Le peuple libanais : racines phéniciennes, culture et diaspora
Le peuple libanais partage bon nombre de caractéristiques culturelles communes au monde arabe. Il possède néanmoins des attributs qui le distinguent de nombreux voisins arabes.
Lisez la suite pour en savoir plus sur le peuple libanais et son histoire.
Qu’est-ce qu’un Libanais ?
Le peuple libanais désigne les habitants du Liban ou ceux dont les origines remontent à ce pays. Le terme englobe également les populations qui habitaient le Mont-Liban et la chaîne de l’Anti-Liban (située entre la Syrie et le Liban actuels) avant la formation de l’État libanais moderne. Environ 4,7 millions de citoyens libanais résident au Liban.
Les taux de natalité et de mortalité du Liban se situent bien en dessous de la moyenne mondiale. Environ un quart de la population a moins de 15 ans, et la moitié moins de 30 ans. Le Liban affiche une espérance de vie élevée, supérieure à la moyenne mondiale.
L’arabe est la langue officielle du Liban, bien que certains Libanais parlent l’arménien, le kurde, l’anglais ou le français. Le syriaque est également utilisé dans certaines églises maronites, bien qu’il s’agisse d’une pratique minoritaire. L’accent beyrouthin est réputé pour sa douceur et est le plus valorisé dans le pays, tandis que les accents ruraux sont perçus comme plus rudes. Les accents constituent un marqueur de statut social dans la culture libanaise.
La densité de population varie considérablement selon les régions, avec une répartition globalement inégale. La plus grande concentration de Libanais en dehors du Liban se trouve au Brésil, estimée à environ 6 millions de personnes. Des pays tels que le Mexique, la Colombie, l’Argentine, l’Équateur, le Venezuela et la République dominicaine abritent d’importantes communautés libanaises.
Histoire du peuple libanais
Les premières villes fondées au Liban furent édifiées par un peuple marin, les Phéniciens, entre 2500 et 400 av. J.-C. Les Phéniciens sont encore célébrés comme un symbole du passé glorieux du Liban. On leur attribue généralement l’invention de l’alphabet.
En 64 av. J.-C., la région passa sous la domination de l’Empire romain. Elle devint ensuite l’un des principaux foyers du christianisme au sein de l’Empire. L’Église maronite fut établie dans la chaîne du Mont-Liban. Cette identité perdura malgré la conquête ultérieure de la région par les Musulmans arabes.
Le Liban fut ensuite gouverné par l’Empire ottoman de 1516 à 1918. Après l’effondrement consécutif à la Première Guerre mondiale, le pays passa sous le mandat français du Liban.
Les Français étendirent le territoire, alors peuplé de Maronites et de Druzes, pour y inclure davantage de Musulmans. Le Liban obtint son indépendance de la France en 1943, instaurant le confessionnalisme et un système politique original de partage du pouvoir fondé sur les communautés religieuses. Les troupes étrangères ne se retireraient du pays qu’à la fin de l’année 1946.
En dépit de sa petite taille, le peuple libanais a exercé une influence considérable à travers le monde arabe. Avant la guerre civile de 1975, le pays était relativement paisible et réputé pour sa prospérité. À l’issue du conflit en 1990, un effort considérable fut déployé pour relancer l’économie et reconstruire les infrastructures nationales.
L’apparence des Libanais
Il n’existe pas un seul type physique libanais. Les Libanaises, en particulier, sont souvent dépeintes dans les médias comme étant d’une beauté exceptionnelle. Ces stéréotypes ont provoqué un essor de l’industrie de la chirurgie esthétique. Les hommes libanais sont quant à eux réputés pour leur élégance vestimentaire et leur attention portée à la mode.
Parmi les célébrités d’origine libanaise ou de descendance libanaise figurent les chanteurs Shakira et Mika, les acteurs Salma Hayek, Tony Shalhoub et Wentworth Miller, ainsi que l’avocate spécialisée dans les droits humains Amal Clooney.
Ethnicité
Le peuple libanais est majoritairement d’ascendance levantine autochtone plutôt qu’arabe. Des études récentes montrent que le patrimoine génétique de la plupart des Libanais d’aujourd’hui est partagé avec celui des Phéniciens et des Cananéens, peuples originaires de la région.
Aucun recensement n’a été effectué depuis 1932, ce qui rend difficile la détermination exacte de la composition ethnique du Liban. La société libanaise se compose de nombreux groupes ethniques, lignagers et religieux. Un grand nombre de Libanais possèdent des ascendances brésiliennes. Le peuple libanais partage également une histoire ethnique avec les Phéniciens, les Grecs, les Arméniens et les Arabes. On trouve par ailleurs des minorités arméniennes et kurdes au Liban.
La race libanaise : origines et ascendances
La race libanaise est généralement considérée comme arabe. Un débat sur l’identité nationale anime le Liban depuis le siècle dernier. De nombreux Maronites revendiquent une ascendance directe des Phéniciens afin de se distancer du Moyen-Orient musulman.
Un article de la Constitution libanaise rédigé en 1943 qualifiait le Liban de pays à « visage arabe ». Cet article fut remplacé à la fin de la guerre civile en 1999 par une disposition déclarant le Liban « pays arabe ».
Principale religion du Liban
Bien que la plupart des Libanais soient arabes, ils se divisent généralement entre Musulmans et Chrétiens. Au sein de ces deux grands groupes religieux existent des subdivisions confessionnelles. Le gouvernement reconnaît officiellement 18 sectes religieuses relevant du christianisme, de l’islam et du judaïsme.
Les Musulmans se subdivisent entre Sunnites et Chiites. Les Druzes, dont la religion trouve ses origines dans l’islam, constituent une minorité significative dans le pays. Les Chrétiens se répartissent entre Maronites, Orthodoxes grecs et Catholiques grecs. Tous ces groupes disposent de leurs propres unités paramilitaires, bastions territoriaux et formations politiques. Quelques Juifs, Syriens et Kurdes composent également la population libanaise.
La diversité religieuse a longtemps constitué un enjeu pour le peuple libanais, affectant souvent le sentiment d’appartenance des citoyens. Lorsque la guerre civile éclata au milieu des années 1970, toutes les allégeances jusque-là réprimées s’imposèrent sur la scène politique. Les différences religieuses furent l’un des principaux ferments de haine durant le conflit.
En vertu de l’accord de Taëf, la guerre civile prit fin dans les années 1990. Les Chrétiens perdirent une partie de leur pouvoir politique. Un nouveau gouvernement de technocrates accéda au pouvoir avec la reconstruction pour priorité. Le gouvernement modéré actuel s’efforce de laïciser les fonctions politiques afin de lutter contre la corruption.
Les clivages religieux sont intégrés au gouvernement et à la politique. Les Chrétiens se voient garantir 50 % des sièges parlementaires. Le Président est toujours chrétien, tandis que le Premier ministre et le Président de l’Assemblée sont toujours musulmans. Les Druzes se voient attribuer huit sièges parlementaires. Le gouvernement considère que ce système politique empêche une communauté de prendre l’ascendant sur les autres.
La communauté libanaise : reflet des coutumes arabes
La communauté libanaise est généralement très conservatrice, puisant ses racines dans les coutumes arabes. Les traditions islamiques et chrétiennes séculaires sont profondément ancrées dans la société. Toutefois, de nombreuses pratiques et modes de vie témoignent d’influences européennes modernes.
Les communautés libanaises sont plus resserrées que les communautés occidentales et font preuve d’une loyauté exceptionnelle. Le nom et l’honneur d’une personne sont considérés comme un bien précieux. L’appartenance familiale revêt une importance capitale, et le comportement d’un individu ne reflète pas seulement sur lui-même, mais sur l’ensemble de sa famille. Au sein de la communauté libanaise, agir avec dignité et honneur est essentiel pour préserver la réputation de sa famille.
Les communautés libanaises se distinguent par leur hospitalité, tradition dont elles sont immensément fières. Recevoir un invité dans son foyer est considéré comme un honneur, et chaque invité doit être traité comme tel. L’accueil se fait généralement avec du thé ou du café, qui ne doivent jamais être refusés, car cela pourrait être perçu comme une insulte.
Dans la communauté libanaise, les hommes travaillent généralement à l’extérieur, tandis que les femmes restent au foyer. Les hommes jouissent d’un statut social supérieur, les communautés libanaises étant de structure patriarcale. Les femmes peuvent toutefois travailler, voter et aller à l’école. Elles s’en tiennent généralement à des rôles féminins plus traditionnels au sein de la communauté. Dans la société moderne, les femmes ont investi les sphères politique, artistique et littéraire.
Le comportement des Libanais
Les Libanais sont généralement très expressifs. Le contact visuel et le contact physique sont essentiels pour le peuple libanais. Le regard direct est perçu comme un signe de confiance, de sincérité et d’honnêteté. Cependant, avec les personnes âgées, un contact visuel prolongé est considéré comme impoli et provocant.
Leur style de communication est indirect et non conflictuel. Les Libanais s’appuient fortement sur le contexte pour saisir le véritable sens des mots, ainsi que sur les indices non verbaux et le langage corporel. De manière générale, les Libanais sont détendus et considèrent que perdre son sang-froid en public témoigne d’une faiblesse de caractère. Élever la voix peut être perçu comme une atteinte à l’honneur personnel.
La culture libanaise n’est pas très stricte en matière de ponctualité. La gestion du temps y est très souple, et il est courant d’arriver avec 20 minutes de retard à un rendez-vous. Dans la culture libanaise, il est conseillé de ne pas croiser les jambes en posant la cheville sur le genou. Il est considéré peu respectueux de pointer son pied vers une autre personne.
Il est jugé impoli de tendre un objet à quelqu’un pour qu’il le tienne. Cela est perçu comme une manière non verbale de déclarer l’autre personne inférieure et de marquer de la paresse. Les objets sont saisis et transmis avec la main droite ou avec les deux mains réunies.
Les communautés libanaises antiques
Les plus anciens établissements connus au Liban remontent à 5000 av. J.-C., bien que certains estiment qu’ils pourraient être encore plus anciens. À Byblos, considérée comme la plus ancienne ville continuellement habitée au monde, les archéologues ont découvert des vestiges préhistoriques présentant des traces de communautés de pêcheurs néolithiques et chalcolithiques.
Le Liban apparaît dans l’histoire écrite vers 4000 av. J.-C. Il était alors habité par les Cananéens, un peuple sémite que les Grecs appelèrent Phéniciens. Ceux-ci vivaient principalement sur le littoral et se consacraient au commerce et à la navigation.
Chacune de ces cités côtières constituait un royaume indépendant, réputé pour une activité spécialisée. Tyr et Sidon étaient d’importants centres maritimes et commerciaux ; Gubla et Berytus (Beyrouth) étaient des centres commerciaux et religieux. Gubla fut la première cité phénicienne à commercer activement avec l’Égypte, exportant du cèdre, du vin et de l’huile d’olive.
Génétique
Les populations de tout le littoral oriental de la Méditerranée — Syrie, Liban et territoires palestiniens — partagent une grande partie du même patrimoine génétique.
Quelques faits
Le Liban est un pays fascinant, et son peuple est singulier à bien des égards.
Voici quelques-uns de nos faits préférés sur le peuple libanais et le Liban :
- Le pays compte 42 universités.
- Le Liban possède plus de 100 banques.
- De nombreux Libanais sont trilingues : ils parlent l’arabe, le français et l’anglais.
- Les créateurs de Tom & Jerry et de Scooby-Doo (parmi bien d’autres dessins animés célèbres) sont d’origine libanaise (Joseph Barbera et William Hanna).
- Tony Fadell, créateur et directeur de production de l’iPod, est d’origine libanaise.
- Carlos Slim, l’un des hommes les plus riches du monde, est de descendance libanaise.
- Depuis 1945, il est interdit de hisser tout drapeau étranger au Liban.
Comment vivent les Libanais ?
La majorité de la population libanaise réside dans les grandes villes de Beyrouth, Tripoli et Sidon. Ces agglomérations sont densément peuplées, le pays souffrant d’un manque d’espace. La plupart des Libanais vivent dans des appartements décorés à l’occidentale.
La cuisine libanaise s’apparente à celle du bassin méditerranéen. Le pain pita y est un aliment de base, généralement consommé avec du houmous (une purée de pois chiches) et du foul (une purée de fèves). Le riz et les pâtes sont également des accompagnements très courants. La viande rouge et le poulet sont fréquents au menu, tandis que le porc l’est moins, car il est interdit par la loi islamique.
Pour les Libanais, la nourriture est intimement liée à la famille. Le repas est considéré comme une expérience sociale, et l’on mange volontiers ensemble au restaurant. Les repas libanais s’étendent sur une longue durée. Les invités à déjeuner peuvent s’attendre à rester jusqu’à passé 16 h. Les convives du dîner souhaiteront prolonger la soirée pour sociabiliser après le repas.
Conclusion
Le peuple libanais possède une histoire passionnante et parfois éprouvante. Son héritage religieux complexe en fait un véritable creuset de confessions, d’ethnies et de cultures.
Rappelons quelques éléments clés de cette histoire :
- Les Libanais sont les natifs du Liban ou ont leurs origines dans ce pays.
- L’arabe est la langue officielle du Liban.
- Les villes sont très densément peuplées, contrairement aux villages ruraux.
- La gastronomie libanaise est d’influence méditerranéenne.
- Les plus anciens établissements connus au Liban remontent à 5000 av. J.-C.
- La culture libanaise mêle traditions européennes modernes et héritage arabe.
- Le pays se divise globalement entre Musulmans et Chrétiens.
Sur le plan culturel, économique et géographique, le peuple libanais a joué un rôle essentiel dans le monde arabe et au Moyen-Orient. Il a également constitué un carrefour culturel entre l’Orient et l’Occident, mêlant les cultures musulmane et chrétienne.




