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L'invocation de la Muse dans l'Odyssée : La prière de l'auteur

L’invocation de la Muse dans l’Odyssée, dans la mythologie grecque, désigne l’acte par lequel l’auteur, Homère, prie la Muse de lui accorder l’inspiration et la bénédiction au commencement de son œuvre littéraire, l’Odyssée. Poursuivez votre lecture pour découvrir davantage de détails sur ce qu’est l’invocation de la Muse et pour apercevoir quelques exemples de cette pratique courante chez de nombreux poètes.

L’invocation de la Muse

La définition de l’invocation de la Muse renvoie à une pratique consistant à invoquer une divinité, un esprit ou une déesse spécifique, afin de solliciter une bénédiction, un savoir, un talent, une inspiration, l’émotion juste, ou d’en appeler à elle comme témoin sous forme de prière. Cette prière était adressée à l’une des neuf Muses de la mythologie grecque.

Dans ce livre, l’invocation eut lieu lorsque les Muses répondirent, car elles possédaient le pouvoir divin de le faire. Elles contribuèrent à exaucer cette requête ou prière spécifique et l’accomplirent de manière pacifique et divine.

La spécialité des Muses

Ces Muses étaient invoquées en fonction de leur domaine littéraire attitré : Calliope, la Muse de la poésie épique ; Terpsichore, la Muse de la danse ; Thalie, la Muse de la comédie ; Ouranie, la Muse de l’astronomie ; Polymnie, la Muse de la musique sacrée ; Melpomène, la Muse de la tragédie ; Érato, la Muse de la poésie amoureuse ; Euterpe, la Muse du jeu de flûte ; et Clio, la Muse de l’histoire.

L’invocation de la Muse était une pratique courante chez de nombreux poètes, remontant à la Grèce antique. Les auteurs sollicitaient l’aide de ces êtres supérieurs au commencement de la composition d’un poème, et plaçaient ces invocations tout au début de leur manuscrit, lui servant de prologue. Cependant, d’autres invocations étaient placées au milieu ou à la fin d’un poème épique.

Répondre à la dévotion

L’invocation de la Muse étant une convention de la poésie épique gréco-latine antique, elle se transmit également à la Renaissance et à l’époque néoclassique, durant lesquelles plusieurs poètes suivirent cette coutume. Elle devint une pratique courante parmi les poètes des générations suivantes, en particulier ceux qui composaient des épopées.

Cependant, parmi tous les exemples d’invocation de la Muse, le plus illustre fut celui accompli par Homère, l’auteur du célèbre poème épique l’Odyssée. Il était réputé pour avoir invoqué une Muse et avoir recherché l’inspiration d’un être supérieur dans son récit.

Ces Muses étaient connues comme les filles de Zeus et de Mnémosyne, qui accordaient aux poètes la capacité d’émerveiller les mortels par leurs paroles. Elles étaient chargées d’inspirer les œuvres de littérature, d’art, de science et d’histoire. De nombreux poètes les invoquaient, suivant une convention poétique, afin de les guider et de les aider dans leur chant, et Homère ne faisait pas exception.

La Muse suprême

Pour être précis, la Muse de l’Odyssée qu’Homère invoqua était Calliope, également orthographiée Kalliope, l’aînée des neuf Muses grecques et la patronne de la poésie épique. Elle était également la déesse de la musique, du chant et de la danse.

Selon Hésiode, elle était la plus sage d’entre toutes et la « chef de toutes les Muses » ou la « première des neuf Muses. » Calliope était généralement représentée comme une belle femme assise ou debout auprès d’une tablette d’écriture, ou portant un livre, du papier ou un parchemin, coiffée d’une couronne d’or, et parfois accompagnée de ses enfants.

Lorsqu’Homère commença à écrire le voyage de retour d’Ulysse et ses aventures, qui se déroulèrent après la guerre de Troie, il composa une invocation et demanda la bénédiction de Kalliope. Au tout début du poème, on peut lire qu’Homère pria spécifiquement la déesse de lui raconter l’histoire de l’homme aux mille ruses, désignant Ulysse, et du périple qu’il a accompli avec ses compagnons en traversant les mers pour regagner Ithaque.

La prière et la dévotion à la Muse dans l’Odyssée furent considérées comme une invocation plus douce que celle que l’on trouve dans l’Iliade, le récit de la guerre de Troie centré sur le conflit et le sang versé, où l’invocation d’Homère s’ouvrit sur la colère. Ainsi, les invocations servent d’introduction et déterminent le ton de l’ensemble du poème.

La dévotion d’Homère

Homère pratiqua également l’invocation de la Muse dans l’Iliade, sollicitant l’inspiration de Calliope à de nombreuses reprises, imaginant la Muse chantant à travers lui, ce qui l’aidait à conter le récit et à offrir la meilleure récitation possible aux auditoires.

Une prière peut également être formulée lorsque quelqu’un doit prendre une décision et solliciter l’orientation d’une puissance supérieure pour faire le bon choix, tout comme Homère demanda à être inspiré et guidé.

C’est aussi un acte par lequel on implore l’aide, la supplication et la protection d’une présence divine ; en l’occurrence, cette démarche fut accomplie dans ce contexte, d’autant plus que ce livre fut écrit au VIIe siècle av. J.-C. et continue d’être lu de nos jours.

Cette pratique n’a rien de surprenant, car de nombreuses invocations tirées de ces poèmes épiques classiques suivent une structure et un style similaires, si bien qu’il est aisé de reproduire une invocation par soi-même. C’est pourquoi l’on croit que les prières furent exaucées, ce qui explique qu’elles soient encore évoquées tant de siècles plus tard.

Conclusion

L’invocation de la Muse dans l’Odyssée désigne l’acte de solliciter l’inspiration et la bénédiction d’une déesse ou d’une divinité spécifique. Elle devint une partie essentielle de la rédaction d’un récit ou d’une œuvre littéraire dans la Grèce antique et fut transmise de génération en génération.

  • Homère procéda à l’invocation de la Muse avant de commencer à écrire l’Odyssée.
  • Cette invocation conféra à Homère l’inspiration nécessaire pour son récit.
  • L’invocation de la Muse était généralement placée au début du poème, lui servant de prologue.
  • La Muse de l’Odyssée était la déesse de l’éloquence, Calliope.
  • Elle fut également invoquée par Homère dans le poème épique l’Iliade.

L’invocation de la Muse dans la Grèce antique était la manifestation du respect accordé aux êtres supérieurs qui nous permettent d’accomplir nos œuvres avec triomphe en nous accordant intelligence et bénédiction. Dès lors, nous devons remercier les Muses d’avoir inspiré le poème épique qu’est l’Odyssée.

Créé : 16 février 2024

Modifié : 3 janvier 2025