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Les maisons de l'Égypte ancienne : chaleur, pouvoir et ingéniosité architecturale

Les maisons de l’Égypte ancienne témoignent du génie technique des premiers Égyptiens et de leur mode de vie passé.

Village de l'Ouest de l'Égypte

Les demeures, en tant que symboles de chaleur et d’amour, constituent toujours le cœur des familles partout dans le monde. On peut désormais distinguer l’ingéniosité des maisons égyptiennes de l’Antiquité et leurs conceptions.

On imagine volontiers de grands palais et des salles élégantes lorsqu’on songe à la richesse et au pouvoir du pharaon. Toutefois, comment les Égyptiens vivaient-ils véritablement ? Vivaient-ils tous dans des demeures élégantes, eu égard à l’immense puissance territoriale de leur civilisation ? Leurs maisons n’étaient pas de simples constructions, mais l’expression d’une culture florissante et sans pareille qui surgit dans le passé.

Description des maisons de l’Égypte ancienne

Fait intéressant, les Égyptiens de l’Antiquité construisaient leurs demeures en briques, fabriquées avec soin à partir de boue séchée et de papyrus. Ils firent preuve d’une telle ingéniosité qu’ils inventèrent des moules pour produire ces briques. Il ne s’agissait pas de briques ordinaires, car elles étaient renforcées de paille ou de papyrus séché pour accroître leur solidité et leur durabilité.

Étant donné qu’une grande partie de l’Égypte est essentiellement désertique, il va de soi que le bois était rare. Son usage se limitait aux fenêtres et aux portes, car se procurer du bois en Égypte était chose ardue.

Les grandes demeures de l’époque étaient édifiées en pierres avec précision et solidité, car leurs bâtisseurs anticipaient la crue annuelle provoquée par le débordement du Nil. Néanmoins, cette inondation s’avérait également profitable, car elle constituait le moment idéal pour se procurer une abondante réserve de boue, que l’on moulait ensuite en briques.

Sans longues explications, on comprend que tout ce qui se passait en Égypte répondait à une logique et que ces hommes étaient assez talentueux pour recréer ou réutiliser les éléments afin de satisfaire leurs besoins. Un exemple classique fut le danger de la crue, qui engendrait davantage de boue pour les habitations. Ce phénomène se révéla en partie dévastateur, mais offrit aussi l’occasion de rassembler la boue nécessaire à la fabrication des briques.

Saviez-vous que les briquetiers de l’Antiquité rassemblaient la boue et la paille, puis y ajoutaient de l’eau pour former des briques ? La tâche n’était ni simple ni aisée, car il fallait mélanger intimement ces éléments et les piétiner afin d’obtenir la solidité et la consistance requises.

Le mélange était ensuite versé dans un moule, façonné en briques, puis séché au soleil. On pourrait croire ce procédé élémentaire, mais seuls des briquetiers expérimentés parvenaient à produire la résistance et la texture exactes du matériau. Ils devaient en vérifier la qualité avant de le destiner à la construction.

Avec soin, les briquetiers s’assuraient de mouler des briques capables de résister à l’épreuve du temps. Grâce au savoir-faire architectural et technique de l’Égypte ancienne, certaines de leurs constructions, érigées il y a des centaines d’années, se dressent encore avec fierté, témoignant de la manière dont l’Égypte domina le monde dans le passé.

Diversité des maisons selon le statut social

Maison ancienne égyptienne en archéologie

Les demeures de l’Égypte ancienne étaient construites en fonction du statut social de leur propriétaire. Par exemple, les paysans vivaient dans des maisons de conception modeste, dotées de peu de mobilier. Ces habitations comprenaient généralement des lits, des tabourets et des tables.

La simplicité était encouragée, car chacun savait qu’en cas de crue, il ne pourrait sauver que sa vie, et non ses biens.

Les artisans construisaient des maisons à un ou deux étages, aux toits plats, en briques de boue pour leur famille. Ces demeures étaient plus colorées que celles des paysans, car leurs murs et leurs toits étaient recouverts de carreaux et déjà peints.

Puisque les artisans maîtrisaient l’art de bâtir, leurs maisons se distinguaient par une meilleure qualité et un meilleur design. Leurs demeures comprenaient une salle de réception, un séjour et des chambres. Ils disposaient également d’une cave servant d’entrepôt pour leurs vivres et leurs boissons.

Ils aménageaient une extension extérieure pour la cuisine, dotée d’un four en briques de boue judicieusement conçu. Ces maisons permettaient d’accéder à l’étage par un escalier situé à l’extérieur de l’édifice.

Les personnes aisées, telles que les nobles, les hauts fonctionnaires, les médecins et les juristes, faisaient ériger des habitations aux dimensions plus vastes et aux conceptions plus raffinées. Ils se montraient exigeants, disposant de davantage de richesses pour se offrir une résidence luxueuse.

Ainsi, leurs demeures comprenaient des salles de réception et des salons somptueux, agrémentés d’un jardin à ciel ouvert, d’un bassin à poissons et de plantes ornementales. Outre l’écart considérable dans la taille de ces maisons, les nantis et les démunis présentaient un fossé profond en matière de mode de vie.

Il aurait été fort agréable de séjourner dans leurs chambres, car elles possédaient leurs propres salles de bain. Leurs décors intérieurs, plus naturels et séduisants, ornaient l’ensemble de la maison de lits luxueux, de sièges, de meubles ouvragés, de vases et de poteries peintes.

Les inconvénients des maisons en briques

Nous avons vu que les membres de la frange inférieure de la société vivaient dans des maisons modestes, tandis que les conceptions architecturales se faisaient plus élégantes à mesure que l’on s’élevait dans la hiérarchie sociale. Quels étaient donc les inconvénients des maisons en briques ? Pouvait-elles survivre aux catastrophes naturelles ?

Les maisons égyptiennes de l’Antiquité étaient essentiellement construites en briques séchées, à partir de matériaux qui ne pouvaient résister à des années d’exposition aux intempéries, aux effets des crues et aux vents puissants du désert.

Elles se dégradaient rapidement, si bien que les Égyptiens réparaient ou reconstruisaient perpétuellement leurs maisons après quelques années seulement. Les nuisibles, tels que les rats, provoquaient également des dommages aux habitations anciennes. Les rats aimaient creuser des galeries dans les briques de boue, celles-ci étant faciles à perforer en raison de leur constitution.

Les résidences des pharaons

Ornements du temple antique de Kom Ombo

Dignes de leur opulence et de leur vie de cour, les membres de la famille royale résidaient dans des palais résidentiels admirablement conçus, édifiés en pierre, en marbre et en matériaux de haute qualité importés d’autres contrées. On constate que leurs résidences étaient dignes du style de vie classique du pharaon et de sa famille.

Elles comprenaient des salles majestueuses, dignes du plus haut souverain du pays. Grâce à la connaissance remarquable des Égyptiens en matière de conception structurale, les palaces se distinguaient par des dimensions, des plans et des matériaux grandioses, ainsi que des ornements élaborés, surpassant tous les palaces connus dans le pays à cette époque.

Comment bâtissait-on les palais royaux ?

Les palais royaux étaient édifiés en deux sections colossales : la salle destinée à répondre aux besoins du pharaon et l’autre section consacrée à ses affaires royales et au trône.

Les palaces adoptaient un plan rectangulaire, flanqué de tours massives destinées à témoigner de l’immense richesse du souverain. Ces tours imposaient honneur et respect et étaient ornées de piliers couronnés. Des travaux de reconstruction furent entrepris pour accroître la splendeur royale du royaume, si bien que les palaces furent remaniés en un complexe palais-temple.

D’autres innovations dans le palais

Chaque pharaon avait ses propres préférences en matière de résidence, si bien que des améliorations constantes furent apportées aux palaces afin de répondre aux exigences des occupants royaux. On imagine la grandeur de ces édifices lorsqu’ils furent conçus avec de vastes cours, des piliers colossaux et des salles gigantesques. On y trouvait des pièces privées pour la famille du roi, et, à l’extérieur, des jardins somptueux, des lacs et des piliers monumentaux.

Un parfait exemple de cette opulence fut le complexe palais-temple de Ramsès III, qui régna durant la XXe dynastie vers 1150 av. J.-C. Il comprenait le palais royal, des temples élégants, des tours majestueuses et des résidences raffinées pour les membres de la famille royale.

Ils avaient l’assurance d’une protection totale à l’intérieur de la résidence royale, où les membres de la famille jouissaient du confort, de la chaleur et de l’élégance de leur demeure.

On sait que la famille du pharaon nécessitait une sécurité rigoureuse, si bien que les palaces étaient généralement construits à la manière d’un complexe de maisons et de salles destiné à préserver l’intimité des membres de la famille royale.

Ils parvinrent à accomplir un exploit d’ingénierie dans les temples et les palaces de cette époque. Il est regrettable que nous ne puissions admirer ces palaces dans leur intégralité, car ils ont tous disparu.

Néanmoins, les vestiges du palais de Ramsès II, connu sous le nom de Ramsès le Grand (1279–1213 av. J.-C.), se trouvent encore dans le pays. Il convient de noter que la mesure de la puissance de l’Égypte réside dans la magnificence de ses édifices. À cet égard, Ramsès II fit ériger les tours les plus somptueuses de toutes.

Conclusion

Les demeures de l’Égypte ancienne étaient un symbole du statut social de leurs occupants. Les briquetiers égyptiens parvinrent à construire des maisons durables, composées principalement de briques séchées et de papyrus, qui servaient de protection pour leurs familles. C’étaient précisément ces maisons qui permettaient aux Égyptiens de partager des moments avec les membres de leur famille et d’accueillir des convives, que ce soit pour une réunion ordinaire ou pour une fête grandiose.

Les maisons des paysans étaient modestes et parfaitement adaptées à leur famille. En raison de l’exiguïté de l’habitation, les occupants se croisaient plus souvent dans le séjour, ce qui renforçait la chaleur des relations.

En revanche, plus la demeure de ceux appartenant à la couche supérieure de la société était vaste, plus il devenait difficile pour les membres de la famille de se croiser, chacun disposant de pièces séparées garantissant son intimité.

Maisons anciennes égyptiennes en archéologie

Les familles royales, quant à elles, vivaient dans un complexe palais-temple, sécurisé afin de protéger la famille du pharaon contre les intrus. Ce complexe se présentait comme majestueux et digne, doté de piliers colossaux, de tours grandioses et de salles splendides. Incarnant la gloire de leur culture, les palaces témoignaient de la puissance croissante de l’Égypte dans le passé.

En rétrospective, les maisons de l’Égypte ancienne furent édifiées pour représenter la chaleur et le pouvoir social. Par leur sophistication, les Égyptiens s’imposèrent et obtinrent la reconnaissance de tous.

Créé : 11 janvier 2022

Modifié : 10 mars 2024