La Révélation du Coran et comment elle a façonné les croyances fondamentales de l'islam
Le Coran, également appelé Quran ou Qur’ân, est le texte religieux fondamental de l’islam. Les musulmans le considèrent comme une révélation divine (Allah). Dieu a révélé le Coran au dernier des prophètes, Mahomet, par l’entremise de l’archange Gabriel.
Le Coran fut révélé par étapes sur environ 23 ans. Les révélations commencèrent durant le mois de Ramadan, lorsque Mahomet avait 40 ans, et s’achevèrent en 632, année de sa mort.
Qu’est-ce que le Coran ?
Lors des travaux de restauration de la Grande Mosquée de Sanaa, au Yémen, en 1972, des ouvriers pénétrèrent dans un grenier situé entre les toitures intérieure et extérieure de l’édifice. Ces travailleurs mirent au jour un site extraordinaire, sans en mesurer la portée sur le moment.
Ce site ne contenait aucun reste humain, aucune pierre tombale, aucun bijou funéraire. On n’y trouva qu’une masse de documents papier et de vieux parchemins. Il s’agissait en réalité de livres et de feuillets isolés en écriture arabe, agglutinés par des siècles d’humidité et de pluie. Insectes et rongeurs les avaient rongés au fil des années.
Certains de ces feuillets de parchemin semblaient dater des VIIe et VIIIe siècles de notre ère. Il s’agissait, en d’autres termes, de fragments de l’un des plus anciens Corans existants. Toutefois, la plus ancienne copie intégrale du texte qui nous soit parvenue remonte au IXe siècle.
Mais qu’est-ce que le Coran ? Qu’est-ce qui rend ce manuscrit lacéré si capital ?
Le Coran est l’Écriture sacrée de l’islam. Il est nettement plus court que la Bible, plus court même que le Nouveau Testament. Il compte 114 subdivisions apparentées à des chapitres, appelées sourates. Le Coran emploie le terme « sourate » pour désigner des passages de révélation de longueur indéfinie.
Toutes les sourates, à l’exception d’une seule, commencent par les mots Bismillahir rahmanir raheem. Cette formule signifie : « Au nom d’Allah, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux. »
Les musulmans récitent la première sourate dans le cadre de la prière rituelle. La plus longue sourate est Al-Baqara, avec 286 ayat (versets), tandis que la plus courte, Al-Kawthar, ne comporte que trois ayat.
Les sourates se répartissent en deux catégories : mecquoises et médinoises. Dans les éditions imprimées actuelles du Coran, chaque sourate est précédée d’un en-tête indiquant au lecteur si l’ange Gabriel l’a révélée à La Mecque ou à Médine.
Les compilateurs du Coran ne l’ont pas assemblé selon ses contenus ou ses formes littéraires. Ils ne l’ont pas non plus classé selon l’ordre chronologique dans lequel le Prophète a reçu ses différentes parties. Au contraire, les sourates se succèdent selon le principe de la longueur décroissante, avec de nombreuses exceptions à cette règle.
Les sourates comportent des subdivisions supplémentaires : des versets appelés ayat (singulier ayah). Le sens littéral d’ayat est « signe ».
Le Coran l’emploie pour désigner les manifestations de la grâce et de la puissance de Dieu. Il contient, par exemple, des ayat décrivant divers aspects du monde naturel. D’autres ayat évoquent les châtiments que Dieu a infligés aux peuples mécréants par le passé. Le Coran comporte également des sections appelées juz, constituant un programme de lecture sur 30 jours pendant le Ramadan.
Le Coran est l’œuvre littéraire la plus considérable de la langue arabe classique. Pour l’ensemble des musulmans, il représente la parole finale, éternelle et immuable de Dieu. Il est resté identique depuis quatorze siècles. Il se donnait pour mission de corriger les erreurs contenues dans les Livres saints antérieurs, tels que l’Ancien et le Nouveau Testament.
Cette assertion a naturellement ses détracteurs. L’un d’eux est le Dr Gerd Puin, éminent islamologue à l’Université de la Sarre, en Allemagne. Puin affirme qu’il ne s’agit pas d’une œuvre unique, mais qu’elle intègre des récits antérieurs au début du ministère du Prophète. Néanmoins, le texte recèle bel et bien une partie des informations fondamentales que l’on trouve dans la Bible hébraïque.
Le commencement de la récitation
La récitation commença une nuit de l’an 610. Mahomet se considéra dès lors comme un messager de Dieu et prophète. Il était le dernier d’une lignée de sept prophètes (qui commence avec Abraham et s’achève avec Jésus-Christ). Il avait pour mission de transcrire le message direct, définitif et le plus important que Dieu adressât au monde.
Les témoignages historiques montrent que Mahomet, qui n’avait jamais appris à lire ni à écrire, dicta le texte à des scribes, lesquels consignèrent ses paroles. Certains compagnons du Prophète entreprirent de rassembler l’ensemble des sourates transmises de cette manière. Ce travail engendra de multiples versions du texte sacré.
Ces « Compagnons » du Prophète furent les premiers à réunir le Coran en volumes uniques. Ces versions sont aujourd’hui appelées « codices des Compagnons ».
Aucun musulman pieux ne devrait toucher un Coran de la main gauche, ce membre étant réservé aux tâches impures. Ainsi, l’image stéréotypée du guerrier saint brandissant un sabre d’une main et le Coran de l’autre est dépourvue de sens. Elle ne serait plausible que si elle représentait un combattant gaucher.
Les musulmans considèrent le Coran comme le fondement de la religion, du droit, de la politique et de la culture. Un auteur a fait remarquer : « C’est le saint des saints. Il ne doit jamais reposer sous d’autres livres, mais toujours au-dessus d’eux. On ne doit ni boire ni fumer lorsqu’il est lu à haute voix, et il faut l’écouter dans le silence. »
Selon la tradition islamique, le Coran explique la vie en ce monde et dans l’au-delà. Les musulmans lui reconnaissent une grandeur incontestée. Nul être humain n’a tenté de composer ne serait-ce qu’un verset qui puisse lui être comparé.
Ce texte constitue la source première et la source jaillissante des enseignements de l’islam. Il est un vecteur de l’éducation islamique. Nombre de ses versets énoncent les prescriptions d’Allah le Tout-Puissant.
Le mot Qur’ân signifie en arabe « récitation ». Il dérive de quatre racines, chacune dotée d’un sens distinct. La première est qara’a, dont le sens littéral est « compiler » ou « rassembler ». La deuxième racine est qar’ana, signifiant « conjonction » ou « union ». La troisième est qira’athun, qui signifie « réciter » ou « lire ». La quatrième et dernière racine du mot Qur’ân est qira’in, pluriel de qarina, qui signifie « argument », « preuve » ou « symbole ».
Fondement de la foi
Le Coran est l’un des deux fondements de la foi musulmane. L’autre est le hadith, de l’arabe « rapport », qui consigne la vie et les actes de Mahomet. Il constitue une guidance tirée de la vie du Prophète, offrant un modèle à suivre pour tous les musulmans.
La compilation du hadith commença dans les premières décennies suivant la mort du Prophète. Ceux qui l’avaient connu recueillirent et partagèrent les récits et citations relatifs à sa vie.
Les savants évaluèrent ces récits au cours des deux premiers siècles après sa mort. Ils retraçèrent l’origine de chaque citation et examinèrent la chaîne de transmetteurs par laquelle elle était parvenue.
Ils qualifièrent les récits invérifiables de « faibles » (da’if) voire de « fabriqués » (mawdu’). D’autres furent déclarés « authentiques » (sahih). Ces récits authentiques formèrent la base du hadith.
L’ange Gabriel révéla le Coran sur plus de deux décennies en deux lieux. Dans un premier temps, Mahomet et ses compagnons mémorisèrent les révélations. À mesure que celles-ci se multipliaient et se complexifiaient, ils les consignèrent sur tout support disponible.
L’islam est le mot arabe qui donne son nom à la religion islamique. Il signifie « soumission », en particulier la soumission ou l’obéissance à Dieu.
Cette soumission prend la forme de l’arkan ad-din, ou les cinq piliers de la foi, qui sont :
- La Shahada, ou profession de foi. Elle énonce : « Il n’y a de dieu qu’Allah, et Mahomet est son prophète. »
- La Salat, ou prière : Les croyants doivent prier cinq fois par jour.
- Le Sawm du Ramadan, ou jeûne pendant le Ramadan : Tous les croyants doivent s’abstenir de nourriture, de boisson et d’activité sexuelle de l’aube au crépuscule pendant le Ramadan.
- La Zakat, ou aumône légale : Le devoir envers Dieu implique de distribuer sa richesse aux plus démunis.
- Le Hajj, ou pèlerinage à La Mecque : Les croyants doivent accomplir au moins une fois dans leur vie un pèlerinage à la Kaaba, le sanctuaire sacré de l’islam situé à La Mecque.
Mahomet reçut la première partie du Coran durant le Ramadan, neuvième mois du calendrier musulman.
Voici trois citations du Ramadan tirées du Saint Coran :
- Ô vous qui croyez, le jeûne vous est prescrit comme il a été prescrit à ceux qui vous ont précédés, afin que vous atteigniez la piété
- Mais jeûner est meilleur pour vous, si vous saviez
- Le mois de Ramadan, au cours duquel le Coran a été révélé comme guide pour les gens, et preuves claires de la guidée et du discernement. Quiconque aperçoit [la nouvelle lune du] mois, qu’il le jeûne ; et quiconque est malade ou en voyage — alors un nombre égal d’autres jours. Allah veut pour vous la facilité et ne veut pas pour vous la difficulté, afin que vous accomplissiez la période et que vous glorifiiez Allah pour ce qu’Il vous a guidé, et peut-être serez-vous reconnaissants.
Sourate Al-Baqara 2:183-185
Définition du Coran
La définition officielle du Coran est « le livre sacré sur lequel repose la religion de l’islam » (Collins). Les musulmans le tiennent pour la parole infaillible de Dieu. Le mot tire son origine de Qur’ân, qui signifie « lecture » ou « livre », apparenté à qara’a, « lire » ou « réciter ».
L’orthographe du mot suscite un vif débat. Les arabisants et les islamologues préfèrent la graphie « Qur’ân ». Dans une grande partie de la presse occidentale non arabophone, l’orthographe « Koran » est plus courante. Les spécialistes expliquent que le problème relève de la translittération, c’est-à-dire de la transcription d’un mot dans une langue qui n’est pas la sienne.
Le révérend Steven Blackburn, qui enseigne l’arabe au Hartford Seminary, indique que les musulmans reconnaîtront toute orthographe, mais que le son « Q » est le plus proche de la prononciation réelle.
L’apostrophe représente le « coup de glotte » (hamza) qu’emploient les locuteurs arabes en prononçant le mot. La plupart des anglophones natifs éprouvent des difficultés à prononcer les mots comportant un coup de glotte. Cela devient plus aisé avec une formation formelle à l’arabe parlé.
Certains auteurs omettent l’apostrophe. Pour un locuteur anglais natif, sa présence donne au mot un aspect étranger.
Le livre met en scène Allah à la première personne, parlant par l’intermédiaire de Gabriel à Mahomet.
Qui a écrit le Coran ?
Le Coran compte 848 pages de texte arabe dense. Il contient 77 934 mots. Logiquement, son auteur est quelqu’un maîtrisant l’arabe, puisque le texte est dans cette langue. Cependant, aucun nom d’auteur ne figure sur le Coran. Ce qui soulève la question : « qui ne souhaiterait pas être reconnu pour une œuvre aussi impressionnante ? »
Puisqu’il est en arabe, le Coran ne pouvait provenir que de l’une des trois sources suivantes :
- Les Arabes. Or, ce qu’enseigne le Coran s’opposait à la religion arabe païenne. Il rejetait les divinités et la culture antérieures à sa révélation.
- Mahomet. Or, le Prophète n’a jamais fréquenté d’école. Il est donc peu probable qu’il possédât des connaissances en astronomie ou en science. Il est également peu probable qu’il ait composé la poésie que renferme le Coran. Peu de gens étaient lettrés à cette époque.
- Allah. La réponse se trouve dans la quatrième sourate, verset 82 : Ne considèrent-ils pas le Coran ? S’il provenait d’un autre qu’Allah, ils y trouveraient certes de nombreuses contradictions.
Le Coran contient une poésie arabe pure et riche. Les musulmans estiment que nul autre qu’Allah n’a pu l’écrire.
La source et la chronologie des compilations du Coran s’étendent sur plusieurs siècles. Elles constituent une part cruciale des débuts de l’histoire de l’islam.
La révélation du Coran commença en 610 apr. J.-C. Selon les savants islamiques et la croyance musulmane, l’ange Gabriel apparut à Mahomet dans la grotte de Hira, située à environ deux miles de La Mecque. Là, l’ange lui dicta les premiers versets de la sourate Al-Alaq.
La grotte de Hira ne fait pas partie de l’itinéraire du pèlerinage du Hajj. Néanmoins, les musulmans s’y rendent aujourd’hui en grand nombre. Elle reçoit environ 5 000 visiteurs pendant la saison du Hajj.
Au fur et à mesure qu’il recevait les révélations, le Prophète chargeait les premiers musulmans de les mémoriser. Quarante-deux scribes les consignèrent par écrit. Le Coran était achevé à sa mort. Les premiers musulmans continuèrent de le mémoriser dans son intégralité après sa disparition (qari). Plusieurs de ces scribes et fidèles des débuts de l’islam périrent lors de la bataille de Yamama, en Arabie centrale, en 632 apr. J.-C.
Durant le bref califat d’Abu Bakr, son successeur, Umar ibn al-Khattab, s’inquiéta du grand nombre de musulmans connaissant le Coran par cœur et morts lors de la bataille de Yamama. Abu Bakr demanda à Zayd ibn Thabit, ancien secrétaire du Prophète, d’établir une compilation du Coran.
Zayd, avec l’aide de 12 personnes, se mit à rassembler le Coran. Il recueillit des versets sur des feuilles de palmier, des pierres plates, des fragments de papyrus. D’autres étaient inscrits sur des côtes et des omoplates d’animaux morts, des planches de bois et des morceaux de cuir.
Enfin, il recueillit les sourates de la mémoire des gens. Ceux qui avaient mémorisé les versets coraniques devaient produire deux témoins pour les versets qu’ils connaissaient.
Sa’id ibn al-Aas, homme réputé pour la beauté de sa calligraphie, transcrivit la compilation sur de la peau de gazelle. Cette copie fut récité devant les Compagnons lors d’une assemblée générale, sans soulever d’objection. Ainsi naquit un livre appelé mushaf, qui signifie « versets écrits ».
Cependant, les musulmans considèrent que c’est le calife Uthman qui a établi le texte que nous connaissons aujourd’hui. Uthman confia à Zayd la préparation de ce texte officiel. Cette initiative fit suite à des divergences dans la récitation du Coran lors des batailles arméniennes, qui opposèrent des musulmans d’Irak et de Damas.
Zayd procéda à une révision minutieuse du texte avec trois assistants issus de nobles familles mecquoises. Le texte fut désormais conforme au dialecte des Quraysh, la tribu du Prophète. Uthman ordonna la destruction de toutes les autres versions.
Une version anglaise du Coran devint un best-seller parmi les protestants en Angleterre. Elle connut également une grande popularité dans les colonies américaines au XVIIIe siècle.
L’un de ses lecteurs fut Thomas Jefferson. L’exemplaire du Coran de l’ancien président attira l’attention en 2019, lorsque Rashida Tlaib annonça qu’elle l’utiliserait lors de sa cérémonie d’investiture. Tlaib est l’une des deux premières femmes musulmanes élues au Congrès. Elle décida par la suite d’utiliser son propre Coran.
Histoire du Coran
L’islam a introduit une religion monothéiste. Il a établi un ensemble fondamental de lois et d’éthique pour la péninsule Arabique, consigné dans le Coran.
Mahomet, prophète du Coran, naquit à La Mecque vers 570 apr. J.-C. La Mecque est une cité située sur le versant occidental de la péninsule Arabique, près de la mer Rouge. Il se retirait souvent dans les montagnes voisines, pratique courante à l’époque.
Dans la grotte de Hira, au cours de l’une de ces retraites, Mahomet reçut sa première vision de l’ange Gabriel. L’ange lui ordonna de réciter ce qui constitue aujourd’hui la sourate 96 du Saint Coran. Cette expérience bouleversa Mahomet, le poussant à douter de sa propre santé mentale. Il retourna à La Mecque et raconta l’événement à sa famille et à ses amis, qui l’encouragèrent à partager son expérience.
Il commença à prêcher un message monothéiste dans les rues de La Mecque vers 613. Son clan, les Quraysh, le railla et le persécuta, estimant qu’il remettait en cause leur autorité.
Certaines sectes de l’islam rapportent que Mahomet chercha à apaiser les Quraysh en décrivant une vision qui permettait le culte des divinités mecquoises traditionnelles. Mahomet se rétracta par la suite et attribua à Satan l’origine de ces pensées (les « versets sataniques »).
Le Prophète employa deux méthodes indépendantes mais complémentaires pour préserver les révélations : la fixation par écrit et la mémorisation.
Il recruta quatre instructeurs principaux qu’il chargea de mémoriser les révélations. En outre, ses fidèles commencèrent à les réciter lors des cinq prières quotidiennes. Il engagea également 15 scribes pour établir une trace écrite des versets.
Le Saint Coran dans la vie moderne
Le Mushaf d’Uthman est la propriété du Conseil musulman d’Ouzbékistan. Il s’agit de la plus ancienne version écrite existante du Coran. Il appartenait au calife Uthman, qui fut assassiné alors qu’il le lisait.
Le 11 septembre 2001, les pirates de l’air avaient beaucoup de préoccupations en montant à bord de quatre avions voués à la destruction. Leurs instructeurs leur avaient recommandé de méditer sur deux chapitres du Coran avant leur attaque suicide. Dans ces chapitres, le Coran exhorte les fidèles à jeter la terreur dans le cœur des incroyants.
Cela signifie-t-il que les musulmans, adeptes du Coran, sont des personnes violentes ? Mis en parallèle, la Bible est nettement plus sanguinaire que le Coran, comportant de nombreux appels au génocide. Voir, par exemple, le Premier Livre de Samuel, où Dieu ordonne au roi Saül d’exterminer les Amalécites.
Néanmoins, les musulmans réagissent souvent vivement lorsque la sainteté du Coran est menacée. En 2020, des musulmans ont protesté contre la profanation du Coran dans les villes d’Oslo et de Malmö. À Oslo, des manifestants ont arraché des pages du Coran et craché dessus. À Malmö, les manifestants ont brûlé un exemplaire du Coran.
Ali al-Qaradaghi, secrétaire général de l’Union internationale des savants musulmans, a condamné cette profanation du Saint Coran, la qualifiant d’« incitation au terrorisme et de mépris des valeurs sacrées ».
En avril 2021, la Cour suprême indienne a rejeté une requête déposée par Syed Wasim Rizvi. Celui-ci demandait la suppression de certains versets du Saint Coran, affirmant que ces versets prônaient la violence contre les non-croyants.
Le juge Rohinton Nariman, qui présidait la formation juridictionnelle, a déclaré : « Il s’agit d’une requête absolument frivole. » La Cour suprême a infligé une amende de 50 000 roupies au titre des frais de procédure.
Toute civilisation doit se doter de règles pour prévenir le désordre et préserver l’harmonie. Le Coran couvre tous les aspects de la conduite humaine et de la vie en ce monde et dans l’au-delà. Il aborde les lois de la médecine et de la nature, de l’astronomie et des autres sciences.
Le Coran est en effet un livre universel. La communauté musulmane l’a préservé tel qu’il était il y a des siècles : elle n’y a apporté aucune modification d’aucune sorte.
Les musulmans emportent le Coran partout où ils vont. Il est leur vade-mecum et leur carte pour les guider dans cette vie jusqu’à la victoire dans l’au-delà. Ils estiment que les êtres humains, livrés à eux-mêmes, atteindront l’excellence. Ils connaîtront autant de grandeur que les premiers empires qui finirent par s’autodétruire par la violence, la maladie, la guerre et l’oppression. Le seul moyen de prévenir cette issue est l’étude approfondie du Coran et la mise en pratique des principes de l’islam.
Le Coran expose le rang de l’homme devant Allah. Il montre également sa position devant ses semblables et devant le reste de la création.
Le récit du Coran
Dieu a ordonné au prophète Mahomet de transmettre le Coran à toute l’humanité, et ce devoir pesait sur lui.
Le Coran explique en détail ce qui est permis et ce qui est interdit. Il édicte des règles relatives au culte et expose les fondements de la bonne conduite et de la morale. Il explicite le concept de Dieu et décrit le Paradis et l’Enfer. Il raconte l’histoire des prophètes et des pieux prédécesseurs de l’humanité.
Le Coran relate les histoires de prophètes tels que Moïse, David et Jésus. Il rapporte des récits bibliques comme la sortie des Israélites d’Égypte.
Ces récits sont des versions abrégées. Ils semblent présupposer que le lecteur ou l’auditeur est déjà familiarisé avec le conte. C’est pourquoi certains musulmans doivent se tourner vers la Bible pour obtenir un contexte de référence pour ces récits.
Néanmoins, chaque récit coranique est source d’inspiration et riche d’enseignements. Par exemple, les narrations relatives au prophète Adam contiennent des leçons essentielles. Lorsqu’Allah créa Adam, il insuffla en lui son souffle et sa vie. Adam éternua et dit Alhamdulillah, ce qui signifie « Louange à Allah ». Il importe de noter que les premiers mots du premier homme créé furent une action de grâce envers Allah.
Le Coran affirme que les cieux et la terre formaient une unité avant que Nous ne les séparions (21:30). Il précise en outre qu’Allah a créé le soleil, la lune et les planètes. Il a assigné à chacun de ces corps célestes son orbite. Les cieux, Nous les avons construits avec puissance. Et en vérité, Nous les étendons (51:47). Ensuite, le Coran décrit comment Allah s’est établi sur le Trône (57:4).
Le Coran contient également l’histoire de Habil et Qabil (Abel et Caïn). Tous deux étaient fils d’Adam et offrirent un sacrifice à Allah. Abel offrit une chèvre grasse, et Caïn présenta de mauvaises plantes. Un feu descendit du ciel et consuma l’offrande d’Abel, laissant celle de Caïn intacte. Caïn, furieux, tua Abel — le premier meurtre.
Le prophète Ibrahim devint père à un âge très avancé, mais il reçut l’ordre de sacrifier son fils. Selon le récit coranique, Ibrahim dit : « Ô mon fils, j’ai vu en songe que je [devais] te sacrifier, que penses-tu ? » Ce récit illustre la valeur qu’Ibrahim accordait à l’avis de son fils. Celui-ci fit preuve de force spirituelle en répondant : « Ô mon père, fais ce qui t’est commandé. »
Le prophète Noé naquit mille ans après la création d’Adam. Il avertit son peuple du terrible châtiment qu’Allah allait infliger. Il les implora de cesser de vénérer des idoles. Le peuple ne l’écouta pas, et Allah le punit par un déluge. Noé avait construit une arche, si bien que lui et sa famille furent épargnés.
Jésus, connu dans l’islam sous le nom d’Isa, est l’un des 26 prophètes mentionnés dans le Coran. Le prophète Mahomet témoignait également un grand respect à Jésus et à sa mère, Marie. En entrant dans la Kaaba, le Prophète détruisit toutes les images païennes. Il laissa cependant subsister une peinture représentant la Vierge et l’Enfant Jésus. L’islam vénère Jésus en tant que prophète et Marie (Maryam) en tant que sainte femme.
Le Coran des musulmans
Le Coran répondait aux problèmes de la société arabe à l’époque du prophète Mahomet. Il constituait aussi une réponse aux interrogations du Prophète sur le sens de la vie humaine et le mystère de la création. Les musulmans affirment que nombre de versets répondent à des questions ou à des situations de vie précises.
Le Coran s’adressait également directement à la famille du Prophète. Les musulmans voient dans sa famille un modèle pour toutes les familles de toutes les sociétés à travers le monde.
Alors, quelle est la signification du mot « musulman » dans le Coran ? Le terme « musulman » figure dans 39 versets répartis sur 24 sourates. C’est un mot arabe qui désigne une personne soumise à Dieu.
Les musulmans professent les six croyances fondamentales suivantes, telles qu’énoncées dans le Coran et le hadith :
- La croyance qu’Allah est un Dieu unique et indivisible. Les musulmans croient qu’Allah est omniscient et omnipotent, créateur de toute chose.
- La croyance aux anges. Ces êtres invisibles exécutent les ordres d’Allah et le vénèrent pour l’éternité.
- La foi dans les Livres d’Allah. Les croyants savent que Dieu a révélé les Parchemins à Abraham, la Torah à Moïse et les Psaumes à David. Il a accordé l’Évangile à Jésus et le Coran à Mahomet.
- La croyance aux messagers et prophètes d’Allah. Les adeptes de l’islam croient qu’Allah transmet sa guidance à l’humanité par l’intermédiaire de prophètes ou de messagers. Il envoie des messages depuis la création du monde, à commencer par Adam et à terminer avec Mahomet.
- La croyance au Jour du Jugement. Les musulmans croient que les humains seront jugés pour leurs actes en cette vie. Ceux qui auront rejeté la guidance divine iront en enfer. Ceux qui auront suivi ses enseignements entreront au paradis.
- La croyance au Décret divin. Les musulmans croient que Dieu a prédestiné tout ce qui arrive en cette vie. Par conséquent, les fidèles doivent accueillir le bien comme le mal avec patience et gratitude.
Comprendre la manière dont la plupart des musulmans perçoivent leur livre saint suppose de naviguer entre deux extrêmes : l’exégèse libérale occidentale et l’islam radical. En novembre 2015 paraissait un guide inédit, rédigé en anglais et dirigé par Seyyid Hossein Nasr, intitulé The Study Quran: a New Translation and Commentary.
Les savants estiment qu’il sera bénéfique au public occidental et l’aidera à comprendre la nature et les enseignements de l’islam. Il est paru à une époque où les attaques perpétrées par des groupes terroristes dont les membres se réclament de l’islam se sont multipliées.
On peut résumer le message central du Coran par le mot Tawhid, l’unicité de Dieu. Le Coran eut également d’autres bienfaits. Sa compilation favorisa un engouement pour l’alphabétisation. Elle contribua aussi au développement des sciences islamiques. La nécessité de comprendre son contenu législatif donna naissance au droit islamique et à la théorie juridique.
Le Coran a façonné la langue arabe. Les savants commencèrent à s’intéresser à sa lexicographie, à sa grammaire et à sa rhétorique. Cette profondeur d’étude est née de l’effort pour obtenir une compréhension précise du texte coranique.
Conclusion
Il est essentiel de connaître l’origine du Coran pour comprendre pourquoi les musulmans le mémorisent et mettent en pratique son message. Les cinq prières quotidiennes intègrent également des messages tirés de l’islam et du Coran.
L’appel à la prière retentissant depuis les minarets est composé de versets et de formules coraniques. Le Coran demeure l’un des livres les plus influents du monde contemporain. Il revêt une valeur religieuse pour plus d’un milliard de personnes.



