Première bataille d'El Alamein - Le tournant de juillet 1942
La première bataille d’El Alamein fut l’un des trois engagements majeurs qui se déroulèrent pendant la Seconde Guerre mondiale (1939–1945), à un moment où les grandes puissances mondiales — les Alliés et l’Axe — s’affrontaient sans répit.
Pendant plus d’un demi-siècle de conflits, ces superpuissances s’affrontèrent pour dominer non seulement l’Europe, mais le monde entier. Les forces alliées comprenaient l’Union soviétique, les États-Unis, la Grande-Bretagne et la Chine.
De leur côté, l’Allemagne, l’Italie et le Japon constituaient les puissances de l’Axe. Lisez cet article pour découvrir en détail la première bataille d’El Alamein.
1re bataille d’El Alamein
L’importance de la bataille
Bien qu’aucun des deux camps n’ait remporté de victoire décisive à El Alamein, cette bataille eut un effet déterminant sur le cours de la Seconde Guerre mondiale. Elle offrit à l’armée britannique l’occasion de reprendre le contrôle du conflit. Elle façonna l’histoire que nous connaissons aujourd’hui ; sans cet affrontement, c’est une tout autre narration qui nous serait parvenue.
Cette bataille constitua l’un des rares cas où le poursuivant devint le poursuivi en raison d’une confiance excessive dans ses propres capacités. La réputation peut précéder un homme et nourrir des attentes démesurées, pour ne conduire qu’à la déception.
La première bataille d’El Alamein démontra que les plans peuvent dérailler. Les attentes pouvaient s’avérer bien éloignées de la réalité, particulièrement du côté du poursuivant. Ce constat vaut également pour les opérations militaires.
Le contexte de la bataille
La 1re bataille d’El Alamein débuta le 1er juillet 1942 et dura près d’un mois. Diverses tactiques militaires furent employées au cours de cet engagement. De nombreux récits et de nombreux historiens s’accordent à dire que la bataille d’El Alamein constitua un véritable tournant dans l’histoire mondiale.
Après sa victoire récente à la bataille de Gazala, le feld-maréchal Erwin Rommel de l’Afrika Korps tourna son attention vers la Huitième armée britannique, qui se repliait vers les terrains accidentés du désert nord-africain, sous le commandement du lieutenant-général Neil Ritchie.
Le général Ritchie, avec ses troupes, envisageait de poursuivre sa retraite vers Mersa Matruh, un territoire allié, situé à environ 100 miles à l’est. Cependant, avant même qu’il n’ait pu achever sa manœuvre, le général Ritchie fut relevé de ses fonctions et remplacé par le général Claude Auchinleck en tant que nouveau commandant en chef.
Le général Auchinleck jouissait d’une réputation controversée et n’était guère bien accueilli par ses pairs. Désormais à la tête du commandement du Moyen-Orient, ses capacités étaient mises à l’épreuve face à la poursuite implacable des troupes de l’Axe.
Le général Auchinleck reprit le plan initial du général Ritchie et décida de poursuivre au-delà de Mersa Matruh vers El Alamein, où ses forces s’installèrent et prirent une position défensive. Les combats qui suivirent dans les jours ultérieurs n’étaient pas inédits ; néanmoins, c’est ici que se déroula la première bataille d’El Alamein.
Combats et attaques
Face à l’hostilité farouche entre les puissances de l’Axe et les Alliés, il ne fallait accorder aucun avantage à l’ennemi, pas même un pouce de terrain. Les deux camps cherchaient à atteindre l’Est en premier, car cela signifiait un gain considérable. Voyant que les troupes de l’Axe, parfaitement équipées, approchaient du canal de Suez, les forces alliées furent prises de panique, car cela aurait signifié un désavantage catastrophique.
Le canal de Suez représentait non seulement une voie de passage essentielle pour les cargaisons, les munitions et les renforts alliés, mais aussi une route stratégique vers le Moyen-Orient et ses vastes territoires riches en pétrole. En perdre le contrôle aurait été dévastateur pour les forces du général Auchinleck.
Les tactiques de la bataille
Au début de la bataille, le général Auchinleck et ses troupes adoptèrent une posture défensive face aux forces du maréchal Rommel. Pour se protéger, les soldats britanniques érigèrent un ensemble de sacs de sable servant de principaux points de défense.
C’est derrière ces boîtes défensives qu’ils se tinrent et se préparèrent aux assauts. Ces positions étaient reliées par des kilomètres de barbelés. Au milieu se trouvaient des champs de mines terrestres, destinés à entraver la progression des forces de l’Axe.
La division Panzer des forces de l’Axe constituait la division blindée la plus performante de l’armée allemande. Elle avait largement contribué aux victoires successives que les forces de l’Axe et le feld-maréchal Erwin Rommel avaient remportées en Europe et dans les territoires voisins. Cependant, la quête du maréchal Rommel et de sa division Panzer pour avancer vers l’est, en direction du Caire, du canal de Suez et du Moyen-Orient, ne fut jamais aisée.
Grâce à cette stratégie, la campagne de l’Axe acquérait un avantage considérable en Europe — sur la Russie, la Grande-Bretagne et les territoires environnants. Les Panzer connaissaient un tel succès qu’une nouvelle victoire lors de cette bataille d’El Alamein semblait aux forces de l’Axe tout à fait à leur portée.
Contre-attaques
La redoutable division Panzer se révéla implacable, déterminée à remporter la victoire. Elle frappa avec ténacité les corps tactiquement déployés par Auchinleck. Le commandant Auchinleck employa manifestement des tactiques de retardement lors de cet engagement.
Il se concentrait désormais sur le plan qu’il allait mettre en œuvre pour empêcher à tout prix les forces de l’Axe de progresser vers l’Est.
Des renforts en provenance de Nouvelle-Zélande et des troupes indiennes galvanisèrent le moral des combattants. Pouce par pouce, grâce à leurs boîtes défensives, les forces alliées gagnaient un avantage sur la ligne ennemie.
La vulnérabilité des troupes de l’Axe
Le maréchal Rommel était un génie militaire, hautement estimé même par les dirigeants alliés. Pourtant, les avancées des troupes du maréchal Rommel ne parvinrent pas à soumettre les forces ennemies, car ses soldats étaient épuisés et exténués.
Après de nombreux jours de combat et de victoires en Europe, les armées de Rommel manquaient désormais de carburant et d’énergie. À mesure que les troupes s’épuisaient, les divisions Panzer n’étaient plus efficaces dans leurs attaques. Sans renforts immédiats en hommes et en carburant, les troupes de l’Axe présentaient une faille de vulnérabilité. C’était une opportunité que l’ennemi ne manqua pas de relever immédiatement.
Face à la faiblesse affichée par l’ennemi, la détermination du général Auchinleck à anéantir les troupes de Rommel s’intensifia. Il lança alors l’opération Manhood. L’objectif principal était de prendre le contrôle total de la crête de Miteirya, un bastion des forces de l’Axe. Cette manœuvre, si elle avait été menée à bien, aurait coupé la principale ligne de ravitaillement du maréchal Rommel, le réduisant ainsi à l’impuissance dans sa progression vers l’Est.
L’émergence des complexités
Néanmoins, la mise en œuvre de l’opération Manhood se révéla plus complexe que prévu. Ainsi, le plan d’action du général Auchinleck ne se concrétisa pas ; de plus, les deux camps se retrouvèrent dans une impasse. Ce repli permit aux deux parties de reconstituer les matériels et les ressources nécessaires.
Si les forces de l’Axe avaient réussi à progresser vers l’Est, c’en aurait peut-être été fini de la Huitième armée britannique.
La bataille et l’impasse
La position des forces alliées s’avéra particulièrement ardue pour le offensif Rommel et son Afrika Korps. Réputé pour son charisme et son brillant génie militaire, Rommel était notamment connu pour prendre l’ennemi à revers.
Cette fois cependant, il ne put exécuter cette tactique en raison de la topographie des lieux. C’est précisément cette contrainte géographique qui rendit la bataille d’El Alamein d’autant plus passionnante pour les stratèges militaires de l’époque.
Les échanges d’assauts entre les deux forces des superpuissances alliées et de l’Axe lors de la première bataille d’El Alamein aboutirent à une impasse. Malgré les coups massifs reçus de chaque côté, aucun des deux camps ne parvint à prendre l’ascendant sur l’autre, aucune des deux parties n’obtenant la victoire tant convoitée. L’affrontement n’apporta que fatigue et épuisement aux deux camps, si bien que les deux parties convenurent d’un cessez-le-feu.
Il convient toutefois de noter que ce furent les troupes de Rommel qui déclenchèrent les attaques offensives au début de cette bataille. Pourtant, la première bataille d’El Alamein s’acheva avec lui et ses troupes du côté défensif. De leur côté, les troupes du général Auchinleck se retrouvèrent dans une position plus avantageuse.
La première bataille d’El Alamein s’éteignit le 27 juillet 1942.
Où se déroula la bataille d’El Alamein ?
La bataille eut lieu dans le désert nord-africain, à 150 miles à l’ouest du Caire, près de la gare désaffectée d’El Alamein, à proximité du littoral. El Alamein était un bastion britannique à la frontière égyptienne. Pour être précis, El Alamein se situe à 30,8225° N, 28,9543° E.
El Alamein s’avéra une position stratégique pour les forces alliées afin de contrer les manœuvres ennemies. Il s’agissait d’un goulet d’étranglement qu’il fallait franchir : au nord d’El Alamein se trouve la mer Méditerranée, tandis qu’au sud s’étend la dépression de Qattara. C’était un passage périlleux et dangereux.
Il existe une dépression terrestre, une dépression en forme d’entonnoir, dans le désert. De ce fait, elle est impraticable pour une importante concentration militaire, des chars lourds et des machines, dont les forces de l’Axe disposaient en abondance.
Effectifs des armées
Lors de la bataille d’El Alamein, le général Claude Auchinleck aurait commandé une armée estimée à environ 150 000 hommes. Sur ce nombre, jusqu’à 13 000 furent mis hors de combat. De son côté, la division Panzer du feld-maréchal Erwin Rommel comptait 90 000 hommes, ainsi que des chars dotés d’une artillerie lourde. Ses pertes s’élevèrent à 10 000 hommes, dont 7 000 prisonniers recensés.
Aujourd’hui, la ville historique d’El Alamein abrite un musée militaire unique en son genre. On y trouve également l’unique cimetière réservé aux forces de l’Axe. Il constitue un rappel du conflit passé qui bouleversa cette petite ville côtière.
Enseignements tirés
Vaincre et non perdre, tel est le souhait de chacun, non seulement dans les batailles de la vie quotidienne, mais aussi dans les véritables combats et guerres. Il est impératif de planifier chaque mouvement de manière stratégique et objective, sans s’appuyer excessivement sur les succès passés.
La première bataille d’El Alamein avait commencé avec un plan solide ; cependant, son issue s’avéra plutôt décevante pour les forces de l’Axe, qui n’atteignirent pas leur objectif. Les décisions de leurs chefs militaires entraînèrent une prolongation des jours de guerre et un épuisement des ressources — hommes et machines.
Juger les commandants militaires à leur seule réputation n’est jamais judicieux. Le maréchal Rommel, que tous considéraient comme brillant et admiré, ne parvint pas à faire ses preuves dans cette bataille. En revanche, le général Auchinleck, mal accueilli par ses pairs, démontra qu’une planification méticuleuse et de la prudence pouvaient produire des résultats remarquables — des résultats supérieurs à ce qui était initialement visé.
Conclusion
La première bataille d’El Alamein aurait pu paraître n’être qu’un accrochage mineur entre deux superpuissances mondiales.
Les archives montrent que la première bataille d’El Alamein peut être caractérisée comme suit :
- Elle marqua le début de la fin de l’hégémonie des puissances de l’Axe en Europe.
- Lors de la première bataille d’El Alamein, la majorité des soldats ayant combattu sous la bannière des forces alliées provenaient de la Huitième armée britannique.
- Le terrain de la bataille ouvrit la voie à une campagne militaire plus fructueuse à El Alamein, considérée comme une victoire stratégique par les Alliés.
- La localisation et la géographie pouvaient faire ou défaire une campagne militaire autrement prometteuse.
- La première bataille d’El Alamein se déroula dans un lieu qui semblait insignifiant, mais qui s’avéra un événement extraordinaire dans l’histoire mondiale.
El Alamein semblait un lieu insignifiant au cours d’un événement extraordinaire de l’histoire mondiale. Grâce aux stratégies des brillants architectes des forces alliées et de l’Axe, elle devint un événement pivot de l’histoire mondiale.


