.

À ce jour, la cité antique de Palmyre pourrait rouvrir aux touristes dès l’été prochain, selon le gouvernement syrien. Grâce aux efforts de reconstruction en cours, les sites archéologiques seront bientôt restaurés. Le site historique, situé dans la province du Gouvernorat de Homs en Syrie, constitue l’une des meilleures attractions du pays, attirant jusqu’à 150 000 visiteurs par an.

Conclusion

Temple de Baal Shamin à Palmyre en Syrie

Vous voici désormais un véritable connaisseur de l’histoire et des habitants de Palmyre, en Syrie. Repassons les points essentiels de cet article :

  • L’Empire palmyrénien fut un État-cité éphémère de l’Empire romain, né de la crise du IIIe siècle.
  • La ville de Palmyre fut fondée au cours du IIIe millénaire av. J.-C. sur une plaine fertile appelée Tadmor.
  • Les habitants de Palmyre sont appelés Palmyréniens. Ces derniers présentent des origines ethniques mêlées, combinant des éléments arabes, araméens et amorrites.
  • Palmyre est une ville connue comme carrefour commercial. Les Palmyréniens étaient réputés comme marchands et établirent des colonies le long de la Route de la Soie.
  • Au IIIe siècle de notre ère, Palmyre devint un centre urbain prospère. Elle atteignit son apogée lorsque le roi palmyrénien Odénathe vainquit l’empereur perse Shapur Ier.
  • Lorsque le roi Odénathe fut assassiné, en 267 apr. J.-C., sa reine, Zénobie, se proclama impératrice et régna au nom de son fils, Vaballathus.
  • Le règne de Zénobie prit fin lorsque l’empereur Aurélien reconquit Palmyre. Il captura Zénobie et la humilia publiquement en la faisant défiler dans les cités orientales, montée sur un chameau.
  • Les ruines de la cité antique de Palmyre furent inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1980.
  • L’EI a occupé Palmyre à deux reprises depuis mai 2015. Lorsqu’ils reprirent le site en 2017, ils détruisirent la majeure partie de ses trésors historiques.

Le principal espoir pour l’avenir est que Palmyre, en Syrie, rouvre bientôt ses portes aux touristes. Quand ce sera le cas, envisagerez-vous de visiter l’antique perle du désert ?

Créé : 11 janvier 2022

Modifié : 21 mars 2024