Les cités de l'Égypte antique : fondements de la civilisation ancienne
Les cités de l’Égypte antique apparurent dans l’histoire comme le berceau de nombreuses découvertes. Leur héritage dépasse notre imagination, et les civilisations modernes doivent beaucoup à ce que l’Égypte ancienne initia. Les cités importantes de l’Égypte antique furent établies le long du Nil, compte tenu des terres agricoles fertiles de la région.
On se souvient de la crue du grand fleuve, qui enrichissait le sol et le rendait propice à l’agriculture. Les Égyptiens estimaient que fonder une cité près du fleuve était le choix idéal en matière de transport, d’accessibilité et de fertilité des terres.
Il convient de rappeler que le Nil constituait le cœur de leur existence et que les Égyptiens savaient que c’était l’endroit propice pour s’établir. L’on pourrait s’interroger sur la manière dont les anciens édifièrent des structures sur des terres désertiques. Il leur fallut des compétences en ingénierie pour concevoir des cités captivantes, qui suscitèrent l’envie des royaumes voisins.
Stratégiquement, ils élevèrent des murailles autour de leurs cités, dotées de deux entrées pour la protection. Avec la voie principale menant de l’entrée jusqu’au centre de la ville, il était aisé pour quiconque de s’orienter vers le centre. Quant aux ruelles étroites reliées à la voie principale, elles rendaient les déplacements très accessibles.
Nul ne se serait égaré dans les cités égyptiennes, car elles étaient ingénieusement planifiées. Les maisons typiques de l’Égypte antique étaient construites en briques façonnées à partir de boue. La crue annuelle du Nil pouvait détruire les habitations et les édifices, que les habitants remplacèrent en construisant de nouvelles demeures par-dessus les anciennes.
Les cités antiques d’Égypte furent édifiées à des fins spécifiques afin d’organiser aisément la population, notamment en matière de politique, d’éducation, de commerce, de religion et d’art. Memphis, par exemple, fut la capitale et servit de bastion politique de la nation.
Elle était habitée par les familles royales, les hauts fonctionnaires et les nobles. Les cités étaient divisées en plusieurs quartiers, occupés par les personnes appropriées exerçant la fonction assignée à chaque district.
Par exemple, les artisans résidaient à proximité de leur lieu de travail. Les nobles se trouvaient dans un lieu plus prestigieux du territoire. Il va sans dire que les cités antiques du Nil servirent de fondation à la civilisation primitive, et nul ne saurait porter atteinte au glorieux héritage qu’elles ont légué à l’Égypte et au reste du monde.
Quelles sont les cités de l’Égypte antique ?
Les cités du passé illustraient l’élégance, l’autorité et le respect. Nul ne saurait nier leur beauté, leur grandeur et leur importance. Elles furent édifiées avec l’ingéniosité des Égyptiens, réputés pour leurs compétences inégalées en ingénierie et en architecture.
Alors que d’autres royaumes n’en étaient qu’au stade de la conception, les cités égyptiennes prospéraient déjà sur les plans économique, éducatif, religieux, artistique et politique. L’on doit beaucoup à l’héritage des cités égyptiennes, qui mérite une reconnaissance durable. Découvrons la beauté et la signification de ces cités antiques d’Égypte.
Memphis
Memphis fut la capitale de l’Égypte antique et joua un rôle majeur dans le développement de la civilisation et de l’histoire. Au vu des accomplissements de la cité, l’on pourrait dire qu’elle servit de modèle aux autres cités-États d’Égypte.
Située au sud du fleuve Nil, Memphis fut fondée vers 2925 av. J.-C. par Menès, le célèbre roi de l’Égypte unifiée, c’est-à-dire des deux royaumes antiques, la Haute-Égypte et la Basse-Égypte.
Il convient de noter que la première dynastie fut consolidée grâce aux efforts conjoints des rois pour développer le pays. À l’origine, Memphis était appelée les Murailles Blanches car elle était associée aux briques blanchies à la chaux qui constituaient le palais royal.
Les grandes cités de l’Égypte antique furent modelées d’après Memphis. Cette cité était reconnue comme un symbole de force, de richesse, de puissance et d’autorité. Memphis se distingua également par la présence de cimetières imposants durant la période archaïque (v. 2925–2575 av. J.-C.), à l’époque où Ptah, le dieu des artisans et des architectes, était vénéré.
Il est intéressant de savoir que Ptah était également le dieu patron de Memphis, et c’est à cette époque que furent édifiés de grands temples et des infrastructures somptueuses. En tant que divinité, Ptah est un dieu créateur et l’auteur de toutes choses, qui inspira les habitants de Memphis à ériger des structures colossales, comme la statue géante de Ramsès II (1279–1213 av. J.-C.), connu comme le roi au deuxième plus long règne de l’histoire égyptienne.
En tant que première capitale d’Égypte, Memphis posa les fondations que d’autres cités cherchèrent à imiter. Du gouvernement à l’économie, Memphis était hautement établie et stable. En outre, la cité était reconnue comme une nécropole, c’est-à-dire un vaste lieu de sépulture élaborée, notamment pour les nobles de l’Antiquité.
L’on peut contempler les pyramides gigantesques qui servirent de tombeaux aux rois et à leurs familles royales. La nécropole était utilisée pour honorer les âmes des défunts de la famille royale et prier pour eux en vue de leur vie future. Une pyramide est un tombeau colossal destiné aux souverains. Elle constitue un symbole de l’opulence égyptienne de cette époque.
D’importantes fouilles archéologiques ont prouvé la présence de tombeaux élaborés dignes des membres de la famille royale à Memphis. Ces découvertes ont conforté le statut de Memphis en tant que nécropole célèbre de la cité antique. En outre, ces vestiges ont grandement contribué à relier le passé à la génération actuelle en nous offrant une compréhension claire du mode de vie des hommes de l’Antiquité.
Il pourrait surprendre de savoir que même les animaux faisaient l’objet de cérémonies funéraires sacrées dans le passé. Par exemple, la nécropole de Saqqarah révèle un vaste complexe de tombes animales, l’Égypte possédant différentes espèces nécessaires à l’agriculture. Les chats, associés à la déesse Bastet, étaient particulièrement vénérés pour leur contribution aux foyers égyptiens.
Il pourrait paraître incroyable, mais les chats étaient jadis considérés comme les gardiens des enfants dans les demeures égyptiennes. D’autres animaux, tels que les babouins, les crocodiles, les poissons, les chiens, les chacals, les anguilles serpentiformes, les scarabées, les taureaux et les faucons, étaient enterrés avec soin et respect. Autrement dit, les hommes comme les animaux recevaient une sépulture décente, ce qui mena à la création d’une nécropole dans l’antique Memphis.
Thèbes
L’antique Thèbes fut la capitale de l’Égypte durant la période du Nouvel Empire (v. 1570–1069 av. J.-C.). Ce fut une cité majeure qui joua un rôle crucial dans le développement de la civilisation à cette époque.
Grande rivale de Memphis en matière de puissance et de richesse, Thèbes fut également le centre du gouvernement et des activités religieuses.
Connue comme la cité de Waset ou le centre du culte d’Amon, l’on serait émerveillé par la dévotion des habitants envers leur dieu bien-aimé, auquel ils rendaient les plus grands honneurs et adorations. Thèbes devint le foyer de vénération des dieux, des défunts — hommes et animaux — et des souverains vivants.
Située en Haute-Égypte, Thèbes incarnait la foi du peuple, témoignée par les cérémonies dédiées à leurs dieux et divinités dans l’enceinte du temple de Karnak, l’un des plus grands centres religieux au monde. Croirait-on que ce complexe s’étend sur près de deux kilomètres et demi, orné de sphinx ? Sa grandeur demeure l’une des plus impressionnantes au monde, même dans le Caire moderne.
Thèbes, en tant que principal site religieux du Nouvel Empire (1520–1075 av. J.-C.), représenta l’âge glorieux de l’Égypte antique. Cette période fut marquée par l’accumulation massive de puissance et d’opulence du pays.
Qui ne serait pas émerveillé par les tours d’obélisques d’Hatchepsout ? Les anciens étaient visiblement fiers de leurs constructions colossales s’élevant à près de vingt-sept mètres de hauteur.
De manière intrigante, la Vallée des Rois fut célèbre pour l’inhumation des membres de la famille royale durant le Nouvel Empire. C’était le lieu sacré de la sépulture des souverains, doté de structures souterraines complexes et de chambres secrètes richement décorées. Le tombeau de Toutankhamon illustre cette grandeur, avec ses richesses immenses exposées, témoignant du mode de vie des anciens Égyptiens.
Il ne faudrait pas manquer de s’intéresser à Louxor, une cité antique de Thèbes construite vers 1400 av. J.-C. L’on y trouve plusieurs temples mortuaires colossaux, comme le temple de Séthi. Le temple de Louxor n’était pas consacré au culte des dieux ou des divinités. Il était plutôt destiné à la célébration de la royauté, notamment au couronnement du roi. Imagine-t-on la vénération que le peuple portait à ses souverains ?
Alexandrie
L’on pourrait être ébloui par la grandeur des deux premières cités, mais Alexandrie remplissait une fonction différente. Fondée comme capitale en 331 av. J.-C., Alexandrie surgit sous les feux de la rampe lorsqu’Alexandre le Grand conquit l’Égypte.
Elle ne fut pas seulement la capitale d’Égypte, mais aussi le siège du pouvoir du royaume ptolémaïque. Se souvient-on du Phare d’Alexandrie ? C’est l’une des Sept Merveilles du Monde antique, érigé dans la cité qui porte son nom.
Alexandrie était réputée comme un centre intellectuel et culturel dans le passé. Preuve de son authentique soif de connaissances, la plus grande bibliothèque du monde fut édifiée sur son sol. Elle fut autrefois la plus grande cité du monde antique, connue pour son mode de vie raffiné, car elle servait de creuset de différentes cultures.
La prospérité d’Alexandrie était indéniable, même sous l’Empire romain. De plus, sa position stratégique en fit le centre commercial de l’époque. C’est là que les habitants se plongeaient dans l’étude de la philosophie, de la géographie, de l’astronomie et des mathématiques, comme en témoigne l’école néoplatonicienne de philosophie d’Alexandrie.
En tant que lieu de naissance du grand astronome Ptolémée, les étudiants d’Alexandrie s’engagèrent dans la quête du savoir, ce qui favorisa le développement ultérieur de l’Égypte antique.
Hermopolis
Une autre cité majeure de l’Antiquité est célèbre pour son héritage religieux. Hermopolis servit de capitale provinciale de l’Ancien Empire d’Égypte. Elle fut ultérieurement établie comme la cité principale de l’Égypte romaine, devenant ainsi le centre chrétien à partir du IIIe siècle.
Considérée comme la deuxième après Thèbes en matière de richesse, Hermopolis, connue sous le nom de Khmunu ou la « Cité des Huit », fut la capitale du nome du Lièvre, une province de l’époque. Voilà comment les provinces étaient nommées dans l’Égypte antique.
Le nom d’Hermopolis signifie « la cité d’Hermès » en grec, car c’était le lieu où se tenait le culte du dieu Thot. On croyait que Thot, le dieu de la sagesse et de l’écriture, était apparenté à Hermès, l’un des dieux des Grecs. Les archéologues mirent au jour d’importants vestiges et catacombes à Hermopolis, considérés comme des traces des époques hellénistique et romaine.
Abydos
L’Égypte antique était si opulente que ses cités jouissaient d’une grande richesse et d’un grand luxe. Le peuple vivait confortablement sous la guidance de ses dieux et divinités. La vénération d’Osiris dans la cité d’Abydos en est un exemple frappant.
Les fidèles se rendaient en pèlerinage au tombeau d’Osiris à Abydos, centre du culte d’Osiris. Abydos comptait parmi les plus anciennes cités d’Égypte et était considérée comme le huitième nome de Haute-Égypte.
L’on s’émerveillera des vastes sites archéologiques découverts dans la cité sacrée d’Abydos, car elle abrite également d’importants temples, nécropoles et tombeaux de pharaons. Ces tombeaux symbolisent l’inestimable héritage d’Abydos pour l’histoire et la culture de l’Égypte antique.
En visitant Abydos aujourd’hui, l’on ne sera pas déçu de découvrir le temple commémoratif de Séthi avec toutes les inscriptions des rois qui régnèrent sur la cité, ainsi que les graffitis antiques sur les murs du temple, témoignant de l’opulence des habitants de l’époque.
Crocodilopolis
Crocodilopolis fut une autre cité dynamique de l’Égypte primitive, nommée d’après le dieu crocodile Sobek. C’est la version grecque de la cité de Shedet, fondée vers 4000 av. J.-C.
Savait-on que c’est la plus ancienne cité d’Égypte ? Également connue sous le nom de Fayoum, c’était une cité antique d’Heptanomis sur la rive occidentale du Nil, où les habitants rendaient hommage aux crocodiles, la cité tout entière étant consacrée à un crocodile sacré nommé « Petsuchos ». Les habitants de Crocodilopolis ornaient ce crocodile d’or et de quantités de pierres précieuses.
Ils soignaient le crocodile dans un temple spécialement conçu doté d’un étang, mais le remplaçaient si le Petsoulos mourait. Située dans une région stratégique, Crocodilopolis se dressait sur un sol fertile d’Égypte, si bien que le peuple jouissait de l’abondance de blé, de légumes, de vignes et de plantes florales. En outre, les habitants profitaient d’arbres fruitiers, dont les oliviers.
Éléphantine
Connue comme un port militaire et une cité commerçante, Éléphantine était appelée la « porte du sud » en raison de sa situation dans l’extrême sud de l’Égypte, à proximité du Soudan, d’où des marchands se rendaient activement dans cette cité insulaire.
L’on peut y admirer l’immense temple de Khnoum, le dieu bélier, sur cette île enchanteresse. Elle abritait également des sanctuaires honorant les nobles de l’Ancien Empire et du Moyen Empire. Satis et Anoukis étaient deux autres divinités chères au cœur du peuple. Satis était vénérée comme la déesse de la guerre et patronne de la porte de la cité.
Anoukis était honorée comme la patronne du fleuve Nil. Elle était généralement représentée comme une femme d’une beauté saisissante, coiffée d’une couronne de roseaux et de plumes d’autruche, accompagnée d’une gazelle. En tant que déesse de la fertilité, elle orchestrat la crue annuelle du Nil, que les habitants attendaient avec dévotion car elle marquait le début de la saison agricole. Anoukis était la fille de Satis et de Khnoum, et fut ultérieurement divinisée.
Kom Ombo
Kom Ombo était célèbre comme cité agricole d’Égypte, ainsi que pour le temple de Kom Ombo. Les habitants de cette cité vénéraient Sobek, Hathor et Khonsou avec une grande ferveur.
Son nom originel était Nubt ou la Cité de l’Or, et elle servit de garnison sous plusieurs dynasties d’Égypte et le royaume ptolémaïque. Du fait de sa situation sur le Nil, Ombos abritait deux temples, qui incitèrent le peuple à vénérer et honorer ses dieux de tout son cœur.
Amarna
Amarna fut reconnue comme la capitale d’Égypte durant le règne d’Akhenaton (1346 av. J.-C.), le pharaon qui créa sa propre religion vouée au dieu Aton.
Située sur la rive orientale du Nil, le nom d’Amarna provint de la tribu des Beni Amran, qui lança le style artistique d’Amarna, un concept strictement idéaliste en art. Parmi les exemples de leurs œuvres figuraient des scènes informelles montrant des expressions d’intimité émotionnelle entre les nobles et leurs enfants.
Conclusion
L’Égypte antique prospéra au-delà des attentes divines et humaines. Les Égyptiens surent valoriser leurs différences et concentrer leurs efforts pour fonder de grandes cités dans le passé. Ces cités illustrent l’héritage impérissable de la civilisation égyptienne antique.
Guidés par leurs divinités tutélaires, les Égyptiens de l’Antiquité croyaient en la manifestation de leurs dieux, qui les protégeraient et leur accorderaient leurs faveurs. La vie du peuple dépendait de son labeur et visait à plaire aux dieux dans l’attente de leurs providences divines.
L’émergence de grandes cités le long du Nil dépendit également du sol fertile que l’on trouvait sur les rives du fleuve. C’est pourquoi la plupart d’entre elles sont situées le long du cours d’eau. Quant à leur destin, les hommes allièrent leur foi, leur diligence et leur bienveillance afin d’obtenir les récompenses des cieux.










