Oedipus

Classical

Laïos (Laios ou Laïos ; Λάιος) devint roi de Thèbes après la mort d’Amphion et de Zéthos. Il épousa Jocaste (Ἰοκάστη ; certains auteurs l’appellent Épicaste), fille de Ménoécée et sœur de Créon.

Laïos avait autrefois séjourné chez Pélops, roi de Pise, en qualité d’hôte. Pélops avait un fils illégitime nommé Chrysippe, né d’une nymphe du nom d’Astyoché ou Axioché. Séduit par la beauté de Chrysippe, Laïos s’éprit du jeune homme. Sous le prétexte de lui enseigner l’art de conduire un char, il enleva le jeune homme et le viola. Accablé de honte, Chrysippe se jeta sur son épée. De tous ses fils, Chrysippe lui était le plus cher. Pélops maudit le roi thébain, malédiction qui devait un jour s’accomplir.

Lorsqu’un fils nommé Œdipe (Oidipous ; Οἰδίπους) naquit du couple royal, Laïos apprit par l’oracle que son fils tuerait un jour son père et aurait des enfants de sa mère. Horrifié par cette éventualité, il ordonna à son berger d’exposer le nouveau-né sur une montagne. Cependant, le berger n’eut pas le courage d’abandonner l’enfant dans la nature et confia Œdipe à Méropé ou Périboée, épouse de Polybe, roi de Corinthe. Ceux-ci élevèrent Œdipe à Corinthe comme s’il était leur propre enfant.

Toutefois, parvenu à l’âge d’homme, Œdipe apprit également de l’oracle de Delphes qu’il tuerait son père et épouserait sa mère. Croyant que Polybe était son véritable père, Œdipe décida de ne jamais retourner à Corinthe, espérant ainsi échapper à ce funeste destin.

Au cours de son voyage, il croisa la route de Laïos, monté sur son char avec son escorte armée, en route vers Delphes. Pour une raison inconnue, le roi attaqua Œdipe. Œdipe tua son père sans le savoir, ainsi que toute son escorte à l’exception d’un garde du corps. Créon, le beau-frère de Laïos, devint roi de Thèbes à l’annonce de sa mort.

Le Sphinx et Œdipe

Le Sphinx et Œdipe
Gustave Moreau
Huile sur toile, 1864
Metropolitan Museum, New York

Aux abords de Thèbes, un monstre connu sous le nom de Sphinx (Σφίγξ) mettait à mort les voyageurs incapables de résoudre son énigme. Celle-ci était : « Quel être marche sur quatre pattes le matin, sur deux pattes à midi et sur trois le soir ? » Le Sphinx avait la tête et le buste d’une femme et le corps d’un lion ; dans de nombreuses représentations grecques, il possédait également des ailes d’aigle. Œdipe se présenta et résolut correctement l’énigme du Sphinx : la réponse était l’homme. En effet, le nourrisson rampe sur ses mains et ses pieds ; durant la plus grande partie de son existence, l’adulte marche sur deux jambes ; mais parvenu à la vieillesse, il doit s’appuyer sur un bâton. Le Sphinx se noya.

Lorsque les Thébains apprirent qu’Œdipe avait résolu l’énigme et délivré leur terre du monstre qui la tourmentait, Créon offrit la royauté au jeune héros et, sans s’en douter, maria sa sœur Jocaste à son propre fils. Jocaste devint la mère d’Étéocle, de Polynice, d’Antigone et d’Ismène.

Leur mariage fut heureux et, au fil des années, Thèbes prospéra sous le règne d’Œdipe. Celui-ci passait pour un roi sage et juste.

Au bout de deux décennies, le pays commença à souffrir de la sécheresse, de la famine ou de la peste. Œdipe était déterminé à découvrir la cause des maux qui frappaient son royaume. Il apprit que la peste était la conséquence du meurtre de Laïos, dont l’assassin était resté impuni. Dans le même temps, on lui annonça que Polybe était mort de cause naturelle à Corinthe.

Œdipe consulta le devin aveugle Tirésias, et interrogea le berger et le garde du corps. Tirésias hésitait à révéler la vérité à Œdipe. Peu à peu, celui-ci découvrit que Polybe n’était pas son véritable père et que Méropé n’était pas sa véritable mère. Ils l’avaient adopté par l’intermédiaire du berger. De la bouche du berger, il apprit que son père n’était autre que Laïos et qu’il avait été abandonné pour mourir dans la nature.

Œdipe et Jocaste comprirent que la terrible prophétie s’était accomplie. Avec effroi, Œdipe réalisa qu’il avait tué son propre père et épousé sa mère. Incapable de supporter cette révélation, Jocaste se pendit, tandis qu’Œdipe se crevait les yeux.

La mort d’Œdipe

Lorsqu’Œdipe était arrivé à Thèbes en étranger, on l’avait accueilli comme un sauveur ; mais avec le sang de son père sur les mains, Thèbes chassa Œdipe comme un meurtrier. Œdipe partit en exil, et Créon, son beau-frère et oncle, devint régent des deux fils d’Œdipe, Étéocle (Ἐτεοκλἣς) et Polynice (Πολυνείκης). Mais les deux frères se disputèrent le pouvoir sur Thèbes, et la guerre éclata entre Thèbes et Argos. Étéocle devint roi, tandis que son frère fut exilé. Polynice trouva refuge à Argos.

Œdipe erra à travers le pays, sans ami et sans vision ; en suppliant, il chercha un lieu pour son repos ultime. Sa fille Antigone (Ἀντιγόνη) lui servit de guide durant son périple. Ismène (Ἰσμήνη) faisait la navette entre Thèbes et son père, lui apportant des nouvelles du royaume.

Selon une autre tragédie athénienne de Sophocle, Œdipe trouva un lieu de repos à Colone, près d’Athènes. Étéocle et Polynice apprirent que si l’un d’eux parvenait à obtenir la bénédiction ou le soutien de leur père, ce fils remporterait la guerre entre les deux frères. Au lieu d’une bénédiction, Œdipe maudit ses deux fils pour n’avoir pas réglé leur différend. Cette malédiction les conduirait plus tard à s’entretuer en combat singulier.

Créon (Κρέων), l’oncle d’Œdipe, envoya des hommes enlever Antigone, espérant contraindre Œdipe à soutenir Étéocle dans la guerre, mais Thésée, le héros athénien et roi, la délivra. Thésée permit au roi de mourir en paix et fit inhumer Œdipe à Colone. Thésée ramena les filles d’Œdipe à Thèbes. Il existe d’autres versions de l’exil et de la mort d’Œdipe, que nous n’aborderons pas ici.

Lors de la bataille qui s’ensuivit, Thèbes vainquit l’armée argienne, mais la guerre s’acheva par la mort d’Étéocle et de Polynice. Ils s’entretuèrent, accomplissant ainsi la malédiction de leur père. (Voir Les Sept contre Thèbes pour le récit détaillé de la guerre).

Créon régna à nouveau sur Thèbes, soit comme roi, soit comme régent de Laodamas, le fils d’Étéocle. Attendu que Polynice et les sept chefs argiens avaient attaqué leur cité, aucun droit de sépulture ne fut accordé aux ennemis. Antigone désobéit à l’ordre de Créon et ensevelit son frère Polynice. Les sept autres chefs reçurent également des funérailles décentes, grâce à la supplique d’Adraste auprès de Thésée, roi d’Athènes. Thésée et son armée contraignirent Créon et les Thébains à rendre les corps de leurs ennemis.

Il est manifeste que les deux dernières œuvres du cycle thébain racontées par Sophocle avaient pour dessein d’exalter la grandeur du héros athénien Thésée et la place d’Athènes dans le mythe des Sept contre Thèbes.

Selon les Catalogues de femmes (Hésiode ?), Œdipe mourut et fut enterré à Thèbes ; aucune mention n’est faite ici de Colone ni de Thésée. L’ouvrage mentionne à deux reprises qu’Argia, fille d’Adraste et épouse de Polynice, se rendit à Thèbes pour assister aux funérailles d’Œdipe, ce qui contredit la version de Sophocle selon laquelle il fut enterré à Colone.

Informations complémentaires

Nom

Œdipe, Οἰδίπους – « Pied enflé »
Œdipe, Oidipous.

Sources

L'Odyssée fut composée par Homère.

L'Œdipodie (perdue) et La Thébaïde appartenaient au Cycle épique.

Les œuvres suivantes furent composées par Sophocle :
   Œdipe Roi.
   Œdipe à Colone.

Les Sept contre Thèbes fut composée par Eschyle.

Les Phéniciennes fut composée par Euripide.

La Bibliothèque fut composée par Apollodore.

Fabulae fut composée par Hygin.

La Thébaïde fut composée par Stace.

Créé :6 mai 1999

Modifié :27 juin 2024