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La sœur mystérieuse du roi Arthur, ancêtre des rois britanniques

Dans les légendes arthuriennes, il existe une sœur d’Arthur souvent négligée. Son existence même comme figure distincte dans les légendes est rarement reconnue. Pourtant, elle est présentée comme une notable ancêtre des rois de Bretagne. Que savons-nous d’elle ? Où apparaît-elle dans les légendes arthuriennes ? Et fut-elle un personnage historique ?

Qui était la sœur mystérieuse du roi Arthur ?

La référence la plus évidente à la sœur mystérieuse du roi Arthur provient de l’Historia Regum Britanniae de Geoffroy de Monmouth, rédigée vers 1137. Dans ce texte arthurien majeur, Geoffroy relate une prophétie prononcée par Merlin autour de l’époque de la mort d’Aurelius Ambrosius, l’oncle paternel d’Arthur.

À la mort d’Aurelius, son frère cadet Uther lui succéda sur le trône. Un événement saisissant marqua la mort d’Aurelius et l’avènement d’Uther : une comète apparut dans le ciel. Elle est décrite comme une étoile d’où jaillissait un rayon. Au bout de ce rayon se trouvait un feu en forme de dragon.

De la gueule du dragon émanaient deux rayons supplémentaires. L’un pointait vers la Gaule, tandis que l’autre était dirigé vers la mer d’Irlande. Ce second rayon se terminait en sept rayons mineurs.

L’interprétation du signe

Merlin fut convoqué par Uther pour interpréter ce présage dramatique. Selon Merlin, s’adressant à son seigneur :

« L’étoile, et le dragon ardent qui se trouve au-dessous, signifient votre propre personne ; et le rayon qui s’étend vers la côte de Gaule annonce que vous aurez un fils très puissant, dont la puissance soumettra tous les royaumes sur lesquels s’étendra ce rayon. Mais l’autre rayon signifie une fille, dont les fils et les petits-fils régneront successivement sur le royaume de Bretagne. »

Ainsi, selon Merlin, Uther aurait un fils qui régnerait sur les royaumes de Gaule. Il est évident, à la lecture du reste de l’Historia Regum Britanniae, qu’il s’agit d’Arthur. Geoffroy présente plus loin Arthur comme menant une conquête de la Gaule et la soumettant à son autorité.

Cependant, ce qui est moins évident dans le contexte des légendes arthuriennes est l’accomplissement de la seconde prophétie. Comme l’explique Merlin, celle-ci représente une fille dont les fils et petits-fils régneraient comme rois de Bretagne. Or, rien dans le récit de Geoffroy lui-même ne correspond à cette description.

Cette prophétie dans l’Historia Regum Britanniae constitue donc la source principale concernant la sœur mystérieuse du roi Arthur. La prophétie en elle-même ne fournit pas son nom (tout comme elle ne fournit pas le nom d’Arthur). Néanmoins, pouvons-nous l’identifier à l’une des autres sœurs d’Arthur attestées dans les sources ?

Théories proposées concernant la sœur mystérieuse du roi Arthur

Diverses hypothèses ont été avancées quant à l’identité de cette sœur, bien qu’aucune ne soit véritablement convaincante.

Anna, épouse de Lot de Lothian

L’option la plus évidente est peut-être celle de l’unique sœur que Geoffroy nomme explicitement. Dans son récit de la prise d’Igerna par Uther, il indique qu’ils eurent pour enfants Arthur et Anna. Il ne mentionne aucun autre enfant (bien que d’autres traditions arthuriennes, y celles de Geoffroy lui-même, montrent qu’il y en eut d’autres).

Puisqu’Anna est la seule sœur d’Arthur explicitement nommée, il est manifeste que c’est à elle que Geoffroy accorde le plus d’importance. Elle constitue donc ostensiblement la candidate la plus évidente pour la sœur mystérieuse représentée par le second rayon prophétique.

Cette Anna est décrite comme ayant épousé Lot de Lothian, un roi éminent du nord de la Bretagne. Selon le récit de Geoffroy de Monmouth, elle eut au moins deux enfants : Walgan et Modred (mieux connus sous les noms de Gauvain et Mordred).

Ce sont des personnages arthuriens éminents. Il est donc tentant d’interpréter cette femme et ses enfants comme les sujets de cette prophétie. Certains commentateurs ont adopté ce point de vue.

Problèmes posés par cette identification

Il y a au moins trois problèmes majeurs avec cette identification. Le premier est que sept rayons mineurs émanent du rayon représentant la sœur d’Arthur. Ceux-ci représentent manifestement les « fils et petits-fils » mentionnés par Merlin.

Cependant, Geoffroy ne présente pas Anna comme ayant une longue lignée de descendants. En fait, sa descendance s’éteint lorsque les deux enfants de Mordred sont tués par Constantin, le successeur d’Arthur. Gauvain, pour sa part, n’est présenté comme ayant eu aucun enfant. Il est donc difficile de voir comment cette identification pourrait rendre compte du détail des sept rayons mineurs.

En outre, Merlin déclare spécifiquement que les « fils et petits-fils » de cette sœur « régneront successivement sur le royaume de Bretagne ». Or cela ne s’est pas accompli dans le cas des descendants d’Anna. Mordred fut nommé régent de Bretagne, mais ses deux fils ne sont jamais mentionnés comme ayant été rois. Gildas les qualifie simplement de « jeunes gens de sang royal ».

Gauvain est mentionné comme roi dans d’autres sources, mais il n’est jamais présenté comme le fondateur d’une dynastie.

Bien qu’Anna se voie attribuer d’autres enfants dans les versions ultérieures des légendes arthuriennes, ceux-ci ne sont pas présentés comme des rois régnant successivement sur la Bretagne.

Certains érudits, tels que John Matthews, suggèrent que la prophétie se rapporte à Gauvain, mais qu’elle demeure inaccomplie. Cette explication manque de logique. Il n’existe aucune raison de supposer que la prophétie resterait sans accomplissement. Elle s’est certainement accomplie dans le cas d’Arthur, selon le récit de Geoffroy de Monmouth.

Un troisième problème avec cette identification est que le rayon représentant la sœur d’Arthur est décrit comme s’étendant vers la mer d’Irlande. Cela ne correspond pas à Anna, dont le mari Lot régnait sur le Lothian, dans le sud-est de l’Écosse.

Par conséquent, il n’existe aucun argument sérieux pour identifier Anna, l’épouse de Lot de Lothian, à la sœur mystérieuse mentionnée dans la prophétie de la comète.

L’autre Anna, épouse d’Amon de Dyfed

Une autre possibilité se présente lorsque l’on prend en considération les indices suggérant qu’Anna n’était en fait pas l’épouse de Lot. En réalité, l’ensemble des preuves tend à indiquer que l’épouse de Lot était une toute autre sœur d’Arthur, une femme nommée Gwyar.

Selon cette théorie, Anna était une autre sœur dont le nom aurait été par erreur attribué à Gwyar. La véritable Anna, selon cette hypothèse, devrait être identifiée à l’Anna historique du Gwent, épouse d’Amon de Dyfed et mère du célèbre saint Samson de Dol.

Outre la naissance de Samson, la Vie de saint Samson nous apprend que celui-ci avait au moins cinq frères, soit un total de six fils. Si un seul d’entre eux avait eu un petit-fils qui lui succédait comme roi, on pourrait peut-être y voir une correspondance avec les sept rayons représentant les « fils et petits-fils ».

Problèmes posés par cette identification

Cependant, les objections soulevées à l’encontre de l’identification précédente s’appliquent tout autant dans ce cas. Samson lui-même était un homme d’Église. Il fut évêque de Dol en Bretagne armoricaine. Il ne fut jamais roi. Selon la Vie de saint Samson, ses cinq frères se « surrenderent à Dieu » eux aussi, menant des vies religieuses.

Il est donc manifeste qu’aucun d’entre eux ne devint roi ni ne fonda de dynastie. Tout ce que nous savons suggère au contraire que leurs lignées respectives s’éteignirent avec eux.

Là encore, il convient de noter qu’Anna épousa Amon de Dyfed et s’installa avec lui en Bretagne armoricaine à un moment donné (il est très probable qu’Amon puisse être identifié à Annun ap Emyr Llydaw, puisque Samson est décrit comme le cousin d’Iudual, roi de Bretagne). Il n’existe donc aucun lien avec la mer d’Irlande.

La sœur anonyme qui épousa Budic de Bretagne

Une autre possibilité est soulevée par l’unique mention par Geoffroy d’une autre sœur d’Arthur. Il explique qu’Arthur avait une sœur qui épousa Budic, roi de Bretagne. Geoffroy ne nomme pas cette sœur, et dans le récit de l’Historia Regum Britanniae, il est manifeste qu’il ne peut s’agir d’Anna (ni de Gwyar), l’épouse de Lot.

À certains égards, cette identification présente quelque promesse. Le fils de cette sœur anonyme et du roi Budic est Hoël. Ce dernier est présenté comme devenant roi de Bretagne, bien que d’autres sources indiquent que ce fut du vivant de son père Budic.

Plus loin dans l’Historia Regum Britanniae, Geoffroy mentionne plusieurs descendants de Hoël devenant successivement rois de Bretagne. La lignée va de Hoël à son fils Hoël II, puis au fils de celui-ci, Alain, puis à son fils Hoël III, puis à son fils Salomon, et enfin à son neveu Alain II.

Cela produit un total de six rois descendants de la sœur anonyme d’Arthur, l’épouse de Budic, ce qui correspond presque au total de sept mentionné dans la prophétie.

Problèmes posés par cette identification

Le problème évident est que la Bretagne armoricaine n’est pas la Bretagne (la Grande-Bretagne). La prophétie prononcée par Merlin affirmait très clairement que les fils et petits-fils de la sœur régneraient sur la Bretagne. Geoffroy de Monmouth désigne presque toujours la Bretagne armoricaine sous le nom d’Armorique. Très exceptionnellement, il l’appelle « Armorican Britain ».

Il n’y a donc guère d’appui à l’idée que cette prophétie concernant les descendants de la sœur d’Arthur régnant sur la Bretagne se serait accomplie dans l’histoire de la Bretagne armoricaine.

En outre, le total de six rois de Bretagne armoricaine ne correspond pas aux sept rayons mineurs apparus dans le signe.

Un autre problème est que, là encore, le lien avec la mer d’Irlande demeure inexpliqué par cette identification.

L’identité la plus probable de la sœur mystérieuse du roi Arthur

Bien qu’Arthur se voie attribuer quelques sœurs supplémentaires dans les légendes arthuriennes, aucune d’elles n’offre d’explication cohérente à cette prophétie. En outre, il semble contre-productif de rechercher dans des traditions postérieures à Geoffroy, impliquant des personnages manifestement inventés plus tard, pour tenter d’expliquer cette prophétie, puisque celle-ci devait évidemment avoir un sens lorsque Geoffroy l’a consignée.

De toute vraisemblance, cette prophétie préserve une tradition perdue. À la lumière des fragments de tradition arthurienne antérieurs à Geoffroy de Monmouth, il est abondamment clair qu’il omit de grandes quantités d’informations sur Arthur et son règne. Nous trouvons de nombreux autres membres de la famille d’Arthur mentionnés dans la tradition galloise, par exemple.

Il est donc probable que cette prophétie mentionnée par Geoffroy se rapportait à un membre de la famille qu’il ne connaissait pas ou qu’il négligea d’inclure pleinement. La seule objection à cette interprétation serait qu’il ait inventé la prophétie lui-même, mais il n’existe aucune raison de parvenir à une telle conclusion.

L’importance d’identifier le véritable Uther Pendragon

Il se peut que la réponse à ce mystère réside dans la considération de la femme en question non comme la sœur du roi Arthur, mais comme la fille d’Uther Pendragon. Bien que cette distinction puisse sembler redondante, un argument concernant l’identité d’Uther Pendragon la rend capitale.

Le mot « Pendragon » est un titre signifiant « chef guerrier ». Cela est unanimement admis. Cependant, il est probable que « Uther » fasse également partie du titre. Il semble correspondre au mot gallois « uthr », signifiant « terrible » ou « redoutable » dans ce contexte. Le titre complet serait donc « Redoutable Chef Guerrier ».

C’est le type de titre générique qui pourrait logiquement s’appliquer à toutes sortes de puissants souverains. Par exemple, l’Élégie d’Uthyr Pendragon semble concerner le roi Arthur lui-même. Arthur apparaît également sous ce titre dans Pa Gur.

Il est donc tout à fait possible que le père d’Arthur ne fût pas le père de la femme représentée par le second rayon. Il se peut que cette prophétie provienne en réalité d’une confusion entre deux hommes différents connus sous le même titre.

On retrouve ce même phénomène dans le cas d’Emyr Llydaw. Il s’agit en fait d’un titre signifiant « empereur de Bretagne ». Les indices suggèrent que ce titre fut porté par Budic II, Budic III et possiblement Daniel, le père de Budic II. Or, les sources galloises semblent le traiter comme s’il s’agissait du nom personnel d’un seul personnage, faisant de leurs enfants des frères et sœurs plutôt que des parents plus éloignés qu’ils n’étaient en réalité.

Tewdrig comme véritable Uther Pendragon

Dans le cas de l’Uther Pendragon décrit par Geoffroy de Monmouth, sa carrière correspond étroitement à celle de Tewdrig, un roi du sud-est du Pays de Galles aux Ve et VIe siècles (selon la chronologie du Oxford Dictionary of Saints: Fifth Edition).

Par exemple, il apparaît que Tewdrig mena une expédition militaire dans le Dyfed, au sud-ouest du Pays de Galles, et en chassa la dynastie irlandaise qui y régnait vers l’an 500. Cela correspond étroitement à ce que Geoffroy de Monmouth écrit concernant Uther.

Un exemple encore plus frappant s’observe en comparant les récits de leur mort. Le récit de la mort de Tewdrig se trouve dans le Livre de Llandaff, rédigé à peu près à la même époque que l’Historia Regum Britanniae. Les deux récits sont quasi identiques dans leurs moindres détails.

Il est donc manifeste que le récit de Geoffroy sur Uther Pendragon est tiré, en grande partie du moins, de la carrière historique du roi Tewdrig. Cela est vrai que Tewdrig fût ou non lié au roi Arthur historique (une théorie prometteuse identifie Arthur à Athrwys, le petit-fils de Tewdrig).

Ce qui rend cette identification si significative, c’est que Tewdrig est mentionné comme ayant eu une fille qui s’avéra très importante.

Marchell, fille de Tewdrig

Que savons-nous de la fille de Tewdrig, et comment nous aide-t-elle à expliquer la prophétie consignée dans l’Historia Regum Britanniae ? La première chose que nous savons est qu’elle se nommait Marchell. Elle apparaît dans divers documents médiévaux.

Selon ces documents, Tewdrig envoya Marchell en Irlande pour la protéger d’une peste qui frappait la Bretagne à l’époque. Elle devait être fort jeune, car elle est décrite comme enfant unique à ce moment, ce qui signifie que c’était avant la naissance du fils de Tewdrig, Meurig.

En Irlande, Marchell épousa un prince irlandais nommé Anlach. Ils eurent au moins un fils ensemble, qu’ils nommèrent Brychan. Lorsque Brychan eut deux ans, toute la famille s’installa en Bretagne, où Marchell reçut un héritage dans ce qui est aujourd’hui Brecon. Le nom de cette région, comme on peut s’y attendre, dérive de leur fils Brychan.

Brychan devint roi de Brycheiniog, et ses descendants continuèrent à régner sur la région pendant des siècles.

Comment Marchell explique la prophétie de la sœur mystérieuse d’Arthur

À partir de ces seules informations, on peut déjà constater à quel point Marchell correspond bien à la description de la sœur mystérieuse et anonyme d’Arthur dans la prophétie de l’Historia Regum Britanniae. Contrairement à toutes les autres candidates proposées, Marchell satisfait effectivement le détail de son association avec la mer d’Irlande.

Tout comme le second rayon émanant du dragon (Uther Pendragon) brillait en direction de la mer d’Irlande, Marchell fut envoyée par son père Tewdrig dans cette direction, à travers la mer d’Irlande et jusqu’en Irlande même.

En outre, tout comme les descendants de la sœur anonyme d’Arthur devaient régner sur la Bretagne, les descendants de Marchell par Brychan régnèrent sur l’un des royaumes brittoniques durant le Haut Moyen Âge.

Les sept rayons mineurs

Cependant, que dire de la référence spécifique aux « sept rayons mineurs » ? Cela signifie-t-il que cette théorie ne peut fonctionner que si Brychan n’eut que six successeurs ?

Bien que le nombre « sept » ait souvent été interprété littéralement par les commentateurs, il convient de rappeler que les scribes médiévaux étaient généralement très familiers des expressions et du symbolisme bibliques (Gildas en offre un exemple saisissant).

Dans la Bible, le nombre « sept » est souvent employé de manière symbolique. Comme l’a expliqué un érudité :

« Dans de nombreux contextes, il ne transmet pas seulement le nombre 7, mais l’idée de totalité et de perfection. »

De même, il a également été décrit comme représentant l’« achèvement ». Par conséquent, le fait qu’il y ait sept rayons émanant du rayon principal ne signifie pas nécessairement qu’il y aurait littéralement sept descendants seulement à régner sur la Bretagne.

Après tout, dans l’explication du signe par Merlin, il ne mentionne pas spécifiquement le nombre sept. Tout ce qu’il dit est que les « fils et petits-fils » de cette femme « régneront successivement sur le royaume de Bretagne ».

Par conséquent, le fait que le présage dans le ciel montre sept rayons a pu simplement être une manière de représenter l’ensemble des descendants royaux, plutôt que d’indiquer littéralement qu’il n’y en aurait que sept.

Les nombreux descendants royaux de Marchell

Cependant, une objection potentielle à cette explication concernant la fille d’Uther est que le fils de Marchell, Brychan, ainsi que ses descendants, ne régnèrent que sur le Brycheiniog. Il s’agissait d’un royaume relativement mineur au Pays de Galles, bien plus petit que le Gwynedd, le Powys ou le Dyfed.

Est-il donc plausible qu’elle corresponde à la description de celle dont les « fils et petits-fils régneront successivement sur le royaume de Bretagne » ?

En fait, Marchell fut l’ancêtre de nombreux rois dans toute la Bretagne durant le Haut Moyen Âge, et non seulement des petits rois de Brycheiniog. Comment cela ? Le fils de Marchell, Brychan, devint célèbre pour avoir engendré de nombreux fils et filles. Plusieurs de ces filles épousèrent des rois et des princes importants.

Les rois du Nord

Par exemple, une fille nommée Lluan épousa Gabran de Dal Riada et devint la mère d’Aedan. Celui-ci fut l’un des rois les plus puissants de Bretagne à la fin du VIe siècle.

Une autre fille, nommée Nyfain, est mentionnée comme ayant épousé Cynfarch. Celui-ci fut le père d’Urien Rheged, l’un des rois les plus puissants du VIe siècle. En fait, son royaume — le Rheged — est parfois considéré comme le royaume le plus puissant de Bretagne à son apogée dans la seconde moitié du VIe siècle. Après Urien vint Owain, un autre roi particulièrement puissant.

Cynfarch fut également le père de Llew, également connu sous les noms de Leudonus ou Lot, roi de Lothian dans le sud-est de l’Écosse. Un autre fils fut Arawn, un roi plus obscur d’une partie du sud de l’Écosse.

Par conséquent, certains des rois les plus importants et les plus puissants du nord de la Bretagne au milieu et à la fin du VIe siècle descendaient de Marchell, la fille de Tewdrig.

Les rois du Sud

Qu’en est-il des rois de la région plus méridionale de la Bretagne, comme ce qui est aujourd’hui le Pays de Galles ? Nous avons déjà vu que Marchell fut l’ancêtre des rois de Brycheiniog. Cependant, elle fut aussi l’ancêtre de plusieurs autres royaumes gallois.

Par exemple, l’une des filles du fils de Marchell, Brychan, fut Gwladus. Elle épousa Gwynllyw, un roi d’une partie importante de ce qui est aujourd’hui le Glamorgan. Ils furent les parents de Cadog, un éminent homme d’Église. Celui-ci exerçait de toute évidence également un pouvoir politique sur une grande partie du Glamorgan, puisqu’il est décrit comme le cédant à un certain roi nommé Meurig à un moment donné.

Une autre fille de Brychan, nommée Marchell (évidemment d’après la propre mère de Brychan), est mentionnée comme ayant épousé Gwrin Farfdrwch du Meirionnydd, une vaste région au sein du puissant royaume de Gwynedd.

Un exemple peut-être encore plus significatif est Tudglid, une autre fille de Brychan. Elle épousa un roi nommé Cyngen et devint la mère de Brochwel Ysgithrog. Celui-ci monta ultérieurement sur le trône du Powys, l’un des royaumes les plus puissants du Pays de Galles au VIe siècle et par la suite.

Son fils, Cynan Garwyn, fut particulièrement puissant, et il pourrait bien être l’Aurelius Caninus auquel Gildas adresse quelques remarques dans le De Excidio. Ensuite, le fils de Cynan, Selyf, perpétua la lignée de rois puissants. En fait, il existe des raisons de penser que Selyf commandait les forces galloises lors de la célèbre bataille de Chester vers 616. Par la suite, la dynastie de Cynan se maintint pendant au moins plusieurs siècles encore.

Des fils et petits-fils régnant sur la Bretagne

En résumé, il est abondamment clair que les nombreux descendants de Marchell régnèrent effectivement sur la Bretagne. Il n’y eut pas de lignée unique issue d’elle qui conserva le rôle de dynastie prééminente, mais cela n’est pas incompatible avec l’image de sept « rayons mineurs » émanant d’elle dans le signe décrit dans l’Historia Regum Britanniae.

Comme nous l’avons vu, ses descendants comprenaient certains des rois les plus éminents et les plus puissants du nord de la Bretagne tout au long des VIe et VIIe siècles, tels qu’Aedan de Dal Riada et ses descendants, Urien Rheged et son fils Owain, et d’autres encore.

Dans le sud de la Bretagne, nous avons vu que Marchell fut l’ancêtre des rois de Brycheiniog, du Meirionnydd et du Powys.

Par conséquent, bien plus que toute autre candidate au titre de sœur mystérieuse du roi Arthur, Marchell correspond à la description du signe céleste relaté dans l’Historia Regum Britanniae et à l’interprétation qu’en donne Merlin.

Conclusion

En conclusion, la sœur mystérieuse du roi Arthur est le sujet anonyme de l’un des deux rayons émanant d’une comète en forme de dragon. La comète représente Uther Pendragon. L’un des rayons représente son fils Arthur, tandis que l’autre représente une fille. Il brille en direction de la mer d’Irlande et sept rayons mineurs en émanent. Cela est interprété comme signifiant que les fils et petits-fils de cette fille régneraient sur la Bretagne.

La candidate la plus probable pour cette sœur mystérieuse d’Arthur n’est pas Anna, ni l’épouse anonyme de Budic de Bretagne, mais bien Marchell. Elle était la fille de Tewdrig, le roi qui semble avoir constitué une grande part de la base du récit de Geoffroy sur Uther Pendragon.

Marchell traversa la mer d’Irlande pour se rendre en Irlande, où elle épousa Anlach. Ses descendants par son fils Brychan comprenaient les rois de Dal Riada, du Rheged, du Lothian, du Meirionnydd, du Powys et du Brycheiniog, dont beaucoup comptaient parmi les rois les plus importants et les plus puissants de leur époque. Le nombre « sept » représente manifestement l’ensemble des descendants collectivement, plutôt qu’un nombre littéral.

Sources

Bartrum, Peter, A Welsh Classical Dictionary, 1993

Bromwich, Rachel, Trioedd Ynys Prydein: The Triads of the Island of Britain, 2014

Farmer, David, Oxford Dictionary of Saints: Fifth Edition Revised, 2011

Howells, Caleb, King Arthur: The Man Who Conquered Europe, 2019

Matthews, John, Sir Gawain: Knight of the Goddess, 2003

https://www.thetorah.com/article/seven-the-biblical-number

Créé : 26 septembre 2024

Modifié : 4 décembre 2024