Points communs entre l'Égypte et la Mésopotamie : des similitudes frappantes
Les similitudes entre la Mésopotamie et l’Égypte sont véritablement remarquables. Les civilisations mésopotamienne et égyptienne apparurent à peu près au cours du troisième millénaire avant notre ère. Ces deux sociétés présentaient des caractéristiques géographiques, religieuses et politiques comparables, parmi bien d’autres.
Lisez la suite pour un aperçu de ces deux puissances antiques et de ce qu’elles ont en commun.
Que partageaient l’Égypte et la Mésopotamie ?
Commençons par l’essentiel.
Les points suivants résument les similitudes les plus marquantes entre la Mésopotamie et l’Égypte :
- Géographie : les deux civilisations s’établirent le long de fleuves.
- Gouvernement : l’Égypte et la Mésopotamie étaient chacune dirigées par des monarques.
- Religion : les deux sociétés étaient polythéistes, c’est-à-dire qu’elles croyaient en de multiples divinités. En outre, elles entretenaient des conceptions similaires de l’au-delà.
- Art et culture : les deux civilisations sont reconnues pour leurs contributions à l’écriture, à l’art et à l’architecture.
Dans la suite de cet article, nous examinerons ces différents domaines plus en détail.
La géographie : un facteur clé du succès des civilisations
La géographie de la Mésopotamie et de l’Égypte se prête aisément à la comparaison. Tout d’abord, les deux civilisations s’implantèrent sur de grands fleuves qui se jetaient dans des étendues d’eau plus vastes.
Ensuite, ces fleuves furent déterminants pour leur survie. Cependant, les cours d’eau n’étaient pas les seuls éléments géographiques qui influencèrent leur existence.
Les fleuves : sources de vie et agents de chaos
L’Égypte ancienne était bordée par le Nil, qui coule du sud vers le nord et se jette dans la mer Méditerranée. Les cités-États de la Mésopotamie ancienne étaient établies le long du Tigre et de l’Euphrate, qui coulent du nord vers le sud et se jettent dans le golfe Persique. Le climat, les conditions météorologiques et le relief environnant constituent des différences notables entre les géographies mésopotamienne et égyptienne.
Dans la Mésopotamie septentrionale, au relief rocheux, le Tigre et l’Euphrate traversent des régions montagneuses. Les montagnes constituent des barrières naturelles contre les inondations. Au sud, les fleuves descendent des montagnes et débouchent sur une plaine. La plaine située entre le Tigre et l’Euphrate subissait des crues violentes et dévastatrices, particulièrement au printemps, lorsque les eaux charriaient la neige fondue des sommets.
Les crues du Nil étaient beaucoup plus prévisibles que celles du Tigre et de l’Euphrate. En règle générale, les eaux se retiraient avant que les Égyptiens ne plantent leurs cultures principales. De surcroît, les rives du Nil possédaient des levées naturelles qui contenaient les inondations. Dans l’ensemble, le Nil présente davantage de qualités que de défauts.
Les eaux du Nil ont créé une vaste oasis entre deux déserts, rendant ses rives particulièrement propices à l’agriculture. Hérodote, l’historien grec antique, écrivit que « l’Égypte est un don du Nil ».
Les spécialistes estiment que le Tigre et l’Euphrate inspiraient aux Mésopotamiens angoisse et pessimisme. Le chaos et l’imprévisibilité valurent à ces deux fleuves une funeste réputation.
Climat et conditions météorologiques
Un autre aspect important de la géographie de l’Égypte et de la Mésopotamie concerne le climat et les conditions météorologiques. Dans l’ensemble de la région, l’Égypte est chaude et aride. Les précipitations y sont rares.
Cette régularité permit aux Égyptiens de s’adapter. Ils construisirent un système d’irrigation qui complétait les barrières naturelles du Nil. Ce réseau d’irrigation garantissait que leurs cultures soient toujours arrosées mais rarement inondées.
La Mésopotamie septentrionale bénéficiait également d’un climat prévisible. Le climat du nord était tempéré. Ses habitants n’avaient pas besoin d’un système d’irrigation pour arroser leurs cultures, car ils bénéficiaient de pluies régulières.
Le climat et les conditions météorologiques de la Mésopotamie méridionale étaient l’exact opposé de ceux du nord. Le sud connaissait un climat subtropical, avec des étés très chauds et humides. En raison des crues violentes auxquelles ils étaient confrontés, les habitants du sud devaient une grande part de leur survie à leur système d’irrigation.
Monarques et mandataires : la structure gouvernementale de l’Égypte et de la Mésopotamie
En apparence, la structure gouvernementale constitue l’une des similitudes les plus évidentes entre l’Égypte ancienne et la Mésopotamie. Les deux civilisations étaient en effet des monarchies, dirigées par des rois, entourés de nombreux fonctionnaires.
Cependant, les Égyptiens et les Mésopotamiens avaient des conceptions très différentes de la royauté. De plus, tandis que l’Égypte était gouvernée par un seul souverain pour l’ensemble du territoire, la Mésopotamie était à l’origine un ensemble de cités-États, chacune dirigée par un roi différent.
Gouvernement régional contre cités-États
La structure gouvernementale de l’Égypte ancienne était relativement simple. Vers 2686 av. J.-C., la Haute-Égypte et la Basse-Égypte s’unifièrent. Dès lors, un seul monarque, appelé pharaon, gouverna l’ensemble du territoire.
La Mésopotamie n’était à l’origine pas une entité unifiée, mais une région constellée de cités-États placées sous l’autorité d’une ville-capitale. Une cité-État est une cité indépendante dotée d’un monarque, qui exerce également son autorité sur les territoires environnants. Cette structure de cités-États engendrait des troubles politiques, car celles-ci s’affrontaient fréquemment, souvent pour le contrôle des ressources naturelles.
Sumer, le premier empire mésopotamien, exista dans le sud jusqu’à l’invasion et la conquête par les Babyloniens. Akkad, puis plus tard l’Assyrie, se développèrent dans le nord. La capitale des Babyloniens était la ville de Babylone, tandis que celle des Assyriens était Assur.
Les rois et les dieux
Les dimensions divines de la royauté étaient manifestes dans les deux civilisations. Cependant, les Égyptiens considéraient leurs monarques comme des descendants des dieux, ce que les Mésopotamiens ne faisaient pas.
Les Mésopotamiens ne considéraient pas leur roi comme divin, mais celui-ci pouvait posséder des qualités divines. Ils considéraient plutôt leurs souverains comme les mandataires des dieux.
Les rois avaient alors la charge d’accomplir la volonté des dieux sur terre. De plus, les Mésopotamiens croyaient que leur société perdrait la faveur divine si le roi traitait ses sujets de manière injuste ou inéquitable.
Les pharaons égyptiens étaient considérés comme les descendants directs de leurs divinités principales. Un pharaon affirmait généralement être le fils d’un ou plusieurs dieux à la fois.
Croyances religieuses : polythéisme et au-delà
Une autre similitude entre la Mésopotamie et l’Égypte réside dans le polythéisme. Le polythéisme est la croyance en de multiples divinités. Dans les religions mésopotamienne et égyptienne, certains dieux occupaient une place plus importante que d’autres.
Les dieux dans la mythologie
Les textes qui nous sont parvenus révèlent que les divinités mésopotamiennes possédaient des personnalités généralement apparentées à une force de la nature. Les épopées mésopotamiennes décrivent des dieux méfiants à l’égard des humains, qui avaient aussi tendance à s’immiscer dans les affaires terrestres.
Ainsi, la vertu personnelle la plus importante dans la société mésopotamienne était le respect dû aux dieux.
Nous connaissons moins les personnalités des divinités égyptiennes. Celles-ci remplissaient des fonctions spécifiques, à l’instar des divinités mésopotamiennes. Cependant, les divinités égyptiennes de moindre importance étaient parfois décrites comme un aspect ou une qualité d’une divinité principale.
Les deux civilisations croyaient au pouvoir du chaos. Les Mésopotamiens, toutefois, étaient moins optimistes que les Égyptiens face à l’incertitude. Les Mésopotamiens considéraient qu’ils devaient demeurer dans les faveurs des dieux pour échapper aux forces du chaos. Les Égyptiens, quant à eux, croyaient qu’un chaos infini existait au-delà du domaine des dieux, mais qu’ils en étaient divinement protégés.
Les Égyptiens et les Mésopotamiens croyaient-ils en l’au-delà ?
Nous pouvons également comparer la Mésopotamie et l’Égypte à travers leurs croyances sur la vie après la mort. La Mésopotamie et l’Égypte croyaient toutes deux en une vie après la mort. On connaît vraisemblablement le voyage complexe des Égyptiens vers le monde souterrain. La Mésopotamie avait une conception similaire de l’au-delà, bien que plus sombre.
Les Égyptiens considéraient que la mort n’était qu’une interruption de la vie. Bien qu’ils ne pussent ressusciter le corps physique, l’âme du défunt serait réveillée dans l’au-delà. Dans celui-ci, les morts rencontreraient Anubis, une divinité dotée d’un corps d’homme et d’une tête de chacal. Anubis pesait le cœur de la personne pour déterminer si elle était digne d’accéder à l’au-delà.
Les Égyptiens ne croyaient ni au paradis ni à l’enfer. Ils considéraient que si l’on menait une vie vertueuse sur terre, on accéderait au paradis. Dans le cas contraire, on cesserait d’exister. Pour les Égyptiens, la non-existence était pire que l’enfer.
Il convient de noter que les Mésopotamiens ne croyaient pas davantage au paradis ni à l’enfer.
Au lieu de cela, les Mésopotamiens croyaient que tous se rendaient dans un même monde souterrain, indépendamment de leur condition terrestre. Comme les Égyptiens, ils pensaient que les morts renaissaient dans l’au-delà. Cependant, la vie après la mort qu’ils envisageaient était sombre et solitaire.
Les défunts n’avaient pour seule nourriture que les offrandes funéraires déposées par les vivants qui se souvenaient d’eux. Il semble donc que les Mésopotamiens étaient également profondément effrayés par la non-existence.
Similitudes culturelles des sociétés égyptienne et mésopotamienne
Aucune comparaison entre la Mésopotamie et l’Égypte ne serait complète sans évoquer les pyramides majestueuses ou les tablettes de pierre couvertes d’écriture. Nous ne savons pas dans quelle mesure les Égyptiens et les Mésopotamiens préhistoriques furent en contact les uns avec les autres. Il est toutefois remarquable qu’ils aient accompli des avancées significatives presque simultanément.
Langue et écriture
Les spécialistes attribuent aux Mésopotamiens l’invention de l’écriture. Il est possible que l’Égypte ait développé l’écriture à la même époque ou peu après les Mésopotamiens.
Les deux civilisations développèrent d’abord des langues écrites sous forme pictographique, c’est-à-dire que la langue utilisait des images pour représenter un mot. Par la suite, les deux systèmes évoluèrent pour inclure des représentations d’idées.
L’Égypte est peut-être célèbre pour ses hiéroglyphes gravés sur les murs des temples, mais la littérature mésopotamienne reste également célébrée de nos jours. L’Épopée de Gilgamesh constitue le plus ancien exemple de poésie épique parvenu jusqu’à nous. Le récit du héros-roi sumérien d’Uruk relate une histoire intemporelle sur la vie, la mort et la nature humaine.
Pyramides et ziggurats
De nombreuses sociétés à travers l’histoire humaine ont érigé des œuvres architecturales grandioses pour manifester la splendeur de leur civilisation. Les Mésopotamiens et les Égyptiens, comme vous le savez probablement déjà, ne firent pas exception. L’architecture monumentale reflétait également la puissance d’un souverain capable. Celui-ci devait disposer d’une administration efficace et d’une main-d’œuvre abondante pour ériger de tels projets grandioses.
L’Égypte regorgeait de ressources naturelles précieuses. Pour construire leurs temples, monuments et pyramides, ils utilisaient des roches telles que le basalte, le granit et la quartzite. La vallée du Nil était riche en calcaire. On trouvait de l’albâtre près de Memphis, à 12 milles des pyramides de Gizeh.
La Mésopotamie possédait une structure apparentée, semblable à une montagne, appelée ziggurat. Au sommet de la ziggurat se dressait un temple dédié à une divinité protectrice. Les Mésopotamiens comme les Égyptiens considéraient que le temple d’une divinité était sa demeure terrestre. Cependant, la ziggurat mésopotamienne, sous le temple, servait également de bâtiment administratif pour les prêtres et autres responsables religieux.
La vocation de l’édifice constitue l’une des différences fondamentales entre la pyramide et la ziggurat. Les pyramides égyptiennes furent édifiées pour accueillir les morts, tandis que les ziggurats mésopotamiennes servaient les vivants.
Une autre différence réside dans l’emplacement de ces constructions. Les ziggurats étaient bâties au cœur des villes, alors que les Égyptiens érigeaient leurs pyramides dans le désert, à l’écart de la société.
Les similitudes entre l’Égypte et la Mésopotamie en résumé
Comme on peut le constater, les Égyptiens et les Mésopotamiens de l’Antiquité partageaient des qualités similaires cruciales.
Récapitulons les caractéristiques que les deux sociétés antiques avaient en commun :
- Les deux civilisations apparurent sur des voies navigables essentielles. L’Égypte s’éleva sur les rives du Nil, tandis que les cités-États mésopotamiennes se dispersaient autour du Tigre et de l’Euphrate.
- Les Égyptiens et les Mésopotamiens étaient tous deux gouvernés par des monarques. Les rois égyptiens, appelés pharaons, étaient considérés comme des descendants des dieux. Les rois mésopotamiens n’étaient pas tenus pour divins, mais pouvaient posséder des qualités divines.
- L’Égypte constituait un seul royaume gouverné par un seul monarque. La Mésopotamie comptait de nombreuses cités-États. Celles-ci s’unifiaient parfois ou se conquerraient pour former des empires (Babylone, Assur, Sumer).
- La Mésopotamie et l’Égypte croyaient en de nombreux dieux. Ce système de croyances est appelé polythéisme.
- Les deux civilisations croyaient en une vie après la mort. Aucune d’elles ne croyait au concept de paradis ou d’enfer.
- Les spécialistes attribuent aux Mésopotamiens l’invention de la première langue écrite. Les Égyptiens mirent au point leur propre système d’écriture peu après.
- Les Égyptiens comme les Mésopotamiens accomplirent d’immenses projets architecturaux pour affirmer la puissance de leur civilisation



