Le Mythe de Bié, déesse grecque de la Force, du Pouvoir et de l'Énergie brute
Bia, déesse grecque, était la personnification de la force, de la fureur et de l’énergie brute. Elle résidait sur le mont Olympe aux côtés de Zeus. Bien qu’ils fussent des Titans, Bia et sa famille combattirent aux côtés des dieux olympiens durant la guerre de dix ans qui opposa les Titans aux Olympiens. Après la victoire des Olympiens, Zeus reconnaît leur contribution en les récompensant généreusement, elle et sa famille. Découvrez la mythologie de Bia et la manière dont elle et les siens gagnèrent le respect de Zeus pour devenir ses compagnons inséparables.
Qui est Bia ?
Bia est une déesse grecque qui personnifiait les émotions brutes telles que la colère, la fureur et la puissance. Elle vivait sur le mont Olympe, résidence de Zeus. Par la suite, elle compta parmi les Olympiens qui combattirent pour Zeus et en furent récompensés.
La famille de Bia
Selon la mythologie grecque, le Titan Pallas et son épouse Styx, la nymphe océane, donnèrent naissance à quatre enfants, parmi lesquels Bia. Les autres étaient Nicé, personnification de la victoire ; Cratos, symbole de la force brute ; et Zélos, divinité de l’ardeur, du dévouement et de l’émulation.
La mythologie de Bia
Bien que Bia ne soit pas une figure très connue de la mythologie grecque, son récit est mentionné dans le cadre de la Titanomachie, qui s’étendit sur dix années. La Titanomachie fut une guerre entre les Titans, menés par Atlas, et les dieux olympiens, conduits par Zeus.
Le conflit éclata lorsque Cronos eut renversé Ouranos et tenta d’asseoir son pouvoir en dévorant ses propres enfants. À la naissance de son fils Zeus, sa mère (Rhéa) le soustrait à Cronos et confia l’enfant à une chèvre nommée Almathea, sur l’île de Crète, pour qu’elle l’élevât.
Bia combat pour Zeus
Lorsque Zeus fut en âge de régner, il rassembla ses frères et sœurs et se rebellèrent contre Cronos. Puisque Cronos était un Titan, il rallia d’autres Titans, tels qu’Atlas, et organisèrent une défense contre les Olympiens menés par Zeus.
Cependant, certains Titans, comme Pallas et sa descendance — Bia comprise —, combattirent du côté des Olympiens. Leur contribution à la cause olympienne fut déterminante, et Zeus n’oublia pas de les en récompenser.
Zeus récompense Bia et les Titans
Bia et ses frères et sœurs reçurent le privilège de devenir les compagnons permanents de Zeus lui-même et résidèrent avec lui sur le mont Olympe. Ils eurent l’honneur de siéger aux côtés de Zeus sur son trône et d’exécuter ses jugements en tout lieu et en toute circonstance. Leur mère, Styx, reçut le privilège d’être la divinité par laquelle tous les autres dieux prêtaient serment, Zeus y compris. Toute divinité qui jurait par le Styx et y manquait subissait un châtiment ; le serment était donc irrévocable.
Selon le mythe de Sémélé, Zeus jura par le Styx d’exaucer toute requête que Sémélé (sa compagne) pourrait formuler. Après ce serment, Sémélé demanda à Zeus de se révéler dans toute sa gloire, car jusque-là, il se présentait toujours sous un déguisement. Zeus connaissait les conséquences de cette demande : elle entraînerait la mort de Sémélé. Toutefois, ayant déjà juré par le Styx de lui accorder toute demande, il n’eut d’autre choix que de se révéler à Sémélé, ce qui provoqua sa mort.
Parmi les autres Titans éminents récompensés pour leurs efforts durant la Titanomachie figuraient Prométhée et son frère Épiméthée. Prométhée reçut la mission particulière de créer l’humanité, tandis qu’Épiméthée fut chargé de créer tous les animaux et de leur donner un nom.
Les Titans rebelles furent emprisonnés dans le Tartare (l’Enfer), et Zeus chargea les Hécatonchires (des géants dotés de cinquante têtes et cent mains) de les surveiller. Quant à Atlas, chef des Titans, Zeus le condamna à soutenir la voûte céleste pour l’éternité.
Bia fait exécuter le châtiment de Prométhée
Un épisode de la mythologie grecque où Bia et ses frères et sœurs participèrent à l’exécution d’un châtiment fut celui où Zeus punit Prométhée pour avoir volé le feu des dieux. Selon la légende, après que Zeus eut demandé à Prométhée de créer l’humanité et de lui accorder des dons, le Titan se mit à sculpter une figure. Celle-ci impressionna Athéna, qui insuffla la vie dans la statue, donnant ainsi naissance au premier homme.
Épiméthée, de son côté, s’acquitta de sa tâche avec ardeur et créa tous les animaux, les dotant de certains attributs divins. Il donna à certains la capacité de voler, à d’autres des écailles sur le corps. Épiméthée dota d’autres animaux de griffes pour faciliter l’escalade des arbres et conféra à d’autres encore la capacité de nager. Lorsque Prométhée eut achevé la création de l’homme, il demanda à son frère Épiméthée de lui céder quelques-uns de ces dons afin de les transmettre à sa créature, mais Épiméthée avait déjà épuisé tous les dons disponibles.
Lorsque Prométhée s’adressa à Zeus, celui-ci se contenta de rire et déclara que les humains n’avaient nul besoin des attributs divins. Cela irrita Prométhée, qui aimait sa création ; il trompa donc Zeus lorsque ce dernier décréta qu’aucun humain ne devrait jamais utiliser le feu. Cette interdiction affecta gravement les humains, qui ne pouvaient plus cuire leurs aliments ni se réchauffer, et s’affaiblirent. Pris de pitié, Prométhée déroba une part du feu divin et le remit aux humains.
Bia enchaîne Prométhée au rocher
Zeus découvrit ce que Prométhée avait fait et le condamna à être enchaîné à un rocher, un oiseau lui dévorant le foie. Zeus chargea Cratos d’enchaîner Prométhée, mais ce dernier se révéla trop fort pour Cratos. Ce fut l’intervention de Bia qui permit finalement d’attacher Prométhée au rocher. L’oiseau vint dévorer le foie de Prométhée, mais celui-ci repoussait pendant la nuit, et l’oiseau revenait le dévorer à nouveau.
Ce cycle se répéta chaque jour, infligeant à Prométhée des souffrances atroces.
Selon Platon, Bia et son frère Cratos étaient les gardes du corps de Zeus, qui inspiraient la crainte à Prométhée lui-même lorsqu’il envisageait de voler le feu divin. Cependant, Prométhée parvint à les esquiver et à s’introduire dans la forge d’Héphaïstos, le dieu du feu. Comme nous le savons, Prométhée réussit à dérober le feu et à le remettre à l’humanité.
Autres apparitions de Bia
Bia, déesse grecque de la force, apparaît dans une œuvre du philosophe grec Plutarque, où elle est mentionnée par Thémistocle, le général athénien. Selon le récit, Thémistocle se mit à extorquer de l’argent aux cités alliées, probablement afin de contribuer à l’unification de la Grèce. Cela causa des difficultés aux alliés, qui se plaignirent amèrement, mais Thémistocle n’en tint aucun compte. Il insistait au contraire pour naviguer d’une cité à l’autre en exigeant de l’argent.
Dans un épisode, il se rendit sur l’île d’Andros, dans l’archipel des Cyclades grecques, lors de sa tournée habituelle pour réclamer des fonds. Afin d’extorquer de l’argent aux Andriens, Thémistocle déclara qu’il venait au nom de deux divinités : Peitho, dieu de la persuasion, et Bia, dieu de la contrainte. Les Andriens lui répondirent qu’ils possédaient eux aussi deux divinités : Pénia, dieu de la pauvreté, et Aporie, dieu de l’impuissance. Ces dieux, affirmèrent les Andriens, les empêchaient de lui verser la moindre somme.
La singularité de Bia
Contrairement à ses frères et sœurs, Bia n’était pas une déesse majeure des mythes grecs, mais elle y joua néanmoins des rôles essentiels. On la décrivait souvent comme la déesse silencieuse, et elle n’apparaît que dans deux mythes grecs : celui de Prométhée et la Titanomachie. Cependant, son rôle dans ces récits ne saurait être sous-estimé, car elle aida Zeus par sa puissance à vaincre les Titans. Son aide fut si précieuse que Zeus jugea nécessaire d’en faire l’une de ses gardes et de ses exécutantes.
Par ailleurs, son rôle dans le châtiment de Prométhée fut déterminant, car sans elle, Cratos aurait échoué à enchaîner le Titan. Bia déploya toute sa force pour maintenir Prométhée et l’attacher afin d’exécuter la volonté de Zeus. Bia fut donc une figure essentielle du règne de Zeus, grâce à sa force brute, sa puissance et sa vigueur. Il n’est donc pas exagéré de conclure que le règne de Zeus en tant que roi des dieux n’aurait pas été aussi efficace sans l’influence de Bia.
Symbole de la déesse Bia et représentations artistiques
Le symbole de Bia est inconnu, mais elle est représentée aux côtés de son frère Cratos sur une peinture sur vase du Ve siècle av. J.-C. L’œuvre illustre une scène d’une pièce perdue du tragique grec Euripide, représentant Bia et Cratos châtiant le roi des Lapithes de Thessalie. Les deux frères et sœurs figurent également dans des œuvres romantiques des XVIIIe et XIXe siècles illustrant le châtiment de Prométhée, tel qu’il est décrit dans la mythologie de Cratos.
Dans la littérature romaine, Bia est désignée sous le nom de Vis et possédait la même puissance et la même influence que sa version grecque. Aujourd’hui, plusieurs boutiques en ligne prétendent vendre des statues de la déesse grecque Bia.
Prononciation du nom de Bia
Le nom de la déesse se prononce « |Baïa| » et incarne la force brute, la vigueur et la puissance.
Conclusion
Cet article a examiné le mythe de Bia, déesse grecque de la puissance et de la force, ainsi que ses rôles dans les mythes grecs. Voici un récapitulatif des faits essentiels sur la déesse Bia :
- Les parents de Bia étaient le Titan Pallas et la nymphe marine Styx, qui eurent trois autres enfants, notamment Cratos et Nicé.
- Bia et sa famille combattirent aux côtés de Zeus et des Olympiens durant la Titanomachie, et leurs exploits aidèrent Zeus à remporter la guerre contre les Titans.
- En récompense, Zeus fit de Bia et de ses frères et sœurs ses compagnons et gardes permanents, chargés d’exécuter sa volonté.
- Bia enchaîna Prométhée au rocher après que Zeus eut ordonné son châtiment pour avoir volé le feu des dieux.
- L’équivalent romain de Bia était Vis, qui conservait toutes les caractéristiques de sa version grecque.
Bia n’était pas une divinité majeure, mais son rôle dans les mythes de la Grèce antique ne saurait être négligé ni sous-estimé.

