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La guerre anglo-irakienne : un affrontement sanglant et méconnu de la Seconde Guerre mondiale

La guerre anglo-irakienne, ou le coup d’État de Rachid Ali, fut une bataille importante qui se déroula en Irak pendant la Seconde Guerre mondiale. L’affrontement s’inscrivit dans la vaste campagne militaire que la Grande-Bretagne mena contre les puissances de l’Axe durant ce conflit mondial. La guerre anglo-irakienne éclata en raison d’un conflit entre le Royaume-Uni et le gouvernement rebelle de Rachid Ali et dura du 2 au 31 mai 1941.

Qu’est-ce que la guerre anglo-irakienne ?

Soldats irakiens

Après l’indépendance de l’Irak en 1932 et peu après la fin du mandat britannique, la Grande-Bretagne signa le traité anglo-irakien, qui prévoyait notamment l’autorisation de conserver une influence militaire dans le pays. Dès 1937, les troupes britanniques avaient quitté l’Irak. Toutefois, la Royal Air Force fut autorisée à conserver deux de ses bases.

Cette mesure visait à contrôler les réserves pétrolières irakiennes et à protéger les intérêts britanniques dans le pays. De nombreux nationalistes arabes s’opposèrent à cet arrangement, car il laissait entendre que l’Irak demeurait sous le contrôle du gouvernement britannique.

L’occupation britannique de l’Irak inquiéta les nationalistes, qui aspiraient à l’indépendance totale de leur pays. L’un d’eux fut Rachid Ali, également connu pour avoir dirigé le Parti de la Fraternité nationale.

En mars 1941, Rachid Ali mena un coup d’État et s’empara du pouvoir en Irak. Le 1er avril, le Carré d’Or et l’armée royale irakienne marchèrent sur Bagdad pour s’emparer de la ville. Le Carré d’Or demanda que Rachid devienne Premier ministre. Il prit le pouvoir et forma un gouvernement de défense nationale.

Principaux événements de la guerre anglo-irakienne

Pendant la guerre anglo-irakienne, la force de Habbaniya avança en territoire irakien. Initialement, elle devait porter secours aux forces de garnison britanniques qui éprouvaient des difficultés à défendre la base de la Royal Air Force à RAF Habbaniya. Cependant, la menace pesant sur Habbaniya fut écartée par les actions de la garnison avant même l’arrivée des éléments de la Habforce. Ensemble, ils se dirigèrent vers Bagdad pour s’en emparer.

À la mi-mai, les troupes entamèrent leur poussée en direction de Bagdad. Elles s’allièrent aux compagnies assyriennes de Habbaniya et aux forces du roi pour s’emparer de Fallouja et du pont sur l’Euphrate. Cette offensive fut suivie d’une bataille qui dura plusieurs jours.

Le bombardement par les avions de Habbaniya permit de remporter la première manche, tandis qu’une contre-attaque menée par les Irakiens avec l’appui de chars permit de gagner la seconde. Cependant, cette victoire causa de grandes souffrances aux habitants de Fallouja.

Après la prise de Fallouja, les Alliés tournèrent leurs regards vers Bagdad. Cependant, ils ne disposaient pas de suffisamment de troupes. À ce stade, ils ne comptaient qu’environ 1 500 hommes, ce qui était insuffisant pour menacer la vaste armée royale irakienne. Conscients de leur infériorité numérique, ils divisèrent leur force en deux colonnes de 750 hommes chacune et s’ébranlèrent dans l’obscurité qui précéda l’aube du 28 mai.

L’entrée de l’Allemagne dans la guerre anglo-irakienne

Rachid Ali al-Gaylani

Les Alliés espéraient que cette manœuvre effraierait le Carré d’Or et pousserait la junte à se replier vers le nord. Si cela ne fonctionnait pas, il existait un risque sérieux que les Irakiens ne constatent combien la force d’invasion était dérisoire. Dans ce cas, il était certain qu’ils se contenteraient de gagner du temps en attendant le soutien allemand.

Lorsque Rachid Ali s’empara de Bagdad, il refusa d’autoriser les forces militaires britanniques à entrer en Irak. Durant cette période, la Grande-Bretagne était également engagée dans des combats contre les forces italiennes et allemandes en Afrique du Nord. Elle préparait également l’invasion de la Syrie, qui fut en fin de compte capturée par les Français.

En avril 1941, le gouvernement irakien demanda à l’Allemagne une assistance militaire contre la Grande-Bretagne, dans le but d’éliminer la puissance britannique d’Irak. Lorsque Rachid devint Premier ministre, il déclara immédiatement le Parti de la Fraternité nationale (HIW) seul parti légal d’Irak. Il entreprit également de persécuter les politiciens et les citoyens pro-britanniques dans le pays.

Lorsque Rachid accueillit des dirigeants arabes en Irak, les relations entre la Grande-Bretagne et l’Irak se détériorèrent davantage. Le gouvernement britannique réagit en déclarant illégal le gouvernement de Rachid.

La fin de la guerre anglo-irakienne

Poussé par les promesses de soutien de l’Allemagne et de l’Italie, Ali lança une attaque contre les bases britanniques dans l’ouest de l’Irak. Il attaqua également les forces britanniques qui avaient débarqué dans la ville méridionale de Bassora. Le soutien allemand se manifesta, mais se réduisit à quelques avions de chasse.

La Grande-Bretagne proclama sa déclaration de guerre à l’Irak. Les forces britanniques vainquirent facilement l’armée irakienne et remirent le pouvoir au régent d’Irak, le prince ‘Abd al-Ilah, un allié britannique.

La guerre apparut alors comme l’occasion rêvée d’abattre les Britanniques, du moins sur le moment. Elle se déroula juste avant la désastreuse campagne de Grèce et de Crète, et pendant la guerre en Égypte et en Libye. Le 31 mai 1941, la guerre anglo-irakienne s’acheva par un armistice qui prévoyait la cessation des combats pour quatre semaines.

Les traités anglo-irakiens

Il existe au total quatre traités entre le Royaume-Uni et l’Irak, signés en 1922, 1926, 1930 et 1948. Après la Première Guerre mondiale, l’Irak était devenu un État sous mandat de la Société des Nations. En 1920, la Grande-Bretagne reçut le mandat sur l’Irak. Elle décida alors d’y établir une monarchie irakienne.

Le traité de 1922

Traité anglo-irakien de 1922

Les Britanniques élurent Fayçal, troisième fils de Husayn ibn Ali, en tant que chérif de La Mecque. Avant son couronnement, le haut-commissaire à Bagdad suggéra que le mandat serait plus acceptable si ses termes étaient consacrés dans un traité entre la Grande-Bretagne et l’Irak. C’est ainsi que naquit le traité de 1922.

Après cette signature, les tensions s’exacerbèrent entre les deux nations. Les Britanniques souhaitaient conserver un contrôle sur l’Irak, tandis que Fayçal aspirait à l’indépendance et refusait d’apparaître comme une marionnette britannique. Le traité couvrait tous les aspects politiques importants, y compris la constitution.

Le traité rendait également l’Irak responsable de sa propre défense contre toute agression extérieure tout en garantissant les intérêts impériaux britanniques dans le pays. C’est pourquoi le traité fut impopulaire en Irak.

Finalement, l’opposition s’organisa pour s’opposer à l’application du traité. Certains chefs de l’opposition furent arrêtés pour cette raison. Lorsque Fayçal tomba malade quelques jours avant la date prévue pour sa signature, les Britanniques forcèrent le Premier ministre à signer le traité. En 1923, un protocole additionnel au traité fut négocié. Il réduisit sa période d’application de vingt ans à quatre ans.

Le traité de 1926

Contrairement aux autres traités problématiques, le traité de 1926 fut jugé équitable. Son objectif principal était de résoudre la délimitation de la frontière turco-irakienne. Il contribua à améliorer les droits linguistiques kurdes pour la population de la région. Le traité fut ensuite prolongé pour vingt-cinq ans, à moins que l’Irak n’entrât à la Société des Nations avant la fin de cette période.

Les six dernières années s’écoulèrent sans heurts et les conflits furent moins nombreux que durant les années précédentes. En 1927, lors de la première révision, le Royaume-Uni proposa que l’Irak fût considéré pour une adhésion à la Société des Nations en 1928. Ces négociations se poursuivirent jusqu’en 1929 avant d’être abandonnées.

Le traité de 1930

Le traité signé en 1930 remplaça les traités de 1922 et 1926. Il entra en vigueur après l’admission de l’Irak à la Société des Nations, en 1932, suite à l’abolition du mandat britannique. Le traité reconnaissait officiellement l’indépendance de l’Irak.

Cependant, son objectif principal était de maintenir la situation de dépendance de l’Irak en matière militaire et diplomatique. Le traité anglo-irakien de 1930 fut peut-être le traité le plus rapidement conclu.

Cela s’expliqua principalement par l’absence d’opposition à cette époque. Le traité stipulait que l’Irak assumerait l’entière responsabilité du maintien de l’ordre intérieur. Il précisait également que la Royal Air Force britannique pouvait demeurer en Irak.

Ce ne fut qu’à la fin des années 1940 que l’opposition irakienne s’éleva avec véhémence contre le contrôle et l’influence britanniques. En 1946 et 1947, le gouvernement britannique exprima son intérêt pour la prolongation du traité de 1930, sous couvert de révision.

Pour l’Irak, les négociations furent pilotées par Nouri al-Saïd et Abdallah, mais menées par le Premier ministre chiite, Salah Jabr. Jabr et ses collaborateurs élaborèrent un nouveau traité qu’ils publièrent le 15 janvier 1947. Le traité étant identique à la version de 1930, il fut rejeté.

Le traité de 1948

L’accord de 1948, signé à Portsmouth, fut conclu pour instituer la « commission de défense conjointe ». L’Irak demeurait une base pour les forces armées britanniques. En conséquence, un soulèvement populaire éclata et le Parlement irakien rejeta le traité.

Ce n’est qu’en 1955 qu’un accord signé à Bagdad remplaça finalement le traité de 1930. Celui-ci accordait à la Grande-Bretagne le contrôle sur l’armée irakienne et ses bases aériennes militaires. Les forces aériennes britanniques demeurèrent en Irak.

Après la révolution irakienne de 1958, le gouvernement déclara son retrait du pacte de Bagdad. Il dénonça également l’accord de 1955. Les relations entre la Grande-Bretagne et l’Irak furent ensuite régies par le traité jusqu’en 1958, date à laquelle le gouvernement révolutionnaire refusa de le reconnaître.

Conclusion

Soldats britanniques regardant Bagdad

Après la lecture de cet article, vous êtes parfaitement informé de la guerre anglo-irakienne ! Voici un rappel des principaux événements :

  • La guerre anglo-irakienne, également connue sous le nom de coup d’État de Rachid Ali, constitua un épisode crucial de l’histoire de l’Irak pendant la Seconde Guerre mondiale.
  • La guerre anglo-irakienne s’inscrivit dans la vaste campagne militaire que la Grande-Bretagne mena contre les puissances de l’Axe durant la Seconde Guerre mondiale.
  • En mars 1941, Rachid Ali mena un coup d’État et s’empara du pouvoir en Irak. Le 1er avril, le Carré d’Or et l’armée royale irakienne marchèrent sur Bagdad pour prendre la ville.
  • Le 31 mai 1941, la guerre anglo-irakienne s’acheva par un armistice qui prévoyait la cessation des combats pour quatre semaines.
  • Il existe au total quatre traités anglo-irakiens signés en 1922, 1926, 1930 et 1948.

Connaissiez-vous tous ces faits sur le rôle de l’Irak dans la Seconde Guerre mondiale ? Nous espérons avoir satisfait votre curiosité !

Créé : 11 janvier 2022

Modifié : 21 mars 2024