Fatwa | Understanding Legal Opinions on Ethics & Morals
Une fatwa est un avis juridique relevant du droit islamique qui porte sur l’éthique religieuse et la morale. Il est rare qu’elle constitue une condamnation à mort.
Lisez la suite pour en savoir davantage sur cet avis juridique.
Qu’est-ce qu’une fatwa ?
Une fatwa est un avis juridique islamique formel ou une interprétation de la loi émanant d’un juriste qualifié, appelé mufti. Les fatwas musulmanes sont généralement des réponses à des questions posées par des individus ou des tribunaux islamiques. Elles ne sont pas considérées comme des jugements contraignants, bien qu’elles fassent autorité, et tout demandeur peut solliciter un autre avis.
Le mufti examine l’opinion et la réputation de la personne, en fournissant les preuves ainsi que les arguments étayant la fatwa. Lorsque différents savants émettent des avis contradictoires, ils comparent les preuves, puis s’appuient sur leur conscience, don de Dieu, pour les guider.
Une fatwa joue un rôle essentiel dans le système classique en :
- Diffusant les connaissances sur l’islam en fournissant des conseils juridiques ainsi qu’un accompagnement dans les rites et l’éthique.
- Conseillant les tribunaux sur les points subtils du droit islamique.
- Développant le droit islamique substantiel.
Dans les pays où le droit islamique constitue le fondement du droit civil sans être codifié, les fatwas font l’objet de débats avant d’être émises. Une fatwa ne doit jamais se contredire. Si deux fatwas se contredisent, les instances compétentes doivent s’efforcer de définir une interprétation de compromis afin de lever toute ambiguïté.
Bien que les fatwas islamiques n’aient pas de place directe dans le système, elles servent à clarifier des points subtils de droit pour les experts ou à conférer une autorité morale à l’interprétation d’une règle. Dans les pays où le droit islamique n’est pas à la base du système juridique (par exemple, dans certains pays d’Afrique et d’Asie), un mujtahid peut émettre une fatwa contradictoire.
Les fatwas peuvent aller d’une réponse en un seul mot à des essais de la longueur d’un livre. Bien qu’elles portent principalement sur des questions juridiques, les fatwas peuvent également traiter de théologie, de philosophie, de credo et d’actes de culte islamique.
Définition de la fatwa
La définition de la fatwa correspond à toute décision religieuse prise par un mufti. Fatwa (pluriel fatawa) signifie littéralement jugement juridique ou verdict. Selon la définition d’Al-Shatibi, la fatwa désigne « une réponse à une question juridique donnée par un expert (mufti) sous forme de paroles, d’actes ou d’approbation. »
Le mot fatwa provient de la racine arabe f-t-y, signifiant jeunesse, nouveauté, clarification ou explication. On le trouve également sous la forme fetva, un mot turc lié à l’Empire ottoman.
Les origines du mot fatwa remontent au Coran. Le texte coranique instruit Muhammad sur la manière de répondre aux questions de ses adeptes concernant les pratiques sociales et religieuses. Cela s’exprime par des formes verbales de la racine f-t-y, qui signifie demander ou accorder une autorité.
La fatwa est-elle islamique ?
Oui, la fatwa est islamique. Les origines de la fatwa remontent au Coran. À plusieurs reprises, le Coran exhorte le prophète Muhammad à répondre aux questions de ses adeptes concernant les pratiques religieuses et sociales.
Selon la doctrine islamique, après la mort de Muhammad en 632, Dieu a cessé de communiquer avec l’humanité par l’intermédiaire des prophètes. La communauté musulmane en expansion s’est tournée vers les Compagnons de Muhammad pour obtenir des orientations religieuses. Les successeurs, qui ont développé le concept de fatwa, ont remplacé cette génération de Compagnons.
La communauté islamique a développé le rôle de la fatwa dans un format de questions et réponses pour transmettre le savoir religieux. Elle a pris sa forme définitive avec l’élaboration de la théorie classique du droit islamique.
Décret musulman
Une fatwa est le terme officiel désignant un décret musulman. Un décret est un ordre ou une décision officielle, généralement émanant d’une personne investie d’autorité. Les musulmans croient au décret divin. Ils sont fermement convaincus que toute chose, bonne ou mauvaise, se produit par la volonté d’Allah. Bien qu’il ne force jamais qui que ce soit à agir contre sa volonté, rien ne peut se produire sans sa volonté.
La croyance au décret divin musulman constitue l’un des piliers de la foi. Lorsqu’on demanda au Prophète ce qu’était la foi, il répondit : « C’est croire en Allah, en Ses anges, en Ses livres, en Ses messagers, au Jour dernier et croire au décret divin, tant dans son bien que dans son mal. »
Fatwa de mort : un autre terme pour mandat de mort
Une fatwa de mort est perçue par beaucoup comme un mandat de mort. Il est très rare qu’une fatwa appelle à la mise à mort. Une fatwa peut être annulée et ne constitue pas un jugement contraignant qui disculperait une personne de sa culpabilité. Bien entendu, une fatwa appelant à la mort pourrait inciter quelqu’un à passer à l’acte, indépendamment de toute théorie juridique islamique.
Les fatvas ont fait l’objet de vifs débats internes après qu’Ayatollah Khomeini a émis une fatwa appelant à tuer le romancier Salman Rushdie pour ses Versets sataniques, qui auraient insulté le Prophète. L’Iran a soutenu cette fatwa depuis son émission en 1989 jusqu’en 1998, lorsque le président Mohammad Khatami a déclaré qu’elle n’était plus applicable.
Cette fatwa a suscité une indignation internationale et tendu les relations entre l’Iran et l’Occident. En raison de cet incident, beaucoup associent la pratique à des stéréotypes islamiques sombres. Le Dar ul Uloom a émis une fatwa déclarant que tout appel à tuer Rushdie était non islamique.
Un autre cas moins médiatisé fut une fatwa émise par l’État de Zamfara au Nigeria. Elle appelait à la mort d’un journaliste dont l’article sur le Prophète Mohammed souhaitant épouser une candidate au concours Miss World avait provoqué des émeutes meurtrières. Cette proclamation peut sembler inciter à la tuer. La mettre à mort sans procès ne serait cependant pas légal au regard du droit islamique.
Yusuf al-Qaradawi, un savant et prédicateur musulman égyptien, surtout connu pour animer une émission populaire sur Al Jazeera, a publié une fatwa le 14 avril 2004. Celle-ci précisait que le boycott des produits américains et israéliens constituait une obligation pour tous ceux qui étaient en mesure de l’accomplir.
Mufti : juriste islamique
Un mufti est un juriste islamique habilité à émettre un avis non contraignant. Dans le système juridique classique, les muftis agissent en tant que savants indépendants. La seule condition préalable pour être mufti est d’être un adulte pieux possédant des connaissances religieuses.
Un mufti possède une formation approfondie en matière de décisions, de jugements et de précédents juridiques. Ses connaissances lui permettent de déduire des règles juridiques et de les appliquer aux situations pertinentes. Une fatwa est d’une importance capitale et clarifie la loi du Seigneur. Un mufti agit au nom de Dieu et suit le modèle du Messager de Dieu.
Un mufti doit être sincère envers Dieu dans sa fatwa. Pour devenir mufti, il faut se comporter de manière noble, calme et réservée dans son âme. Il doit suivre ce qu’il décrète dans sa fatwa et faire preuve de circonspection dans ses réponses face à des questions problématiques.
Au fil des siècles, les muftis sunnites ont été progressivement intégrés aux bureaucraties étatiques. Les juristes chiites en Iran ont quant à eux progressivement maintenu une autorité autonome. Aujourd’hui, de nombreux pays musulmans disposent d’un poste officiel de mufti ; un expert respecté en droit de la charia est nommé par les autorités civiles du pays.
Durant les premiers siècles de l’islam, on considérait qu’un mufti était un juriste appelé mujtahid. Ceux-ci pouvaient déduire des règles juridiques directement des sources scripturaires par un raisonnement indépendant.
Fatwa et tribunaux : des rôles distincts
Le mufti et le juge jouent des rôles différents dans le système de la charia. Une fatwa se distingue souvent d’un jugement de tribunal car son champ d’application potentiel est bien plus large. Le jeûne, l’aumône, la prière et l’étude des Écritures sont des éléments essentiels du droit islamique qui dépassent toutefois la compétence des tribunaux.
Voici les principales différences entre leurs rôles respectifs dans le système judiciaire :
- Une fatwa est non contraignante, tandis qu’une décision de tribunal est exécutoire.
- Une fatwa peut traiter de rites, de doctrines religieuses, de questions éthiques et parfois même de questions philosophiques. En revanche, les affaires judiciaires portaient sur des formes plus restreintes de justice.
- L’autorité d’un jugement de tribunal ne s’applique qu’à l’affaire spécifique jugée, tandis qu’une fatwa s’applique à toute requête.
- Une fatwa est établie sur la base des informations fournies dans la demande. Elle ne mène pas d’enquête, contrairement à une procédure judiciaire.
- Un juge évalue généralement les prétentions rivales de deux parties dans un litige pour parvenir à un verdict. En revanche, une fatwa repose sur les informations fournies par un seul pétitionnaire.
- Les juges sont des fonctionnaires nommés par le souverain. Les muftis sont des savants privés et ne sont pas officiellement nommés.
Une fatwa est un avis formel mais ne relève pas de la compétence d’un tribunal.
Résumons les points abordés dans cet article :
- Une fatwa est un avis formel émis par un juriste appelé mufti.
- Une fatwa est généralement émise en réponse à des questions d’individus ou de tribunaux islamiques.
- Une fatwa n’est pas une condamnation à mort.
- Les fatwas ne sont généralement pas considérées comme des jugements contraignants.
- Une fatwa célèbre fut celle prononcée contre l’écrivain Salman Rushdie en 1989.
- La seule condition pour être mufti est d’être un adulte pieux possédant des connaissances religieuses.
Une fatwa est un avis émis par une autorité religieuse reconnue en islam. Étant donné qu’il n’existe pas de clergé hiérarchique, une fatwa n’est pas contraignante. Il convient de fournir des preuves tirées des sources islamiques pour obtenir une décision fondée.



