L'hamartia (le défaut tragique) dans Antigone : les personnages majeurs
L’hamartia dans Antigone désigne le défaut tragique manifesté par Antigone et d’autres personnages, qui les conduisit à leur perte à la fin de cette tragédie classique. Dans la pièce de Sophocle, le défaut tragique d’Antigone résidait dans sa loyauté familiale, son orgueil et son refus de laisser la loi suivre son cours — autant de traits qui provoquèrent sa chute.
Elle fut une figure tragique qui défia les ordres du roi et alla jusqu’à ensevelir son frère. Cet article explorera d’autres manifestations de l’hamartia dans la pièce et répondra à quelques questions courantes sur l’Antigone de Sophocle.
Qu’est-ce que l’hamartia dans Antigone
Le terme hamartia, forgé par Aristote, désigne un défaut tragique chez un héros tragique qui entraîne sa perte. C’est un élément constitutif majeur de la tragédie grecque, souvent caractérisé par le hubris, c’est-à-dire l’orgueil démesuré.
Dans Antigone, les héros tragiques sont à la fois Antigone et Créon, qui laissèrent l’orgueil excessif et la loyauté obscurcir leur jugement. Dans le cas de Créon, il était si déterminé à restaurer l’ordre à Thèbes après les conflits qu’il fit preuve d’hubris en refusant de tempérer la justice de miséricorde. Ainsi, le roi Créon fut un héros tragique qui finit par perdre son fils Hémon, épris d’Antigone.
Selon Aristote, un héros tragique doit être de naissance noble ou de haut rang social, posséder de hautes valeurs morales et des défauts tragiques découlant de ces mêmes valeurs — Créon remplit parfaitement tous ces critères. Ses hautes valeurs morales se manifestèrent lorsqu’il ordonna que sa propre nièce soit mise à mort pour avoir enfreint la loi. Le défaut tragique de Créon le mena cependant à sa ruine en provoquant la mort de son fils Hémon et de son épouse, Eurydice, événement qui donne lieu à l’anagnorisis dans Antigone.
Quelle était l’hamartia d’Antigone qui la conduisit à la mort ?
Le hubris d’Antigone** et sa loyauté envers sa famille **furent ce qui la mena à sa fin tragique. Antigone estimait que son frère, Polynice, méritait des funérailles décentes quel que fût le crime qu’il avait commis. Créon avait décrété la mort de quiconque tenterait d’ensevelir Polynice et avait posté des gardes pour surveiller le cadavre en décomposition — cela ne suffit pas à dissuader Antigone. Elle avait sans doute songé à la mort et en éprouvait une crainte constante, mais sa loyauté envers la sépulture de son frère l’emportait sur ses propres frayeurs.
Antigone était fidèle aux dieux, car la société grecque antique exigeait que les défunts reçoivent des funérailles appropriées afin que leur âme puisse passer dans l’au-delà. Refuser une sépulture convenable signifiait que l’âme errerait à jamais sans repos. Ne pas ensevelir un défunt constituait une offense tant envers les dieux qu’envers le mort, et Antigone ne voulait se rendre coupable d’aucune des deux. Elle accomplit donc ce que la coutume exigeait, même face à une mort imminente.
La loyauté d’Antigone envers les dieux et son frère était plus forte que son amour pour Ismène, sa sœur, et pour Hémon, son amant.
Hémon l’aimait profondément et fit tout en son pouvoir pour défendre son honneur et la maintenir en vie, mais Antigone fit peu pour lui rendre cet amour et cette loyauté.
Ismène, quant à elle, voulait mourir avec sa sœur, bien qu’Antigone l’en dissuadât. Antigone ne rendit pas cette loyauté lorsqu’elle refusa de raisonnement à sa sœur, choisissant plutôt d’honorer son frère et les dieux, ce qui la conduisit à sa perte.
L’hamartia d’Hémon et sa fin tragique
L’analyse du personnage d’Hémon permet de conclure qu’il correspond également à la figure du héros tragique dans Antigone, dont l’hamartia causa sa perte. Il était d’abord de noble extraction et possédait un défaut de caractère admirable, mais qui finit par lui coûter la vie. Comme on l’a déjà mentionné, le défaut d’Hémon était sa loyauté extrême envers Antigone, sans égard pour les sentiments de son père. Dans l’Œdipe Roi, le père d’Antigone, Œdipe, fut maudit et cette malédiction s’abattit sur ses enfants.
Hémon, cependant, qui n’était sous le coup d’aucune malédiction, décida de subir le même sort qu’Antigone et de mourir avec elle. Lorsqu’Antigone fut enfermée dans le tombeau pour y être enterrée vivante, Hémon s’y glissa sans être vu. Antigone s’était pendue dans le tombeau ; Hémon, en voyant son corps inanimé, se donna la mort. Hémon aurait pu vivre s’il n’avait développé une loyauté aveugle envers un personnage résolu à mourir. Sa mort apporta la tragédie à son père Créon.
FAQ
Qu’est-ce que l’hamartia dans la pièce Antigone ?
C’est un défaut fatal qui n’est pas mauvais en soi, mais qui provoque la chute des personnages tels qu’Antigone, Créon et Hémon. L’hamartia d’Antigone est sa loyauté envers son frère et les dieux ; l’erreur fatale de Créon fut sa loyauté envers le rétablissement de l’ordre à Thèbes ; et l’hamartia d’Hémon fut sa loyauté envers Antigone.
Qui est le héros tragique d’Antigone, Créon ou Antigone ?
De nombreux érudits considèrent les deux personnages comme des héros, mais Créon est le principal, car c’est lui qui introduisit les lois ayant provoqué sa propre chute et celle d’Antigone. Bien que l’hamartia d’Antigone et de Créon les ait tous deux conduits à leur perte, la mort d’Antigone résulta de l’entêtement de Créon.
Si Créon n’avait pas pris ces décrets ou les avait du moins adoucis, aucun des deux personnages n’aurait souffert à la fin. L’une des citations les plus mémorables sur l’hamartia dans Antigone fut prononcée par Créon lorsqu’il déclara : « *Les fautes d’un esprit insensé, de cruelles fautes qui conduisent à la mort. » Ce fut un moment d’épiphanie dans Antigone, où Créon pleure la mort de son épouse et de son fils.
Qu’est-ce qu’un exemple de catharsis dans Antigone ?
Dans une dissertation sur Antigone, on peut citer une catharsis en se référant au moment où Créon perd son épouse, Eurydice, et son fils, Hémon. Après leurs morts, il prend conscience de ses erreurs, ce qui émeut le public de crainte et de pitié à son égard.
Conclusion
Nous avons examiné comment les erreurs fatales d’Antigone et de Créon les conduisirent à leur perte.
Voici un récapitulatif de notre propos :
- Le défaut tragique d’Antigone fut son entêtement et sa loyauté envers les dieux et son frère, ce qui entraîna sa mort.
- Le défaut fatal de Créon fut son insistance à rétablir la loi et l’ordre à Thèbes, ce qui mena à la mort de son épouse et de son fils.
- La loyauté d’Hémon envers son amour fut son hamartia, qui le conduisit à sa destruction.
L’histoire d’Antigone nous enseigne à nous méfier de nos décisions, car ce qui peut sembler une cause noble peut finir par nous blesser, ainsi qu’à ceux qui nous entourent.


