Culture libanaise : cuisine, mode, traditions et patrimoine
La culture libanaise compte parmi les plus diversifiées des pays arabes.
Elle s’apparente à un jardin magnifique où tout se côtoie et laisse ses visiteurs émerveillés — des merveilleuses traditions libanaises à la culture du Liban dans son ensemble, sans oublier, bien sûr, le pur talent artistique de la mode libanaise.
Le développement du Liban à travers ses riches étapes historiques a donné naissance à un pays aussi beau que ses habitants.
La culture libanaise
La culture du Liban est conservatrice et traditionnellement arabe. Cependant, son atout géographique et sa position stratégique ont permis l’assimilation de nombreuses influences culturelles, parmi lesquelles les traditions musulmanes et chrétiennes.
Le Liban, véritable carrefour entre les mondes arabe et méditerranéen, a permis la condensation de ces deux aspects. C’est également la raison pour laquelle la culture et les traditions libanaises peuvent être comparées à un plat généreux où se mêlent les saveurs venues d’horizons multiples, tout en conservant une fondamentalement arabe.
Historiquement, le Liban a connu un passé particulièrement tumultueux. Cela ne l’a toutefois pas empêché de se développer et de forger un paysage culturel singulier qu’il peut pleinement s’approprier. Comparé à ses voisins, le Liban est l’un des pays arabes entretenant un lien artistique et idéologique avec l’Europe — plus précisément une influence française.
Cela s’explique par l’impact de la France en tant que facteur formateur majeur ayant façonné l’essor du Liban. Cette particularité fait également du Liban un pays aux données démographiques religieuses extrêmement diversifiées, ce qui n’a rien de surprenant pour un pays considéré comme une porte d’entrée majeure entre l’Asie et l’Europe. Seul un autre pays partage cette distinction : la Turquie.
À l’instar des éducations arabe et asiatique traditionnelles, l’une des coutumes et traditions libanaises les plus importantes est l’attachement du peuple libanais à la valeur de la vie familiale. Les Libanais pratiquent le collectivisme, et la famille d’un individu — ainsi que son fonctionnement — confèrent un sens profond d’identité et de statut social.
Une famille nucléaire libanaise moyenne comprend environ quatre à cinq membres, mais le réseau étendu de parents est considérablement plus vaste. Les parents libanais sont très protecteurs envers leurs enfants, et contrairement à la parentalité orientale, le contrôle parental s’étend bien au-delà de la majorité légale.
En réalité, il se poursuit aussi longtemps que l’enfant vit chez ses parents, ou jusqu’à son mariage. Il est particulièrement intéressant de noter que le couvre-feu est quasi sacré : les enfants libanais doivent être rentrés avant le coucher du soleil. Ce n’est là qu’une des manifestations visibles de la protectivité parentale, très présente dans la culture libanaise.
Un autre témoignage de l’influence arabe profondément ancrée dans les traditions libanaises est l’approche de la filiation patrilinéaire. La filiation patrilinéaire signifie que l’appartenance d’une personne repose exclusivement sur la lignée paternelle. Ce détail revêt une importance capitale en matière d’héritage, de noms et même de titres associés à la parenté masculine.
La filiation patrilinéaire ne doit pas être confondue avec les droits des femmes. Le Liban est l’un des pays arabes où hommes et femmes jouissent de droits civiques quasi égaux. C’est là un témoignage de la vision progressiste du pays, ainsi que de son souci d’équité envers tous ses citoyens. S’il subsiste encore certaines traditions libanaises imposées uniquement aux femmes, l’autonomie et la progression de l’égalité des sexes demeurent véritablement remarquables.
En 2018, le taux d’alphabétisation des adultes du pays s’élevait à 95,07 %, avec un taux masculin de 96,85 % et un taux féminin de 93,31 %. L’accès croissant à une éducation de qualité, équitablement répartie entre les deux sexes, constitue une tentative concrète de combler l’écart d’alphabétisation entre les genres.
Coutumes libanaises contemporaines observées par les habitants
De nombreuses coutumes libanaises actuelles sont considérées comme particulièrement attachantes.
Une famille libanaise typique est friande d’émissions de télévision, et bien entendu, les préférences en matière de chaînes varient selon les familles et leurs membres. Cet engouement pour le divertissement visuel permet également aux membres de la famille de se rassembler, en particulier le soir.
Qu’il s’agisse des informations habituelles ou des anthologies dramatiques — très populaires dans la région, le pays étant voisin de poids lourds du genre tels que le drama turc et les arts koweïtiens — il y a toujours une émission qui mérite d’être regardée ensemble.
Un autre aspect contemporain de la culture souvent observé par les habitants et remarqué par les touristes est la façon dont plusieurs langues sont entrelacées en une seule. Dans les quartiers, entendre une conversation typique où deux, trois langues ou plus se mélangent est tout à fait courant. Ce qui est fascinant, c’est que les habitants se comprennent parfaitement !
Ce niveau de communication s’apparente à une conglomération linguistique inédite. Nombreux sont ceux qui sont habitués au Finglish — contraction du farsi et de l’anglais — ainsi qu’au Singlish, ou anglais singapourien. Cette méthode de communication établie appartient à une catégorie à part.
Généralement, la combinaison associe l’arabe à l’anglais et au français. Toutefois, la variante peut intégrer une autre langue en sus de l’arabe et du français. On dirait un dialecte né de la diversité culturelle qui, étonnamment, fonctionne à merveille !
Fairuz
Nouhad Wadie’ Haddad, également connue sous le nom de Fairuz, est un nom familier non seulement au Liban, mais dans l’ensemble du monde arabe, et ce dès les années 1950. Sa renommée a rayonné de son pays natal, le Liban, jusqu’aux régions arabes les plus éloignées, notamment les pays d’Afrique du Nord que sont le Maroc et la Tunisie. Fairuz est une légende vivante, et chaque Libanais la connaît par cœur.
En effet, sa musique est représentative de l’ambiance générale du Liban : on entend toujours l’une de ses chansons — dans les taxis, les restaurants, les cafés, les boutiques et, bien sûr, dans les foyers. Elle est considérée comme l’une des icônes musicales les plus importantes du monde arabe, et l’on comprend aisément pourquoi. C’est une artiste véritablement célébrée.
Gastronomie libanaise
La cuisine libanaise remonte aux mêmes racines que celles du Levant, un ancien brassage d’influences issu de ses souverains et conquérants, parmi lesquels les Grecs, les Romains, les Perses, les Arabes, les Byzantins, les Phéniciens et même les Égyptiens.
Ce fondement gastronomique a ouvert la voie à des influences plus modernes, telles que les Ottomans, puis les Français. C’est pourquoi il est toujours passionnant d’explorer la cuisine libanaise : on y trouve des éléments arabes essentiels, mais aussi des croissants et des éclairs.
Les Libanais ont l’habitude de manger du pain pita avec presque tout — littéralement tout. La plupart des plats, y compris ceux que l’on n’associe généralement pas au pain, sont consommés avec du pita. Le pita est une famille variée de pains ronds plats, courants en Méditerranée et au Moyen-Orient. Sa saveur douce se marie admirablement avec de nombreux plats ou tartinades, y compris la célèbre pâte à tartiner — Nutella.
Le Liban est également béni par un climat généralement favorable, qui favorise l’épanouissement d’une gamme diversifiée de produits locaux, tels que les olives, les figues, mais aussi les avocats et le haschich. Ajoutés à l’accès aux fruits de mer, ces produits locaux font de l’ensemble gastronomique libanais l’un des plus diversifiés au monde.
Vêtements de la culture libanaise
Les vêtements de la culture libanaise résonnent avec leurs racines arabes, bien que de fortes influences et références internationales puissent également être observées. On dirait une fusion de styles turc et arabe combinée au talent national existant.
Les observateurs attentifs aux détails percevront aisément les références et l’interconnexion des deux cultures principales. Cependant, cette ressemblance conduit parfois à une confusion avec les pays voisins, tels que la Turquie, la Jordanie, la Syrie et même l’Iran.
Les vêtements traditionnels libanais consistent en des tenues très modestes et amples. Les femmes portent des manteaux de couleur sombre et se couvrent le visage lorsqu’elles sortent. Il ne s’agit pas d’une pratique exclusivement musulmane, car la pudeur est en réalité universelle : porter des manteaux ou des foulards pour couvrir certaines parties du corps transcende les appartenances religieuses, y compris chez les chrétiens.
Quel que soit le statut socio-économique, le costume traditionnel libanais est en quelque sorte universel, et le tissu utilisé constitue le seul facteur distinctif permettant de percevoir la différence. Le costume typique pour les femmes comprend une longue robe à manches longues, complétée par une veste courte en coton ou parfois en soie.
Des broderies complexes ou des ornements de perles ajoutent de l’éclat et de la finesse artistique aux vêtements traditionnels, selon qu’il s’agisse d’un milieu urbain ou rural. Le paysage vestimentaire culturel des zones rurales tend à être plus simple et en quelque sorte plus confortable, tandis que l’interprétation urbaine se révèle plus fastueuse.
En revanche, les vêtements traditionnels pour hommes comprennent une série de pantalons bouffants superposés appelés sherwal, associés à une chemise et un gilet. De manière générale, la palette de couleurs des sherwals est traditionnellement bleue ou noire, rehaussée par un gilet sombre ou une ceinture rouge, parfois noire.
Ces tenues sont complétées par des chaussures et un couvre-chef. Bien qu’ils puissent paraître un peu chauds, ces vêtements traditionnels sont en réalité très confortables pour un usage prolongé. C’est également la raison pour laquelle les hommes libanais ne se précipitent pas pour se changer.
Lorsqu’ils souhaitent s’apprêter pour les fêtes, les vêtements masculins traditionnels se parent de broderies et d’ornements aux tons vifs qui mettent véritablement en valeur l’importance de l’art et la façon dont celle-ci se traduit en art portable.
Les bijoux constituent également un aspect important de la culture et du vêtement libanais, en particulier pour les familles et les clans les plus aisés. L’or et l’argent sont des métaux précieux de premier plan, accompagnés de diamants et d’autres pierres précieuses.
Le tantour est l’un des couvre-chefs classiques emblématiques du Liban, porté par les femmes nouvellement mariées. Il se distingue par sa structure conique unique, agrémentée d’un long voile fluide, généralement en brocart de soie ou en soie. Ce voile descend jusqu’au bas de la robe.
En ce qui concerne la chaussure, les kabkabs sont des sabots en bois sculpté ornés de motifs élaborés, utilisés avec du cuir, de la soie ou du velours. Certaines femmes aisées portent des kabkabs avec des incrustations ou des ornements en nacre.
La mode libanaise
La mode libanaise est l’une des plus célébrées au monde. Il n’est pas surprenant que certains des créateurs de mode les plus admirés soient libanais. On peut citer Elie Saab, Zuhair Murad et Georges Hobeika, qui ont habillé d’innombrables célébrités de haut rang et membres de familles royales grâce à leur talent exceptionnel et leur interprétation de l’art sous forme de pièces vestimentaires d’une grande finesse.
On considère que l’ouverture mondiale du pays, conjuguée à l’influence prépondérante de la France — capitale mondiale de la mode — s’est harmonieusement fondue avec la mode arabe déjà onirique, créant une belle trinité artistique.
Les Libanais comptent parmi les personnes les plus élégantes du monde arabe. Que Beyrouth soit surnommée le Paris du Moyen-Orient incarne cette prouesse en matière de goût vestimentaire. Si la scène mode à Beyrouth est principalement orientée vers les standards et tendances occidentaux, la mode dans les autres villes et localités se tourne davantage vers des aspects traditionnels et se rapproche des influences arabes et locales.
Conclusion
La culture libanaise est un brassage merveilleux, façonné par les événements historiques, les racines traditionnelles et le cœur de son peuple. Il y aura toujours une touche de diversité dans chaque aspect du paysage culturel et traditionnel libanais.
Des valeurs familiales et de la gastronomie aux vêtements traditionnels et à la mode raffinée, la culture libanaise est unique et résiste à l’épreuve du temps et du changement.
Pour reprendre notre titre, la culture libanaise est en effet comparable à un ensemble où tout se retrouve. C’est comme si tout avait éclos, créant une diversité génératrice de résultats étonnants dans chaque aspect de sa culture.
Le Liban est un joyau, une porte d’entrée et un carrefour, le tout fondu en un seul pays — l’une des fusions culturelles les plus admirées au monde, qui rend ses citoyens fiers et ses invités ravis.


